{"id":459,"date":"1997-04-01T00:00:00","date_gmt":"1997-03-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/nouvelle-economie-des-images-de-la459\/"},"modified":"1997-04-01T00:00:00","modified_gmt":"1997-03-31T22:00:00","slug":"nouvelle-economie-des-images-de-la459","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=459","title":{"rendered":"Nouvelle \u00e9conomie des images de la violence"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Entretien avec Olivier Mongin <\/p>\n<p><strong> Dans votre livre n&#8217;\u00e9voquez-vous que le cin\u00e9ma parce qu&#8217;il est exemplaire de ce que vous appelez &#8221; la nouvelle \u00e9conomie des images de la violence &#8221; ou parce que la violence des autres images n&#8217;est pas de m\u00eame nature ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> Olivier Mongin : <\/strong> Le cin\u00e9ma, d&#8217;une part, permet une comparaison historique. Sur un demi-si\u00e8cle, on peut comprendre l&#8217;\u00e9volution des films dits violents. Or, la t\u00e9l\u00e9vision ne le permet pas, m\u00eame si l&#8217;on voit tr\u00e8s bien comment le cin\u00e9ma r\u00e9cent est influenc\u00e9 par cette t\u00e9l\u00e9vision, c&#8217;est le cas de Tueurs-n\u00e9s, par exemple. Mais il fallait tout d&#8217;abord que j&#8217;en revienne au cin\u00e9ma de genre o\u00f9 la violence est une violence de confrontation: le western, le film de boxe ou le film de guerre. Il y a dans ces films un adversaire d\u00e9sign\u00e9 comme tel et un champ de bataille.<\/p>\n<p>Or, aujourd&#8217;hui, les images violentes nous font sortir de ce champ de bataille. D&#8217;autre part, le sc\u00e9nario de cin\u00e9ma est particuli\u00e8rement travaill\u00e9, bien plus que celui d&#8217;une s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9, ce qui me permet de distinguer deux types de sc\u00e9narios: ceux o\u00f9 l&#8217;individu tombe dans une violence dont il ne sortira pas et ceux qui m&#8217;int\u00e9ressent le plus, comme The indian Runner de Sean Penn ou L&#8217;Ame des guerriers de Lee Tamahori, o\u00f9 le probl\u00e8me est pos\u00e9 en d&#8217;autres termes: nous sommes violents, que faire avec cette violence, comment en sortir ?<\/p>\n<p> <strong> Mais si ces films apportent des r\u00e9ponses aux probl\u00e8mes pos\u00e9s par la violence, ne sont-elles pas occult\u00e9es justement par cette violence qui y est mise en sc\u00e8ne ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> O. M.: <\/strong> Nous sommes pris aujourd&#8217;hui dans la violence. Qu&#8217;elle soit r\u00e9elle, visible, invisible&#8230; Tout cela n&#8217;est pas sans lien avec les rumeurs relatives \u00e0 l&#8217;ins\u00e9curit\u00e9. De plus en plus, les fronti\u00e8res s&#8217;estompent entre la fiction et le r\u00e9el. Et ce manque d&#8217;\u00e9tanch\u00e9it\u00e9 est un fait nouveau. Ce qui est int\u00e9ressant chez quelqu&#8217;un comme Kubrick, dans Full metal jacket, par exemple, c&#8217;est sa mani\u00e8re de recycler la violence des images.<\/p>\n<p>C&#8217;\u00e9tait aussi le cas de Scorsese, dans Taxi driver ou the King of comedy, alors que Casino se pr\u00eate beaucoup plus \u00e0 la critique que vous venez d&#8217;\u00e9voquer. La violence renvoie \u00e0 quelque chose de l&#8217;ordre de l&#8217;irrepr\u00e9sentable, c&#8217;est pourquoi j&#8217;insiste beaucoup sur le contenu dans la mesure o\u00f9 le probl\u00e8me de la mort est une question centrale. Les films violents sont des films o\u00f9 la mort ne trouve jamais sa place. Toutes ces formes de violences posent un tr\u00e8s s\u00e9rieux probl\u00e8me de d\u00e9sensibilisation. Il y a une violence croissante dans la soci\u00e9t\u00e9 et plus on la regarde devant son petit \u00e9cran et plus on pense s&#8217;en prot\u00e9ger. Ce n&#8217;est pas tout \u00e0 fait la catharsis car celle-ci tient de l&#8217;exp\u00e9rience possible. L\u00e0, on se met \u00e0 distance de cette violence pour \u00e9viter d&#8217;avoir \u00e0 s&#8217;y confronter dans la r\u00e9alit\u00e9. C&#8217;est un d\u00e9tournement de la confrontation. La violence me vient de l&#8217;ext\u00e9rieur et je la renvoie vers l&#8217;ext\u00e9rieur, mais je ne me prends pas comme sujet. On s&#8217;abreuve de plus en plus de violence pour ne pas avoir \u00e0 entrer dans le champs de la conflictualit\u00e9. Or, la violence devient de plus en plus sauvage parce que ce champ de la conflictualit\u00e9 ne trouve pas de r\u00e9ponses politiques.<\/p>\n<p>1. Olivier Mongin, La violence des images ou comment s&#8217;en d\u00e9barrasser, le Seuil, 183 p., 120 F.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Entretien avec Olivier Mongin <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-459","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/459","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=459"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/459\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=459"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=459"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=459"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}