{"id":4684,"date":"2011-02-16T00:09:00","date_gmt":"2011-02-15T23:09:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/la-borne-toulouse4684\/"},"modified":"2023-06-23T23:08:00","modified_gmt":"2023-06-23T21:08:00","slug":"la-borne-toulouse4684","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=4684","title":{"rendered":"La Borne Toulouse"},"content":{"rendered":"<h2>LA BORNE TOULOUSE<\/h2>\n<p>Pour Toulouse-la-Rose, le volume dont on va parler est une sorte de Pl\u00e9iade qui r\u00e9unit ses trois (petits) livres (dont un in\u00e9dit) consacr\u00e9s \u00e0 Guy Debord. Ce B\u00e9arnais (\u00ab <em>et quand il fait beau, Basque<\/em> \u00bb) au look de mousquetaire, \u00e9lev\u00e9 au petit lait \u2014 qui allait vite se changer en gros rouge \u2014 de la CNT, s\u2019est<br \/>\nfait conna\u00eetre dans les ann\u00e9es 1980 par quelques missives bien senties au courrier des lecteurs de <em>Lib\u00e9<\/em> : 1) du temps o\u00f9 celui-ci existait, 2) du temps presque inimaginable o\u00f9 ce journal \u00e9tait encore libertaire.<\/p>\n<p>En 1995, Toulouse-la-Rose r\u00e9dige son premier livre : La v\u00e9ritable biographie masp\u00e9risatrice de Guy-Ernest Debord consid\u00e9r\u00e9e sous ses aspects orduriers, cancaniers, folkloriques, malveillants, naus\u00e9abonds, fielleux et notamment vulgaires, et du manque de moyens pour y rem\u00e9dier. Le mot \u00ab masp\u00e9risatrice<br \/>\n\u00bb est un clin d\u2019oeil \u00e0 tous les pro-situs qui s\u2019\u00e9taient multipli\u00e9s comme des pains de plastic, et qui savaient que les situationnistes avaient invent\u00e9 le verbe \u00ab masp\u00e9riser \u00bb (signifiant \u00e0 peu pr\u00e8s trahir un texte en n\u2019imprimant pas son contenu initial, en le caviardant) \u00e0 partir du nom de Fran\u00e7ois Maspero, \u00e9diteur de gauche soup\u00e7onn\u00e9 dudit crime.<\/p>\n<p>Il s\u2019agissait l\u00e0, un an apr\u00e8s sa mort, de la premi\u00e8re biographie de Guy Debord, \u00e0 ceci pr\u00e8s : elle ne fait qu\u2019une trentaine de pages ; elle est r\u00e9dig\u00e9e dans un style d\u00e9connant o\u00f9, si tout est vrai, tout reste amusant. De l\u2019anti-pontifiant \u00e0 merveille, assez rare dans le secteur, les pro-situs, contrairement \u00e0 leurs anc\u00eatres, n\u2019\u00e9tant pas r\u00e9put\u00e9s pour leur humour. Voici pour la m\u00e9thode : \u00ab<em> Pour la pr\u00e9sente \u201cBiographie\u201d, je n\u2019ai entendu aucun t\u00e9moin, je n\u2019ai men\u00e9<br \/>\naucune enqu\u00eate, je n\u2019ai consult\u00e9 aucune archive, je n\u2019ai \u00e9vit\u00e9 aucun bistrot. Tout m\u2019est venu de mes souvenirs de livres et de journaux, ainsi que de mes<br \/>\nfr\u00e9quents errements en ville. <\/em> \u00bb R\u00e9sultat : un brillant vademecum j\u2019te pousse du situationnisme.<\/p>\n<p>En 2004, Toulouse-la-Rose remet le couvert avec <em>Pour en finir, avec Guy Debord<\/em> (de l\u2019importance de la virgule consid\u00e9r\u00e9e comme un barrage contre le<br \/>\npacifisme). Il est vrai qu\u2019entre temps \u00e9tait sortie une \u00ab vraie \u00bb biographie de Guy Debord par Christophe Bourseiller, \u00e9crite selon une m\u00e9thode inverse de la<br \/>\npr\u00e9c\u00e9dente, ainsi qu\u2019un grand nombre de livres de facture universitaire. Pour parler comme l\u2019auteur, tout autant lecteur de San-Antonio que de  l\u2019Internationale situationniste, il convenait donc de relever le gland. <em>Pour en finir\u2026<\/em> est un texte o\u00f9 Toulouse-la- Rose se met beaucoup plus en avant, qu\u2019on en juge par son incipit : \u00ab<em> Avec Guy Debord, je n\u2019ai jamais eu qu\u2019un embonpoint en commun, mais qui avec l\u2019\u00e2ge ne s\u2019est jamais d\u00e9menti. <\/em> \u00bb Fid\u00e8le \u00e0 sa m\u00e9thode qui est de n\u2019en point avoir, l\u2019auteur d\u00e9rive, abordant quelques sujets graves (l\u2019antis\u00e9mitisme, dont celui de gauche) et d\u2019autres moins, tels \u00ab<em> les chiffres r\u00e9els de l\u2019\u00e9conomie <\/em> \u00bb. \u00ab<em> Si l\u2019on observe comment ils sont accueillis par ceux qui pourraient au moins les prendre en compte (fume !), nul n\u2019est besoin d\u2019\u00eatre un r\u00e9volutionnaire averti pour se dire que les<br \/>\nchoses ne peuvent aller qu\u2019en s\u2019enrageant. <\/em> \u00bb Bien vu, en 2004\u2026<\/p>\n<p>Un mot de l\u2019in\u00e9dit, gaillardement intitul\u00e9 <em>Que sont les situs deviendrus&#8217;<\/em>, qui tente \u00ab <em>de comprendre pourquoi l\u2019Etat et la droite, voire l\u2019extr\u00eame droite, se sont subitement entich\u00e9s, au point de l\u2019encenser, de l\u2019auteur controvers\u00e9 de <\/em> La soci\u00e9t\u00e9 du spectacle \u00bb. Bonne question. Et, mine de rien, une mine de renseignements sur d\u2019anciens situs comme Anatole Atlas (l\u2019homme qui jeta de l\u2019eau sur ce bon docteur Lacan lors de la conf\u00e9rence de Louvain, pr\u00e9figurant<br \/>\nen cela l\u2019Entarteur) ; sur Ren\u00e9 Vi\u00e9net, devenu fan de la proto-f\u00e9ministe Olympe de Gouge, ou Eduardo Rothe, ex-membre de la section italienne de l\u2019I.S., aujourd\u2019hui num\u00e9ro 2 de la \u00ab com\u2019 \u00bb de Hugo Chavez.<\/p>\n<h2>SANS FIN<\/h2>\n<p>De toute \u00e9vidence, Thierry Jonquet avait d\u00e9cid\u00e9 de bien s\u2019amuser, lorsque, malheureusement, la mort vint le faucher en 2009. <em>Vampires<\/em>, titre de travail de son dernier roman que les \u00e9ditions du Seuil ont eu tout \u00e0 fait raison de publier en d\u00e9pit de son inach\u00e8vement, rompt avec la facture habituelle de ses polars, leur hyperr\u00e9alisme et une critique sociale qui, ces derniers temps, virait un peu tristement \u00e0 droite, pour se lancer dans un roman feuilleton digne de Feuillade, le cr\u00e9ateur d\u2019Irma Vep (anagramme de vampire).<\/p>\n<p>Certes, Jonquet n\u2019a eu le temps d\u2019\u00e9crire que les 180 premi\u00e8res pages d\u2019un r\u00e9cit qui, vu le nombre de personnages, \u00e9tait bien parti pour en faire le triple, mais on voit parfaitement comment il avait d\u00e9cid\u00e9 de traiter le th\u00e8me du vampirisme, r\u00e9cemment rafra\u00eechi par Stephenie Meyer avec sa s\u00e9rie Twilight. Comme elle, il imagine la vie contemporaine d\u2019une famille de vampires, terr\u00e9s \u00e0 Belleville, et qui commencent \u00e0 en avoir s\u00e9rieusement marre de ne pouvoir sortir que la nuit. Socialement, ce n\u2019est plus tenable. L\u2019inach\u00e8vement du<br \/>\nlivre n\u2019est pas un probl\u00e8me ; au contraire, il ouvre les portes \u00e0 une immense r\u00eaverie\u2026<br \/>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-4684 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/situ_bandeau-6ca.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"122\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/situ_bandeau-6ca-150x122.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"La Borne Toulouse\" aria-describedby=\"gallery-1-14683\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<figcaption class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-14683'>\n\t\t\t\tLa Borne Toulouse\n\t\t\t\t<\/figcaption><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/situ-f70.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/situ-f70-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"situ.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/situ_crop-f14.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"80\" height=\"55\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/situ_crop-f14.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"La Borne Toulouse\" aria-describedby=\"gallery-1-14685\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<figcaption class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-14685'>\n\t\t\t\tLa Borne Toulouse\n\t\t\t\t<\/figcaption><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LA BORNE TOULOUSE Pour Toulouse-la-Rose, le volume dont on va parler est une sorte de Pl\u00e9iade qui r\u00e9unit ses trois (petits) livres (dont un in\u00e9dit) consacr\u00e9s \u00e0 Guy Debord. 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