{"id":5402,"date":"2012-05-08T08:00:00","date_gmt":"2012-05-08T06:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/grece-aux-frontieres-de-la-crise5402\/"},"modified":"2023-06-23T23:11:24","modified_gmt":"2023-06-23T21:11:24","slug":"grece-aux-frontieres-de-la-crise5402","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=5402","title":{"rendered":"Gr\u00e8ce : aux fronti\u00e8res de la crise"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Chaque jour, plus de 300 immigr\u00e9s arrivent en Gr\u00e8ce par la Turquie. Soit 90% de l\u2019immigration clandestine de l\u2019Union europ\u00e9enne. Pour endiguer cet afflux massif, la Gr\u00e8ce entreprend, dans l\u2019ombre des m\u00e9dias, la construction d\u2019un mur de barbel\u00e9s. Reportage. <\/p>\n<p>Diminu\u00e9s par la fatigue, ch\u00e9tifs et apeur\u00e9s, une trentaine de migrants attendent, dans l\u2019obscurit\u00e9 du quai de la gare d\u2019Orestiada, le train pour Ath\u00e8nes. La veille, ils ont franchi, en bateau ou \u00e0 la nage, le fleuve Evros, fronti\u00e8re naturelle de 200 kilom\u00e8tres entre la Gr\u00e8ce et la Turquie. Originaires du Moyen-Orient ou d\u2019Afrique, ils ont parcouru des milliers de kilom\u00e8tres pour fuir, selon les cas, la guerre ou la pauvret\u00e9. Mohamed <strong>*<\/strong>, Pakistanais de 38 ans, raconte son histoire. \u00ab\u00a0<em>J\u2019ai quitt\u00e9 mon pays car nous n\u2019avions pas d\u2019argent. J\u2019ai voyag\u00e9 pendant presque un mois, travers\u00e9 l\u2019Iran et la Turquie. En Iran, j\u2019ai crois\u00e9 4 corps, morts, dans les montagnes.<\/em>\u00a0\u00bb Mohamed a pay\u00e9 2200 euros \u00e0 des passeurs, essentiellement Turcs et Afghans, pour traverser les fronti\u00e8res. \u00ab\u00a0<em>Si j\u2019avais \u00e0 le refaire, m\u00eame gratuitement, je ne recommencerais pas. C\u2019est trop dangereux<\/em>\u00a0\u00bb, confie-t-il, la boule au ventre. Le long du quai, Ali, le grand Guin\u00e9en de 18 ans, Karim, l\u2019Alg\u00e9rien optimiste et souriant, ou Elhadji le Malien, qui croit avoir vu un hippopotame dans le fleuve, ont tous le m\u00eame r\u00eave, na\u00eff\u00a0: trouver du travail dans une Europe en crise.<\/p>\n<h2>Un mur entre la Gr\u00e8ce et la Turquie<\/h2>\n<p>Depuis 5 ans, la Gr\u00e8ce est devenue le nouvel eldorado de l\u2019immigration en Europe. Alors que le pays \u00e9tait une terre d\u2019\u00e9migration, la Gr\u00e8ce compterait aujourd\u2019hui plus de 2 millions d\u2019immigr\u00e9s pour 11 millions d\u2019habitants. Par la Turquie, les migrants franchissent au choix, le fleuve Evros, ou les 12 kilom\u00e8tres de terre entre les villages de Nea Vyssa et Kastanies. Le fleuve, tumultueux, peut s\u2019av\u00e9rer un choix p\u00e9rilleux\u00a0: en 2011, 48 migrants y ont perdu la vie. La voie terrestre, en face de la ville turque d\u2019Edirne, a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9e depuis deux ans, par les hommes de Frontex, la police europ\u00e9enne aux fronti\u00e8res. Et reste balis\u00e9e de mines qui rappellent les temps les plus sombres des relations gr\u00e9co-turques. Mais alors que des dizaines de migrants continuent d\u2019emprunter cette route chaque jour, le gouvernement grec a d\u00e9cid\u00e9, d\u00e9but 2011, de construire un mur de barbel\u00e9s de 12 kilom\u00e8tres. D\u2019une hauteur de 3 m\u00e8tres et \u00e9quip\u00e9 de 25 cam\u00e9ras thermiques, le projet a \u00e9t\u00e9 soutenu par la France de Nicolas Sarkozy. En f\u00e9vrier 2012, un \u00e9chantillon du mur a \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9. D\u00e9but mai, les travaux de terrassement ont commenc\u00e9. <\/p>\n<p>Le gouvernement grec, menac\u00e9 par Nicolas Sarkozy d\u2019exclusion de l\u2019espace Schengen, veut envoyer un message politique fort \u00e0 l\u2019Europe. Mais les critiques sont nombreuses. A commencer par l\u2019Union europ\u00e9enne elle-m\u00eame, qui refuse de financer les 3 millions d\u2019euros de co\u00fbt du mur. \u00ab\u00a0<em>Les murs et les cl\u00f4tures sont des solutions \u00e0 court-terme et non pas des mesures \u00e0 m\u00eame de r\u00e9soudre le probl\u00e8me<\/em>\u00a0\u00bb, a justifi\u00e9 Cecilia Malmstr\u00f6m, commissaire charg\u00e9e des affaires int\u00e9rieures de l\u2019Union europ\u00e9enne. \u00ab\u00a0<em>Ce mur n\u2019est pas une solution. Les migrants passeront par le fleuve<\/em>\u00a0\u00bb, explique simplement G\u00f6khan Tuzladan, journaliste turque sp\u00e9cialis\u00e9e sur les questions d\u2019immigration. Face au mur, un collectif de militants de la r\u00e9gion, \u00ab\u00a0Stop Evros Wall\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0Arr\u00eatons le mur de l\u2019Evros\u00a0\u00bb), s\u2019est constitu\u00e9. Diamando, professeure de sciences politiques et membre du collectif, le jure\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Ce mur ne sera jamais achev\u00e9. C\u2019est politique, et nous sommes en p\u00e9riode d\u2019\u00e9lection<\/em>\u00a0\u00bb. Ioannis, patron de caf\u00e9 \u00e0 Nea Wyssa, sourit et confirme\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Il n\u2019y a pas d\u2019argent. Le nouvel h\u00f4tel de ville, comme les routes, sont toujours en travaux depuis des mois<\/em>\u00a0\u00bb. <\/p>\n<h2>Manque de moyens<\/h2>\n<p>La Gr\u00e8ce doit porter et assumer, seule, en pleine crise \u00e9conomique, le fardeau de l\u2019immigration europ\u00e9enne. \u00ab\u00a0<em>Le probl\u00e8me est europ\u00e9en<\/em>\u00a0\u00bb, confirme Georgios Saramangas, chef de la police d\u2019Orestiada. Les effectifs policiers et militaires dans la r\u00e9gion de l\u2019Evros sont insuffisants, par manque de moyens. L\u2019arriv\u00e9e de Frontex n\u2019a fait que d\u00e9placer les migrants vers le sud de l\u2019Evros, \u00e0 la hauteur de la ville d\u2019Alexandroupolis, o\u00f9 les contr\u00f4les sont moins fr\u00e9quents. \u00ab\u00a0<em>L\u2019h\u00e9licopt\u00e8re de Frontex n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 sorti depuis des mois car le fuel est trop cher<\/em>\u00a0\u00bb, confie un soldat grec. Les habitants d\u2019Orestiada, o\u00f9 Frontex a \u00e9lu domicile, pointent du doigt des troupes europ\u00e9ennes alcoolis\u00e9es et inefficaces. \u00ab\u00a0<em>Frontex est utile comme l\u2019aspirine au cancer<\/em>\u00a0\u00bb, r\u00e9sume une avocate de la r\u00e9gion. \u00ab\u00a0<em>Avant, c\u2019\u00e9tait la police grecque qui informait l\u2019Europe de la situation<\/em>, ironise Evanghelis Maraslis, maire-adjoint du village frontalier de Nea Wyssa. <em>Aujourd\u2019hui, c\u2019est Frontex.<\/em>\u00a0\u00bb Un manque d\u2019argent qui se v\u00e9rifie aussi dans les centres de r\u00e9tention, qui accueillent les migrants afin de leur d\u00e9livrer un avis de quitter le territoire sous 30 jours. \u00ab\u00a0<em>On a entre 8 et 10 officiers de police pour 500 immigr\u00e9s<\/em>\u00a0\u00bb, explique une ancienne psychologue du centre de r\u00e9tention de Fylakio, pr\u00e8s d\u2019Orestiada. \u00ab\u00a0<em>Certains migrants restaient jusqu\u2019\u00e0 4 mois, et sortaient tr\u00e8s peu en ext\u00e9rieur. C\u2019est une vraie prison. Il y avait des tentatives de suicide, des d\u00e9sordres psychologiques. La nourriture \u00e9tait tr\u00e8s mauvaise. Des gardiens \u00e9taient violents. Il n\u2019y avait pas de docteur permanent. Nous restions 6 mois, et nous \u00e9tions pay\u00e9s des mois apr\u00e8s<\/em>\u00a0\u00bb, d\u00e9nonce la psychologue. \u00ab\u00a0<em>Les conditions ont \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9es d\u2019inhumaines par la Cour europ\u00e9enne des droits de l\u2019homme. Depuis, le gouvernement a essay\u00e9 de rattraper son retard, en achetant des matelas, en donnant un coup de peinture, mais il n\u2019y a pas de moyens<\/em>\u00a0\u00bb, d\u00e9plore Eva Cosse, franco-grecque, et assistante de recherche \u00e0 l\u2019ONG <em>Human Rights Watch<\/em>.<\/p>\n<h2>Mafia internationale<\/h2>\n<p>Au-del\u00e0 du symbole fort qu\u2019il envoie au rival historique turc, le mur appara\u00eet donc comme l\u2019aveu d\u2019un \u00e9chec, d\u2019une incapacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9guler les flux et trouver des solutions. Les fronti\u00e8res maritimes vers l\u2019Espagne et l\u2019Italie \u00e9tant devenues difficiles et renforc\u00e9es, les migrants empruntent neuf fois sur dix le chemin gr\u00e9co-turc. En vertu des accords de Dublin, qui oblige le premier pays o\u00f9 le migrant d\u00e9barque, de s\u2019occuper de son cas, les autres pays europ\u00e9ens peuvent renvoyer les immigr\u00e9s en Gr\u00e8ce s\u2019ils sortent du pays. La Turquie, qui poss\u00e8de des partenariats avec des dizaines de pays, laisse entrer l\u00e9galement et sans visa des centaines d\u2019\u00e9trangers chaque jour, mais refuse de les reprendre une fois qu\u2019ils posent le pied dans l\u2019Union europ\u00e9enne. La Gr\u00e8ce est donc devenue un v\u00e9ritable Etat-tampon. Un nouveau r\u00e9seau mafieux, international, se d\u00e9veloppe, avec comme plaque tournante Istanbul. Des vols en provenance du Maghreb ou d\u2019Afrique subsaharienne croisent dans la capitale turque des camions de migrants originaires du Bangladesh ou d\u2019Afghanistan. Les passeurs, souvent Turcs, demandent jusqu&#8217;\u00e0 10\u00a0000 euros aux migrants de leur pays d\u2019origine \u00e0 Ath\u00e8nes. \u00ab\u00a0<em>On a affaire \u00e0 des centaines de petits r\u00e9seaux parall\u00e8les<\/em>\u00a0\u00bb, explique G\u00f6khan Tuzladan. \u00ab\u00a0<em>Mais cela pourrait \u00e9voluer en importance. On a retrouv\u00e9 des camions avec des dizaines de migrants.<\/em>\u00a0\u00bb A Orestiada, des chauffeurs de taxi crapuleux emm\u00e8nent des immigr\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 Alexandroupolis, o\u00f9 ils les prennent en otage dans des h\u00f4tels. Appelant leurs familles au pays, ils exigent jusqu\u2019\u00e0 5\u00a0000 euros pour leur lib\u00e9ration. La police grecque est au courant, mais ferme les yeux, d\u00e9bord\u00e9e. Un important d\u00e9but de trafic d\u2019\u00eatres humains, aux risques minimes. En Turquie, un passeur arr\u00eat\u00e9 par la police prend au maximum 5 mois de prison. Alors qu\u2019une personne qui trafique 1 gramme d\u2019h\u00e9ro\u00efne risque entre 5 et 7 ans d\u2019enfermement. <\/p>\n<h2>\u00ab\u00a0Une chasse au migrants\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p>On retrouve Ali, le jeune Guin\u00e9en de 18 ans, \u00e0 Ath\u00e8nes. Apr\u00e8s 17 heures de train, dans un wagon rempli de migrants et de passeurs, il d\u00e9barque dans la capitale grecque, perdu au milieu des grandes avenues, dans son costume aux couleurs jaune, rouge et verte de la Guin\u00e9e-Conakry. Extraverti et attachant, il rit\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Les trafiquants nous ont demand\u00e9 de nous habiller comme \u00e7a car il y avait un festival de musique africaine \u00e0 Istanbul. On a du m\u00eame jouer du tambourin devant le consul\u00a0!<\/em>\u00a0\u00bb Autour d\u2019un caf\u00e9, il raconte sa vie en Guin\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0<em>La vie est foutue l\u00e0-bas. Quand je vais en bo\u00eete, je prends un pistolet. Les policiers, sur la route, t\u2019arr\u00eatent, et tu dois payer une amende juste pour qu\u2019ils s\u2019ach\u00e8tent un sandwich<\/em>\u00a0\u00bb. Son r\u00eave est d\u2019aller en France et de devenir architecte. Mais pour le moment, il rejoint son r\u00e9seau de passeurs, qui doit lui fournir un faux permis de s\u00e9jour. A Ath\u00e8nes, il prend le m\u00e9tro pour la premi\u00e8re fois, dans une ville cinq fois plus importante que Conakry, o\u00f9 vivent d\u00e9sormais 1 million d\u2019immigr\u00e9s. Pour trouver de l\u2019argent, les migrants d\u00e9ambulent dans les rues de la ville avec un caddie, \u00e0 la recherche de ferraille. Avec un sac poubelle, ils ramassent les bouteilles qu\u2019ils recyclent pour quelques centimes d\u2019euros chacune. Les autres, qui ne trouvent pas d\u2019argent ou d\u2019aide morale, humaine, tombent dans la mendicit\u00e9 ou la drogue. A Ath\u00e8nes, en pleine journ\u00e9e, au c\u0153ur du centre-ville et sur des places publiques, des h\u00e9ro\u00efnomanes se piquent d\u00e9sormais en toute impunit\u00e9. En pleine crise, dans une Gr\u00e8ce sans argent et sans travail, le nationalisme, exacerb\u00e9, a trouv\u00e9 son bouc-\u00e9missaire. Des habitants, proches du parti n\u00e9onazi de l\u2019Aube dor\u00e9e, se regroupent en milices, en groupes de vigilance, et ont d\u00e9clar\u00e9, ouvertement et sans tabou, \u00ab\u00a0<em>la chasse aux migrants<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>*<em>Les pr\u00e9noms ont \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9s<\/em> <\/strong><div id='gallery-1' class='gallery galleryid-5402 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/mur_grece_080512_-_copie-969.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"80\" height=\"55\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/mur_grece_080512_-_copie-969.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"Gr\u00e8ce : aux fronti\u00e8res de la crise\" aria-describedby=\"gallery-1-16271\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<figcaption class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-16271'>\n\t\t\t\tGr\u00e8ce : aux fronti\u00e8res de la crise\n\t\t\t\t<\/figcaption><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/mur_grece_080512_-_copie_3_-1f9.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"122\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/mur_grece_080512_-_copie_3_-1f9-150x122.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"Gr\u00e8ce : aux fronti\u00e8res de la crise\" aria-describedby=\"gallery-1-16272\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<figcaption class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-16272'>\n\t\t\t\tGr\u00e8ce : aux fronti\u00e8res de la crise\n\t\t\t\t<\/figcaption><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/mur_grece_080512_-_copie_2_-d4c.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/mur_grece_080512_-_copie_2_-d4c-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"mur_grece_080512_-_copie_2_.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/mur_grece_0805_12-b9a.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/mur_grece_0805_12-b9a-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"Gr\u00e8ce : aux fronti\u00e8res de la crise\" aria-describedby=\"gallery-1-16274\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<figcaption class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-16274'>\n\t\t\t\tGr\u00e8ce : aux fronti\u00e8res de la crise\n\t\t\t\t<\/figcaption><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chaque jour, plus de 300 immigr\u00e9s arrivent en Gr\u00e8ce par la Turquie. 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