{"id":4702,"date":"2011-02-12T14:51:00","date_gmt":"2011-02-12T13:51:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/le-derapage-incontrole-d-une-maman4702\/"},"modified":"2023-06-23T23:08:03","modified_gmt":"2023-06-23T21:08:03","slug":"le-derapage-incontrole-d-une-maman4702","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=4702","title":{"rendered":"Le d\u00e9rapage incontr\u00f4l\u00e9 d\u2019une maman braqueuse"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Un an apr\u00e8s sa tentative de braquage, Rose-Anne Vicari publie<br \/>\nson histoire. Pour Regards, elle se livre sur ce qui l\u2019a pouss\u00e9e<br \/>\n\u00e0 braquer maladroitement la buraliste du quartier : une longue<br \/>\ndescente aux enfers, miroir du quotidien de nombreux pr\u00e9caires.<\/p>\n<p>C\u2019est une femme us\u00e9e qui met difficilement<br \/>\nun pied devant l\u2019autre et<br \/>\nmonte encore plus p\u00e9niblement<br \/>\nles marches. \u00ab<em> Je fais beaucoup<br \/>\nplus vieille que mes 51 ans<\/em> \u00bb, reconna\u00eet<br \/>\nRose-Anne Vicari. Ses joues sont barr\u00e9es<br \/>\nde deux grosses rides, \u00ab c\u2019est mon livre<br \/>\nouvert \u00bb, explique-t-elle de sa<br \/>\nvoix chantante. Comme si sur<br \/>\nce visage se lisaient toutes les<br \/>\n\u00e9preuves d\u2019une vie : les dettes,<br \/>\nla d\u00e9pression, le harc\u00e8lement.<br \/>\nLa litanie des coups du sort ne<br \/>\nsemble jamais s\u2019arr\u00eater. Ces accidents<br \/>\nde la vie sont le quotidien de beaucoup<br \/>\nd\u2019anonymes. Mais par un d\u00e9rapage, Rose-Anne<br \/>\nleur a donn\u00e9 une voix.<\/p>\n<p>Rose-Anne Vicari, c\u2019est la Marseillaise que les m\u00e9dias ont surnomm\u00e9e \u00ab la maman braqueuse \u00bb.<br \/>\nUne nuit, elle s\u2019est lev\u00e9e \u00e0 3 heures du matin.<br \/>\nA c\u00f4t\u00e9, son fils de 23 ans dormait paisiblement.<br \/>\nElle a fouill\u00e9 l\u2019appartement, pris un pistolet<br \/>\nd\u2019alarme et l\u2019a fourr\u00e9 dans une sacoche. Alors<br \/>\nqu\u2019elle refermait la porte, sur la table du salon est<br \/>\nrest\u00e9 un avis d\u2019expulsion pour loyers impay\u00e9s.<br \/>\nElle s\u2019est engouffr\u00e9e dans sa vieille voiture, direction<br \/>\nle tabac du quartier. Ce 8 d\u00e9cembre 2009,<br \/>\nRose-Anne a attendu que la buraliste arrive. Elle<br \/>\nest sortie de la voiture, comme mue par une<br \/>\nforce ext\u00e9rieure, puis a jou\u00e9 son va-tout.<\/p>\n<p>La buraliste l\u2019a accueillie comme<br \/>\nchaque jour. Dans son livre,<br \/>\nRose-Anne d\u00e9crit la sc\u00e8ne.<br \/>\nLes mots ont du mal \u00e0 sortir,<br \/>\nRose-Anne chuchote un \u00ab <em>fermez<br \/>\nla porte<\/em> \u00bb. La commer\u00e7ante \u00e9clate<br \/>\nen sanglots. \u00ab<em> Pas vous, ce n\u2019est<br \/>\npas possible !<\/em> \u00bb Rose-Anne ne sortira pas l\u2019arme,<br \/>\nmais n\u2019arrivera pas non plus \u00e0 lui dire qu\u2019elle veut<br \/>\nde l\u2019argent contre reconnaissance de dettes. Un<br \/>\nhuis clos infernal se joue. Face \u00e0 face, les deux<br \/>\nfemmes sont unies par la peur, l\u2019une pour l\u2019instant<br \/>\npr\u00e9sent, l\u2019autre pour l\u2019avenir. Enfin, un client<br \/>\nentre et neutralise Rose-Anne.<\/p>\n<p>Pourquoi ce jour l\u00e0, pourquoi cette femme ? \u00ab<em> Si<br \/>\nje suis all\u00e9e vers elle, c\u2019est que je la sentais tellement humaine<\/em> \u00bb, confie-t-elle. Cette femme,<br \/>\ntellement humaine, ne portera jamais plainte.<br \/>\nAu proc\u00e8s qui se tient en janvier 2010 et lors<br \/>\nduquel Rose-Anne est condamn\u00e9e \u00e0 un an de<br \/>\nprison avec sursis pour tentative d\u2019extorsion de<br \/>\nfonds, la commer\u00e7ante est l\u00e0. Rose-Anne n\u2019ose<br \/>\npas lui parler, la brusquer : \u00ab <em>Je ne lui ai jamais<br \/>\nvoulu de mal, j\u2019ai beaucoup de remords.<\/em> \u00bb<\/p>\n<h2>\u00ab Survivre en tentant tout \u00bb<\/h2>\n<p>Un an apr\u00e8s, on peine \u00e0 imaginer cette quinquag\u00e9naire<br \/>\nsoigneusement maquill\u00e9e qui s\u2019offre<br \/>\nencore, malgr\u00e9 son corps fatigu\u00e9, la coquetterie<br \/>\nde porter des talons hauts commettre ce \u00ab braquage<br \/>\n\u00bb. Comment a-t-elle donc pu sortir des<br \/>\nrails&#8217; Elle a toujours du mal \u00e0 y voir clair, h\u00e9site.<br \/>\n\u00ab <em>C\u2019est comme si je ne l\u2019avais pas v\u00e9cu.<\/em> \u00bb Il n\u2019y<br \/>\na pas de revendication politique derri\u00e8re son<br \/>\ngeste, juste un appel au secours. \u00ab <em>Ce n\u2019est pas<br \/>\nun coup de folie, c\u2019est un cri de d\u00e9tresse. J\u2019ai agi<br \/>\ncomme un animal pour survivre en tentant tout :<br \/>\nles moyens l\u00e9gaux comme ill\u00e9gaux. <\/em> \u00bb<\/p>\n<p>Rose-Anne manie bien les mots, elle les a couch\u00e9s<br \/>\ndans un livre. Un exutoire. Elle a noirci<br \/>\n600 pages, ensuite r\u00e9duites \u00e0 180. Dans ces<br \/>\npages, il n\u2019y a pas de trajectoire lin\u00e9aire, de plan<br \/>\nde carri\u00e8re, ni de r\u00e9ponses rationnelles. Il y a<br \/>\nla peur du lendemain, la culpabilit\u00e9 de ne pas<br \/>\noffrir \u00e0 ses enfants la vie qu\u2019on leur souhaitait.<br \/>\nIl y a surtout l\u2019\u00e9cho des difficult\u00e9s de tous ceux<br \/>\nqui comme elle ont peur de finir un jour \u00e0 la rue.<br \/>\nDes travailleurs pauvres qui jonglent avec factures impay\u00e9es, d\u00e9couverts et d\u00e9brouille mais ne baissent pas les bras.<\/p>\n<p>Car Rose-Anne n\u2019a jamais baiss\u00e9 la garde. Combien<br \/>\nde fois s\u2019est-elle relev\u00e9e avant de replonger<br \/>\n? Elle parle sans ciller des premiers soucis<br \/>\nd\u2019argent. C\u2019est le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, elle a<br \/>\n30 ans et deux enfants. \u00ab <em>Je vis avec un homme<\/em><br \/>\n(Davy dans le livre)<em> qui n\u2019assume pas financi\u00e8rement.<\/em><br \/>\n\u00bb Rose-Anne, elle, assume tout : le travail, le<br \/>\nloyer. Au gr\u00e9 des ruptures violentes, Davy appara\u00eet<br \/>\net dispara\u00eet dans la vie de Rose-Anne en dilapidant soigneusement<br \/>\nson argent.<br \/>\nQuand ils se quittent d\u00e9finitivement,<br \/>\nelle est seule<br \/>\navec deux fils et des premi\u00e8res<br \/>\ndettes. C\u2019est le<br \/>\nd\u00e9but de la spirale infernale. Elle travaille,<br \/>\nfait tourner la maison. Mais premier coup du<br \/>\nsort : l\u2019association pour laquelle elle travaille se<br \/>\nr\u00e9v\u00e8le ill\u00e9gale. La structure est ferm\u00e9e, Rose-<br \/>\nAnne est int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 la mairie de Marseille mais<br \/>\nperd 150 euros de salaire.<\/p>\n<p>La situation devient intenable. Rose-Anne emprunte,<br \/>\nse retrouve avec des cr\u00e9dits revolving<br \/>\net leurs int\u00e9r\u00eats abyssaux. Elle frappe \u00e0 toutes<br \/>\nles portes. Les amis d\u2019abord qui pr\u00eatent un peu<br \/>\nd\u2019argent. Et aussi les services sociaux. \u00ab<em> J\u2019\u00e9tais<br \/>\nsuivie par une assistante sociale qui m\u2019a enfonc\u00e9e.<\/em><br \/>\n\u00bb L\u2019assistante la presse : il faut d\u00e9m\u00e9nager<br \/>\npour un appartement plus petit, elle ne peut plus<br \/>\npayer son loyer. De guerre lasse, elle suit son<br \/>\nconseil.<\/p>\n<h2>Angoisse et boulimie<\/h2>\n<p>\u00ab<em> Quand vous \u00eates dans des situations comme<br \/>\ncelle-ci, vous n\u2019arrivez plus \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir.<\/em> \u00bb Rose-<br \/>\nAnne quitte donc son F4 pour un F2, \u00e0 la va-vite<br \/>\nbien s\u00fbr. Elle vend une partie de ses meubles,<br \/>\ndonne les autres. Trois mois plus tard, elle obtient<br \/>\nun logement HLM. \u00ab<em> On m\u2019avait fait d\u00e9m\u00e9nager<br \/>\npour \u00e9conomiser 75 euros par mois. Quand j\u2019ai<br \/>\nre-d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 pour le HLM, je n\u2019avais plus de<br \/>\nmeubles, j\u2019ai d\u00fb tout racheter, et j\u2019ai replong\u00e9.<\/em> \u00bb<br \/>\nElle en veut au syst\u00e8me. \u00ab <em>Ma dette aurait pu \u00eatre<br \/>\nr\u00e9gl\u00e9e. J\u2019ai essay\u00e9 de m\u2019en sortir mais je n\u2019ai<br \/>\npas \u00e9t\u00e9 aid\u00e9e. Mon assistante aurait tr\u00e8s bien<br \/>\npu n\u00e9gocier avec mes cr\u00e9anciers, m\u2019aider dans<br \/>\nmes d\u00e9marches <\/em> \u00bb, s\u2019emporte-t-elle.<\/p>\n<p>L\u2019angoisse quotidienne p\u00e8se aussi sur le corps<br \/>\net l\u2019esprit. Rose-Anne devient boulimique, et<br \/>\nbient\u00f4t d\u00e9pressive. \u00ab<em> J\u2019avais d\u00e9j\u00e0 fait des d\u00e9pressions<br \/>\navant, je r\u00e9agissais de fa\u00e7on tr\u00e8s<br \/>\nexcessive. J\u2019ai recommenc\u00e9<br \/>\n\u00e0 sortir comme \u00e0 20 ans, je<br \/>\ndormais peu et g\u00e9rais tout.<br \/>\nEt puis d\u2019un coup, \u00e7a a \u00e9t\u00e9<br \/>\ncomme si j\u2019avais \u00e9puis\u00e9<br \/>\ntoute mon \u00e9nergie. <\/em> \u00bb Elle n\u2019a<br \/>\nplus la force : ni de travailler,<br \/>\nni de s\u2019occuper des enfants. Pendant six mois,<br \/>\nelle reste prostr\u00e9e, fait l\u2019autruche avec ses probl\u00e8mes<br \/>\nd\u2019argent. Quand elle retourne travailler,<br \/>\nle sort s\u2019acharne encore. Cette fois-ci, c\u2019est<br \/>\nune sup\u00e9rieure toute puissante qui l\u2019humilie<br \/>\nquotidiennement. Rose-Anne tient un temps, et<br \/>\nreplonge.<\/p>\n<p>Elle perd le fil du r\u00e9cit, les souvenirs s\u2019entrechoquent.<br \/>\n\u00ab<em> J\u2019ai un probl\u00e8me avec les dates<\/em> \u00bb,<br \/>\navoue-t-elle timidement. Elle se souvient que les<br \/>\nann\u00e9es ont continu\u00e9 \u00e0 filer, entre harc\u00e8lement,<br \/>\nd\u00e9pression et probl\u00e8me d\u2019argent. La mis\u00e8re destructrice,<br \/>\npique-assiette, comme elle l\u2019appelle,<br \/>\ns\u2019est install\u00e9e. Les 1 200 euros ne suffisent pas<br \/>\npour elle et son dernier fils. L\u2019a\u00een\u00e9, lui, est parti<br \/>\nd\u00e8s qu\u2019il a pu, \u00e0 18 ans.<\/p>\n<p>Quand Rose-Anne se l\u00e8ve \u00e0 l\u2019aube de ce 8 d\u00e9cembre<br \/>\n2009, elle est en arr\u00eat maladie depuis<br \/>\ndeux ans. Son fils ram\u00e8ne l\u2019argent de ses petits<br \/>\nboulots. Elle, erre dans l\u2019appartement, boulimique<br \/>\nde nourriture et de s\u00e9ries am\u00e9ricaines.<br \/>\nL\u2019angoisse de l\u2019expulsion est quotidienne, le<br \/>\nsommeil ne vient plus. \u00ab <em>On ne se sent plus dans<br \/>\nle monde, on est dans une bulle enferm\u00e9 avec<br \/>\ncette col\u00e8re qu\u2019on ne peut pas exprimer.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>La quinquag\u00e9naire a \u00e9puis\u00e9 toutes les solutions. Elle est tenaill\u00e9e par la peur que son fils bascule. \u00ab<em> Je le voyais ne plus croire \u00e0 la vie.<br \/>\nEn sous-entendus, on se disait qu\u2019il fallait faire<br \/>\nquelque chose et s\u2019en sortir. Je tremblais qu\u2019on<br \/>\nm\u2019appelle et qu\u2019on me dise qu\u2019on l\u2019avait arr\u00eat\u00e9.<\/em> \u00bb<br \/>\nElle choisit d\u2019agir \u00e0 sa place. \u00ab<em> Si quelqu\u2019un doit<br \/>\npayer c\u2019est moi.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>Une victime du syst\u00e8me ? Oui, mais pas seulement.<br \/>\n\u00ab <em>En \u00e9crivant, je me suis rendue compte<br \/>\nque j\u2019avais eu de la chance, mais que je n\u2019avais<br \/>\npas su la saisir. A chaque fois qu\u2019il y avait une<br \/>\nmauvaise d\u00e9cision \u00e0 prendre, je l\u2019ai prise. <\/em> \u00bb Le<br \/>\njeu notamment&#8217; Dans un reportage, on la pr\u00e9sente<br \/>\ncomme une accro aux jeux en ligne qui y a<br \/>\nengouffr\u00e9 quatre mois de salaire, Rose-Anne enrage<br \/>\net livre sa version. \u00ab<em> C\u2019\u00e9tait quelque temps<br \/>\navant mon acte, j\u2019ai gagn\u00e9 puis perdu beaucoup<br \/>\nplus. Cela a aggrav\u00e9 mes difficult\u00e9s mais n\u2019est<br \/>\npas \u00e0 leur origine.<\/em> \u00bb<\/p>\n<h2>Briser le silence<\/h2>\n<p>Aujourd\u2019hui, Rose-Anne avance, p\u00e9niblement.<br \/>\nApr\u00e8s le \u00ab braquage \u00bb, tout s\u2019est encha\u00een\u00e9.<br \/>\n\u00ab<em> Je l\u2019ai v\u00e9cu comme une sorte de t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9,<br \/>\n\u00e7a cartonne un moment et puis on oublie. <\/em> \u00bb Elle<br \/>\na bien eu l\u2019aide de particuliers. \u00ab <em>Mes avocats<br \/>\nqui ne m\u2019ont rien demand\u00e9 pour me d\u00e9fendre,<br \/>\nmes anges gardiens. J\u2019ai aussi une f\u00e9e, c\u2019est<br \/>\nune dame qui a appris mon histoire et qui m\u2019a<br \/>\ncontact\u00e9e<\/em> pour rembourser toutes mes dettes<br \/>\nlocatives. \u00bb Un don qui lui a permis de souffler<br \/>\nquelque temps.<\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 travail, rien ne va. Rose-Anne aurait d\u00fb reprendre<br \/>\nun poste en mi-temps th\u00e9rapeutique \u00e0 la<br \/>\nmairie. \u00ab <em>Pour des raisons administratives, je n\u2019ai<br \/>\npas encore repris. Je me retrouve \u00e0 mi-solde.<\/em> \u00bb<br \/>\nAvec 600 euros par mois, il faut payer le loyer<br \/>\n(500 euros), l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, le t\u00e9l\u00e9phone, la voiture,<br \/>\nce n\u2019est pas assez.<\/p>\n<p>La Marseillaise qui s\u2019est tue pendant longtemps<br \/>\na maintenant envie de d\u00e9noncer : l\u2019aberration<br \/>\nd\u2019un syst\u00e8me qui ne permet pas \u00e0 ses travailleurs<br \/>\nde vivre dignement. \u00ab<em> Les services sociaux<br \/>\nne sont qu\u2019une fa\u00e7ade pour dire qu\u2019il existe<br \/>\nquelque chose. L\u2019aide, ce n\u2019est pas de donner<br \/>\nde l\u2019argent pour manger, c\u2019est avant, c\u2019est avoir<br \/>\nun travail qui permette de vivre. <\/em> \u00bb Elle insiste, il<br \/>\nfaut briser le silence. Pour survivre, elle avoue<br \/>\ndevoir encore se mettre dans l\u2019ill\u00e9galit\u00e9, elle a<br \/>\npris un petit boulot. Elle h\u00e9site : \u00ab<em> Je fais de la<br \/>\nvoyance par t\u00e9l\u00e9phone.<\/em>\u00bb \u00ab<em> Je veux dire ce qu\u2019on<br \/>\nm\u2019oblige \u00e0 faire.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>Rose-Anne serait-elle donc une h\u00e9ro\u00efne des<br \/>\ntemps modernes&#8217; Elle refuse l\u2019\u00e9tiquette. \u00ab<em> Je ne<br \/>\nsuis pas un symbole, mais mon acte est l\u2019\u00e9cho<br \/>\nde ce que vivent d\u2019autres personnes qui n\u2019ont<br \/>\npas eu la \u201cfolie\u201d de franchir le pas. <\/em> \u00bb Pendant<br \/>\nlongtemps, elle a culpabilis\u00e9. Mais aujourd\u2019hui<br \/>\nelle assume et se dit que \u00ab<em> j\u2019ai toujours eu l\u2019intention<br \/>\nde bien faire <\/em> \u00bb. Son livre s\u2019ach\u00e8ve sur<br \/>\nune lettre \u00e0 tous les \u00e9lus pour en finir avec cette<br \/>\n\u00ab <em>R\u00e9publique factice<\/em> \u00bb qui oublie son peuple et le<br \/>\npr\u00e9carise. \u00ab <em>S\u2019il faut pousser des cris derri\u00e8re, je<br \/>\nle ferai<\/em> \u00bb, pr\u00e9vient-elle.<\/p>\n<p>En attendant, la peur du lendemain est toujours<br \/>\nl\u00e0, et Rose-Anne n\u2019a plus le droit \u00e0 l\u2019erreur. \u00ab<em> J\u2019ai<br \/>\nd\u00e9j\u00e0 bascul\u00e9, ce n\u2019est plus une option. On ne<br \/>\nme le pardonnerait plus. C\u2019est diff\u00e9remment<br \/>\nque je pousse mon cri de d\u00e9tresse.<\/em> \u00bb Elle le<br \/>\npousse dans l\u2019\u00e9criture, elle veut continuer apr\u00e8s<br \/>\nce premier livre, changer radicalement de vie.<br \/>\nEt, pourquoi pas, toucher le bonheur du doigt,<br \/>\nelle qui dit ne jamais l\u2019avoir appris&#8217;<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-4702 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/braqueuse_crop-87f.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"80\" height=\"55\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/braqueuse_crop-87f.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"Le d\u00e9rapage incontr\u00f4l\u00e9 d\u2019une maman braqueuse\" aria-describedby=\"gallery-1-14709\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<figcaption class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-14709'>\n\t\t\t\tLe d\u00e9rapage incontr\u00f4l\u00e9 d\u2019une maman braqueuse\n\t\t\t\t<\/figcaption><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un an apr\u00e8s sa tentative de braquage, Rose-Anne Vicari publie<br \/>\nson histoire. Pour Regards, elle se livre sur ce qui l\u2019a pouss\u00e9e<br \/>\n\u00e0 braquer maladroitement la buraliste du quartier : une longue<br \/>\ndescente aux enfers, miroir du quotidien de nombreux pr\u00e9caires.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":14709,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[297,364],"class_list":["post-4702","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives-web","tag-inegalites","tag-precarite"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4702","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4702"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4702\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/14709"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4702"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4702"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4702"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}