{"id":4698,"date":"2011-02-10T22:38:00","date_gmt":"2011-02-10T21:38:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/detroit-lost-in-transition4698\/"},"modified":"2023-06-23T23:08:02","modified_gmt":"2023-06-23T21:08:02","slug":"detroit-lost-in-transition4698","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=4698","title":{"rendered":"Detroit lost in transition"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">L\u2019ex \u00ab Motor City\u00bb va-t-elle devenir la premi\u00e8re<br \/>\n\u00ab green city \u00bb outre-atlantique ? Entre abandon<br \/>\net r\u00e9silience, Detroit \u2013 qui doit son d\u00e9clin autant<br \/>\n\u00e0 la s\u00e9gr\u00e9gation raciale qu\u2019\u00e0 la crise de l\u2019industrie<br \/>\nautomobile \u2013 tente aujourd\u2019hui de se r\u00e9inventer<br \/>\nun futur au travers de l\u2019agriculture urbaine.<\/p>\n<p>Il faut arriver \u00e0 Detroit par la route, ou<br \/>\nle train, pour bien prendre conscience<br \/>\nde ce qu\u2019est devenu ce qui fut la quatri\u00e8me<br \/>\nville des Etats-Unis, la cit\u00e9 de<br \/>\nFord, Chrysler et General Motors (GM).<br \/>\nUne fois pass\u00e9e la ville-campus d\u2019Ann Arbor,<br \/>\non traverse des banlieues typiques : d\u2019interminables<br \/>\nsuccessions de pavillons donnant de<br \/>\nplain-pied sur des pelouses impeccablement<br \/>\ntondues, structur\u00e9es autour d\u2019immenses centres<br \/>\ncommerciaux \u2013 l\u2019\u00e9talement urbain pouss\u00e9 \u00e0 son<br \/>\nparoxysme, le paradis des 4 x 4 rutilants. Mais \u00e0<br \/>\nmesure que se rapproche le centre et que se<br \/>\nd\u00e9tachent les tours du Renaissance Center<br \/>\n(si\u00e8ge social de GM, auparavant celui de Ford),<br \/>\nl\u2019atmosph\u00e8re change.<\/p>\n<p>Des quartiers entiers sont \u00e0 l\u2019abandon, des<br \/>\ncentaines de maisons laiss\u00e9es en ruines, leurs<br \/>\njardins envahis par les herbes folles. Le centreville,<br \/>\ncoup\u00e9 en deux par l\u2019avenue Woodward, est<br \/>\ndevenu le d\u00e9cor d\u00e9labr\u00e9 des ann\u00e9es glorieuses.<br \/>\nLes immeubles de 20 \u00e0 40 \u00e9tages, symbolisant<br \/>\nl\u2019arrogante puissance de \u00ab Motor City \u00bb, sont d\u00e9sormais<br \/>\npeupl\u00e9s de fant\u00f4mes. Seuls quelques<br \/>\nrez-de-chauss\u00e9e sont occup\u00e9s, le reste est mur\u00e9<br \/>\net d\u00fbment vid\u00e9o-surveill\u00e9. Plus loin, se dessinent<br \/>\nles formes des trois casinos-h\u00f4tels construits<br \/>\ndans les ann\u00e9es 1990 pour redynamiser la ville.<br \/>\nIls sont au bord de la faillite. Les rares lieux de<br \/>\nvie se concentrent autour du stade de base-ball,<br \/>\ndu si\u00e8ge de GM et du palais des Congr\u00e8s, que<br \/>\nrelie un curieux m\u00e9tro a\u00e9rien, circulaire et monorail,<br \/>\nqui ne roule que dans un sens. Comme pour<br \/>\nsignifier que Detroit tourne en rond\u2026<\/p>\n<h2>D\u00e9clin post -industriel<\/h2>\n<p>Irr\u00e9m\u00e9diablement&#8217; Pas s\u00fbr : \u00ab<em> Aux Etats-Unis,<br \/>\nbeaucoup cherchent une issue \u00e0 la crise par<br \/>\nla consommation. Ce que nous proposons ici<br \/>\nest compl\u00e8tement diff\u00e9rent : nous essayons de<br \/>\nchanger de mod\u00e8le \u00e9conomique<\/em>\u00bb, s\u2019enthousiasme Will, l\u2019un des promoteurs actifs des jardins collectifs qui, depuis quelques ann\u00e9es,<br \/>\npoussent dans la ville. Et lui tracent les chemins<br \/>\nd\u2019une possible renaissance post-industrielle.<\/p>\n<p>La ville a compt\u00e9 1,9 million d\u2019habitants en 1950.<br \/>\nIl n\u2019en reste que 910 000. Le ch\u00f4mage qui atteint<br \/>\nofficiellement 29 % est en r\u00e9alit\u00e9 bien sup\u00e9rieur,<br \/>\nautour de 50 %. Detroit d\u00e9pend directement de<br \/>\nla sant\u00e9 de ces g\u00e9ants de l\u2019automobile dont la<br \/>\ncrise a plong\u00e9 la ville dans la pauvret\u00e9. Pour autant,<br \/>\nsi les chocs p\u00e9troliers des ann\u00e9es 1970 ont<br \/>\nprofond\u00e9ment obscurci l\u2019avenir, ils ne sont pas<br \/>\nseuls en cause. Le d\u00e9clin se comprend dans un<br \/>\ncontexte social particulier, li\u00e9 aux strat\u00e9gies d\u2019affaiblissement<br \/>\ndu syndicalisme et \u00e0 la s\u00e9gr\u00e9gation<br \/>\nraciale. Ici, les d\u00e9localisations n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 internationales<br \/>\n: Ford, Chrysler et GM ont ferm\u00e9 leurs<br \/>\nusines en ville, pour aussit\u00f4t les rouvrir en banlieue<br \/>\nou dans le sud du pays et ainsi fuir une ville<br \/>\nnoire \u00e0 89 % et d\u00e9mocrate depuis 1974.<\/p>\n<p>Curieux retour de b\u00e2ton. Pendant la Grande<br \/>\nd\u00e9pression, Henry Ford envoie des centaines<br \/>\nde recruteurs dans le sud pour d\u00e9baucher les<br \/>\ntravailleurs noirs des plantations de coton, en<br \/>\nleur promettant de bons salaires, loin du Sud raciste.<br \/>\nWill Copeland, po\u00e8te, slammeur et militant<br \/>\nlocal, surnomme ainsi Detroit \u00ab le Sud du haut \u00bb<br \/>\n(\u00ab <em>up north<\/em> \u00bb). La manoeuvre devait permettre de contrer les revendications des ouvriers, en recrutant une main d\u2019oeuvre meilleur march\u00e9 et suppos\u00e9e plus docile.<\/p>\n<p>L\u2019op\u00e9ration fonctionne parfaitement, plus encore<br \/>\nde 1942 \u00e0 1945 : trois ann\u00e9es au cours desquelles<br \/>\nla production automobile est mise entre<br \/>\nparenth\u00e8ses, au profit de l\u2019effort de guerre.<br \/>\nLa croissance de la ville est alors ph\u00e9nom\u00e9nale :<br \/>\nDetroit gagne 350 000 habitants. L\u2019industrie va<br \/>\nrapidement faire \u00e9merger une classe moyenne<br \/>\nnoire. Les Afro-am\u00e9ricains sont repr\u00e9sent\u00e9s<br \/>\ndans les institutions locales et, dans les ann\u00e9es<br \/>\n1960, la moiti\u00e9 des d\u00e9put\u00e9s noirs des Etats-<br \/>\nUnis sont issus de Detroit. Pour autant, le pouvoir<br \/>\nreste aux mains des Blancs, et la ville coup\u00e9e<br \/>\nen deux. \u00ab<em> La s\u00e9gr\u00e9gation y \u00e9tait forte : les<br \/>\ngens travaillaient ensemble dans les usines,<br \/>\nmais lorsqu\u2019ils rentraient chez eux, ils vivaient<br \/>\nen vase clos <\/em> \u00bb, raconte Wendy Thompson, syndicaliste,<br \/>\nancienne dirigeante locale de l\u2019UAW<br \/>\n(United Automobile Workers).<\/p>\n<p>Le 23 juillet 1967, la police arr\u00eate 82 Afro-am\u00e9ricains,<br \/>\nr\u00e9unis dans un bar \u00ab clandestin \u00bb pour f\u00eater<br \/>\nle retour d\u2019anciens combattants du Vietnam. Un<br \/>\nrassemblement s\u2019organise rapidement \u00e0 proximit\u00e9<br \/>\ndu commissariat o\u00f9 ils sont gard\u00e9s \u00e0 vue.<br \/>\nLes manifestants s\u2019en prennent alors aux magasins<br \/>\nalentours, la plupart tenus par des Blancs.<br \/>\nLes autorit\u00e9s tardent \u00e0 r\u00e9agir et se font rapidement<br \/>\nd\u00e9border. L\u2019arm\u00e9e f\u00e9d\u00e9rale envoie ses<br \/>\nchars. Bilan des cinq jours suivants : 43 morts,<br \/>\n2 500 magasins pill\u00e9s, 400 b\u00e2timents d\u00e9truits<br \/>\net 7 200 arrestations. \u00ab<em> Nous avons vu clairement<br \/>\ncomment la brutalit\u00e9 polici\u00e8re et les structures<br \/>\nblanches du pouvoir se sont parfaitement<br \/>\ncombin\u00e9es<\/em>, confie Grace Lee Boggs, figure historique<br \/>\ndu mouvement pour les droits civiques.<br \/>\n<em>Ce qui s\u2019est pass\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas une \u00e9meute, mais<br \/>\nune r\u00e9volte l\u00e9gitime contre une arm\u00e9e d\u2019occupation,<br \/>\net contre l\u2019absence de travail. Pourquoi<br \/>\ndevions-nous \u00eatre dirig\u00e9s par des Blancs, alors<br \/>\nque les Noirs \u00e9taient majoritaires&#8217;<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>Sept ans plus tard, Detroit \u00e9lit un maire noir,<br \/>\nd\u00e9mocrate et \u00ab<em> assez radical, impliqu\u00e9 dans le<br \/>\nmouvement ouvrier<\/em> \u00bb. Une premi\u00e8re pour une ville<br \/>\nde cette importance. Mais, reconna\u00eet Wendy, \u00ab<em> la<br \/>\nville n\u2019a plus jamais \u00e9t\u00e9 la m\u00eame<\/em> \u00bb. La population<br \/>\nblanche a progressivement fuit en banlieue,<br \/>\npendant que les notables blancs cr\u00e9ent Detroit<br \/>\nRenaissance, une sorte d\u2019administration parall\u00e8le<br \/>\nau service des g\u00e9ants de l\u2019industrie auto. Le<br \/>\nd\u00e9clin se poursuit lentement. \u00ab <em>C\u2019est comme si<br \/>\nKatrina avait dur\u00e9 soixante ans <\/em> \u00bb, r\u00e9sume Grace.<\/p>\n<h2>Un nouveau d\u00e9fi<\/h2>\n<p>Detroit est aujourd\u2019hui consid\u00e9r\u00e9e comme la sixi\u00e8me<br \/>\nville \u00ab la plus dangereuse \u00bb des Etats-Unis.<br \/>\nLe crack y fait des ravages. Les finances municipales<br \/>\nne permettent plus de maintenir le minimum<br \/>\nde services publics \u00e0 mesure que la ville<br \/>\nperd ses habitants. 44 \u00e9coles ont ferm\u00e9 en 2010,<br \/>\n13 suivront en 2011, hypoth\u00e9quant un peu plus<br \/>\nson avenir. \u00ab<em> C\u2019est le probl\u00e8me le plus grave. On<br \/>\nne peut pas convaincre les gens de rester ou de<br \/>\nrevenir s\u2019il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9coles <\/em> \u00bb, explique Grace.<br \/>\nCourant d\u00e9cembre, le maire a annonc\u00e9 d\u2019autres<br \/>\nmesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 : les ordures m\u00e9nag\u00e8res ne<br \/>\nseront pas ramass\u00e9es et les patrouilles de police<br \/>\nne passeront plus dans 20 % de la ville. Detroit<br \/>\nest au bord de la banqueroute.<\/p>\n<p>Se nourrir y est devenu un vrai d\u00e9fi. \u00ab<em> On ne trouve<br \/>\nque cinq \u00e9piceries<\/em>, constate Will. <em>Detroit est un<br \/>\nd\u00e9sert alimentaire. <\/em> \u00bb Le dernier supermarch\u00e9 a<br \/>\nferm\u00e9 il y a cinq ans, \u00ab<em> officiellement pour raisons<br \/>\n\u00e9conomiques <\/em> \u00bb. Le seul march\u00e9 de la ville est<br \/>\ncertes le plus grand march\u00e9 de producteurs du<br \/>\npays, mais il ne peut fournir tout le monde. D\u00e9sabus\u00e9,<br \/>\nWill explique : \u00ab <em>Il est plus facile de s\u2019acheter<br \/>\nde l\u2019alcool que des pommes de terre. C\u2019est<br \/>\nparadoxal, quand on sait que le Michigan est un \u00e9tat agricole.<\/em> \u00bb A moins d\u2019avoir les moyens de se nourrir dans l\u2019un des rares restaurants de<br \/>\nla ville, l\u2019alternative est simple, r\u00e9sume Kamena<br \/>\nMensa, pr\u00e9sident du R\u00e9seau afro-am\u00e9ricain<br \/>\npour la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire de Detroit : \u00ab<em> La plupart<br \/>\ndes gens se nourrissent dans des fastfoods.<br \/>\n\u00c7a revient cher, et la nourriture est de<br \/>\nmauvaise qualit\u00e9.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019acc\u00e8s \u00e0 une alimentation saine est un enjeu<br \/>\nmajeur, autour duquel les habitants cherchent<br \/>\n\u00e0 r\u00e9inventer Motor City. \u00ab<em> Nous continuons \u00e0<br \/>\nconstruire notre ville, et c\u2019est de cette histoire<br \/>\ndont nous voulons parler<\/em> \u00bb, explique Will. Detroit<br \/>\ncompte 1 200 jardins collectifs. Une mani\u00e8re de<br \/>\nsurvivre, sans d\u00e9pendre de l\u2019infrastructure capitaliste<br \/>\n\u2013 \u00ab <em>nous pouvons nourrir nos proches<br \/>\nsans l\u2019intervention d\u2019entreprises priv\u00e9es<\/em> \u00bb \u2013<br \/>\nmais aussi une opportunit\u00e9 de se r\u00e9approprier<br \/>\nune identit\u00e9 collective noire \u2013 \u00ab<em> nos parents et<br \/>\nnos grands-parents ont une longue exp\u00e9rience<br \/>\ndu travail de la terre <\/em> \u00bb. Detroit est encore loin de<br \/>\nl\u2019autosuffisance alimentaire, mais le potentiel est<br \/>\nl\u00e0 : plus de 100 km2 de friche. Kamena s\u2019occupe<br \/>\nde la \u00ab D-town farm \u00bb [[D-town d\u00e9signe la ville de Detroit.]] : \u00ab <em>Ce que nous faisons<br \/>\nest loin d\u2019\u00eatre vain. Nous commen\u00e7ons \u00e0 fournir<br \/>\nles cantines de plusieurs \u00e9coles.<\/em> \u00bb La ferme va<br \/>\ns\u2019agrandir et sert de centre de formation et de<br \/>\np\u00e9pini\u00e8re pour susciter des vocations.<\/p>\n<h2>Privil\u00e9gier la proximit\u00e9<\/h2>\n<p>La ville est engag\u00e9e dans une transition contrainte<br \/>\nque personne n\u2019avait anticip\u00e9e. Elle n\u2019en demeure<br \/>\npas moins cr\u00e9ative, comme le r\u00e9sume Will :<br \/>\n\u00ab<em> Nous voulons sortir de cette crise en mettant<br \/>\nl\u2019accent sur la proximit\u00e9, l\u2019attention aux autres. <\/em> \u00bb<br \/>\nDetroit a commenc\u00e9 \u00e0 int\u00e9resser des \u00e9colos,<br \/>\ncomme Kilian et sa famille. Attir\u00e9 par le faible<br \/>\nco\u00fbt de l\u2019immobilier, il a ouvert un \u00ab Institut de la<br \/>\npermaculture \u00bb[[Pr\u00f4nant une agriculture et une soci\u00e9t\u00e9 \u00e9cologiques,<br \/>\n\u00e9quitables et \u00e9conomiquement viables.]] : \u00ab <em>Detroit est la ville id\u00e9ale pour<br \/>\nun tel projet.<\/em> \u00bb La rencontre entre ces militants<br \/>\net les habitants n\u2019est cependant pas toujours<br \/>\n\u00e9vidente. Kilian le regrette. Will note que \u00ab<em> ceux<br \/>\nqui s\u2019installent passent du temps \u00e0 regarder les<br \/>\nb\u00e2timents abandonn\u00e9s, mais font moins d\u2019effort<br \/>\npour entrer en contact avec les habitants<\/em> \u00bb.<\/p>\n<p>La transition ne se fait donc pas sans heurts, et<br \/>\nsans pr\u00e9cautions. Le r\u00e9seau que dirige Kamena<br \/>\nest l\u00e0 pour \u00ab<em> superviser la structure \u00e9conomique<br \/>\ndes activit\u00e9s agricoles, les relations de pouvoir,<br \/>\ns\u2019assurer qu\u2019il n\u2019y ait pas de s\u00e9gr\u00e9gation<br \/>\nraciale<\/em> \u00bb. Car Will pr\u00e9vient : \u00ab <em>Nous ne sommes<br \/>\npas na\u00effs, nous voyons bien que certains vont<br \/>\nen profiter pour continuer \u00e0 se faire de l\u2019argent<br \/>\nsur le dos des pauvres noirs.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>Les multinationales ne sont jamais loin et des<br \/>\nprojets de fermes industrielles sont \u00e9voqu\u00e9s.<br \/>\n\u00ab<em> Ce sera une lutte, notamment pour savoir \u00e0<br \/>\nqui ces jardins vont appartenir dans le futur.<br \/>\nNombreux sont ceux qui vont vouloir utiliser nos<br \/>\nsavoir-faire. Pour nous, l\u2019agriculture urbaine est<br \/>\nautant un nouveau front de lutte et de r\u00e9sistance<br \/>\nqu\u2019une opportunit\u00e9 de transformer la ville. C\u2019est<br \/>\nun front de lutte parce que c\u2019est une opportunit\u00e9<br \/>\npour d\u2019autres que nous. Et cette fois, nous<br \/>\nn\u2019allons laisser personne nous d\u00e9poss\u00e9der.<\/em> \u00bb<\/p>\n<p><strong>Textes et photos Jean-Paul Duarte et Nicolas<br \/>\nHaeringer \u2013 collectif \u00e0-vif(s) <\/strong> [[blog-a-vifs.org\/?cat=10w]]<br \/>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-4698 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/detroit_bandeau-2f5.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"122\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/detroit_bandeau-2f5-150x122.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"Detroit lost in transition\" aria-describedby=\"gallery-1-14700\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<figcaption class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-14700'>\n\t\t\t\tDetroit lost in transition\n\t\t\t\t<\/figcaption><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/detroit_crop-da6.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"80\" height=\"55\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/detroit_crop-da6.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"Detroit lost in transition\" aria-describedby=\"gallery-1-14701\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<figcaption class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-14701'>\n\t\t\t\tDetroit lost in transition\n\t\t\t\t<\/figcaption><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ex \u00ab Motor City\u00bb va-t-elle devenir la premi\u00e8re<br \/>\n\u00ab green city \u00bb outre-atlantique ? Entre abandon<br \/>\net r\u00e9silience, Detroit \u2013 qui doit son d\u00e9clin autant<br \/>\n\u00e0 la s\u00e9gr\u00e9gation raciale qu\u2019\u00e0 la crise de l\u2019industrie<br \/>\nautomobile \u2013 tente aujourd\u2019hui de se r\u00e9inventer<br \/>\nun futur au travers de l\u2019agriculture urbaine.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":14700,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[302,289,340,330],"class_list":["post-4698","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives-web","tag-alternatives","tag-ameriques","tag-etats-unis","tag-postcapitalisme"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4698","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4698"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4698\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/14700"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4698"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4698"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4698"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}