{"id":4614,"date":"2010-12-07T00:00:00","date_gmt":"2010-12-06T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/besoin-des-riches-3-les-riches4614\/"},"modified":"2010-12-07T00:00:00","modified_gmt":"2010-12-06T23:00:00","slug":"besoin-des-riches-3-les-riches4614","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=4614","title":{"rendered":"Besoin des riches? (3) &#8211; \u00ab Les riches nous co\u00fbtent tr\u00e8s cher \u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Quatre \u00e9conomistes analysent un syst\u00e8me capitaliste pens\u00e9 dans le seul int\u00e9r\u00eat des dominants. Pour r\u00e9duire les in\u00e9galit\u00e9s, ils avancent des solutions concr\u00e8tes, notamment fiscales, et d\u00e9montrent que l&#8217;imp\u00f4t n&#8217;est pas un frein \u00e0 l&#8217;investissement <\/p>\n<p>.<\/p>\n<p><strong> POURQUOI REFORMER LA FISCALITE? <\/strong><\/p>\n<p><strong> La fiscalit\u00e9 aujourd&#8217;hui : prendre aux pauvres pour donner aux riches <\/strong>&#8230;<\/p>\n<p><strong>Henri Sterdyniak <\/strong> : Les in\u00e9galit\u00e9s gonflent dans l&#8217;ensemble des pays d\u00e9velopp\u00e9s du fait des r\u00e9formes lib\u00e9rales qui, depuis les ann\u00e9es 1980, augmentent les profits au d\u00e9triment des salaires. Une partie revient aux managers des grandes entreprises pour qu&#8217;ils les g\u00e8rent dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat des actionnaires. Le d\u00e9veloppement fabuleux de la sph\u00e8re financi\u00e8re parasitaire g\u00e9n\u00e8re aussi des r\u00e9mun\u00e9rations excessives pour les plus riches. Et comme ces derniers peuvent choisir le lieu o\u00f9 ils payent leurs imp\u00f4ts, les pays se sont lanc\u00e9s dans une concurrence fiscale, en baissant les imp\u00f4ts sur les plus riches pour les attirer.<\/p>\n<p><strong>Jacques G\u00e9n\u00e9reux <\/strong> : Il s&#8217;est produit non pas une r\u00e9duction du poids de l&#8217;Etat, mais sa privatisation par un changement de la structure et de la nature des imp\u00f4ts : presque partout la fiscalit\u00e9 sur le patrimoine et les revenus financiers a \u00e9t\u00e9 all\u00e9g\u00e9e, et les pr\u00e9l\u00e8vements locaux et sur le travail ont augment\u00e9. Si bien qu&#8217;aujourd&#8217;hui, on taxe de plus en plus les pauvres pour rendre de l&#8217;argent aux riches !<\/p>\n<p><strong> &#8230; et couper dans les d\u00e9penses sociales <\/strong>.<\/p>\n<p><strong>Thomas Coutrot <\/strong> : Une bonne partie des d\u00e9ficits publics provient de la contre-r\u00e9volution fiscale men\u00e9e depuis une quinzaine d&#8217;ann\u00e9es. Depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, les d\u00e9penses fiscales (les exon\u00e9rations, etc.) ont all\u00e9g\u00e9 la charge sur les cat\u00e9gories les plus ais\u00e9es et priv\u00e9 l&#8217;Etat de 100 milliards d&#8217;euros par an.<\/p>\n<p><strong>H.S. <\/strong> : La strat\u00e9gie des classes dominantes consiste \u00e0 dire que les pays sont oblig\u00e9s de baisser les imp\u00f4ts parce qu&#8217;il y a de la concurrence fiscale, ce qui prive les Etats de ressources. Et puisque les Etats se retrouvent avec des d\u00e9ficits, elles expliquent alors qu&#8217;elles doivent r\u00e9duire les d\u00e9penses sociales.<\/p>\n<p><strong>T.C. <\/strong> : Nous sommes dans un \u00e9tat de guerre de classes. La Gr\u00e8ce, par exemple, ne parvient pas \u00e0 r\u00e9duire son d\u00e9ficit budg\u00e9taire, parce que plus elle diminue sa d\u00e9pense publique, plus la r\u00e9cession s&#8217;approfondit et moins le d\u00e9ficit se r\u00e9duit. Il devient \u00e9vident qu&#8217;elle va devoir faire d\u00e9faut sur sa dette, et pourtant, on fait comme si on pouvait encore l&#8217;obliger \u00e0 plus d&#8217;aust\u00e9rit\u00e9. Les int\u00e9r\u00eats \u00e0 court terme d&#8217;une caste de l&#8217;industrie financi\u00e8re sont aujourd&#8217;hui totalement prioritaires.<\/p>\n<p><strong> La mont\u00e9e des in\u00e9galit\u00e9s : une cause de la crise \u00e9conomique <\/strong>&#8230;<\/p>\n<p><strong>Li\u00eam Hoang-Ngoc  <\/strong> : La mont\u00e9e des in\u00e9galit\u00e9s qui a accompagn\u00e9 le d\u00e9veloppement du capitalisme financier est l&#8217;une des principales raisons de la crise. Le pouvoir d&#8217;achat des classes moyennes et modestes a stagn\u00e9 voire recul\u00e9, alors que le revenu des plus riches a explos\u00e9. A partir de ce socle commun, le premier sc\u00e9nario, en France et en Allemagne, fut celui d&#8217;une croissance molle. Le second, dans les pays anglo-saxons et en Espagne, fut tir\u00e9 par un fort endettement des m\u00e9nages. Il fut le th\u00e9\u00e2tre d&#8217;une croissance forte, mais explosive, qui a d\u00e9bouch\u00e9 sur l&#8217;\u00e9pisode des subprimes. La r\u00e9gulation des march\u00e9s financiers est n\u00e9cessaire mais insuffisante pour juguler les causes profondes d&#8217;une crise qui n&#8217;est qu&#8217;en apparence financi\u00e8re.<\/p>\n<p>&#8230; <strong> et une catastrophe \u00e9cologique <\/strong>.<\/p>\n<p><strong> H.S.  <\/strong> : Le gonflement des in\u00e9galit\u00e9s est aussi \u00e9cologiquement tr\u00e8s mauvais car il favorise, du c\u00f4t\u00e9 des plus riches, les consommations ostentatoires, gaspilleuses d&#8217;\u00e9nergie et polluantes.<\/p>\n<p><strong> COMMENT S&#8217;Y PRENDRE <\/strong> ?<\/p>\n<p><strong> R\u00e9tablir une r\u00e9elle progressivit\u00e9 de l&#8217;imp\u00f4t sur le revenu <\/strong>&#8230;<\/p>\n<p><strong> H.S.  <\/strong> : L&#8217;imp\u00f4t sur le revenu est un tr\u00e8s bon imp\u00f4t, parce qu&#8217;il est progressif et familial, mais il a deux d\u00e9fauts : le taux marginal de la tranche sup\u00e9rieure, qui a \u00e9t\u00e9 abaiss\u00e9 \u00e0 40 % ; et l&#8217;existence de m\u00e9canismes d\u00e9rogatoires. Il faut supprimer toutes les niches fiscales dites incitatives pour ne pas gaspiller l&#8217;argent dans la d\u00e9pense fiscale. Il vaut mieux subventionner directement le logement \u00e9tudiant ou social que subventionner la sp\u00e9culation immobili\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>L.N.H  <\/strong> : L&#8217;imp\u00f4t sur le revenu ne repr\u00e9sente que 17 % des recettes fiscales de l&#8217;Etat, alors que c&#8217;est l&#8217;imp\u00f4t le plus juste, parce qu&#8217;il est progressif. La TVA, qui au contraire est un imp\u00f4t injuste (les 10 % les plus riches y consacrent 3 % de leur revenu, alors qu&#8217;elle repr\u00e9sente 8 % du revenu des 10 % des plus pauvres) rapporte 51 % des recettes de l&#8217;Etat. Globalement, la part de revenu disponible consacr\u00e9e au paiement de tous les imp\u00f4ts, y compris indirects, est en moyenne de 21 % en France : 18 % pour les 10 % les plus riches, 23 % pour les 10 % les plus pauvres. M\u00eame avec un imp\u00f4t progressif sur le revenu, les riches payent moins d&#8217;imp\u00f4ts proportionnellement. Contrairement \u00e0 ce qu&#8217;on croit, l&#8217;imp\u00f4t sur le revenu est tr\u00e8s peu confiscatoire en France. Le taux marginal d&#8217;imposition de la tranche sup\u00e9rieure est de 40 %, mais le taux moyen, c&#8217;est-\u00e0-dire le taux r\u00e9el d&#8217;imposition est nettement plus faible : par exemple, celui d&#8217;un m\u00e9nage avec deux enfants qui gagne 10 Smic est de 14 %. Les riches b\u00e9n\u00e9ficient de plus de nombreuses niches fiscales. Pour le rendre plus redistributif, il faut l&#8217;asseoir sur une assiette qui inclut tous les revenus en le fusionnant avec la CSG, avec un bar\u00e8me progressif, une dizaine de tranches pour \u00e9viter les sauts de tranche trop brutaux, et un taux de la tranche sup\u00e9rieure \u00e0 70 % comme dans les ann\u00e9es 1960. Il faut aussi pr\u00e9voir une redistribution en direction des m\u00e9nages \u00e0 bas revenu, par un cr\u00e9dit d&#8217;imp\u00f4t, une d\u00e9cote ou un abattement.<\/p>\n<p><strong> &#8230; jusqu&#8217;\u00e0 fixer un revenu maximum <\/strong><\/p>\n<p><strong>J.G. <\/strong> : Une fois admise l&#8217;\u00e9gale valeur des individus, il devient inexplicable que le travail d&#8217;un soudeur vaille moins que celui d&#8217;un ing\u00e9nieur. La seule conception philosophique admissible est celle de l&#8217;\u00e9galit\u00e9. Et il n&#8217;y a pas non plus de justification \u00e9conomique aux in\u00e9galit\u00e9s salariales. L&#8217;id\u00e9e qu&#8217;elles seraient incitatives \u00e0 l&#8217;effort est anthropologiquement fausse : la seule in\u00e9galit\u00e9 dont les individus ont besoin, c&#8217;est l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 symbolique, li\u00e9e \u00e0 la reconnaissance sociale. Si la culture leur apprenait qu&#8217;elle se manifeste par des m\u00e9dailles ou des compliments, ils s&#8217;en contenteraient. Evidemment, si on leur dit que \u00e7a se manifeste par des billets de banque, ils veulent plus d&#8217;argent. Mais nos PDG ne savent plus quoi faire de leurs millions.<\/p>\n<p><strong> T.C. <\/strong> : Consid\u00e9rer que des revenus de 10 millions d&#8217;euros par an sont l\u00e9gitimes, c&#8217;est consid\u00e9rer qu&#8217;on peut saccager la plan\u00e8te en consommant de fa\u00e7on effr\u00e9n\u00e9e. Cet \u00ab id\u00e9al \u00bb de niveau de vie est \u00e9cologiquement insoutenable. La soci\u00e9t\u00e9 doit changer ses repr\u00e9sentations et ringardiser les tr\u00e8s hauts revenus. Le taux d&#8217;imp\u00f4t confiscatoire est une mesure simple \u00e0 mette en oeuvre. A Attac, on s&#8217;appuie sur l&#8217;exemple de Roosevelt qui, en 1944, a fix\u00e9 le taux marginal de la tranche sup\u00e9rieur de l&#8217;imp\u00f4t sur le revenu \u00e0 94 %.<\/p>\n<p><strong> R\u00e9former l&#8217;imp\u00f4t sur le patrimoine <\/strong><\/p>\n<p><strong> L.N.H <\/strong> : Les gens ont compris que le bouclier fiscal est un moyen d\u00e9tourn\u00e9 de supprimer l&#8217;ISF. Des s\u00e9nateurs et d\u00e9put\u00e9s UMP ont sign\u00e9 une p\u00e9tition qui r\u00e9clame sa suppression et celle de l&#8217;ISF, avec, pour contrepartie, la cr\u00e9ation d&#8217;une tranche sup\u00e9rieure \u00e0 l&#8217;imp\u00f4t sur le revenu, ou d&#8217;une majoration de 5 points du taux de la tranche sup\u00e9rieure. Mais imposer le revenu ne suffit pas \u00e0 lutter contre la rente : comme le revenu n&#8217;est jamais tax\u00e9 \u00e0 100 %, supprimer l&#8217;imp\u00f4t sur le patrimoine permet d&#8217;\u00e9viter de couper tous les ans les branches de l&#8217;arbre de la rente au m\u00eame endroit afin de laisser celle-ci pousser ind\u00e9finiment. A l&#8217;oppos\u00e9 de ce que proposent de faire certains \u00e0 droite il faut continuer \u00e0 taxer le patrimoine. Mais l&#8217;ISF, truff\u00e9 de mesures d\u00e9rogatoires, taxe les classes moyennes sup\u00e9rieures plus que les vrais riches. Il faut \u00e9largir son assiette et avoir un bar\u00e8me progressif avec des taux faibles.<\/p>\n<p><strong> A moment exceptionnel, imp\u00f4t exceptionnel <\/strong><\/p>\n<p><strong> J.G.  <\/strong> : Les n\u00e9o-lib\u00e9raux ont mis les Etats en mesure de pressurer les peuples pendant des g\u00e9n\u00e9rations pour prendre en charge une sur-dette, priv\u00e9e en r\u00e9alit\u00e9, mais rendue publique par la mise des Etats au service d&#8217;int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s. Mais la montagne de dette priv\u00e9e est toujours l\u00e0, et va immanquablement provoquer une nouvelle catastrophe. Et on ne va pas pouvoir demander aux Grecs de r\u00e9duire encore leurs revenus de 15 ou 30 %. La prochaine catastrophe financi\u00e8re conduira au chaos ou \u00e0 la r\u00e9volution. La seule m\u00e9thode soutenable est d&#8217;apurer une partie de ces dettes par un pr\u00e9l\u00e8vement exceptionnel sur le patrimoine de ceux qui ont profit\u00e9 du syst\u00e8me : les banques, les institutions financi\u00e8res et les riches qui ont accumul\u00e9 un patrimoine financier et immobilier consid\u00e9rable gr\u00e2ce \u00e0 la d\u00e9r\u00e9glementation financi\u00e8re.<\/p>\n<p><strong> Restaurer un v\u00e9ritable imp\u00f4t sur l&#8217;h\u00e9ritage <\/strong><\/p>\n<p><strong> J.G.  <\/strong> : Les n\u00e9o-lib\u00e9raux ont habilement exploit\u00e9 le souhait universel et raisonnable de laisser quelque chose \u00e0 ses enfants pour justifier des mesures successives d&#8217;exon\u00e9ration d&#8217;imp\u00f4t sur les successions. La force de cette tendance aux Etats-Unis montre bien qu&#8217;on a affaire \u00e0 des r\u00e9actionnaires, parce que, selon la vraie culture lib\u00e9rale anglo-saxonne, l&#8217;imp\u00f4t sur l&#8217;h\u00e9ritage est le seul l\u00e9gitime : on ne doit pas accabler de charges quelqu&#8217;un qui s&#8217;enrichit gr\u00e2ce \u00e0 son m\u00e9rite personnel et ses efforts, mais il n&#8217;y aucune raison qu&#8217;\u00e0 sa mort ce fruit aille \u00e0 quelqu&#8217;un d&#8217;autre, qui ne l&#8217;a pas m\u00e9rit\u00e9. En d\u00e9pit de \u00e7a, on abaisse partout l&#8217;imp\u00f4t sur les successions. Il faut le r\u00e9tablir, avec une exon\u00e9ration totale pour les petites successions et des taux progressifs jusqu&#8217;\u00e0 un niveau maximal de 90 ou 100 % au del\u00e0 de montants importants.<\/p>\n<p><strong> TROP D&#8217;IMPOT TUE L&#8217;IMPOT <\/strong>?<\/p>\n<p><strong> Ces r\u00e9formes ne risquent-elles pas de provoquer une \u00e9vasion fiscale ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>J.G.  <\/strong> : La France est le troisi\u00e8me pays du monde en nombre de millionnaires. Les \u00eatres humains ne sont pas des calculettes rationnelles qui d\u00e9cident de leur lieu de vie uniquement en fonction du taux de rendement de leur capital. On peut taxer les riches sans grand danger. Et s&#8217;ils s&#8217;en vont, cela permet de se d\u00e9barrasser de gens qui ne veulent pas vivre dans une communaut\u00e9 politique selon ses lois et conventions. Les riches nous co\u00fbtent tr\u00e8s cher dans le nouveau capitalisme, car ce syst\u00e8me n&#8217;est pens\u00e9 qu&#8217;en fonction de leurs int\u00e9r\u00eats, ce qui met les travailleurs et les entrepreneurs sous pression, nuit \u00e0 la production, \u00e0 l&#8217;investissement et aux services publics. Il faut se d\u00e9barrasser de cette tutelle. Si une nouvelle imposition peut \u00eatre un moyen rapide et efficace de le faire, il ne faut pas h\u00e9siter.<\/p>\n<p><strong>L.N.H <\/strong> : Il y a aujourd&#8217;hui de plus en plus d&#8217;imposables \u00e0 l&#8217;ISF, beaucoup de nouveaux rentiers ont profit\u00e9 du capitalisme financier. Mais seuls 0,12 % des imposables \u00e0 l&#8217;ISF partent \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger chaque ann\u00e9e, et davantage pour des raisons professionnelles que fiscales : c&#8217;est d\u00e9risoire. Quant \u00e0 l&#8217;investissement, d&#8217;apr\u00e8s les instituts internationaux, la France est, certaines ann\u00e9es, le deuxi\u00e8me pays d&#8217;accueil des investissements directs \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger, devant la Chine. Il y a beaucoup d&#8217;id\u00e9es re\u00e7ues \u00e0 ce propos.<\/p>\n<p><strong> H.S.  <\/strong> : Il faut profiter de la crise pour persuader les gouvernements qu&#8217;il est plus rentable pour eux de lutter contre l&#8217;\u00e9vasion et les paradis fiscaux que de diminuer les allocations familiales ou le revenu minimum comme le fait actuellement l&#8217;Allemagne. On pourrait aussi faire payer les Fran\u00e7ais \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger, comme le propose le d\u00e9put\u00e9 socialiste J\u00e9r\u00f4me Cahuzac. On calculerait leurs imp\u00f4ts suivant les normes fran\u00e7aises, en d\u00e9duisant ceux qu&#8217;ils payent dans leur pays de r\u00e9sidence, et pour pouvoir conserver leur nationalit\u00e9, ils devraient payer la diff\u00e9rence en France.<\/p>\n<p><strong> Ces r\u00e9formes ne risqueraient-elles pas de d\u00e9courager le travail ? <\/strong><\/p>\n<p><strong>J.G. <\/strong> : Dans nos soci\u00e9t\u00e9s, les in\u00e9galit\u00e9s salariales ne refl\u00e8tent plus rien de concevable et sont devenues un facteur de d\u00e9motivation au travail de la masse. On peut comprendre, dans notre culture, qu&#8217;un certain degr\u00e9 d&#8217;in\u00e9galit\u00e9 soit un stimulant, mais personne ne comprend qu&#8217;un PDG gagne 1 000 fois le salaire d&#8217;un ouvrier. Alors dire que l&#8217;augmentation de la fiscalit\u00e9 sur les hauts revenus risque de d\u00e9sinciter au travail, quelle blague !<\/p>\n<p><strong>L.N.H <\/strong> : Est-ce que l&#8217;imp\u00f4t d\u00e9sincite au travail ? Je ne suis pas convaincu que les nouveaux riches soient des travailleurs.<\/p>\n<p>Propos recueillis par Am\u00e9lie Jeammet<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Quatre \u00e9conomistes analysent un syst\u00e8me capitaliste pens\u00e9 dans le seul int\u00e9r\u00eat des dominants. 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