{"id":548,"date":"1997-07-01T00:00:00","date_gmt":"1997-06-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/memoire548\/"},"modified":"1997-07-01T00:00:00","modified_gmt":"1997-06-30T22:00:00","slug":"memoire548","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=548","title":{"rendered":"M\u00e9moire"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> La recherche, si elle ne s&#8217;accompagne pas d&#8217;une mise en contexte apte \u00e0 permettre de comprendre, peut conduire \u00e0 des incompr\u00e9hensions majeures. <\/p>\n<p>Un historien ne peut rester indiff\u00e9rent \u00e0 la fa\u00e7on dont s&#8217;\u00e9crit, au jour le jour, l&#8217;histoire de notre temps. A plus forte raison lorsque sa sp\u00e9cialit\u00e9 est l&#8217;histoire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise comme dans mon cas, un chantier dont on a pu voir dans les derni\u00e8res ann\u00e9es qu&#8217;il \u00e9tait tout sauf &#8221; glac\u00e9 &#8221; par l&#8217;intensit\u00e9 des affrontements id\u00e9ologiques que le bicentenaire lui restituait. Voil\u00e0 qui conf\u00e8re \u00e0 la fois une sorte de connivence ou de familiarit\u00e9 avec les pol\u00e9miques qui touchent l&#8217;histoire imm\u00e9diate, et la possibilit\u00e9 d&#8217;un certain recul. C&#8217;est du moins ainsi que je justifierai d&#8217;avoir accept\u00e9 d&#8217;ajouter ma voix au d\u00e9bat en cours.<\/p>\n<p>Car il y a plus, d&#8217;\u00e9vidence, que rencontre fortuite dans l&#8217;encha\u00eenement au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es d&#8217;une s\u00e9rie d&#8217;\u00e9tudes et d&#8217;essais, dont il suffit d&#8217;\u00e9num\u00e9rer quelques \u00e9tapes: Thierry Wolton, le Grand Recrutement (1993) (1), Karel Bartosek, les Aveux des archives, Prague-Paris-Prague 1948-1968 (1996) (2), Annie Kriegel et St\u00e9phane Courtois Eug\u00e8ne Fried, le grand secret du PCF (1997) (3), G\u00e9rard Chauvy, Aubrac, Lyon 1943, (4) en \u00e9cho &#8211; si l&#8217;on peut dire &#8211; aux M\u00e9moires de Raymond Aubrac, O\u00f9 la m\u00e9moire s&#8217;attarde, 1997 (5) et au film r\u00e9cent dont Lucie Aubrac est l&#8217;h\u00e9ro\u00efne. On pourra contester l&#8217;amalgame ainsi faite avec des ouvrages qui touchent plus proprement \u00e0 l&#8217;histoire de la R\u00e9sistance fran\u00e7aise. Je crois cependant que le rapprochement n&#8217;est pas fortuit: il introduit \u00e0 une conjoncture politique, id\u00e9ologique mais aussi historiographique, \u00e0 laquelle il faudrait ajouter une orchestration m\u00e9diatique significative.<\/p>\n<p> <strong> Un proc\u00e8s instruit dans l&#8217;ambigu\u00eft\u00e9 du non-dit et du soup\u00e7on <\/strong><\/p>\n<p>Un appel des r\u00e9sistants, sous le titre: &#8221; Nous n&#8217;acceptons pas&#8230;&#8221; a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans un dossier de l&#8217;Ev\u00e9nement du jeudi (3 au 9 avril 1997), des analyses critiques apport\u00e9es notamment par Alexandre Adler ont paru tant dans le Monde que dans Regards, auxquelles a r\u00e9pondu une prise de position collective des chercheurs de l&#8217;Institut d&#8217;histoire du temps pr\u00e9sent. Dans une tribune de la revue l&#8217;Histoire, d\u00e8s janvier 1996, Fran\u00e7ois Bedarrida avait tent\u00e9 de prendre quelque hauteur par rapport aux pol\u00e9miques en cours, en rappelant aux obligations du &#8221; m\u00e9tier d&#8217;historien &#8220;; il ne semble pas que ses saines incitations aient port\u00e9 leurs fruits; mais l&#8217;enjeu est trop important sans doute pour qu&#8217;un consensus puisse \u00eatre escompt\u00e9 facilement.<\/p>\n<p>C&#8217;est \u00e0 un vrai jeu de massacre, soit dit sans irr\u00e9v\u00e9rence grin\u00e7ante \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des morts comme des vivants, que nous sommes convi\u00e9s en termes de d\u00e9mythification ravageuse, qu&#8217;il s&#8217;agisse de Jean Moulin (en qui Wolton fait plus que suspecter un agent de l&#8217;URSS) \u00e0 la veille de la Seconde Guerre mondiale, de Artur London, dont Bartosek remet en cause l&#8217;authenticit\u00e9 de la rupture avec l&#8217;appareil du Parti communiste tch\u00e8que, en invoquant une palinodie post\u00e9rieure \u00e0 l&#8217;Aveu, de Raymond Aubrac enfin sur lequel G\u00e9rard Chauvy accumule des soup\u00e7ons propres \u00e0 sugg\u00e9rer qu&#8217;il a pu \u00eatre un agent double, retourn\u00e9 par la Gestapo lyonnaise&#8230; Entre ces itin\u00e9raires bien diff\u00e9rents, un ou plusieurs d\u00e9nominateurs commun: l&#8217;aura l\u00e9gendaire qui a fait de ces personnages, \u00e0 diff\u00e9rents degr\u00e9s, des h\u00e9ros \u00e0 la fois de la r\u00e9sistance au fascisme, et pour Artur London, au totalitarisme stalinien. Mais aussi, semble-t-il, une compromission impardonnable, aux yeux de certains, soup\u00e7onn\u00e9e chez Jean Moulin, insuffisamment r\u00e9cus\u00e9e chez London, avec le syst\u00e8me communiste, cependant que le proc\u00e8s Aubrac tel qu&#8217;il est instruit par Chauvy reste sur ce plan au niveau du non-dit.<\/p>\n<p>L&#8217;historien, mais aussi bien le lecteur citoyen \u00e9clair\u00e9 peut s&#8217;interroger toutefois d\u00e8s lors sur la finalit\u00e9 de ces enqu\u00eates, et son premier devoir, avant de porter un jugement est bien de proc\u00e9der \u00e0 l&#8217;analyse des d\u00e9marches et des m\u00e9thodes employ\u00e9es par ces chercheurs, comme des th\u00e8mes qu&#8217;ils d\u00e9veloppent. L&#8217;autorit\u00e9 dont se pr\u00e9valent ces divers ouvrages, et qui n&#8217;est pas mince, se fonde sur le recours \u00e0 l&#8217;archive, lib\u00e9r\u00e9 par l&#8217;ouverture des fonds sovi\u00e9tiques apr\u00e8s la chute du communisme, livrant en abondance correspondances, directives, analyses et fichiers nominatifs, aubaine inestimable au regard de la pesante chape de silence qui avait fait de tout un pan de l&#8217;historiographie contemporaine un exercice acad\u00e9mique fig\u00e9 pour les historiens des pays socialistes, une gageure presque impossible pour ceux des pays occidentaux. Dans le cas de la biographie de Raymond Aubrac, G\u00e9rard Chauvy, pour sa part, a explor\u00e9 avec perspicacit\u00e9 l&#8217;abondante documentation judiciaire, polici\u00e8re (fran\u00e7aise et allemande), les m\u00e9moires, les r\u00e9cits \u00e9galement autour desquels s&#8217;est b\u00e2tie la &#8221; l\u00e9gende &#8221; de la R\u00e9sistance lyonnaise, selon son expression.<\/p>\n<p> <strong> Affrontement antinomique entre archive et m\u00e9moire <\/strong><\/p>\n<p>Mais en fait le d\u00e9bat historiographique qui sert de couverture et de justification scientifique \u00e0 la pol\u00e9mique sous-jacente s&#8217;organise autour de l&#8217;affrontement antinomique de l&#8217;archive et de la m\u00e9moire (et des m\u00e9moires), soit le contr\u00f4le des faits, des dates et des lieux, le document irr\u00e9cusable que procure l&#8217;archive, oppos\u00e9 aux d\u00e9faillances et plus souvent encore aux affabulations de la m\u00e9moire, autour desquelles s&#8217;est construit un r\u00e9cit l\u00e9gendaire, au service d&#8217;autojustification p\u00e9rilleuse, ou d&#8217;un discours id\u00e9ologique marqu\u00e9.<\/p>\n<p>Force est bien de rappeler &#8211; mais quel historien l&#8217;ignore ? &#8211; que si l&#8217;absence d&#8217;archive couvre un silence coupable, sa pr\u00e9sence confronte le chercheur \u00e0 la plus grande circonspection, car il n&#8217;est point d&#8217;archive innocente. L&#8217;histoire s&#8217;\u00e9crit avec des textes, disaient les ma\u00eetres de la fin du si\u00e8cle dernier, ces positivistes dont il est bon de sourire aujourd&#8217;hui. Mais ils les interrogeaient avec le souci que nous avons transmis \u00e0 tous nos \u00e9tudiants: qui parle, et d&#8217;o\u00f9, dans quel but et dans quel contexte ?<\/p>\n<p>La vigilance et le souci d&#8217;exhaustivit\u00e9 comme de recoupements n&#8217;est point ce qui manque \u00e0 G\u00e9rard Chauvy, l&#8217;imposant appareil d&#8217;annexes dont il se barricade le prouve; reste que les arguments les plus d\u00e9cisifs sur lesquels il peut appuyer ses soup\u00e7ons proviennent pour l&#8217;essentiel du &#8221; testament &#8221; de Klaus Barbie, ce dossier mis en forme avec une maestria admirable par Ma\u00eetre Verg\u00e8s, comme cadeau posthume \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9&#8230;et \u00e0 Raymond Aubrac.<\/p>\n<p>L&#8217;archive, irrempla\u00e7able et suspecte&#8230; Nous ne serons pas plus indulgents pour la m\u00e9moire. Encore conviendrait-il de distinguer &#8211; peut-\u00eatre voudra-t-on bien me conc\u00e9der qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas de subtils distinguos de cuistre &#8211; entre la m\u00e9moire individuelle et la m\u00e9moire collective, sans oublier les &#8221; M\u00e9moires&#8221;, support de transmission classique de la premi\u00e8re. Les m\u00e9moires ont \u00e9t\u00e9 longtemps &#8211; en l&#8217;absence d&#8217;archives organis\u00e9es, et encore maintenant dans le domaine de l&#8217;histoire imm\u00e9diate &#8211; source privil\u00e9gi\u00e9e pour l&#8217;historien&#8230; Au si\u00e8cle dernier, Michelet r\u00e9dige autant d&#8217;apr\u00e8s des m\u00e9moires que d&#8217;apr\u00e8s documents. A ce titre, ils sont pr\u00e9cieux, indispensables, nourris d&#8217;exp\u00e9riences personnelles et aptes \u00e0 apporter ou corriger des donn\u00e9es essentielles. Mais &#8211; autre banalit\u00e9 qu&#8217;il convient de rappeler &#8211; ils sont \u00e9minemment fragiles et \u00e0 ce titre sujets \u00e0 examen aussi minutieux que l&#8217;archive, dont ils constituent une rubrique: la m\u00e9moire personnelle est d\u00e9faillante dans le meilleur des cas &#8211; Aubrac emm\u00eale les dates et se fait \u00e9pingler \u00e0 juste titre &#8211; alors m\u00eame qu&#8217;on s&#8217;en d\u00e9fend sinc\u00e8rement, elle retravaille et ennoblit les \u00e9pisodes les plus authentiques, et sur ce point Lucie Aubrac emport\u00e9e par sa fougue n&#8217;est pas inattaquable; enfin la m\u00e9moire lisse occulte ou simplement oublie des s\u00e9quences. Il convenait de reconna\u00eetre tout cela mais nous n&#8217;irons pas plus loin car les m\u00e9moires demeurent, en tout \u00e9tat de cause, un t\u00e9moignage fort, que l&#8217;on ne saurait r\u00e9cuser globalement sans de bons arguments. Reste la m\u00e9moire collective, d&#8217;o\u00f9 l&#8217;on glisse ais\u00e9ment \u00e0 la l\u00e9gende dans la dynamique du d\u00e9bat actuel. Ce qui t\u00e9moigne bien du fait que, pas plus que la m\u00e9moire individuelle, la m\u00e9moire collective ne repr\u00e9sente la panac\u00e9e ou le recours contre la s\u00e9cheresse ou les distorsions de l&#8217;archive qu&#8217;on a voulu y voir parfois dans les derni\u00e8res d\u00e9cennies, quand la vogue de l&#8217;enqu\u00eate orale a donn\u00e9 parfois l&#8217;impression que &#8221; toute v\u00e9rit\u00e9 sort de la bouche &#8220;. Appauvrie si elle n&#8217;est pas entretenue et renouvel\u00e9e (avec tous les risques que cela comporte) la m\u00e9moire collective est chose fragile, et en tout \u00e9tat de cause s\u00e9lective, porteuse de sens, ce qui est heureux.<\/p>\n<p> <strong> L&#8217;historien face \u00e0 lui-m\u00eame et au contexte id\u00e9ologique  <\/strong><\/p>\n<p>Comme elle a nagu\u00e8re port\u00e9 le souvenir de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, de la l\u00e9gende imp\u00e9riale&#8230;ou de la Commune, elle est gardienne et d\u00e9positaire de l&#8217;h\u00e9ritage de la R\u00e9sistance, et des luttes contre le fascisme, pour la libert\u00e9.<\/p>\n<p>Mais c&#8217;est l\u00e0 qu&#8217;intervient dans le parall\u00e8le que nous menons entre archive et m\u00e9moire, deux types de sources dont la commune et ultime justification reste d&#8217;\u00eatre des moyens de chercher la v\u00e9rit\u00e9, la tierce pr\u00e9sence de celui qui \u00e9crit l&#8217;histoire, dont les responsabilit\u00e9s sont grandes.<\/p>\n<p>Que prime l&#8217;imp\u00e9rieux devoir de v\u00e9rit\u00e9, sans occultation ni pieux silence, dusse la &#8221; l\u00e9gende &#8221; en souffrir. Qui en contesterait aujourd&#8217;hui, au sortir d&#8217;exp\u00e9riences douloureuses, mais aussi ayant conscience des moyens actuels de mystification de l&#8217;opinion, le devoir imp\u00e9ratif ? Mais ce que nous avons appris par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&#8217;illusion positiviste de la v\u00e9rit\u00e9 qui sort des textes (belle d\u00e9couverte, \u00e0 dire vrai, Voltaire en savait l\u00e0-dessus autant que nous), c&#8217;est que l&#8217;\u00e9tablissement exigeant de la v\u00e9rit\u00e9 factuelle ne suffit pas. En s&#8217;en tenant \u00e0 une lecture pauvre et comme polici\u00e8re de l&#8217;histoire, on en vient \u00e0 la concevoir comme manipulation d&#8217;agents, complots obscurs o\u00f9 les h\u00e9ros d\u00e9boulonn\u00e9s font place \u00e0 des manipulations ou manipul\u00e9s, au service d&#8217;id\u00e9ologies uniform\u00e9ment mystificatrices.<\/p>\n<p>Reflet d&#8217;un air du temps o\u00f9 le colloque sur des id\u00e9ologies, et la fin des r\u00eaves que l&#8217;on invoque souvent, conduit \u00e0 cette \u00e9trange relecture de l&#8217;histoire que l&#8217;on trouve chez Fran\u00e7ois Furet dans le &#8220;Pass\u00e9 d&#8217;une illusion&#8221; et o\u00f9, \u00e9tant entendu que fascisme et communisme sont bonnet blanc et blanc bonnet, l&#8217;antifascisme, et l&#8217;engagement collectif au service d&#8217;id\u00e9es force, sup\u00e9rieures se voient mesquinis\u00e9, illusion chez les uns, mais chez les autres (ainsi les grands intellectuels de l&#8217;entre-deux-guerres), mise au service inexcusable d&#8217;une machine totalitaire. La recherche triviale de la v\u00e9rit\u00e9 peut ainsi conduire non seulement \u00e0 des v\u00e9rit\u00e9s triviales, mais \u00e0 des incompr\u00e9hensions majeures, si elle ne s&#8217;accompagne pas d&#8217;une mise en contexte apte \u00e0 permettre de comprendre. Comme il se d\u00e9fie de ses sources, l&#8217;historien doit se d\u00e9fier de lui-m\u00eame et du contexte id\u00e9ologique dans lequel il \u00e9crit, au risque de p\u00eacher par anachronisme.<\/p>\n<p>Le consensus h\u00e9g\u00e9monique de la pens\u00e9e n\u00e9o-lib\u00e9rale d&#8217;aujourd&#8217;hui ayant achev\u00e9 de diaboliser sans faire le d\u00e9tail tout ce qui a constitu\u00e9 les r\u00e9alit\u00e9s de l&#8217;univers communiste, la mise en \u00e9vidence des liens de Jean Moulin comme de l&#8217;entourage de Pierre Cot auquel il appartenait avant 1939 avec les services sovi\u00e9tiques lui donne aujourd&#8217;hui statut de tra\u00eetre aux yeux de toute une partie des lecteurs, et singuli\u00e8rement des plus jeunes, ce qui est g\u00e9n\u00e9rateur d&#8217;une incompr\u00e9hension radicale \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des conditions m\u00eames et des motivations de l&#8217;engagement des compagnons de route du Parti communiste.<\/p>\n<p>La v\u00e9rit\u00e9, &#8221; l&#8217;\u00e2pre v\u00e9rit\u00e9 &#8221; certes, mais dans toute son ampleur et dans toute sa signification, requiert de l&#8217;historien vis \u00e0 vis de lui-m\u00eame une exigence extr\u00eame dont certains de ces travaux, quels que soient leurs m\u00e9rites, ne donnent pas l&#8217;exemple. Le r\u00e9quisitoire d\u00e9nonciateur par accumulation de pr\u00e9somptions successives dress\u00e9 par G\u00e9rard Chauvy qui conclut cependant \u00e0 l&#8217;absence d&#8217;\u00e9l\u00e9ment d\u00e9cisif contre Aubrac laisse sur le malaise d&#8217;un combat douteux, dont la loyaut\u00e9 n&#8217;est pas le ma\u00eetre mot.<\/p>\n<p>Nous autres, historiens de la R\u00e9volution, nous savons cela depuis longtemps. Depuis que le p\u00e8re Aulard, bard\u00e9 de toutes les exigences de l&#8217;\u00e9poque positiviste \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des textes, a un jour l\u00e2ch\u00e9 le morceau: &#8221; La R\u00e9volution fran\u00e7aise, pour la comprendre, il faut l&#8217;aimer.&#8221; D\u00e9voilant avec une na\u00efvet\u00e9 \u00e9tonnante ce qui fait pour le chercheur la contradiction intime de toute histoire des p\u00e9riodes &#8221; \u00e9preuves de v\u00e9rit\u00e9&#8221;.<\/p>\n<p>Soyons plus modestes: \u00e0 d\u00e9faut d&#8217;aimer, l&#8217;historien a le devoir de comprendre et de transmettre une image \u00e0 la mesure des exp\u00e9riences collectives qu&#8217;il relate, et qui constituent un \u00e9l\u00e9ment fondamental de notre culture politique et civique.<\/p>\n<p>* Historien, sp\u00e9cialiste de la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/p>\n<p>1. Editions Grasset.<\/p>\n<p>2. Editions Seuil.<\/p>\n<p>3. Editions Seuil<\/p>\n<p>4. Editions Albin Michel.<\/p>\n<p>5. Editions Odile Jacob.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> La recherche, si elle ne s&#8217;accompagne pas d&#8217;une mise en contexte apte \u00e0 permettre de comprendre, peut conduire \u00e0 des incompr\u00e9hensions majeures. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-548","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/548","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=548"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/548\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=548"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=548"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=548"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}