{"id":4641,"date":"2010-12-28T00:00:00","date_gmt":"2010-12-27T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/a-l-asso-du-droit-du-travail4641\/"},"modified":"2010-12-28T00:00:00","modified_gmt":"2010-12-27T23:00:00","slug":"a-l-asso-du-droit-du-travail4641","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=4641","title":{"rendered":"A l&#8217;asso du droit du travail"},"content":{"rendered":"<p><strong>Ils travaillent pour des ONG, des petites structures d&#8217;\u00e9ducation populaire, des associations caritatives, culturelles, locales ou nationales.<\/strong> Ils ne comptent pas leurs heures, finissent tard le soir en r\u00e9union et bossent le week-end sur des forums, \u00e9v\u00e9nements publics ou autres f\u00eates de quartier. Ils sont en Contrat unique d&#8217;insertion (CUI), Contrat d&#8217;accompagnement dans l&#8217;emploi (CAE), Emploi-tremplin, CDD, stage&#8230; Parce que cela co\u00fbte moins cher qu&#8217;un contrat de travail lambda, dans un contexte ou les associations rajoutent des trous \u00e0 leur ceinture faute de  subventions publiques. Ils ont un Bac + 5 et gagnent \u00e0 peine plus du Smic, quand certains de leurs coll\u00e8gues touchent 540 euros par mois pour 24 \u00e0 48 heures hebdomadaires dans le cadre d&#8217;un \u00ab service civique \u00bb.<\/p>\n<p>Mais alors, qu&#8217;est-ce qui fait courir les salari\u00e9s du secteur associatif ? La r\u00e9ponse commun\u00e9ment admise, celle qui justifie la banalisation de la pr\u00e9carit\u00e9, tient finalement en trois mots : ils aiment \u00e7a. C&#8217;est bien connu, les salari\u00e9s du secteur associatif sont des passionn\u00e9s. Ils ont fait le choix d&#8217;un m\u00e9tier porteur de sens, d&#8217;une mission professionnelle en accord avec leurs valeurs ? Et bien, qu&#8217;ils assument de sacrifier leur vie sociale et de manger des p\u00e2tes tous les soirs en se d\u00e9vouant corps et \u00e2mes \u00e0 leur activit\u00e9.<\/p>\n<p>En raison du nombre croissant d&#8217;associations et de leur professionnalisation depuis deux d\u00e9cennies, les salari\u00e9s du secteur associatif n&#8217;ont jamais \u00e9t\u00e9 aussi nombreux : il en existe aujourd&#8217;hui 1,8 million. Une petite poign\u00e9e d&#8217;entre eux a mont\u00e9 il y a peu le syndicat Asso (Action des salari\u00e9s du secteur associatif, affili\u00e9 \u00e0 l&#8217;Union syndicale Solidaires), qui a pour ambition de d\u00e9fendre les droits des salari\u00e9s, volontaires et stagiaires du secteur associatif. Un pari os\u00e9. En effet, sous pr\u00e9texte que la fronti\u00e8re est floue entre engagement militant et salariat, les questions de droits du travail y sont souvent taboues. Il est assez courant, par exemple, que des salari\u00e9s qui se risquent \u00e0 r\u00e9clamer des journ\u00e9es de r\u00e9cup\u00e9ration se fassent rembarrer par leur direction : \u00ab Tu penses \u00e0 tes heures, alors que des b\u00e9n\u00e9voles donnent de leur temps gratuitement et sans contrepartie ! On n&#8217;est pas \u00e0 la pr\u00e9fecture ! \u00bb<\/p>\n<p>Il est pourtant choquant, lorsqu&#8217;on travaille pour une association qui lutte contre la pauvret\u00e9 en Ha\u00efti, d&#8217;\u00eatre contraint de survivre \u00e0 Paris avec une indemnit\u00e9 de stage de 400 euros par mois. La fin doit-elle justifier les moyens ? Le secteur associatif regroupe de multiples domaines : culture, international, social, sant\u00e9, citoyennet\u00e9, sport, etc. Ce qui f\u00e9d\u00e8re cette diversit\u00e9, c&#8217;est la dimension non lucrative : les associations contribuent \u00e0 la vie sociale et \u00e9conomique sans pour autant se situer dans une d\u00e9marche de profit. Ici plus qu&#8217;ailleurs, il est n\u00e9cessaire de traduire la solidarit\u00e9 en actes, de faire valoir des exigences en mati\u00e8re de droit du travail et d&#8217;implantation syndicale. La cr\u00e9ation de ce syndicat est une excellente nouvelle : le monde associatif s&#8217;arme enfin d&#8217;un char d&#8217;Asso pour d\u00e9fendre ses salari\u00e9s. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ils travaillent pour des ONG, des petites structures d&#8217;\u00e9ducation populaire, des associations caritatives, culturelles, locales ou nationales. 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