{"id":4464,"date":"2010-01-01T00:00:00","date_gmt":"2009-12-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/coulisses-les-petites-mains-de-l4464\/"},"modified":"2010-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2009-12-31T23:00:00","slug":"coulisses-les-petites-mains-de-l4464","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=4464","title":{"rendered":"Coulisses. Les petites mains de l&#8217;art contemporain"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> C\u00f4t\u00e9 sc\u00e8ne, l&#8217;artiste contemporain est la star d&#8217;un univers hyper- m\u00e9diatis\u00e9. C\u00f4t\u00e9 coulisses, les gens de l&#8217;ombre, ceux dont personne ne parle. Sans eux, qui donnent forme \u00e0 l&#8217;abstrait, les \u0153uvres resteraient des id\u00e9es. Rencontre chez Enzyme Design. <\/p>\n<p>Fondus dans le d\u00e9cor pavillonnaire d&#8217;une rue d\u00e9serte de Montreuil, les locaux de la soci\u00e9t\u00e9 Enzyme Design sont comme beaucoup de bonnes adres-ses. D\u00e9pourvue d&#8217;enseigne lumineuse, la fa\u00e7ade nue est si discr\u00e8te que pour s&#8217;y arr\u00eater, il faut vraiment en avoir entendu parler. Une telle discr\u00e9tion, propre aux m\u00e9tiers de l&#8217;ombre, a fini par agacer les trois salari\u00e9s. Ils nous re\u00e7oivent au premier \u00e9tage, dans leurs bureaux en<em> open space <\/em> o\u00f9 sont expos\u00e9es quelques-unes de leurs productions. Au rez-de-chauss\u00e9e, la partie atelier quelque peu \u00e9triqu\u00e9e est cern\u00e9e de machines \u00e0 m\u00e9tal et \u00e0 bois et encombr\u00e9e de cartons en partance pour Gstaad, en Suisse. Ceux-ci renferment les pi\u00e8ces d\u00e9tach\u00e9es d&#8217;une \u0153uvre d&#8217;art contemporain r\u00e9alis\u00e9e avec Xavier Veilhan dont les cr\u00e9ations, dans la foul\u00e9e des sculptures monumentales de Jeff Koons, \u00e9taient expos\u00e9es jusqu&#8217;en d\u00e9cembre dernier au Ch\u00e2teau de Versailles. Une aubaine pour cet artiste renomm\u00e9 de la sc\u00e8ne fran\u00e7aise. Repr\u00e9sent\u00e9 par la galerie parisienne Emmanuel Perrotin, il est demand\u00e9 dans le monde entier, \u00e0 Miami comme \u00e0 Shanghai, en Cor\u00e9e comme en Hongrie. De son c\u00f4t\u00e9, Enzyme Design aura eu la satisfaction de faire la couverture du magazine<em> Beaux-Arts <\/em>. Un bon point sur une carte de visite. Mais les retomb\u00e9es restent somme toute tr\u00e8s confidentielles. Qui sait que pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des \u0153uvres montr\u00e9es dans l&#8217;enceinte royale ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7ues dans une banlieue de tradition ouvri\u00e8re qui abrite aujourd&#8217;hui beaucoup de plasticiens ?<em> \u00ab On a fait une grande partie des \u0153uvres de Xavier expos\u00e9es au Ch\u00e2teau et pourtant, officiellement, on n&#8217;existe pas. On ne demande rien de plus que d&#8217;\u00eatre trait\u00e9s comme dans le cin\u00e9ma o\u00f9 le chauffeur de l&#8217;acteur figure au g\u00e9n\u00e9rique, comme celui qui a balay\u00e9 le studio quatre fois en tant que stagiaire. Sauf que nous, on est un peu plus que balayeur ou chauffeur, on est carr\u00e9ment les r\u00e9alisateurs du film \u00bb <\/em>, assure le designer Yves Malka. Pour lui,<em> \u00ab l&#8217;artiste est un sc\u00e9nariste. Il nous raconte son histoire. Il veut par exemple un carrosse dont il a esquiss\u00e9 un croquis. C&#8217;est son storyboard. Je ne vois pas la diff\u00e9rence avec la m\u00e9thode cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Hollywood dans les ann\u00e9es 1950, o\u00f9 le r\u00e9alisateur \u00e9tait un super-ex\u00e9cutant, sans vell\u00e9it\u00e9s cr\u00e9atrices au niveau de l&#8217;histoire, mais plut\u00f4t dans la fa\u00e7on de la repr\u00e9senter. \u00bb <\/em><\/p>\n<p><strong> UNE COLLABORATION <\/strong><\/p>\n<p>Au final, ils ont quand m\u00eame \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9s sur le cartel du mobile expos\u00e9 \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du Ch\u00e2teau, au niveau de l&#8217;escalier Gabriel. Mais pour arracher ce privil\u00e8ge, ils ont d\u00fb d\u00e9bourser environ 1 800 euros. Le prix d&#8217;un espace publicitaire que Versailles, en tant que support de communication, monnaye aupr\u00e8s de marques comme Chanel. Cela leur est rest\u00e9 en travers de la gorge. Car ce mobile, ils y sont pour quelque chose. Ils ont mis la main \u00e0 la p\u00e2te. M\u00eame Xavier Veilhan leur reconna\u00eet un r\u00f4le important :<em> \u00ab On a fait beaucoup de mobiles ensemble. Je souhaitais obtenir un r\u00e9sultat particulier : virtuel, \u00e9l\u00e9gant, simple. Je voulais que l&#8217;objet soit \u00e9quilibr\u00e9. Mais il faut faire entrer les \u0153uvres dans le r\u00e9el, c&#8217;est-\u00e0-dire penser aux contraintes de temps, d&#8217;argent, aux exigences techniques et aussi artistiques. J&#8217;apporte l&#8217;impulsion et ensuite on invente. Ce ne sont pas de simples fournisseurs. Il y a un style qu&#8217;on d\u00e9veloppe ensemble, une for-me d&#8217;\u00e9criture dans les \u0153uvres qui na\u00eet d&#8217;un \u00e9change autour des possibilit\u00e9s.\u00a0Je ne peux pas r\u00e9aliser les \u0153uvres tout seul, m\u00eame s&#8217;il n&#8217;y en a aucune qu&#8217;ils auraient pu g\u00e9n\u00e9rer. \u00bb <\/em><\/p>\n<p>De fait, la relation qu&#8217;ils instaurent avec les artistes contemporains rel\u00e8ve d&#8217;une collaboration. Ils ne se contentent pas de fabriquer les pi\u00e8ces, les installer puis les d\u00e9monter, \u00e9ventuellement de se charger du service apr\u00e8s-vente en cas de panne. Ils \u00e9coutent, \u00e9changent, proposent. Plut\u00f4t que d&#8217;opter pour des chevaux r\u00e9alistes, ils ont ainsi sugg\u00e9r\u00e9 d&#8217;appliquer au<em> Carrosse <\/em>, pour le dynamiser, une technique qu&#8217;ils ma\u00eetrisent : les facettes en acier pli\u00e9es et soud\u00e9es. Ils ne l&#8217;ont pas invent\u00e9e, ils se sont juste inspir\u00e9s du<em> Cheval <\/em>, une \u0153uvre ant\u00e9rieure con\u00e7ue par Veilhan sur ce mod\u00e8le.<em> \u00ab Quand on a une relation aussi \u00e9troite avec un artiste, il y a une esp\u00e8ce de p\u00e2te dans les projets qui est certes du Xavier, mais aussi un peu d&#8217;Enzyme. Tout d&#8217;un coup, \u00e7a devient une sorte de ligne \u00e9ditoriale. Pour garder l&#8217;exclusivit\u00e9 d&#8217;un style, \u00e9viter qu&#8217;il ne soit d\u00e9lay\u00e9 chez d&#8217;autres artistes, les fabricants sont tenus secrets \u00bb <\/em>, affirme Yves Malka. Mais il peine \u00e0 se satisfaire de l&#8217;adage \u00ab Pour vivre heureux, vivons cach\u00e9s \u00bb dont il garde une certaine amertume :<em> \u00ab Il a toujours exist\u00e9 des gens qui font des choses pour les autres : Michel-Ange n&#8217;a pas peint \u00e0 lui tout seul le plafond de la chapelle Sixtine ! Mais dans toute activit\u00e9 humaine, la reconnaissance par les pairs est quelque chose de fondamental. \u00bb <\/em> Et peut-\u00eatre plus encore lorsqu&#8217;on \u00e9volue \u00e0 l&#8217;ombre d&#8217;un univers aussi m\u00e9diatis\u00e9 que l&#8217;art contemporain.<\/p>\n<p><strong> CONCR\u00c9TISER L&#8217;ABSTRAIT <\/strong><\/p>\n<p>Yves Malka a rencontr\u00e9 Pierre de Poucques sur les bancs de l&#8217;\u00e9cole. Dans leurs souvenirs, on les croisait alors plus souvent \u00e0 l&#8217;atelier que dans les \u00e9tages. La fabrication des \u0153uvres est un domaine qui regroupe des fondeurs, des chaudronniers, des tourneurs fraiseurs, des verriers et autres artisans form\u00e9s chez les Compagnons. Eux viennent du design industriel. Ils ont commenc\u00e9 par r\u00e9aliser des montres, des radios, une moto qui leur offrit une petite c\u00e9l\u00e9brit\u00e9, et plein de jouets. Au d\u00e9but, tous deux enseignaient en parall\u00e8le. Pierre continue, Yves a arr\u00eat\u00e9. Directeur de projet \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9 de Valenciennes, il \u00e9tait sp\u00e9cialis\u00e9 dans le design de transports, notamment les trains dans lesquels il perdait justement trop de temps. L&#8217;art contemporain, ils y sont venus par hasard. Un jour, un prototypiste les pr\u00e9sente \u00e0 un producteur qui leur fait rencontrer Xavier Veilhan. Ils fabriquent une table command\u00e9e par Chanel et le premier mobile d&#8217;une longue s\u00e9rie, destin\u00e9 au Centre Pompidou. Une relation durable se noue avec Enzyme Design qui consacre aujourd&#8217;hui l&#8217;essentiel de son activit\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9laboration d&#8217;\u0153uvres d&#8217;art. Un m\u00e9tier qui n&#8217;a pas vraiment de nom.<em> \u00ab Concr\u00e9tiser l&#8217;abstrait \u00bb <\/em> : c&#8217;est la d\u00e9finition qu&#8217;ils en donnent sur leur site Internet, o\u00f9 l&#8217;on trouve les noms de Sophie Calle, Robert Stadler, Davide Balula, Tobias Rehberger, Peter Coffin ou Pierre Huyghe. Pour la premi\u00e8re, ils ont con\u00e7u des \u00e9l\u00e9ments de mus\u00e9ographie, pr\u00e9sentoirs ou plaques signal\u00e9tiques, mais aucune \u0153uvre proprement dite. Et pour cause. L&#8217;invit\u00e9e de la Biennale de Venise 2007 ne cr\u00e9e pas r\u00e9ellement d&#8217;objets, mais plut\u00f4t des histoires qui la racontent au travers de photographies, de textes, de lectures&#8230; Pour Pierre Huyghe, ils ont r\u00e9alis\u00e9 plusieurs variantes d&#8217;une installation onirique :<em> L&#8217;Exp\u00e9dition scintillante <\/em>. Pr\u00e9sent\u00e9e en divers lieux, au Mexique et en Suisse, chez LVMH et au Centre national des arts plastiques, elle leur a donn\u00e9 du fil \u00e0 retordre. A l&#8217;\u00e9vocation de cette<em> \u00ab grosse bo\u00eete blanche avec de la fum\u00e9e et de la lumi\u00e8re tr\u00e8s compliqu\u00e9e \u00e0 fabriquer \u00bb <\/em>, de cette<em> \u00ab usine \u00e0 gaz, qui comporte deux kilom\u00e8tres de c\u00e2bles, enti\u00e8rement contr\u00f4l\u00e9e par un ordinateur \u00bb <\/em>, ils prennent un air de m\u00f4mes tout fiers d&#8217;avoir construit une si \u00e9tonnante machine. Au fond, le march\u00e9 de l&#8217;art : avec son aura s\u00e9rieuse et ses prix exorbitants : les fait gentiment sourire. Une autre pi\u00e8ce,<em> Le Coucou <\/em> dans sa version miniaturis\u00e9e, r\u00e9veille en eux le souvenir amus\u00e9 d&#8217;une joyeuse complicit\u00e9.<em> \u00ab On peut parler du temps, du c\u00f4t\u00e9 perp\u00e9tuel du mouvement&#8230; Les collectionneurs ou les galeristes ont besoin de concept. En v\u00e9rit\u00e9, <\/em> Le Coucou,<em> c&#8217;\u00e9tait un d\u00e9lire de gosses entre nous et Xavier \u00bb <\/em>, raconte Yves Malka. Exit la magie du geste d&#8217;un g\u00e9nie. <\/p>\n<p><strong> UNE ENTREPRISE COLLECTIVE <\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;art contemporain, c&#8217;est un \u00e9lan cr\u00e9ateur, mais aussi des boulons, des vis, des fils \u00e9lectriques, des diodes \u00e9lectroluminescentes, des logiciels informatiques&#8230;<em> \u00ab Ce qu&#8217;on fait, \u00e7a sent le cambouis, la sueur, les gars en bleu, \u00e7a ne fait pas r\u00eaver. Dans l&#8217;art contemporain, \u00e7a ne se dit pas. On doit rester dans le domaine de l&#8217;image, du furtif, du l\u00e9ger.\u00a0L&#8217;artiste, lui, est oblig\u00e9 de composer avec un milieu et des contraintes. \u00bb <\/em> La dimension financi\u00e8re n&#8217;est pas des moindres. Pour preuve, le mobile expos\u00e9 \u00e0 Versailles :<em> \u00ab On a dit : <\/em> \u00abPour ce prix-l\u00e0, tu peux avoir tel nombre de boules, de tel diam\u00e8tre, avec telle longueur de barres\u00bb.<em> Je trouve \u00e7a normal comme fa\u00e7on de travailler. \u00bb <\/em> En l&#8217;occurrence, Xavier Veilhan est sensible \u00e0 ces remarques et les relaye \u00e0 sa mani\u00e8re :<em> \u00ab On est toujours focalis\u00e9 sur l&#8217;artiste, mais c&#8217;est important que les gens sachent que l&#8217;art est une entreprise collective, comme le sont les \u0153uvres de Jean Nouvel. Je souhaite mettre en avant ceux avec qui j&#8217;ai choisi de travailler, en imaginant des sortes de g\u00e9n\u00e9riques \u00e0 mes expositions, car je leur porte du respect et de l&#8217;int\u00e9r\u00eat. Moi-m\u00eame, je connais la technique. \u00bb <\/em> Un autre artiste, Olivier Leroi, vient de contacter Enzyme Design pour l&#8217;aider \u00e0 r\u00e9aliser diff\u00e9rents projets. Il s&#8217;inscrit, quant \u00e0 lui, r\u00e9solument du c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;image mentale :<em> \u00ab Ce qui m&#8217;int\u00e9resse, c&#8217;est la pens\u00e9e, la po\u00e9sie, la philosophie. Quand la production est trop pr\u00e9sente, je n&#8217;aime pas. Le travail doit \u00eatre un peu bancal, surtout pas trop bien fait, sinon, c&#8217;est mort. \u00bb <\/em> Apr\u00e8s une formation au m\u00e9tier de forestier et une exp\u00e9rience des chantiers, il s&#8217;est envol\u00e9 vers le merveilleux, les glissements de sens, la fantaisie. A propos de sa collaboration avec un ma\u00eetre verrier install\u00e9 \u00e0 Colombes :<em> \u00ab Je travaille avec son souffle, l&#8217;objet, c&#8217;est ma pens\u00e9e. \u00bb <\/em> La formule lui pla\u00eet. Il attendait Yves et Pierre avec ses dessins sous le bras, des id\u00e9es tr\u00e8s abouties \u00e0 leur soumettre, des questions essentiellement techniques et des attentes en termes d&#8217;\u00e9coute et d&#8217;\u00e9change.<em> \u00ab Sinon, je suis juste un client. \u00bb <\/em> Son concept de<em> Maison Niche <\/em>, qu&#8217;il d\u00e9finit comme<em> \u00ab un objet mental \u00bb <\/em>, n&#8217;est pas d\u00e9nu\u00e9 d&#8217;humour :<em> \u00ab Une maison dans laquelle on entre debout et dont on sort \u00e0 quatre pattes. \u00bb <\/em><\/p>\n<p><strong> LA MAIN ET LE CERVEAU <\/strong><\/p>\n<p>On dit que les<em> ready-made <\/em> d&#8217;un Duchamp souvent mal compris ont contribu\u00e9 \u00e0 occulter le travail de fabrication dans l&#8217;art contemporain. Mais il faudrait refaire toute l&#8217;histoire des relations entre la main et l&#8217;esprit. Nietzsche, par exemple, refusait de diff\u00e9rencier sur le fond l&#8217;activit\u00e9 du g\u00e9nie et celle de l&#8217;inventeur en m\u00e9canique :<em> \u00ab Personne ne peut voir dans l&#8217;\u0153uvre de l&#8217;artiste comment elle s&#8217;est faite ; c&#8217;est son avantage, car partout o\u00f9 on peut assister \u00e0 la formation, on est un peu refroidi \u00bb <\/em> (1). Ainsi d\u00e9mystifiait-il le mythe du g\u00e9nial cr\u00e9ateur. Une vision romantique de l&#8217;art, tendant \u00e0 d\u00e9pr\u00e9cier le travail manuel au profit du dessein intellectuel, qui perdure aujourd&#8217;hui. Cette situation s&#8217;accommode merveilleusement d&#8217;un mod\u00e8le capitaliste reposant sur une division des t\u00e2ches qui a quelque chose d&#8217;arbitraire :<em> \u00ab Souvent, on se pr\u00e9sente comme le bras arm\u00e9 de l&#8217;artiste qui cogite, tandis que nous, on r\u00e9alise. Mais ce n&#8217;est pas aussi dichotomique que \u00e7a <\/em>, nuance Yves Malka.<em> Une main est reli\u00e9e \u00e0 un cerveau, et inversement. Donc il y a aussi un retour d&#8217;information de la main. \u00bb <\/em> Reste que le march\u00e9 de l&#8217;art contemporain, soucieux de ne pas faire \u00e9clater la bulle, pr\u00e9f\u00e8re d\u00e9livrer un message simple. Tout plut\u00f4t que de d\u00e9voiler les coulisses d&#8217;un business qui tend \u00e0 convertir l&#8217;artiste en un entrepreneur.<em> \u00ab L&#8217;int\u00e9r\u00eat des galeries, c&#8217;est de vendre des pi\u00e8ces, sinon elles ferment. D\u00e8s qu&#8217;elles n&#8217;ont plus rien \u00e0 vendre, elles demandent \u00e0 l&#8217;artiste une nouvelle \u0153uvre. Or, quand un artiste est dans quatre ou cinq galeries, et qu&#8217;il doit produire huit \u00e0 dix pi\u00e8ces dans les trois mois pour les alimenter, cela devient une relation de client \u00e0 fournisseur <\/em>, estime le cofondateur d&#8217;Enzyme Design.<em> Cette organisation rend n\u00e9cessaire la collaboration avec des entreprises de fabrication. \u00bb <\/em> Un secret de polichinelle bien gard\u00e9. <\/p>\n<p><strong> M.R. <\/strong><\/p>\n<p>1. Friedrich Nietzsche,<em> Humain trop humain. <\/em><\/p>\n<p>Paru dans<em> Regards <\/em> n\u00b068, janvier 2010<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> C\u00f4t\u00e9 sc\u00e8ne, l&#8217;artiste contemporain est la star d&#8217;un univers hyper- m\u00e9diatis\u00e9. C\u00f4t\u00e9 coulisses, les gens de l&#8217;ombre, ceux dont personne ne parle. Sans eux, qui donnent forme \u00e0 l&#8217;abstrait, les \u0153uvres resteraient des id\u00e9es. Rencontre chez Enzyme Design. <\/p>\n","protected":false},"author":573,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-4464","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4464","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/573"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4464"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4464\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4464"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4464"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4464"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}