{"id":4431,"date":"2009-12-01T00:00:00","date_gmt":"2009-11-30T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/industrie-legre-mante-une-usine-a4431\/"},"modified":"2023-06-23T23:07:33","modified_gmt":"2023-06-23T21:07:33","slug":"industrie-legre-mante-une-usine-a4431","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=4431","title":{"rendered":"Industrie. Legr\u00e9-Mante, une usine \u00e0 l&#8217;amer"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Cet \u00e9t\u00e9 \u00e0 Marseille, Legr\u00e9-Mante, seule usine fran\u00e7aise d&#8217;acide tartrique, a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e en liquidation judiciaire. Depuis, une douzaine d&#8217;ex-salari\u00e9s m\u00e8nent la lutte pour sauver leur emploi. Le patron, qui n&#8217;a pas conduit de plan social, s&#8217;appr\u00eate \u00e0 r\u00e9aliser une fructueuse op\u00e9ration en revendant le site. Sur les murs de l&#8217;usine, on peut lire :<em> \u00ab Sarkozy, je ne te vois pas. \u00bb <\/em> <\/p>\n<p> Un chemin qui file dans la colline, \u00e0 travers les lauriers roses, les figuiers et les p\u00e9piements d&#8217;oiseaux. Le l\u00e9ger bruissement de cascade du vieux canal. Une maison de ma\u00eetre, tapie sous les frondaisons des pins. Au-dessus, les \u00e9chancrures opales des calanques. A cinq minutes \u00e0 pied, le parc Pastr\u00e9, l&#8217;un des plus agr\u00e9ables de la ville. Juste en dessous de la route, le port, la mer, et les bouts de plage du quartier de la Madrague de Montredon, sud de Marseille. Et au milieu de cet endroit de r\u00eave, coule&#8230; une usine.<\/p>\n<p>Legr\u00e9-Mante, maison fond\u00e9e en 1784, sp\u00e9cialis\u00e9e dans l&#8217;acide tartrique. Une unit\u00e9 de production unique en France, revendiquant 12 % du march\u00e9 mondial  et dont 75 % de la production est export\u00e9e. Mati\u00e8re premi\u00e8re : le tartre qui se d\u00e9pose dans les cuves \u00e0 vin. Produits finis : de l&#8217;acide tartrique, du sel de Seignette, de la cr\u00e8me de tartre. Des substances blanches, craquantes comme du sucre ou poudreuses comme de la farine, utilis\u00e9es notamment par les industries vinicoles, pharmaceutiques, cosm\u00e9tiques.<\/p>\n<p>Le 6 juillet 2009, trois jours apr\u00e8s avoir arr\u00eat\u00e9 la production, la direction se met en cessation de paiement et dit \u00e0 ses 48 salari\u00e9s de rentrer chez eux. Le 24, le Tribunal de commerce prononce la liquidation judiciaire. Aucun plan social n&#8217;est conduit. Les salari\u00e9s sont \u00e0 la rue.<\/p>\n<p>Pour justifier cette liquidation, le P-DG de Legr\u00e9-Mante, Gilles Margnat, \u00e9voque des<em> \u00ab difficult\u00e9s \u00e9conomiques \u00bb <\/em> et des<em> \u00ab probl\u00e8mes environnementaux \u00bb <\/em> insurmontables. La concurrence chinoise &#8211; production d&#8217;un tartrique de synth\u00e8se &#8211; est avanc\u00e9e. Des arguments qui ne convainquent pas les salari\u00e9s. Martial Eymard, ancien d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du personnel et repr\u00e9sentant des salari\u00e9s dans la proc\u00e9dure en cours :<em> \u00ab Notre usine est r\u00e9put\u00e9e pour sortir un produit de qualit\u00e9 sup\u00e9rieure. C&#8217;est d&#8217;autant plus un atout que dans le secteur du vin, l&#8217;usage est de ne pas utiliser le tartrique de synth\u00e8se. Quant aux probl\u00e8mes environnementaux, la pollution, le bruit pour le voisinage ne sont pas vraiment nouveaux. Cela fait m\u00eame longtemps que nous attirons l&#8217;attention de la direction l\u00e0-dessus, mais ils ont laiss\u00e9 pourrir la situation. \u00bb <\/em> De fait, les salari\u00e9s, consid\u00e9rant que les conditions et l&#8217;outil de travail ne cessaient de se d\u00e9grader, ont, d\u00e8s septembre 2008, mandat\u00e9 le cabinet Secafi Alpha pour expertiser leur soci\u00e9t\u00e9.<em> \u00ab Leur synth\u00e8se a \u00e9t\u00e9 claire<\/em>, raconte Martial. <em>Ils nous ont dit que si l&#8217;entreprise continuait sur cette voie, elle ne s&#8217;en sortirait pas. \u00bb <\/em> Confront\u00e9e aux conclusions du rapport, la direction a cependant r\u00e9fut\u00e9 tout laisser-aller dans la gestion de l&#8217;usine.<\/p>\n<h2> Une usine d\u00e9grad\u00e9e<\/h2>\n<p> Un d\u00e9ni qui ne r\u00e9siste pas \u00e0 une simple visite des lieux : sols d\u00e9fonc\u00e9s, structures m\u00e9talliques rouill\u00e9es, passerelles et escaliers brinquebalants, machines non entretenues, le tout dans de vieux hangars de pierre o\u00f9 la poussi\u00e8re de tartre s&#8217;est immisc\u00e9e partout&#8230;<em> \u00ab Quand ils voient l&#8217;\u00e9tat des lieux, les gens sont souvent stup\u00e9faits d&#8217;apprendre qu&#8217;une partie de ce qui est produit ici est destin\u00e9e \u00e0 l&#8217;industrie pharmaceutique<\/em>, sourit Lionel, 40 ans, qui y a travaill\u00e9 les cinq derni\u00e8res ann\u00e9es comme cariste, pour 1 100 euros net par mois. <em>Il n&#8217;y a eu aucune r\u00e9novation, rien, et il nous disait toujours qu&#8217;il manquait d&#8217;argent. Chaque fois qu&#8217;on voulait quelque chose, il fallait faire une sc\u00e8ne. Se battre pour avoir des chaussures de s\u00e9curit\u00e9&#8230; Et contre le tartre, on avait tout juste des petits masques en papier. Margnat s&#8217;en foutait compl\u00e8tement : il nous demandait le maximum au niveau du boulot et donnait le minimum au niveau de la relation sociale. On en a fait des rapports pour signaler les probl\u00e8mes ! Leur politique de gestion de la bo\u00eete mettait tout le monde en danger. Il y a eu des accidents graves : une main ouverte sur une presse&#8230; Un autre a eu un doigt arrach\u00e9, mais il n&#8217;y a pas port\u00e9 plainte, \u00e7a a \u00e9t\u00e9 n\u00e9goci\u00e9&#8230; Cette usine a \u00e9t\u00e9 le jouet de Benjamin Margnat. Il a plac\u00e9 des gens \u00e0 des postes o\u00f9 ils ne devaient pas \u00eatre, comme s&#8217;il avait voulu casser l&#8217;usine. \u00bb <\/em><\/p>\n<p>Margnat est une famille qui compte dans la r\u00e9gion. \u00ab N\u00e9gociants en vin \u00bb, ils ont notamment fait fortune dans le gros rouge qui tache. Kiravi, la villageoise, vieux papes, c&#8217;est eux. Pr\u00e8s d&#8217;une vingtaine de soci\u00e9t\u00e9s \u00e9tablies dans des secteurs aussi divers que le commerce de gros, l&#8217;immobilier, la s\u00e9curit\u00e9, l&#8217;int\u00e9rim, appartiennent ou sont aujourd&#8217;hui g\u00e9r\u00e9es par un Margnat. Politiquement, c&#8217;est plut\u00f4t du c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;UMP qu&#8217;on les croise.<\/p>\n<p>Bref, de la ressource, du r\u00e9seau, et l&#8217;amour du travail en famille. Ainsi Benjamin, le fils de Gilles, \u00e9tait depuis quelques ann\u00e9es le directeur de l&#8217;usine liquid\u00e9e en juillet dernier. Alors que le site sur lequel elle est implant\u00e9e appartient, lui, \u00e0 une autre soci\u00e9t\u00e9 des Margnat, la SFPT.<\/p>\n<p>Cela tombe bien. En f\u00e9vrier 2009, une enveloppe anonyme est gliss\u00e9e sous la porte du local syndical. A l&#8217;int\u00e9rieur figure une offre de rachat des terrains formul\u00e9e par le Cr\u00e9dit-Agricole Immobilier, dat\u00e9e du 29 juin 2007 et adress\u00e9e \u00e0 Margnat. Et trois autres documents corroborant qu&#8217;il a bien souhait\u00e9 faire estimer le prix du terrain sur lequel se trouve l&#8217;usine. En l&#8217;occurrence, 42 millions d&#8217;euros. Les salari\u00e9s en sont convaincus : le P-DG a laiss\u00e9 se d\u00e9grader l&#8217;usine afin de pouvoir, le moment venu, arguer de son manque de rentabilit\u00e9 pour la liquider et r\u00e9aliser dans la foul\u00e9e une fructueuse op\u00e9ration immobili\u00e8re.<\/p>\n<p>Car elle sera fructueuse : dix-sept hectares au pied des collines avec vue sur la mer, dans un quartier, la Madrague de Montredon qui, d&#8217;ici deux ou trois ans, jouxtera le futur Parc national des calanques, cela devrait trouver preneur&#8230;<\/p>\n<h2> Un repreneur \u00e9conduit<\/h2>\n<p>Sauf que dans le courant de l&#8217;\u00e9t\u00e9, le groupe Orrion Chimie se dit int\u00e9ress\u00e9 par une \u00e9ventuelle reprise de l&#8217;activit\u00e9 industrielle. Son directeur, Jacques Lehr\u00e9, s&#8217;annonce sur le site pour une visite fin ao\u00fbt. Quelques jours avant sa venue, les salari\u00e9s reprennent pied dans l&#8217;usine dont ils ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9log\u00e9s le 13 ao\u00fbt par une escouade de CRS envoy\u00e9e par le Pr\u00e9fet. Apr\u00e8s leur d\u00e9part, l&#8217;usine a \u00e9t\u00e9 \u00ab gard\u00e9e \u00bb par des vigiles, employ\u00e9s&#8230; d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 de Margnat. Lorsqu&#8217;ils reviennent sur place, en compagnie d&#8217;\u00e9lus, d&#8217;habitants du quartier et de journalistes, les salari\u00e9s d\u00e9couvrent des hangars en partie saccag\u00e9s : sacs \u00e9ventr\u00e9s, cuves de r\u00e9sine perc\u00e9es, palettes en vrac&#8230; Jacques Lehr\u00e9 constate les d\u00e9g\u00e2ts mais continue de se dire int\u00e9ress\u00e9, notamment par les savoir-faire des ouvriers. Las&#8230; Un mois plus tard, le 30 septembre, Orrion Chimie indique dans un communiqu\u00e9 qu&#8217;il<em> \u00ab ne dispose pas des facteurs cl\u00e9s de succ\u00e8s permettant de proposer une solution p\u00e9renne pour Legr\u00e9-Mante \u00bb <\/em>. Le communiqu\u00e9 s&#8217;ach\u00e8ve sur ces mots :<em> \u00ab Nous avons une pens\u00e9e toute particuli\u00e8re pour les salari\u00e9s de Legr\u00e9-Mante avec lesquels nous avons eu un contact tr\u00e8s cordial. Nous mesurons l&#8217;espoir que nous avons suscit\u00e9 et regrettons vivement de ne pouvoir le concr\u00e9tiser. \u00bb <\/em><\/p>\n<p>Qu&#8217;est ce qui a bloqu\u00e9 ? La production de l&#8217;acide tartrique est intrins\u00e8quement li\u00e9e \u00e0 la fili\u00e8re vinicole : en amont puisque la mati\u00e8re premi\u00e8re provient des cuves \u00e0 vin ; et en aval puisque environ 50 % de la production est revendue \u00e0 cette m\u00eame fili\u00e8re. Mais les contacts pris par Orrion<em> \u00ab avec des repr\u00e9sentants de la fili\u00e8re vinicole fran\u00e7aise \u00bb <\/em> n&#8217;ont<em> \u00ab pas abouti \u00bb <\/em>. Parmi ces acteurs avec qui il n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 possible de trouver un accord, figure l&#8217;Union des distilleries de M\u00e9diterran\u00e9e (UDM), qui regroupe quatre soci\u00e9t\u00e9s du secteur d&#8217;activit\u00e9, dont une install\u00e9e \u00e0 Maubec dans le Vaucluse. Au printemps dernier, Azur Distillation, c&#8217;est son nom, a re\u00e7u une importante livraison en provenance de Legr\u00e9-Mante : \u00ab <em>On a vu sortir de l&#8217;usine des camions entiers de marchandises sans bon de livraison. Environ 250 tonnes de produits finis qui sont ainsi parties pour Maubec<\/em> \u00bb, raconte Martial Eymard. Le patron d&#8217;Azur Distillation et Gilles Margnat se sont-ils entendus pour transf\u00e9rer l&#8217;outil de travail dans le Vaucluse et y cr\u00e9er une unit\u00e9 de production ? Histoire de ne pas l\u00e2cher une activit\u00e9 industrielle rentable tout en lib\u00e9rant le terrain promis \u00e0 la vente ? C&#8217;est ce que soup\u00e7onnent les salari\u00e9s.<\/p>\n<h2>Une histoire de quartier<\/h2>\n<p>Face \u00e0 ce qui appara\u00eet comme une toile d&#8217;araign\u00e9e \u00e9troitement maill\u00e9e au point de contraindre, sans en avoir l&#8217;air, un repreneur \u00e0 renoncer, ils sont \u00e0 peine douze \u00e0 lutter depuis le d\u00e9but. Douze ouvriers de fabrication, agents de maintenance, caristes, tous \u00e0 la CGT, l&#8217;unique syndicat de la maison, qui se relaient \u00ab H 24 \u00bb en 3\/8 pour occuper le site. Sans aucun soutien des responsables et \u00e9lus politiques locaux.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9fet Michel Sappin ? Le 21 octobre dernier, apr\u00e8s un long silence et malgr\u00e9 un courrier du ministre Christian Estrosi l&#8217;enjoignant d&#8217;organiser une table ronde, il faisait savoir que<em> \u00ab les services de l&#8217;Etat sont tr\u00e8s r\u00e9serv\u00e9s sur la reprise d&#8217;activit\u00e9 \u00bb <\/em> de l&#8217;usine Legr\u00e9-Mante. Le maire de secteur, Dominique Tian, UMP ? Michel, l&#8217;un des ouvriers, s&#8217;est permis de lui poser quelques questions :<em> \u00ab Il ne m&#8217;a pas r\u00e9pondu. Mais on a appris qu&#8217;au Comit\u00e9 de quartier, il avait dit : <\/em> \u00abce pauvre Margnat a fait tout ce qu&#8217;il a pu pour ses salari\u00e9s<em> &#8230; Il nous consid\u00e8re comme d\u00e9j\u00e0 morts !<\/em> \u00bb Jean-Claude Gaudin ? \u00ab <em>Il est pass\u00e9 deux fois devant chez nous, il ne nous a m\u00eame pas regard\u00e9s \u00bb <\/em>, r\u00e9sume Lionel.<\/p>\n<p>Difficile pourtant, depuis cet \u00e9t\u00e9, d&#8217;ignorer le mur d&#8217;enceinte de l&#8217;usine qui, sur pr\u00e8s de 500 m\u00e8tres, est tagu\u00e9 avec rage et humour :<em> \u00ab Margnat, il y a un point commun entre ton caviar et nos pepitos : ils sont achet\u00e9s avec notre sueur. \u00bb <\/em> Air du temps, une bonbonne de gaz a fait son apparition durant quelques jours au d\u00e9but du conflit.<em> \u00ab Elle \u00e9tait vide \u00bb <\/em>, assurent les ouvriers. Alors, c&#8217;est juste \u00e9crit sur le mur :<em> \u00ab Boum ! \u00bb <\/em><\/p>\n<p>Sur la table dress\u00e9e \u00e0 l&#8217;entr\u00e9e de l&#8217;usine, on trouve les articles de la presse locale, qui, estiment les salari\u00e9s, a plut\u00f4t correctement couvert l&#8217;affaire[[Lire notamment dans <em>La Marseillaise <\/em> du 20 octobre \u00ab Voyage \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur d&#8217;une grande magouille \u00bb et l&#8217;article paru dans <em>CQFD<\/em> n\u00b070 de septembre, \u00ab L&#8217;Usine et la mer \u00bb.]]. Un paquet du communiqu\u00e9 de presse d&#8217;Orrion, une p\u00e9tition de soutien. Le nom de Marie-France Palloix, conseill\u00e8re municipale et r\u00e9gionale communiste, seule \u00e9lue \u00e0 trouver gr\u00e2ce aux yeux des salari\u00e9s, est trac\u00e9 sur un bout de mur. C&#8217;est elle qui, juste apr\u00e8s la liquidation judiciaire, a \u00e9crit \u00e0 Christian Estrosi pour solliciter son intervention.<\/p>\n<p>En face, au Bar Amical, on boit des caf\u00e9s et des ap\u00e9ros. Les habitants du quartier qui ont longtemps r\u00e2l\u00e9 contre cette usine puante et imbriqu\u00e9e dans la ville sont plut\u00f4t au soutien d\u00e9sormais. Et ce d&#8217;autant plus que parmi les 48 salari\u00e9s d\u00e9barqu\u00e9s en juillet dernier, certains \u00e9taient encore originaires des rues adjacentes. Un lien historique entre l&#8217;usine et le quartier rest\u00e9 tr\u00e8s fort jusqu&#8217;\u00e0 pas si longtemps.<em> \u00ab Les trois quarts des ouvriers ici n&#8217;avaient pas de m\u00e9tier, c&#8217;\u00e9tait des ouvriers de fabrication. Les savoir-faire se passaient de p\u00e8re en fils \u00bb <\/em>, rappelle Lionel. Cela aussi, Margnat l&#8217;a patiemment d\u00e9tricot\u00e9 au cours de ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Notamment en recourant syst\u00e9matiquement \u00e0 un grand nombre d&#8217;ouvriers venus de sa propre entreprise d&#8217;int\u00e9rim.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une centaine de jours d&#8217;occupation, que demandent les douze de Legr\u00e9-Mante ? De l&#8217;argent, bien entendu, d&#8217;autant qu&#8217;ils n&#8217;ont pour l&#8217;instant eu droit qu&#8217;\u00e0 leurs primes et mois de pr\u00e9avis. Mais ils veulent aussi continuer de croire \u00e0 une reprise de l&#8217;usine et \u00e0 une relance de l&#8217;activit\u00e9. Et dans tous les cas, ne pas baisser les bras. A l&#8217;\u00e9vocation des man\u0153uvres de son ex-patron, le regard de Martial Eymard se voile :<em> \u00ab Maintenant, on est des squatters&#8230; Ces dirigeants nous ont tellement salis, ils sont tellement filous qu&#8217;on veut les faire cracher&#8230; Ils ont avec eux les grands pontes qui d\u00e9cident et ont leurr\u00e9 tout le monde&#8230; Ce combat, il nous a pris tellement d&#8217;\u00e9nergie qu&#8217;on veut les obliger \u00e0 faire quelque chose pour nous. \u00bb <\/em><\/p>\n<p>Le 10 novembre, la d\u00e9cision de liquidation judiciaire prise par le Tribunal de commerce de Marseille passait en appel \u00e0 Aix-en-Provence [[lire https:\/\/wp.muchomaas.com\/societe\/legre-mante-liquidation-confirmee]]. D\u00e9lib\u00e9r\u00e9 connu le 3 d\u00e9cembre.  <\/p>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-4431 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/p1040113_-_copie_3_-3a1.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"80\" height=\"55\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/p1040113_-_copie_3_-3a1.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"Industrie. Legr\u00e9-Mante, une usine \u00e0 l&#039;amer\" aria-describedby=\"gallery-1-14460\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<figcaption class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-14460'>\n\t\t\t\tIndustrie. Legr\u00e9-Mante, une usine \u00e0 l&#8217;amer\n\t\t\t\t<\/figcaption><\/figure><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/p1040113_-_copie_2_-f14.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/02\/p1040113_-_copie_2_-f14-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"Industrie. Legr\u00e9-Mante, une usine \u00e0 l&#039;amer\" aria-describedby=\"gallery-1-14461\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<figcaption class='wp-caption-text gallery-caption' id='gallery-1-14461'>\n\t\t\t\tIndustrie. Legr\u00e9-Mante, une usine \u00e0 l&#8217;amer\n\t\t\t\t<\/figcaption><\/figure>\n\t\t<\/div>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Cet \u00e9t\u00e9 \u00e0 Marseille, Legr\u00e9-Mante, seule usine fran\u00e7aise d&#8217;acide tartrique, a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e en liquidation judiciaire. Depuis, une douzaine d&#8217;ex-salari\u00e9s m\u00e8nent la lutte pour sauver leur emploi. Le patron, qui n&#8217;a pas conduit de plan social, s&#8217;appr\u00eate \u00e0 r\u00e9aliser une fructueuse op\u00e9ration en revendant le site. 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