{"id":4571,"date":"2010-10-18T00:00:00","date_gmt":"2010-10-17T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/desobeir-4-desobeir-en-democratie4571\/"},"modified":"2010-10-18T00:00:00","modified_gmt":"2010-10-17T22:00:00","slug":"desobeir-4-desobeir-en-democratie4571","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=4571","title":{"rendered":"D\u00e9sob\u00e9ir (4) &#8211; D\u00e9sob\u00e9ir en d\u00e9mocratie?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"><em> Quand la d\u00e9sob\u00e9issance monte. La d\u00e9sob\u00e9issance n&#8217;est plus seulement le fait des faucheurs volontaires. Postiers, profs, \u00e9lectriciens ou simples citoyens r\u00e9sistent, individuellement ou collectivement. Retour, en 5 volets, sur une pratique ancienne qui fait soudainement irruption dans le d\u00e9bat politique <\/em> <\/p>\n<p>.<\/p>\n<p><strong> Le sociologue Albert Ogien montre le lien indissociable entre d\u00e9mocratie et d\u00e9sob\u00e9issance. Cette forme d&#8217;action politique vise \u00e0 s&#8217;opposer \u00e0 l&#8217;Etat en demandant \u00e0 \u00eatre sanctionn\u00e9 par la justice pour prouver l&#8217;absurdit\u00e9 d&#8217;une loi. Entretien <\/strong>.<\/p>\n<p><strong> La d\u00e9sob\u00e9issance civile, c&#8217;est simplement dire non <\/strong> ?<\/p>\n<p><strong><em> Albert Ogien <\/em> <\/strong>: D\u00e9sob\u00e9ir, \u00e7a ne se r\u00e9sume pas au refus d&#8217;appliquer une loi ou un r\u00e8glement. C&#8217;est une forme d&#8217;action politique, le simple fait de dire non ne rel\u00e8ve pas de la d\u00e9sob\u00e9issance civile. S&#8217;immoler sur la place publique ou rendre sa l\u00e9gion d&#8217;honneur ne sont pas des actes de d\u00e9sob\u00e9issance. Je\u00fbner, comme le fait un pr\u00eatre en ce moment pour protester contre la situation des Roms, non plus. En revanche, ne pas aller \u00e0 la guerre et se faire poursuivre pour cette raison- l\u00e0, c&#8217;en est un. Un acte de d\u00e9sob\u00e9issance civile consiste \u00e0 se mettre d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment en infraction avec une loi ou un r\u00e8glement en demandant publiquement \u00e0 \u00eatre sanctionn\u00e9 par la justice, de telle sorte que cette loi ou ce r\u00e8glement jug\u00e9 ill\u00e9gitime ou injuste soit condamn\u00e9. Une question qui a cess\u00e9 d&#8217;exister dans le domaine politique est ainsi transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 la justice qui doit trancher. Il existe toutes sortes de moyens de faire taire un acte de d\u00e9sob\u00e9issance civile. Si des citoyens d\u00e9cident de commettre une infraction et que l&#8217;Etat ne les sanctionne pas, cela n&#8217;aura servi \u00e0 rien. Leur acte aura perdu son sens. Par exemple, durant la guerre du Vietnam, qui a marqu\u00e9 l&#8217;histoire de la d\u00e9sob\u00e9issance civile, des jeunes am\u00e9ricains ont refus\u00e9 l&#8217;enr\u00f4lement. Aujourd&#8217;hui, la conscription a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e au profit d&#8217;une arm\u00e9e de m\u00e9tier. Du coup, il n&#8217;y a plus de raison de d\u00e9sob\u00e9ir puisque la cause a disparu. On peut mesurer la diff\u00e9rence avec la contestation face \u00e0 la guerre en Irak.<\/p>\n<p>.<\/p>\n<p><strong> D\u00e9sob\u00e9ir, en d\u00e9mocratie, ne va pas de soi <\/strong> ?<\/p>\n<p><strong><em> A.O <\/em> <\/strong>.: Dans un r\u00e9gime d\u00e9mocratique, une large gamme de droits civiques, politiques et sociaux s&#8217;offre aux citoyens. Ces derniers ont toute latitude pour s&#8217;opposer \u00e0 une mesure qu&#8217;ils jugent injuste, par des moyens plus conventionnels que la d\u00e9sob\u00e9issance. Le respect des droits de l&#8217;Homme et des minorit\u00e9s est garanti ; et m\u00eame si la d\u00e9mocratie sociale est quelque peu bafou\u00e9e ces derniers temps, beaucoup de ses rouages permettent de contester des dispositions injustes. Comme on le voit aujourd&#8217;hui, un Etat peut \u00eatre condamn\u00e9 pour discrimination. Evidemment, la proc\u00e9dure prend du temps et ses r\u00e9sultats ne sont pas toujours s\u00fbrs&#8230; D\u00e9sob\u00e9ir, de ce point de vue, est un acte qui ne va pas de soi. D&#8217;autant que si on n&#8217;accepte pas la r\u00e8gle commune qui r\u00e9git une d\u00e9mocratie, en refusant d&#8217;appliquer des lois vot\u00e9es par la majorit\u00e9 au pr\u00e9texte qu&#8217;elles d\u00e9plaisent \u00e0 une minorit\u00e9, on risque d&#8217;ouvrir la porte au fascisme.<\/p>\n<p><strong> Mais il arrive que les d\u00e9mocraties soient porteuses de d\u00e9rives autoritaires <\/strong>&#8230;<\/p>\n<p><strong><em> A.O <\/em> <\/strong>.: Oui, parfois une loi porte en elle-m\u00eame une menace grave pour la d\u00e9mocratie. D&#8217;ailleurs, une partie de ceux qui d\u00e9sob\u00e9issent aujourd&#8217;hui le font en r\u00e9action \u00e0 ce qu&#8217;ils per\u00e7oivent comme un exercice autoritaire de la d\u00e9mocratie. C&#8217;est un exercice qui ne prend pas le temps de la d\u00e9mocratie parce qu&#8217;il croit conna\u00eetre \u00e0 l&#8217;avance les meilleures solutions. C&#8217;est cela que d\u00e9noncent les d\u00e9sob\u00e9isseurs, mais pas frontalement, juste en refusant : de mani\u00e8re tr\u00e8s locale : de faire ce qu&#8217;on leur demande. Un prof, par exemple, dira : \u00ab<em> Je n&#8217;appliquerai pas la directive du rectorat <\/em>. \u00bb Il ne dira pas : \u00ab<em> Je veux changer de gouvernement ou de syst\u00e8me <\/em>. \u00bb C&#8217;est pour cette raison qu&#8217;une partie de la gauche consid\u00e8re que la d\u00e9sob\u00e9issance civile rel\u00e8ve juste d&#8217;une action individuelle d\u00e9nu\u00e9e de sens politique.<\/p>\n<p><strong> Pour Henry David Thoreau et Ralph Waldo Emerson, la d\u00e9sob\u00e9issance est au fondement de la d\u00e9mocratie <\/strong>&#8230;<\/p>\n<p><strong><em> A.O <\/em> <\/strong>.: Il y a dans la d\u00e9sob\u00e9issance une dimension tr\u00e8s radicale qui d\u00e9fend le principe m\u00eame de la d\u00e9mocratie, ce lieu o\u00f9 des individus acceptent de renoncer \u00e0 une part de leur libert\u00e9 pour entrer dans un syst\u00e8me collectif de droits et d&#8217;obligations r\u00e9ciproques. Cette adh\u00e9sion doit, en principe, \u00eatre volontaire. Dans une d\u00e9mocratie, un individu a-t-il le droit de se retirer de sa nation quand son gouvernement se retourne contre lui et lui impose des choses qui l&#8217;oppressent ? D\u00e9fendre le principe d&#8217;une d\u00e9mocratie radicale \u00e0 la Thoreau ou Emerson, c&#8217;est admettre que chacun en a le droit absolu. Ce n&#8217;est pas vraiment un droit qui fonde un r\u00e9gime de d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative.<\/p>\n<p><strong> Qu&#8217;en est-il des personnes auxquelles on n&#8217;a pas demand\u00e9 leur consentement, les sans-papiers par exemple <\/strong> ?<\/p>\n<p><strong><em> A.O <\/em> <\/strong>.: Aucun Etat ne s&#8217;est jamais constitu\u00e9 sur des adh\u00e9sions volontaires. Le consentement est une fiction que Thoreau a prise au pied de la lettre. Lorsqu&#8217;il a d\u00e9clar\u00e9 refuser de s&#8217;acquitter de la part de ses imp\u00f4ts destin\u00e9e \u00e0 financer la guerre au Mexique \u00e0 laquelle il \u00e9tait oppos\u00e9, il a \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9. Hubertine Auclert a utilis\u00e9 le m\u00eame argument. Elle refusait de payer des imp\u00f4ts \u00e0 un Etat qui ne la repr\u00e9sentait pas puisque, comme femme, elle n&#8217;avait pas le droit de vote. Quant aux sans-papiers, ils ne sont pas en situation de d\u00e9sob\u00e9ir : il faut \u00eatre citoyen d&#8217;une d\u00e9mocratie pour avoir cette possibilit\u00e9. Les d\u00e9sob\u00e9isseurs sont ceux qui les parrainent, les h\u00e9bergent, rechargent leur t\u00e9l\u00e9phone portable, agissent au nom de la dignit\u00e9 et de l&#8217;humanit\u00e9. L&#8217;aide aux clandestins repr\u00e9sente sans doute la derni\u00e8re h\u00e9riti\u00e8re des grandes causes qui ont donn\u00e9 ses lettres de noblesse \u00e0 la d\u00e9sob\u00e9issance civile. Les atteintes graves aux droits de l&#8217;Homme sont, dans nos d\u00e9mocraties avanc\u00e9es, derri\u00e8re nous. Un des enjeux, aujourd&#8217;hui, c&#8217;est de savoir comment les d\u00e9mocraties vont faire \u00e9voluer le droit des \u00e9trangers.<\/p>\n<p><strong> La logique du r\u00e9sultat ne touche-t-elle pas implicitement, \u00e0 la dignit\u00e9 des personnes <\/strong> ?<\/p>\n<p><strong><em> A.O <\/em> <\/strong>.: C&#8217;est mon argument. La logique du r\u00e9sultat constitue une menace potentielle contre la d\u00e9mocratie. Elle exclut la voix des citoyens dans la d\u00e9lib\u00e9ration politique, car les chiffres pr\u00e9d\u00e9terminent les d\u00e9cisions qui sont \u00e9labor\u00e9es sous une modalit\u00e9 technique par ceux qui r\u00e9duisent le politique \u00e0 la production d&#8217;objectifs chiffr\u00e9s et d&#8217;indicateurs de performance. A l&#8217;h\u00f4pital, \u00e0 l&#8217;\u00e9cole, dans la justice ou dans la police, les professionnels expriment la m\u00eame hargne contre cette mani\u00e8re de gouverner qui consiste \u00e0 forcer l&#8217;obtention de r\u00e9sultats. Il me semble pourtant qu&#8217;ils n&#8217;arrivent pas \u00e0 donner un sens politique g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 cette hargne. Tr\u00e8s peu connectent ce qui leur arrive \u00e0 ce qui arrive \u00e0 leur voisin. Pourtant, ces revendications ne sont pas purement cat\u00e9gorielles. C&#8217;est de d\u00e9possession dont il est question. Juges, policiers, enseignants, chercheurs, sont d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s de leur m\u00e9tier, de leur voix et de leur langue. Avec l&#8217;\u00e9valuation, la d\u00e9finition de leur activit\u00e9 professionnelle leur \u00e9chappe pour devenir l&#8217;apanage d&#8217;une administration, sur la base de crit\u00e8res de quantification qui ne sont pas les leurs. Par ailleurs, la langue dans laquelle ils envisageaient leur travail a chang\u00e9, elle est d\u00e9sormais contrainte d&#8217;emprunter au lexique du management. Enfin, leur expression propre n&#8217;est plus prise en consid\u00e9ration, elle s&#8217;est perdue dans l&#8217;agr\u00e9gation de donn\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales.<\/p>\n<p><strong> Face \u00e0 ces motifs de m\u00e9contentement, pourquoi ne pas faire la gr\u00e8ve <\/strong> ?<\/p>\n<p><strong><em> A.O <\/em> <\/strong>.: Les gens qui d\u00e9sob\u00e9issent le font parce qu&#8217;ils ont le sentiment que la logique du r\u00e9sultat qu&#8217;on leur impose est une question politique, mais ils constatent que les syndicats ou les partis ne la prennent pas en consid\u00e9ration. Il faut imaginer ce que serait une gr\u00e8ve nationale contre la production de grilles d&#8217;\u00e9valuation ou de tableaux de bords, contre la production d&#8217;objectifs chiffr\u00e9s et d&#8217;indicateurs de performance&#8230;<\/p>\n<p><strong> Pour vous, ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;un geste est individuel qu&#8217;il n&#8217;est pas politique <\/strong>&#8230;<\/p>\n<p><strong><em> A.O <\/em> <\/strong>.: Les citoyens exigent de plus en plus d&#8217;avoir un droit de regard sur les hommes politiques, leur travail et leurs d\u00e9cisions. Dans le m\u00eame temps, le pouvoir a tendance \u00e0 r\u00e9duire ce droit de regard. Or, dans les cas dont nous parlons, quand un individu exprime aujourd&#8217;hui une revendication en son nom propre, ce n&#8217;est pas en tant que personne mais en tant que citoyen d&#8217;une d\u00e9mocratie. Son geste inclut donc la collectivit\u00e9. C&#8217;est pourquoi, en g\u00e9n\u00e9ral, ce n&#8217;est pas un acte individualiste.<\/p>\n<p><strong> Le philosophe Etienne Balibar se refuse \u00e0 qualifier de politique un acte qui ne porte pas une critique d&#8217;ensemble <\/strong>&#8230;<\/p>\n<p><strong><em> A.O <\/em> <\/strong>.: Etienne Balibar a une conception restreinte de la politique : sa d\u00e9finition repose sur l&#8217;id\u00e9e que la politique sert \u00e0 lutter contre les rapports de domination. De ce point de vue, un acte politique s&#8217;inscrit n\u00e9cessairement dans un affrontement entre droite et gauche. Mais on peut aussi consid\u00e9rer que toute r\u00e9action d&#8217;un individu aux mesures prises en son nom est de nature politique &#8211; m\u00eame lorsqu&#8217;elle n&#8217;entre pas dans les canons de ce qu&#8217;on con\u00e7oit comme acte politique : car elle exprime sa conception du rapport d&#8217;un citoyen \u00e0 l&#8217;Etat.<\/p>\n<p><strong> Mais tout de m\u00eame, n&#8217;y a-t-il pas une faiblesse intrins\u00e8que \u00e0 la d\u00e9sob\u00e9issance <\/strong> ?<\/p>\n<p><strong><em> A.O <\/em> <\/strong>.: Elle poss\u00e8de \u00e0 la fois une grandeur et une faiblesse. Protester de mani\u00e8re spontan\u00e9e contre une atteinte aux droits, c&#8217;est se mettre en danger, ce qui force l&#8217;admiration. Et il arrive que cela porte ses fruits. Les profs qui refusaient de donner des heures de soutien scolaire, par exemple, ont obtenu gain de cause aupr\u00e8s du tribunal administratif. Mais qu&#8217;ont-ils gagn\u00e9 ? Le fait d&#8217;\u00eatre dispens\u00e9 de ces deux heures de soutien&#8230; Le reste de la r\u00e9forme est toujours en place ! Mais si un parti d&#8217;opposition s&#8217;empare de cette revendication, alors elle devient un argument dans le jeu politique. C&#8217;est \u00e0 la fois une r\u00e9ussite et un \u00e9chec.<\/p>\n<p>Propos recueillis par Marion Rousset<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><em> Quand la d\u00e9sob\u00e9issance monte. La d\u00e9sob\u00e9issance n&#8217;est plus seulement le fait des faucheurs volontaires. Postiers, profs, \u00e9lectriciens ou simples citoyens r\u00e9sistent, individuellement ou collectivement. Retour, en 5 volets, sur une pratique ancienne qui fait soudainement irruption dans le d\u00e9bat politique <\/em> <\/p>\n","protected":false},"author":573,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[311],"class_list":["post-4571","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-mouvement-social"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4571","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/573"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4571"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4571\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4571"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4571"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4571"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}