{"id":5293,"date":"2012-02-18T21:43:37","date_gmt":"2012-02-18T20:43:37","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/une-berlinale-revolutionnaire5293\/"},"modified":"2023-06-23T23:10:57","modified_gmt":"2023-06-23T21:10:57","slug":"une-berlinale-revolutionnaire5293","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=5293","title":{"rendered":"Une Berlinale r\u00e9volutionnaire?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">L&#8217;Ours d&#8217;or de la 62e \u00e9dition de la Berlinale a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 ce samedi \u00e0 &#8220;Cesare deve morire&#8221; de Paolo et Vittorio Taviani. Le festival de films de Berlin s&#8217;\u00e9tait ouvert sur une r\u00e9volution costum\u00e9e avec le film de Beno\u00eet Jacquot sur les derniers moments de Versailles en 1789. C&#8217;est toutefois aux r\u00e9voltes contemporaines que la Berlinale a r\u00e9serv\u00e9 une place de choix: avec des productions consacr\u00e9es au printemps arabe, aux Indign\u00e9s ou \u00e0 la crise de l&#8217;Euro. <\/p>\n<p>\u00ab<em>Pouvons-nous avoir une d\u00e9mocratie si nous ne sommes nous-m\u00eames pas capables de nous \u00e9couter les uns les autres?<\/em>\u00bb Peu apr\u00e8s la d\u00e9mission du Pr\u00e9sident Moubarak, la jeune journaliste \u00e9gyptienne Heba Afify va \u00e0 la rencontre des manifestants de la Place Tahrir. Elle veut d\u00e9crypter la diversit\u00e9 de leurs opinions pour la r\u00e9daction internet anglophone du <a href=\"http:\/\/www.egyptindependent.com\/\">quotidien \u00e9gyptien ind\u00e9pendant <em>Al-Masry Al-Youm<\/em><\/a>. La documentariste Mai Iskander suit la jeune journaliste jusqu&#8217;aux \u00e9lections parlementaires de novembre 2011. Twitter et Facebook font partie de son quotidien. Certaines vid\u00e9os prises par Heba Afify avec son smartphone sont int\u00e9gr\u00e9es au documentaire <em>Words of Witness<\/em> qui gagne en authenticit\u00e9. <\/p>\n<h2>\u00abShare\u00bb: les r\u00e9seaux sociaux et l&#8217;image du Printemps arabe<\/h2>\n<p>\u00ab<em>Le recours aux r\u00e9seaux sociaux et la diffusion de films amateurs sur les mouvements de r\u00e9voltes et les violences qui les ont accompagn\u00e9s ont particip\u00e9 \u00e0 la prise de conscience de ce qui se passait dans les pays arabes<\/em>\u00bb, commente la Berlinale dans un de ses communiqu\u00e9s. \u00ab<em>Les images d&#8217;amateurs de la Place Tahrir au Caire font maintenant partie de la m\u00e9moire collective<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Les vid\u00e9os amateurs qui se multiplient sur internet divisent les cin\u00e9astes. Les uns reprochent leur h\u00e9ro\u00efsation de l&#8217;auteur et l&#8217;anonymisation des sources d&#8217;information, les autres louent leur r\u00e9activit\u00e9 documentaire par rapport \u00e0 l&#8217;actualit\u00e9. \u00ab<em>Avec YouTube, une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de r\u00e9alisateurs est n\u00e9e, celle de ceux qui s&#8217;emparent de leurs portables comme d&#8217;une arme dans leur combat pour la libert\u00e9<\/em>\u00bb, d\u00e9clarait pour sa part la r\u00e9alisatrice syrienne Hala Al Alabdallah lors d&#8217;une table ronde consacr\u00e9e mercredi \u00e0 la Syrie. <\/p>\n<h2>\u00abDo it yourself\u00bb: la volont\u00e9 de documenter sa r\u00e9volution <\/h2>\n<p>Les m\u00e9dias ind\u00e9pendants sont \u00e9galement largement pr\u00e9sents dans le documentaire du r\u00e9alisateur \u00e9gyptien Bassam Mortada. Six jeunes journalistes relatent leur incapacit\u00e9 \u00e0 rester neutres devant les violences et les injustices rencontr\u00e9es lors de la r\u00e9volution en \u00c9gypte. Le documentaire <em>Althawra\u2026 Khabar<\/em> (Reportage \u2026 une r\u00e9volution) r\u00e9v\u00e8le le besoin de dignit\u00e9 du peuple \u00e9gyptien. Les diff\u00e9rentes productions consacr\u00e9es au &#8220;printemps arabe&#8221; partagent cette m\u00eame volont\u00e9, celle de participer \u00e0 la d\u00e9finition de l&#8217;image de son pays.<\/p>\n<p>\u00ab<em>Je ne sais pas quelle direction va prendre le monde arabe, les changements ne se font pas en une nuit, c&#8217;est un long processus<\/em>\u00bb, observe Hania Mrou\u00e9, libanaise, productrice et directrice de festival. \u00ab<em>Ce qui appara\u00eet par contre clairement, c&#8217;est le besoin suscit\u00e9 par &#8220;le printemps arabe&#8221; de documenter les \u00e9v\u00e8nements, du point de vue des personnes concern\u00e9es et non du point de vue des m\u00e9dias.<\/em>\u00bb Et d&#8217;analyser: \u00ab<em>Ce sont avant tout les jeunes qui ont d\u00e9marr\u00e9 les r\u00e9volutions. Ils veulent raconter leurs histoires de leurs propres points de vue.<\/em>\u00bb Hania Mrou\u00e9 fait partie du jury de la Berlinale r\u00e9compensant un r\u00e9alisateur pour son premier film.<\/p>\n<h2>\u00abCrise\u00bb: se faire l&#8217;\u00e9cho des mouvements de soci\u00e9t\u00e9<\/h2>\n<p>\u00ab<em>Je voulais absolument faire un film situ\u00e9 dans la continuit\u00e9 du petit livre<\/em> Indignez-vous <em>de St\u00e9phane Hessel<\/em>\u00bb,explique le r\u00e9alisateur fran\u00e7ais Tony Gatlif \u00e0 la presse lors de la projection de son film &#8220;Indignados&#8221;. \u00ab<em>Le tournage avait commenc\u00e9 en janvier 2011, bien avant les mouvements des indign\u00e9s, d'&#8221;occupy&#8221; ou de &#8220;real democracy now&#8221;. J&#8217;ai donc vraiment eu de la chance lorsqu&#8217;au printemps, les jeunes ont commenc\u00e9 \u00e0 descendre dans les rues en reprenant les mots de St\u00e9phane Hessel.<\/em>\u00bb L&#8217;engagement du r\u00e9alisateur transpara\u00eet dans le reste de l&#8217;\u00e9quipe: \u00ab<em>Tony a su se mettre au service de la r\u00e9alit\u00e9<\/em>\u00bb, commente la protagoniste espagnole Isabel Vendrell Cort\u00e8s. \u00ab<em>Il le fait avec un film de cin\u00e9ma, ce qui montre que les m\u00e9dias qui sont au service de la r\u00e9alit\u00e9 ne font pas leur boulot. Et \u00e7a, c&#8217;est vraiment dommage car il y a vraiment beaucoup de personnes qui regardent la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 travers une t\u00e9l\u00e9vision!<\/em>\u00bb<\/p>\n<p>Un autre appel \u00e0 r\u00e9agir d\u00e9fit toute mise en sc\u00e8ne: Le cin\u00e9aste allemand  Romuald Karmakar pr\u00e9sente un documentaire de 102 minutes encha\u00eenant dix discours d&#8217;intellectuels allemands sur la crise de l&#8217;Euro, prononc\u00e9s \u00e0 Berlin en d\u00e9cembre dernier. La performance a tout d&#8217;un cours magistral \u00e0 l&#8217;ancienne mais le message passe dans les salles de cin\u00e9ma: les citoyens feraient bien de s&#8217;interroger sur la crise de l&#8217;Euro et d&#8217;arr\u00eater de se r\u00e9fugier derri\u00e8re l&#8217;id\u00e9e qu&#8217;ils ne comprennent rien aux march\u00e9s financiers. Sinon la d\u00e9mocratie leur sera vol\u00e9e!<\/p>\n<p>La Berlinale se fait donc cette ann\u00e9e l&#8217;\u00e9cho des r\u00e9voltes du monde actuel et pointe m\u00eame du doigt la question du droit \u00e0 l&#8217;autod\u00e9termination du peuple sahraoui du Sahara occidental avec, entre autres, le remarquable documentaire de l&#8217;acteur espagnol Javier Bardem. Les derniers jours du festival sont eux-m\u00eames teint\u00e9s d&#8217;une ambiance fin de r\u00e8gne avec la d\u00e9mission d&#8217;un autre pr\u00e9sident: Christian Wulff, le Pr\u00e9sident allemand. Et \u00e7a, ce n&#8217;\u00e9tait pas du cin\u00e9ma!<\/p>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-5293 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/berlinale_460x350_-_copie-4c0.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/berlinale_460x350_-_copie-4c0-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"Une Berlinale r\u00e9volutionnaire?\" aria-describedby=\"gallery-1-16032\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<figcaption class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-16032'>\n\t\t\t\tUne Berlinale r\u00e9volutionnaire?\n\t\t\t\t<\/figcaption><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/berlinale_460x350_-_copie_2_-bfc.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"80\" height=\"55\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/berlinale_460x350_-_copie_2_-bfc.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"Une Berlinale r\u00e9volutionnaire?\" aria-describedby=\"gallery-1-16033\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<figcaption class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-16033'>\n\t\t\t\tUne Berlinale r\u00e9volutionnaire?\n\t\t\t\t<\/figcaption><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/berlinale_460x122-114.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"122\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/berlinale_460x122-114-150x122.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"Une Berlinale r\u00e9volutionnaire?\" aria-describedby=\"gallery-1-16034\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<figcaption class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-16034'>\n\t\t\t\tUne Berlinale r\u00e9volutionnaire?\n\t\t\t\t<\/figcaption><\/figure>\n\t\t<\/div>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;Ours d&#8217;or de la 62e \u00e9dition de la Berlinale a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 ce samedi \u00e0 &#8220;Cesare deve morire&#8221; de Paolo et Vittorio Taviani. 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