{"id":5698,"date":"2012-10-19T11:03:55","date_gmt":"2012-10-19T09:03:55","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/le-theatre-paris-villette-brule5698\/"},"modified":"2023-06-23T23:12:27","modified_gmt":"2023-06-23T21:12:27","slug":"le-theatre-paris-villette-brule5698","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=5698","title":{"rendered":"Le Th\u00e9\u00e2tre Paris-Villette br\u00fble ses derni\u00e8res planches"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">La mairie de Paris d\u00e9cide de stopper brutalement la reconduction des subventions accord\u00e9es au Paris-Villette, un th\u00e9\u00e2tre d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation contemporaine. Les arguments fournis par Bruno Julliard, adjoint \u00e0 la culture du Mairie de Paris, r\u00e9v\u00e8lent une politique culturelle aveugl\u00e9e par la crise.<\/p>\n<p>Pour suivre au jour le jour, la lutte pour la survie du th\u00e9\u00e2tre Paris-Villette, lire <a href=\"5758\">ici<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Le pr\u00e9texte de la dette.<\/strong> Le Paris-Villette est n\u00e9 en 1985 d\u2019une d\u00e9cision de la ville de transformer un th\u00e9\u00e2tre d\u2019arrondissement en lieu d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation contemporaine. Peu \u00e0 peu, sous la direction de Patrick Gufflet, il devient un centre singulier de recherche et d\u2019exp\u00e9rimentations th\u00e9\u00e2trales. Dans un communiqu\u00e9 de presse du 27\u00a0septembre dernier, \u00e0 quelques jours du lancement de la saison 2012-2013, la mairie de Paris annonce la fin de son soutien au Paris-Villette. Elle ne reconduira pas sa subvention. Elle taxe son directeur d\u2019imprudent gestionnaire qui aurait conduit le th\u00e9\u00e2tre <em>\u00ab\u00a0dans une impasse financi\u00e8re\u00a0\u00bb<\/em>. Le th\u00e9\u00e2tre a cumul\u00e9 un d\u00e9ficit de 250\u00a0000\u00a0euros et <em>\u00ab\u00a0la d\u00e9cision d\u2019une nouvelle subvention exceptionnelle ne serait ni juste vis-\u00e0-vis de l\u2019ensemble des acteurs culturels \u00e0 Paris, ni responsable du point de vue de la gestion des deniers publics\u00a0\u00bb<\/em>. Le <a href=\"http:\/\/www.syndeac.org\/\">Syndeac<\/a>, le syndicat des entreprises de la culture, affirme que le raisonnement de la mairie s\u2019appuie sur des chiffres faux. Si la ville avait voulu que le projet se maintienne, elle aurait au minimum tenu compte de l\u2019inflation. Le Syndeac estime \u00e0 400\u00a0000\u00a0euros le manque \u00e0 gagner cumul\u00e9 depuis 2002. En 2011, le Th\u00e9\u00e2tre re\u00e7oit une aide exceptionnelle de 150\u00a0000\u00a0euros, une discussion de fond sur la gestion est engag\u00e9e et Patrick Gufflet diminue le nombre de repr\u00e9sentations. Au d\u00e9but de la saison 2012, la mairie de Paris arr\u00eate de se porter garante du th\u00e9\u00e2tre aupr\u00e8s de sa banque. Patrick Gufflet est convoqu\u00e9 devant le tribunal pour discuter d\u2019une liquidation judiciaire. Le groupe Front de Gauche de la ville s\u2019indigne mais sans succ\u00e8s.<\/p>\n<p><strong>Ce public qui manque.<\/strong> La Mairie de Paris pointe la baisse de la fr\u00e9quentation et avance le chiffre de 4\u00a0000 spectateurs payants en 2011. Elle ne compte pas le public gratuit et les invit\u00e9s, indispensables \u00e0 toute \u00e9quipe artistique qui souhaite promouvoir \u00e0 Paris ses cr\u00e9ations. Il est peu probable qu\u2019en r\u00e9duisant le nombre de spectacles, un th\u00e9\u00e2tre puisse accueillir le m\u00eame nombre de spectateurs. Il n\u2019en reste pas moins que 4\u00a0000 spectateurs est un bien petit chiffre. Le Paris-Villette m\u00e8ne de nombreuses actions de relations publiques, aupr\u00e8s des scolaires, des populations vivant dans le XIXe arrondissement et bien au-del\u00e0. Depuis longtemps, Patrick Gufflet a compris qu\u2019il \u00e9tait bien difficile pour le public du quartier de venir dans un th\u00e9\u00e2tre de cr\u00e9ation. Il invente des actions hors les murs, \u00e0 travers des r\u00e9sidences d\u2019artistes dans les coll\u00e8ges, en imaginant des commandos de lectures ou, en produisant des spectacles collectifs avec des associations d\u2019insertion. Isabelle Lafon, metteure en sc\u00e8ne de <em>Une Mouette<\/em>, t\u00e9moigne d\u2019un travail d\u2019une tr\u00e8s grande profondeur, cr\u00e9\u00e9 sur mesure pour des jeunes filles de onze ans. Elle avoue <em>\u00ab\u00a0j\u2019ai compl\u00e8tement revisit\u00e9 mes \u00e0 priori sur ce qu\u2019on appelle le public non-averti\u00a0\u00bb<\/em>. Ces actions de m\u00e9diation sont financ\u00e9es par la DRAC. Les r\u00f4les des tutelles sont donc r\u00e9partis de mani\u00e8re bien curieuse\u00a0: \u00e0 la ville le financement de la cr\u00e9ation, au minist\u00e8re le financement de l\u2019action de proximit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>La situation du personnel et des \u00e9quipes artistiques.<\/strong> Dans son communiqu\u00e9, Bruno Julliard disait qu\u2019il allait trouver une solution pour les salari\u00e9s et <em>\u00abfaire le maximum pour permettre aux compagnies programm\u00e9es cette saison de jouer au Paris-Villette ou dans d&#8217;autres lieux soutenus par la Ville de Paris\u00bb<\/em>. Le personnel permanent et intermittent du th\u00e9\u00e2tre ne re\u00e7oit plus de salaire depuis septembre. Les rares fonds disponibles ont financ\u00e9 des engagements pris avec les \u00e9quipes artistiques invit\u00e9es le plus fragilis\u00e9es. Les deux premiers spectacles de la saison d\u2019Isabelle Lafond et Beno\u00eet Lambert ont \u00e9t\u00e9 maintenus mais les artistes et les techniciens n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 pay\u00e9s. Bruno Geslin doit pr\u00e9senter sa derni\u00e8re cr\u00e9ation,<em> Dark Spring<\/em>, dans trois semaines : <em>\u00ab\u00a0cela fait trois ans que l\u2019on travaille sur ce spectacle, il a \u00e9t\u00e9 r\u00eav\u00e9 dans ce lieu, il ne marchera pas si on le joue ailleurs. Dans cette histoire, une grande partie de mon \u00e9quipe d\u2019intermittents va perdre son statut\u00a0\u00bb<\/em>. Bruno Geslin doit jouer plusieurs semaine \u00e0 Paris, une \u00e9tape importante pour le d\u00e9veloppement de sa compagnie. Il n\u2019a re\u00e7u pour le moment aucune nouvelle. Onze autres \u00e9v\u00e8nements devaient avoir lieu au Paris-Villette d\u2019ici \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e. Patrick Gufflet est \u00e0 la t\u00eate du th\u00e9\u00e2tre depuis 26 ans et il serait bon que d\u2019autres programmateurs s\u2019impliquent dans ce lieu, mais cela ne justifie pas de fragiliser autant le personnel du th\u00e9\u00e2tre et les compagnies programm\u00e9es.<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" frameborder=\"0\" width=\"460\" height=\"345\" src=\"http:\/\/www.dailymotion.com\/embed\/video\/xlzts3?theme=cappuccino&#038;foreground=%23FFFFFF&#038;highlight=%23FFF6D9&#038;background=%23666666\"><\/iframe><br clear=\"all\"><\/p>\n<p><strong>Le cri de Jo\u00ebl Pommerat.<\/strong> Jo\u00ebl Pommerat est le metteur en sc\u00e8ne phare que le Paris-Villette a permis de faire \u00e9merger sur la sc\u00e8ne nationale et internationale. Il ne souhaitait pas s\u2019exprimer mais le 15 octobre dernier, il publie une tribune dans le <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/culture\/article\/2012\/10\/15\/je-suis-choque-lettre-ouverte-de-joel-pommerat-sur-paris-villette_1775830_3246.html\"><em>Monde<\/em><\/a> o\u00f9 il se dit choqu\u00e9 par l\u2019attitude de la mairie : <em>\u00ab\u00a0cette op\u00e9ration de communication m&#8217;a fait penser au dicton &#8220;Qui veut noyer son chien l&#8217;accuse de la rage&#8221;<\/em>.  Il d\u00e9nonce\u00a0la malhonn\u00eatet\u00e9 morale et intellectuelle de la mairie et dit <em>\u00ab\u00a0en ce qui me concerne, je ne peux pas me faire \u00e0 l&#8217;id\u00e9e que ce soit la Gauche qui ferme des th\u00e9\u00e2tres et casse des projets culturels ambitieux\u00a0\u00bb<\/em>. Il rage devant le malaise que provoque un autre chiffre avanc\u00e9 par la ville\u00a0: un spectateur du Paris-Villette co\u00fbterait 250 euros au contribuable. Nous n\u2019enterons pas dans le d\u00e9bat sur le calcul de ce chiffre. Ce serait opposer froidement les th\u00e9\u00e2tres entre-eux sans tenir compte de leur histoire, de leur territoire, de leur public, de leur projet et juger par leur budget ce qui valent, par exemple, deux productions diff\u00e9rentes de <em>Une Mouette<\/em>. Il s\u2019agit bien, comme le hurle Jo\u00ebl Pommerat<em> \u00ab\u00a0d\u2019\u00a0une op\u00e9ration de basse oeuvre, de d\u00e9nigrement cynique\u00a0\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Le monde de la culture ne cesse de se prendre des coups sur la t\u00eate depuis 2003 mais rarement de mani\u00e8re aussi brutale. L\u2019arriv\u00e9e du PS au pouvoir a sans doute raviv\u00e9 les souvenirs d\u2019une politique culturelle d\u2019une tout autre ampleur. La promesse de sanctuarisation du budget de Fran\u00e7ois Hollande n\u2019a dur\u00e9 que le temps de la campagne \u00e9lectorale. La liste des projets supprim\u00e9s par Aur\u00e9lie Filippetti comme seul signe politique du Minist\u00e8re laisse un monde artistique, habituellement grandiloquent, sans voix. \u00c0 Paris, apr\u00e8s une baisse cons\u00e9quente en 2012, le budget 2013 doit, lui-aussi \u00eatre \u00ab\u00a0sanctuaris\u00e9\u00a0\u00bb. Cette annonce de Bertrand Delano\u00eb ne berne personne. Les budgets culturels sont tendus depuis si longtemps que les reconduire \u00e0 l\u2019identique implique, pour une structure, de diminuer le nombre de ces projets ou de d\u00e9poser la cl\u00e9 sous la porte. Une rencontre entre le personnel du Paris-Villette, une d\u00e9l\u00e9gation d\u2019artistes et Bruno Julliard a eu lieu mercredi soir. Le Maire adjoint \u00e0 la culture se dit sensible \u00e0 la situation des salari\u00e9s et affirme qu\u2019il a un projet th\u00e9\u00e2tral pour le Paris-Villette. Mais pour quand\u00a0? Et \u00e0 quel prix pour le personnel, les artistes, les techniciens et les compagnies\u00a0? Le tribunal de commerce de Paris vient de donner trois semaines au Paris-Villette pour trouver des solutions.<br \/>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-5698 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/vilb-82a.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/10\/vilb-82a-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"Le Th\u00e9\u00e2tre Paris-Villette br\u00fble ses derni\u00e8res planches\" aria-describedby=\"gallery-1-16942\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<figcaption class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-16942'>\n\t\t\t\tLe Th\u00e9\u00e2tre Paris-Villette br\u00fble ses derni\u00e8res planches\n\t\t\t\t<\/figcaption><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La mairie de Paris d\u00e9cide de stopper brutalement la reconduction des subventions accord\u00e9es au Paris-Villette, un th\u00e9\u00e2tre d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation contemporaine. Les arguments fournis par Bruno Julliard, adjoint \u00e0 la culture du Mairie de Paris, r\u00e9v\u00e8lent une politique culturelle aveugl\u00e9e par la crise.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":16942,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-5698","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5698","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=5698"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/5698\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/16942"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=5698"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=5698"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=5698"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}