{"id":494,"date":"1997-05-01T00:00:00","date_gmt":"1997-04-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/extreme-droite-en-europe494\/"},"modified":"1997-05-01T00:00:00","modified_gmt":"1997-04-30T22:00:00","slug":"extreme-droite-en-europe494","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=494","title":{"rendered":"EXTREME DROITE EN Europe"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> A quoi tient la r\u00e9surgence de mouvements d&#8217;extr\u00eame droite ? Crise symbolique, crise \u00e9conomique, les facteurs majeurs sont identifiables. <\/p>\n<p>Si l&#8217;extr\u00eame droite n&#8217;\u00e9tait qu&#8217;un archa\u00efsme, elle aurait disparu depuis longtemps ou n&#8217;aurait subsist\u00e9 que marginalement. En aucun cas, elle n&#8217;aurait \u00e9t\u00e9 en mesure de conqu\u00e9rir p\u00e9riodiquement une audience de masse. Il faut donc supposer qu&#8217;elle se caract\u00e9rise aussi par une actualit\u00e9 certaine: qu&#8217;elle est organiquement li\u00e9e \u00e0 certaines crises propres \u00e0 la modernit\u00e9 capitaliste; ou que, du moins, ces crises sont susceptibles de r\u00e9activer les \u00e9l\u00e9ments archa\u00efques v\u00e9hicul\u00e9s par l&#8217;extr\u00eame droite, de les rendre en quelque sorte \u00e0 nouveau fonctionnels. C&#8217;est l&#8217;objet de mon analyse du Front national (FN) (1). A partir de l\u00e0, je propose des hypoth\u00e8ses sur les raisons de la r\u00e9surgence de mouvements d&#8217;extr\u00eame droite dans diff\u00e9rents pays d&#8217;Europe occidentale. Parmi les \u00e9l\u00e9ments qui assurent \u00e0 l&#8217;extr\u00eame droite son actualit\u00e9 figure, en premier lieu, la crise du sens. Entendons le d\u00e9faut d&#8217;ordre symbolique propre aux soci\u00e9t\u00e9s capitalistes d\u00e9velopp\u00e9es, leur incapacit\u00e9 \u00e0 \u00e9laborer et maintenir un syst\u00e8me un tant soit peu stable et coh\u00e9rent de r\u00e9f\u00e9rentiels, de normes, de valeurs \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur desquels les individus peuvent \u00e0 la fois h\u00e9riter du pass\u00e9 et se projeter dans l&#8217;avenir, communiquer entre eux, se construire une identit\u00e9, en un mot donner sens \u00e0 leur existence.<\/p>\n<p> <strong> Une individualit\u00e9 narcissique et autor\u00e9f\u00e9rencielle <\/strong><\/p>\n<p>Le sympt\u00f4me le plus massif de cette crise, en m\u00eame temps que sa solution illusoire la plus courante, r\u00e9side dans le d\u00e9veloppement, au cours de ces deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, d&#8217;une individualit\u00e9 narcissique et autor\u00e9f\u00e9rentielle, qui n&#8217;accepte d&#8217;autre principe que son propre accomplissement. Refusant le plus souvent tout engagement social au del\u00e0 du cercle de ses affinit\u00e9s personnelles, soutenant au mieux l&#8217;id\u00e9ologie des droits de l&#8217;Homme, cette personnalit\u00e9 molle, pratiquant le pluralisme et le nomadisme identitaires, est en principe peu mobilisable politiquement. Tant du moins que les conditions socio-\u00e9conomiques permettent sa survie. Mais d\u00e8s lors que, comme c&#8217;est le cas dans tout contexte de crise structurelle, la concurrence inter-individuelle s&#8217;exacerbe au point de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer en une &#8221; guerre de tous contre tous &#8220;, d\u00e8s lors que l&#8217;appropriation des moyens n\u00e9cessaires au maintien de son rang social ou tout simplement de sa survie exige de chacun une mobilisation de plus en plus intense, cette individualit\u00e9 molle tend \u00e0 se &#8221; durcir &#8221; dans deux directions. Pour les &#8221; gagnants &#8221; (ou ceux qui esp\u00e8rent l&#8217;\u00eatre) dans le sens n\u00e9o-lib\u00e9ral de l&#8217;individualisme &#8221; entrepreneurial &#8220;. Pour les &#8221; perdants &#8220;, (ou ceux qui craignent de l&#8217;\u00eatre) dans l&#8217;\u00e9closion d&#8217;une structure psychologique pr\u00e9disposant \u00e0 l&#8217;adh\u00e9sion \u00e0 des id\u00e9ologies et des mouvements d&#8217;extr\u00eame droite.<\/p>\n<p>En effet, lorsque se conjuguent le sentiment d&#8217;\u00e9tranget\u00e9 \u00e0 soi, aux autres, au monde, g\u00e9n\u00e9r\u00e9 en permanence par l&#8217;absence de structuration symbolique du v\u00e9cu, et la majoration des sentiments d&#8217;impuissance, d&#8217;abandon et de culpabilit\u00e9 propres \u00e0 toute situation d&#8217;\u00e9chec social, les conditions sont m\u00fbres pour que se mette en place une attitude de ressentiment: de rage impuissante, de r\u00e9volte passive, de rumination interne de ses maux, qui ne trouve d&#8217;exutoire que dans la fusion de l&#8217;individu dans une communaut\u00e9 imaginaire (le peuple, la nation, la race selon le cas), son recours \u00e0 l&#8217;homme providentiel et la recherche de boucs \u00e9missaires dont l&#8217;\u00e9limination, symbolique ou m\u00eame physique, devient la condition de son propre salut. Le durcissement autoritaire est donc une tentation permanente pour l&#8217;individualit\u00e9 symboliquement d\u00e9structur\u00e9e g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par la crise du sens, d\u00e8s lors que se trouvent menac\u00e9es les conditions sociales de son existence.<\/p>\n<p>La crise de l&#8217;Etat-nation, provoqu\u00e9e par la transnationalisation du capital, pr\u00e9sente diff\u00e9rents aspects, tous susceptibles de favoriser eux aussi l&#8217;affirmation de mouvements d&#8217;extr\u00eame droite. En premier lieu, elle se traduit par l&#8217;affaiblissement des solidarit\u00e9s, territoriales et sociales, \u00e0 travers lesquelles les diff\u00e9rentes nations se sont constitu\u00e9es historiquement. D&#8217;une part, la d\u00e9multiplication de l&#8217;appareil d&#8217;Etat entre des instances supranationales (les instances de l&#8217;Union europ\u00e9enne), les instances nationales et les instances infranationales (les pouvoirs publics r\u00e9gionaux et locaux, qui ont \u00e9t\u00e9 partout renforc\u00e9s en Europe au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9 cennies) aboutit de plus en plus \u00e0 rendre incoh\u00e9rente et inefficace l&#8217;action globale de r\u00e9gulation socio-\u00e9conomique de l&#8217;appareil d&#8217;Etat, en affaiblissant en particulier ses instances nationales. A quoi s&#8217;ajoute, d&#8217;autre part, l&#8217;aggravation des in\u00e9galit\u00e9s de d\u00e9veloppement entre r\u00e9gions au sein d&#8217;un m\u00eame Etat. L&#8217;abandon des actions correctrices sous l&#8217;effet des politiques n\u00e9o-lib\u00e9rales et de la dynamique spontan\u00e9e de la transnationalisation du capital renforce certains p\u00f4les de d\u00e9veloppement, en affaiblit d&#8217;autres, n\u00e9glige des zones enti\u00e8res en les vouant \u00e0 la marginalit\u00e9 socio-\u00e9conomique.<\/p>\n<p> <strong> Les deux processus entra\u00een\u00e9s par les blocs transnationaux <\/strong><\/p>\n<p>Dans ces conditions, deux types de mouvements politiques peuvent se produire, qui tous deux peuvent alimenter l&#8217;extr\u00eame droite. Certains estiment avoir tout \u00e0 gagner \u00e0 un pareil mouvement de remise en cause des solidarit\u00e9s nationales. Se sentant &#8221; forts &#8221; ou \u00e9tant objectivement renforc\u00e9s par le processus pr\u00e9c\u00e9dent, ils entendent se lib\u00e9rer du poids encombrant des &#8221; faibles &#8220;. Ils appuient donc le mouvement d&#8217;affaiblissement de l&#8217;Etat-nation, exigent une refonte de l&#8217;Etat national sur la base d&#8217;une critique de son inefficacit\u00e9 et de son co\u00fbt, exacerbent des revendications r\u00e9gionalistes teint\u00e9es de x\u00e9nophobie, et vont m\u00eame jusqu&#8217;\u00e0 agiter le spectre de la s\u00e9cession. C&#8217;est ce qui s&#8217;est pass\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es, avec l&#8217;affirmation de la Ligue du Nord, dans ce Nord de l&#8217;Italie que son dynamisme \u00e9conomique int\u00e8gre dans la fameuse &#8221; banane bleue &#8221; europ\u00e9enne et qui supporte mal le poids des transferts au b\u00e9n\u00e9fice du Mezzogiorno. Et c&#8217;est un processus analogue qui est \u00e0 l&#8217;oeuvre dans ces Flandres belges qui, au cours des ann\u00e9es 1960-1970, ont su refaire leur handicap historique et entendent aujourd&#8217;hui renverser \u00e0 leur b\u00e9n\u00e9fice le rapport historique de subordination qui les a li\u00e9es \u00e0 la Wallonie, voire qui r\u00eavent de se rattacher aux Pays-Bas dont elles sont g\u00e9ographiquement mais aussi linguistiquement et historiquement proches: c&#8217;est le fonds sur lequel prosp\u00e8re le Vlaams Blok.<\/p>\n<p>Inversement, tous ceux qui craignent de faire les frais de ce processus d&#8217;affaiblissement des solidarit\u00e9s nationales trouvent dans un nationalisme d&#8217;autant plus intransigeant qu&#8217;il est aux abois un refuge naturel. C&#8217;est sous le signe de la d\u00e9fense d&#8217;une nation menac\u00e9e par les p\u00e9rils ext\u00e9rieurs (qu&#8217;il s&#8217;agisse des mouvements des capitaux, des flux migratoires, de la mont\u00e9e de l&#8217;int\u00e9grisme musulman ou de la pand\u00e9mie du sida) que le MSI en Italie, les Republikaner en Allemagne, le FPO en Autriche aussi que le FN en France sont parvenus \u00e0 mobiliser des troupes apeur\u00e9es par le spectre de la dissolution voire de l&#8217;\u00e9clatement de l&#8217;unit\u00e9 nationale. En affaiblissant les solidarit\u00e9s nationales, la transnationalisation du capital alimente ainsi des r\u00e9gionalismes offensifs et des nationalismes d\u00e9fensifs qui font tous les deux le lit de l&#8217;extr\u00eame droite.<\/p>\n<p>En second lieu, en remettant en cause les diff\u00e9rentes unit\u00e9s nationales, ce m\u00eame processus de transnationalisation conduit \u00e9galement \u00e0 l&#8217;\u00e9branlement des diff\u00e9rents blocs socio-politiques, dont les alliances aussi bien que les rivalit\u00e9s contribuaient \u00e0 structurer l&#8217;espace politique national. J&#8217;ai montr\u00e9 sur le cas fran\u00e7ais comment, sous l&#8217;incidence du processus de transnationalisation, le bloc h\u00e9g\u00e9monique d&#8217;un c\u00f4t\u00e9 et le mouvement ouvrier de l&#8217;autre se sont trouv\u00e9s remis en cause, incapables de maintenir les syst\u00e8mes d&#8217;alliance, les projets et programmes, les valeurs autour desquels ils s&#8217;\u00e9taient historiquement constitu\u00e9s, en privant ainsi de repr\u00e9sentation de larges couches sociales et en lib\u00e9rant en cons\u00e9quence un espace politique que le FN est venu occuper.<\/p>\n<p> <strong> La crise structurelle du capitalisme en toile de fond <\/strong><\/p>\n<p>C&#8217;est bien \u00e9videmment en Italie que la remise en cause des diff\u00e9rents blocs socio-politiques a pris ces derni\u00e8res ann\u00e9es le tour le plus spectaculaire. Des deux principales formations qui avaient domin\u00e9 la vie politique italienne depuis 1945, la D\u00e9mocratie chr\u00e9tienne et le Parti communiste, la premi\u00e8re s&#8217;est litt\u00e9ralement effondr\u00e9e; tandis que le second, renon\u00e7ant \u00e0 son identit\u00e9, a connu une scission qui l&#8217;a consid\u00e9rablement affaibli. Il en est r\u00e9sult\u00e9 une recomposition compl\u00e8te du paysage politique italien, qui a profit\u00e9 \u00e0 la fois \u00e0 l&#8217;Alliance nationale et \u00e0 la Ligue du Nord. Et, l\u00e0 encore, l&#8217;ensemble du processus a \u00e9t\u00e9 directement command\u00e9 par les exigences de la transnationalisation du capital via celles de l&#8217;int\u00e9gration europ\u00e9enne. Car, par del\u00e0 les p\u00e9rip\u00e9ties des scandales politico-financiers, l&#8217;enjeu v\u00e9ritable de tout ce bouleversement n&#8217;est autre que la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une profonde r\u00e9forme des finances publiques, aussi bien dans son volet de recettes fiscales (l&#8217;\u00e9vasion et la fraude fiscales sont un sport national en Italie) que dans son volet de contr\u00f4le de l&#8217;affectation des d\u00e9penses (gangren\u00e9e jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent par le client\u00e9lisme et la corruption mafieuse). Ainsi l&#8217;extr\u00eame droite se nourrit-elle \u00e9galement d&#8217;un processus de d\u00e9saffiliation d&#8217;une partie du corps politique envers les partis politiques traditionnels, du fait de la crise d&#8217;identit\u00e9 dans laquelle le processus de transnationalisation les a fait entrer.<\/p>\n<p>On ne saurait cependant expliquer la r\u00e9\u00e9mergence de mouvements d&#8217;extr\u00eame droite en Europe occidentale sans \u00e9voquer la crise structurelle dans laquelle le capitalisme s&#8217;est progressivement enfonc\u00e9 \u00e0 partir du milieu des ann\u00e9es 1970. Cette crise constitue la toile de fond de tout le processus, sans laquelle celui-ci resterait incompr\u00e9hensible. La mont\u00e9e du ch\u00f4mage et de la pr\u00e9carit\u00e9, la remise en cause des avantages ant\u00e9rieurement acquis, le d\u00e9mant\u00e8lement rampant du syst\u00e8me de protection sociale, la dualisation socio-\u00e9conomique grandissante et le d\u00e9veloppement des ph\u00e9nom\u00e8nes d&#8217;exclusion auxquels cette crise a donn\u00e9 lieu dans tous les pays d&#8217;Europe occidentale sont connus. Mais il importe de souligner que ces ph\u00e9nom\u00e8nes ont affect\u00e9 en priorit\u00e9 les cat\u00e9gories les plus expos\u00e9es du prol\u00e9tariat (les jeunes, les femmes, les immigr\u00e9s, les ouvriers et les employ\u00e9s non qualifi\u00e9s ou situ\u00e9s dans les secteurs en d\u00e9clin) ainsi que des pans entiers de ces classes moyennes traditionnelles structurellement plac\u00e9es en situation de d\u00e9pendance et de sous-traitance \u00e0 l&#8217;\u00e9gard du capital. Et c&#8217;est bien aupr\u00e8s de ces populations plus particuli\u00e8rement victimes de la crise ou directement menac\u00e9es par elle que, partout en Europe, les mouvements d&#8217;extr\u00eame droite auront obtenu leur meilleur \u00e9cho. Car c&#8217;est parmi ces populations \u00e0 la fois apeur\u00e9es et enrag\u00e9es qu&#8217;est le plus susceptible de se former le ressentiment, base psychologique de toute adh\u00e9sion \u00e0 l&#8217;extr\u00eame droite.<\/p>\n<p>La synth\u00e8se r\u00e9active du ressentiment s&#8217;y est d&#8217;autant plus facilement d\u00e9velopp\u00e9e qu&#8217;aux effets propres \u00e0 la crise \u00e9conomique se sont ajout\u00e9s ceux de sa gestion n\u00e9o-lib\u00e9rale qui a progressivement pr\u00e9valu partout en Europe \u00e0 partir du d\u00e9but des ann\u00e9es 1980. Par son d\u00e9mant\u00e8lement des dispositifs institutionnels de r\u00e9gulation h\u00e9rit\u00e9s de l&#8217;apr\u00e8s-guerre, non seulement cette gestion aura aggrav\u00e9 les effets r\u00e9els de la crise pour ces populations, mais encore elle aura renforc\u00e9 certains des processus id\u00e9ologiques favorisant l&#8217;audience de l&#8217;extr\u00eame droite. En d\u00e9fendant la non intervention de l&#8217;Etat, le n\u00e9o-lib\u00e9ralisme aura justifi\u00e9 la d\u00e9mission des hommes politiques face \u00e0 la d\u00e9gradation de la situation sociale, contribuant \u00e0 les faire para\u00eetre comme des incapables ou des cyniques. En pr\u00f4nant le sauve-qui-peut et le chacun-pour-soi, il aura rendu chacun seul responsable de son sort, majorant ainsi les sentiments d&#8217;impuissance, d&#8217;abandon et de culpabilit\u00e9, ingr\u00e9dients majeurs du ressentiment. En faisant l&#8217;apologie de &#8221; la guerre de tous contre tous &#8221; du march\u00e9, il aura contribu\u00e9 \u00e0 rendre acceptable l&#8217;in\u00e9galitarisme et la haine de l&#8217;autre qui comptent parmi les ingr\u00e9dients majeurs de la conception du monde v\u00e9hicul\u00e9e par l&#8217;extr\u00eame droite. Ainsi, tant par ses effets institutionnels que par ses effets id\u00e9ologiques, le n\u00e9o-lib\u00e9ralisme aura ouvert la voie \u00e0 l&#8217;extr\u00e9misme de droite.<\/p>\n<p>* Docteur en sociologie<\/p>\n<p>1. Alain Bihr, Pour en finir avec le Front national, Syros, 1993.Alain Bihr est aussi co-auteur de N\u00e9gationnistes: les chiffonniers de l&#8217;histoire, Syllepse-Golias, 1997.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> A quoi tient la r\u00e9surgence de mouvements d&#8217;extr\u00eame droite ? 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