{"id":4791,"date":"2011-04-27T08:00:00","date_gmt":"2011-04-27T06:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/des-histoires-a-penser-debout4791\/"},"modified":"2023-06-23T23:08:18","modified_gmt":"2023-06-23T21:08:18","slug":"des-histoires-a-penser-debout4791","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=4791","title":{"rendered":"Des histoires \u00e0 penser debout"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Isabelle Stengers et Vinciane Despret s\u2019interrogent sur ce que peuvent<br \/>\napporter les femmes \u00e0 la pens\u00e9e. <em>Les faiseuses d\u2019histoires<\/em>, enqu\u00eate<br \/>\nr\u00e9alis\u00e9e aupr\u00e8s de \u00ab penseuses \u00bb renomm\u00e9es, est un appel \u00e0 la r\u00e9sistance.<\/p>\n<p><em>Les faiseuses d\u2019histoires ne sont<br \/>\npas des figures h\u00e9ro\u00efques, plut\u00f4t<br \/>\ndes emmerdeuses. <\/em> \u00bb Ce sont des<br \/>\nfemmes qui n\u2019acceptent pas tout \u00e0<br \/>\nfait la place qui leur a \u00e9t\u00e9 faite \u2013 aussi<br \/>\nenviable soit-elle. Elles rechignent \u00e0 se satisfaire<br \/>\nde leur rente de situation sans se poser de question.<br \/>\nTandis que ceux qui les ont admises dans<br \/>\nleurs rangs en attendent des marques de gratitude,<br \/>\ncomptant au moins sur leur silence reconnaissant,<br \/>\nelles font tout un tas d\u2019histoires.<\/p>\n<p>Ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la d\u00e9mocratisation de l\u2019acc\u00e8s<br \/>\n\u00e0 la Facult\u00e9, les philosophes belges Vinciane<br \/>\nDespret et Isabelle Stengers sont de celles qui<br \/>\n\u00ab <em>ont obtenu le droit de penser de 9 heures \u00e0<br \/>\n18 heures, comme les hommes<\/em> \u00bb. Elles ont fait<br \/>\nleur entr\u00e9e au sein du d\u00e9partement de philosophie<br \/>\ndes universit\u00e9s de Li\u00e8ge et de Bruxelles, o\u00f9<br \/>\nelles occupent un poste stable, comme si c\u2019\u00e9tait<br \/>\n\u00ab normal \u00bb. Mais aujourd\u2019hui, ni l\u2019une ni l\u2019autre n\u2019a<br \/>\nobtenu le statut de professeur et leurs travaux ne<br \/>\nfont pas r\u00e9f\u00e9rence dans la profession, \u00ab<em> au sens<br \/>\no\u00f9 les citer n\u2019aide pas qui les cite \u00e0 \u00eatre reconnu-<br \/>\ne comme vrai-e philosophe <\/em> \u00bb. Le but de leur<br \/>\nouvrage n\u2019est pas d\u2019expliquer les raisons de ce<br \/>\n\u00ab <em>plafond de verre<\/em> \u00bb auquel elles ont sans doute<br \/>\n\u00e9t\u00e9 confront\u00e9es, ni de donner chair aux statistiques<br \/>\nr\u00e9v\u00e9latrices de la fronti\u00e8re invisible qui<br \/>\nbloque les femmes dans leur carri\u00e8re \u00e0 dipl\u00f4me<br \/>\n\u00e9gal avec les hommes. D\u2019autres s\u2019y sont attel\u00e9s.<\/p>\n<h2>Chemins de traverse<\/h2>\n<p>L\u2019originalit\u00e9 de ce travail de co-\u00e9criture est de<br \/>\nfaire un pas de c\u00f4t\u00e9. Plut\u00f4t que de creuser la<br \/>\ndimension socio-\u00e9conomique de la question,<br \/>\nil se penche sur la mani\u00e8re dont, \u00ab <em>en tant que<br \/>\nfemme <\/em> \u00bb, on fabrique de la pens\u00e9e. Devant la<br \/>\nsuspicion avec laquelle certains de leurs coll\u00e8gues<br \/>\naccueillent leurs livres et le m\u00e9pris<br \/>\nque suscite leurs objets d\u2019\u00e9tude, les auteures<br \/>\n\u00e9mettent une hypoth\u00e8se dont ce livre, <em>Les faiseuses<br \/>\nd\u2019histoires<\/em>, se fait le relais. Et si leur<br \/>\nd\u00e9marche intellectuelle ne les d\u00e9signait pas<br \/>\nseulement comme \u00ab <em>philosophes<\/em> \u00bb, mais comme<br \/>\n\u00ab <em>femmes philosophes<\/em> \u00bb ?<\/p>\n<p>\u00ab<em> Lorsque nous voyions les auteurs que nous<br \/>\nlisions camper une position h\u00e9ro\u00efque, comme si<br \/>\nle destin de l\u2019humanit\u00e9 ou la vocation du sujet<br \/>\n\u00e9taient en jeu dans la question qu\u2019ils posaient, nous riions sous cap, tout en sachant tr\u00e8s bien que ce rire pouvait signifier que nous ne serions<br \/>\njamais de \u201cvraies\u201d philosophes <\/em> \u00bb, racontent-elles.<br \/>\nRefusant de prendre au s\u00e9rieux les grands<br \/>\nprobl\u00e8mes, les dilemmes incontournables, les<br \/>\ninjonctions qui mettent au pied du mur, elles<br \/>\nont d\u00e9sert\u00e9 les champs de bataille de la pens\u00e9e<br \/>\npour emprunter des chemins de traverse. A la<br \/>\nJustice, le Bien ou la Libert\u00e9, elles ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9<br \/>\ndes sujets moins \u00ab nobles \u00bb, tels l\u2019hypnose, les<br \/>\ndrogu\u00e9s, les paysans et les sorci\u00e8res. Les deux<br \/>\nchercheuses l\u2019admettent sans honte : \u00ab<em> Nous<br \/>\n\u00e9chouerions probablement \u00e0 l\u2019\u00e9preuve de philosophie<br \/>\nau baccalaur\u00e9at.<\/em> \u00bb<\/p>\n<h2>Filles et soeurs<\/h2>\n<p>Pour pr\u00e9parer cet essai en forme d\u2019enqu\u00eate<br \/>\npolyvoque, Vinciane Despret et Isabelle Stengers<br \/>\nne se sont pas content\u00e9es d\u2019interroger leur<br \/>\nengagement personnel et intellectuel. Elles ont<br \/>\n\u00e9galement sollicit\u00e9 d\u2019autres femmes. Certaines<br \/>\n\u2013 pas toutes \u2013 ont r\u00e9pondu. Ainsi sont venues<br \/>\nnourrir le projet les r\u00e9flexions de la physicienne<br \/>\nFran\u00e7oise Balibar, de la math\u00e9maticienne et philosophe<br \/>\nLaurence Bouquiaux, de la philologue<br \/>\net philosophe Barbara Cassin, de la journaliste<br \/>\nMona Chollet, de la sociologue Benedikte Zitouni<br \/>\net de quelques autres.<\/p>\n<p>La lettre qui leur fut envoy\u00e9e, et que les auteures<br \/>\nreproduisent, s\u2019ouvrait sur le \u00ab cri \u00bb de Virginia<br \/>\nWoolf adress\u00e9 aux \u00ab <em>filles et soeurs des hommes<br \/>\ncultiv\u00e9s <\/em> \u00bb dans Trois Guin\u00e9es (1938) : \u00ab <em>Penser<br \/>\nnous devons<\/em> \u00bb. A l\u2019universit\u00e9 comme partout ailleurs,<br \/>\najoutent les \u00ab <em>filles infid\u00e8les<\/em> \u00bb de cette f\u00e9ministe<br \/>\nqui d\u00e9conseillait d\u2019y entrer, ou du moins<br \/>\nd\u2019y rester, car c\u2019\u00e9tait prendre le risque de s\u2019y<br \/>\nretrouver captur\u00e9e. \u00ab <em>Pensons dans les bureaux,<br \/>\npensons dans les autobus, pensons tandis que<br \/>\ndebout dans la foule nous regardons les couronnements<br \/>\nou les d\u00e9fil\u00e9s du lord-maire (\u2026).<br \/>\nNe nous arr\u00eatons jamais de penser<\/em> \u00bb, pr\u00e9conisait<br \/>\nla romanci\u00e8re. C\u2019est ce cri que Vinciane Despret<br \/>\net Isabelle Stengers ont voulu r\u00e9activer.<\/p>\n<p>La plupart des chercheuses fran\u00e7aises et belges<br \/>\nseraient entr\u00e9es \u00e0 l\u2019universit\u00e9 \u00ab <em>sur un mode<br \/>\namn\u00e9sique<\/em> \u00bb. A la diff\u00e9rence des Am\u00e9ricaines et<br \/>\ndes Britanniques f\u00e9ministes ou queer qui refus\u00e8rent<br \/>\nde s\u00e9parer les savoirs des individus qui<br \/>\nles produisent. Elles baign\u00e8rent dans le mythe<br \/>\nd\u2019une science neutre et universelle selon lequel<br \/>\nla pens\u00e9e, oeuvre de \u00ab l\u2019\u00eatre humain \u00bb, transcenderait<br \/>\nle genre. \u00ab <em>Il \u00e9tait entendu que cette<br \/>\nscience ne changerait pas si les femmes prenaient<br \/>\nleur juste part dans l\u2019effort collectif. <\/em> \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019histoire exemplaire de la primatologie permet<br \/>\nd\u2019en douter. Au tournant des ann\u00e9es 1960-1970,<br \/>\ncette discipline s\u2019est vue transform\u00e9e par les observations<br \/>\nin\u00e9dites des premi\u00e8res scientifiques \u00e0<br \/>\naller sur le terrain. Est-ce \u00e0 dire qu\u2019il existe une<br \/>\nmani\u00e8re diff\u00e9rente de \u00ab<em> faire science<\/em> \u00bb lorsque l\u2019on<br \/>\nest une femme ? Elles \u00ab <em>s\u2019attacheraient plus \u00e0 l\u2019individualit\u00e9<br \/>\ndes singes observ\u00e9s<\/em>, soulignent les<br \/>\nchercheuses, r\u00e9sumant l\u2019hypoth\u00e8se qui \u00e9mergea<br \/>\nalors. (\u2026) <em>Elles s\u2019efforceraient d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9coute<br \/>\ndes questions que ceux qu\u2019elles observent se<br \/>\nposent plut\u00f4t que de leur imposer les leurs, elles<br \/>\nseraient plus attentives aux femelles. <\/em> \u00bb<\/p>\n<h2>\u00ab Vocation naturelle \u00bb<\/h2>\n<p>Est-il possible d\u2019affirmer cela sans verser dans la<br \/>\nvision essentialiste d\u2019un f\u00e9minin inn\u00e9 ? La r\u00e9action<br \/>\nde l\u2019une de leurs correspondantes, Marcelle<br \/>\nStroobants, montre le caract\u00e8re glissant de leur<br \/>\nquestion inaugurale : \u00ab <em>Que font les femmes \u00e0 la<br \/>\npens\u00e9e ?<\/em> \u00bb La sociologue du travail y per\u00e7oit en<br \/>\neffet une r\u00e9sonance dangereuse avec l\u2019id\u00e9e qui<br \/>\nvoudrait que l\u2019attention port\u00e9e aux autres soit au<br \/>\nfond une \u00ab <em>vocation naturelle <\/em> \u00bb. L\u2019autre crainte<br \/>\nqui s\u2019exprime dans leur livre, sous la plume de<br \/>\nLaurence Bouquiaux, est celle de tomber dans<br \/>\nle registre victimaire de la plainte.<\/p>\n<p>Ces b\u00e9mols ont offert l\u2019occasion aux auteures<br \/>\nde mettre les points sur les \u00ab i \u00bb. Dans leur esprit,<br \/>\nil ne s\u2019agit ni d\u2019endosser une posture de r\u00e9signation<br \/>\nni de r\u00e9v\u00e9ler une pseudo-nature f\u00e9minine,<br \/>\nmais plut\u00f4t d\u2019exp\u00e9rimenter une r\u00e9sistance \u00e0 venir et un \u00ab nous \u00bb en devenir. \u00ab<em> Parler de nos \u201cfaire autrement\u201d, de nos refus, mais aussi de ce<br \/>\nsentiment d\u2019\u00eatre d\u00e9plac\u00e9e, de ces malaises qui<br \/>\nattendent toujours au tournant, ne relevait plus<br \/>\ndu papotage, mais d\u2019une \u201cmise en commun\u201d <\/em> \u00bb,<br \/>\nexpliquent-elles. L\u2019impression de ne pas \u00eatre<br \/>\n\u00ab \u00e0 sa place \u00bb irrigue les paroles qui tissent la<br \/>\ntrame de ce livre. La tentation de la modestie,<br \/>\naussi, au risque de perdre en vitalit\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est Laurence Bouquiaux qui dresse le tableau<br \/>\nle plus impitoyable du monde universitaire :<br \/>\n\u00ab<em> On laisse parler les hommes (dans les r\u00e9unions,<br \/>\ndans les colloques et m\u00eame, peut-\u00eatre,<br \/>\ndans les livres) parce que beaucoup de nos<br \/>\ncoll\u00e8gues ne nous pardonneront d\u2019\u00eatre intelligentes<br \/>\nque si nous renon\u00e7ons \u00e0 \u00eatre brillantes,<\/em><br \/>\naffirme-t-elle. <em>On ex\u00e9cute, on fait la petite main,<br \/>\non applique sagement ce qu\u2019on nous a appris,<br \/>\nmais on n\u2019invente pas, ou alors seulement aux<br \/>\nmarges, sur les questions sans prestige auxquelles<br \/>\nles hommes ne consacreraient pas une<br \/>\nheure de peine. <\/em> \u00bb Et si les femmes n\u2019acc\u00e8dent<br \/>\nque rarement au statut de t\u00e9nor, ce n\u2019est pas<br \/>\nun hasard. \u00ab<em> Un homme qui prend la pose, se<br \/>\nscandalise et en appelle \u00e0 l\u2019\u00e9quit\u00e9, \u00e0 l\u2019honn\u00eatet\u00e9<br \/>\nintellectuelle et \u00e0 la dignit\u00e9 acad\u00e9mique est un<br \/>\nhomme qui a le sens des valeurs universelles,<\/em><br \/>\nexplique Laurence Bouquiaux.<em> Une femme qui<br \/>\nfait de m\u00eame est une hyst\u00e9rique.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>Cette hostilit\u00e9 masculine, Fran\u00e7oise Balibar<br \/>\nne l\u2019a pas v\u00e9cue, tant elle entretient une relation<br \/>\napais\u00e9e \u00e0 la pens\u00e9e, h\u00e9rit\u00e9e de sa m\u00e8re :<br \/>\n\u00ab <em>Aux hommes la r\u00e9ussite, la technique, l\u2019efficacit\u00e9,<br \/>\nle prestige social ; mais le savoir, le<br \/>\n\u201cvrai\u201d, celui qu\u2019on acquiert, celui qui lib\u00e8re, (\u2026)<br \/>\nle gai savoir a toujours \u00e9t\u00e9 f\u00e9minin. <\/em> \u00bb Si bien<br \/>\nqu\u2019\u00ab <em>en tant que fille <\/em> \u00bb, elle s\u2019y est toujours sentie<br \/>\nchez elle, \u00ab<em> accueillie \u2013 oui, accueillie <\/em> \u00bb. Mais<br \/>\ncela ne l\u2019a pas pr\u00e9serv\u00e9e du sentiment d\u2019\u00eatre<br \/>\nexclue\u2026 du f\u00e9minin. Etre si \u00e0 l\u2019aise dans le domaine<br \/>\ndes id\u00e9es quand tant d\u2019autres essayaient<br \/>\nde se faire entendre des hommes, ce n\u2019\u00e9tait pas<br \/>\nnormal pour la jeune fille qu\u2019elle \u00e9tait alors. Voil\u00e0<br \/>\nqui jetait un doute sur son identit\u00e9 de \u00ab femme \u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab <em>Le plus dur<\/em>, pour Bernadette Bensaude-Vincent,<br \/>\nprofesseure \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Paris-I, <em>fut de<br \/>\ns\u2019autoriser \u00e0 penser, \u00e0 se poser en auteur, responsable<br \/>\nde ses propos. <\/em> \u00bb Elle assimile la m\u00e9nopause<br \/>\n\u00e0 un \u00e9v\u00e9nement lib\u00e9rateur devenu partie<br \/>\nprenante de sa trajectoire intellectuelle.<\/p>\n<h2>Insoumises<\/h2>\n<p>D\u2019autres, comme Barbara Cassin, cultivent la<br \/>\ncol\u00e8re qui propulse l\u00e0 o\u00f9 on ne les attend pas<br \/>\net l\u2019humour qui permet de \u00ab <em>regarder les grands<br \/>\ndiscours passer et, femme parmi les hommes,<br \/>\nrire, au bord du puits, comme la servante de<br \/>\nThrace<\/em> \u00bb. Ces insoumises revendiquent une distance<br \/>\ncritique vis-\u00e0-vis des r\u00f4les et des r\u00e8gles<br \/>\ncommun\u00e9ment admises.<\/p>\n<p>Dans cette lign\u00e9e, on retiendra la r\u00e9ponse de<br \/>\nBenedikte Zitouni qui a toujours refus\u00e9 de parler<br \/>\nau nom des autres et de savoir pour les autres.<br \/>\n\u00ab <em>Expliquer, il faudrait abolir le mot expliquer.<\/em> \u00bb<br \/>\n\u00ab <em>Tant d\u2019hommes nous ont expliqu\u00e9 des choses,<br \/>\n\u00e0 ma m\u00e8re et moi, m\u00e8re c\u00e9libataire et fille<br \/>\nunique, que j\u2019en ai la chair de poule quand on<br \/>\nm\u2019explique des choses. (\u2026) Cette explication et<br \/>\nson int\u00e9r\u00eat semblent aller tellement de soi qu\u2019on<br \/>\nnous la livre gratuitement, magnanimement. <\/em> \u00bb<br \/>\nDe son rejet de \u00ab <em>l\u2019homme-qui-se-permet-d\u2019expliquer-<br \/>\nsans-qu\u2019on-lui-ait-rien-demand\u00e9 <\/em> \u00bb, elle<br \/>\na fait une contrainte cr\u00e9atrice qui guide sa pratique<br \/>\nde chercheuse et d\u2019enseignante. Fabriquer<br \/>\nde la vie plut\u00f4t que du ressentiment, retrouver<br \/>\nle plaisir de penser et d\u2019inventer, cultiver les<br \/>\n\u00e9carts au conforme : c\u2019est ainsi que l\u2019on rendra<br \/>\nle monde habitable.<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-4791 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/steng-0c3.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/04\/steng-0c3-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"steng.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Isabelle Stengers et Vinciane Despret s\u2019interrogent sur ce que peuvent<br \/>\napporter les femmes \u00e0 la pens\u00e9e. <em>Les faiseuses d\u2019histoires<\/em>, enqu\u00eate<br \/>\nr\u00e9alis\u00e9e aupr\u00e8s de \u00ab penseuses \u00bb renomm\u00e9es, est un appel \u00e0 la r\u00e9sistance.<\/p>\n","protected":false},"author":573,"featured_media":14899,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[337,306],"class_list":["post-4791","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives-web","tag-essais","tag-feminisme"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4791","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/573"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4791"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4791\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/14899"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4791"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4791"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4791"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}