{"id":4396,"date":"2009-11-23T00:00:00","date_gmt":"2009-11-22T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/reflexions-pour-un-postcapitalisme4396\/"},"modified":"2023-06-23T23:07:31","modified_gmt":"2023-06-23T21:07:31","slug":"reflexions-pour-un-postcapitalisme4396","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=4396","title":{"rendered":"R\u00e9flexions pour un postcapitalisme"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-14455\" src=\"https:\/\/wp.muchomaas.com\/wp-content\/uploads\/2009\/11\/212-b95.jpg\" alt=\"212.jpg\" data-description=\"Postcapitalisme\" width=\"500\" height=\"233\" srcset=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/11\/212-b95.jpg 500w, https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2009\/11\/212-b95-300x140.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/p>\n<p><strong> Du neuf dans la gauche radicale : Postcapitalisme. Imaginer l&#8217;apr\u00e8s, ouvrage collectif de l&#8217;\u00e9quipe de Regards coordonn\u00e9 par Cl\u00e9mentine Autain, est disponible dans toutes les bonnes librairies. Cet ensemble de contributions vise \u00e0 affirmer un parti pris, celui de la n\u00e9cessit\u00e9 de se projeter au-del\u00e0 du capitalisme. Le livre rassemble des points de vue et analyses d&#8217;une vingtaine d&#8217;intellectuels et acteurs sociaux et politiques, issus de traditions et de cultures diverses. On y d\u00e9couvre des convergences et des contradictions. Et une volont\u00e9 commune de rouvrir s\u00e9rieusement le d\u00e9bat sur l&#8217;alternative, sur le contenu du projet \u00ab postcapitaliste \u00bb et sur la strat\u00e9gie pour y parvenir. Extraits. <\/strong><\/p>\n<p><strong> Michel Onfray, philosophe <\/strong><\/p>\n<p>Je ne crois pas au grand soir, \u00e0 l&#8217;eschatologie, au messianisme, aux lendemains qui chantent, au paradis sur terre, au grand soir apr\u00e8s lequel les hommes vivraient d&#8217;amour, \u00e0 la m\u00e9canique simpliste et pour tout dire infantile, qui consiste \u00e0 croire que le r\u00e9el plierait devant la machine d&#8217;une r\u00e9volution, m\u00eame relook\u00e9e&#8230; Appropriation collective des moyens de production et fin de l&#8217;ali\u00e9nation, disparition de l&#8217;exploitation ? Ne r\u00eavons pas.<\/p>\n<p>Pour autant, le r\u00e9formisme me d\u00e9pla\u00eet : il est le meilleur gage pour ne rien changer v\u00e9ritablement sous pr\u00e9texte qu&#8217;on change un tout petit peu chaque jour et qu&#8217;il vaut mieux l&#8217;hom\u00e9opathie sociale-d\u00e9mocrate (et son effet placebo, le seul d&#8217;ailleurs&#8230;) que le bain de sang d&#8217;une chirurgie lourde r\u00e9volutionnaire. Je tiens que l&#8217;anarcho-syndicalisme, parce qu&#8217;il est vivant et non doctrinaire, pragmatique et non th\u00e9or\u00e9tique, concret et non id\u00e9aliste, direct et non m\u00e9diatis\u00e9, constitue une solution. [&#8230;] Pas besoin d&#8217;attendre la r\u00e9volution pour demain et se croire r\u00e9volutionnaire en faisant le jeu du capitalisme lib\u00e9ral ici et maintenant qui se moque de cette religion qui ne l&#8217;inqui\u00e8te pas et laisse en place sa brutalit\u00e9. Il faut agir, cr\u00e9er des coop\u00e9ratives, les f\u00e9d\u00e9rer, les mutualiser, inventer des banques de quartier, f\u00e9d\u00e9rer des combats locaux, mettre sur pied des structures d&#8217;\u00e9ducation populaire, et cr\u00e9er tout un maillage alternatif qui permet de sortir du fantasme de la r\u00e9volution en bloc pour passer \u00e0 la r\u00e9volution en fragments. Car en mati\u00e8re de perspective politique, si c&#8217;est tout ou rien, ce sera rien&#8230; <\/p>\n<p><strong> Claire Rodier, juriste au GISTI et pr\u00e9sidente de Migreurop <\/strong><\/p>\n<p>Organiser : ou interdire : la mobilit\u00e9 des populations aspirant \u00e0 \u00e9migrer d&#8217;apr\u00e8s la seule mesure des besoins des pays d&#8217;arriv\u00e9e, alors que se creuse l&#8217;\u00e9cart \u00e9conomique, social et environnemental entre les deux rives de la M\u00e9diterran\u00e9e, est un calcul \u00e0 court terme dont il faut redouter l&#8217;effet boomerang. On sait aujourd&#8217;hui qu&#8217;il existe un lien \u00e9troit entre la croissance que les pays occidentaux revendiquent comme un droit pour leurs populations et l&#8217;appauvrissement des pays du Sud. <\/p>\n<p><strong> Isabelle Garo, philosophe <\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;id\u00e9e de postcapitalisme est, en tant qu&#8217;id\u00e9e politique, la plus confuse qui soit. Non pas d&#8217;abord en raison des multiples options antagonistes qui se pr\u00e9sentent aussit\u00f4t \u00e0 l&#8217;esprit afin de surmonter l&#8217;ind\u00e9termination de l&#8217;expression. Mais surtout parce que la formule, ne nommant pas la nature propre de l&#8217;\u00ab apr\u00e8s \u00bb, ne dit rien des moyens pour y parvenir. Le terme est de ce fait, avant tout, r\u00e9v\u00e9lateur de notre immense difficult\u00e9 \u00e0 envisager les voies de passage vers un avenir autre que le pr\u00e9sent : plus capitaliste que jamais : et surtout meilleur que lui, et cela alors m\u00eame qu&#8217;un tel d\u00e9passement semble plus que jamais n\u00e9cessaire, vital. [&#8230;] Elision cens\u00e9ment rassurante de tout processus politique r\u00e9volutionnaire, le terme de \u00ab postcapitalisme \u00bb obtient sa coloration hyperconceptuelle et sa saveur de science-fiction par le fait m\u00eame qu&#8217;il semble fracturer en deux le temps, sans donner \u00e0 penser ce qui en relie les deux pans. Impolitique, il est plus encore anhistorique. Son m\u00e9rite est pourtant de renouer avec l&#8217;id\u00e9e que le capitalisme n&#8217;est pas la fin de l&#8217;histoire, sugg\u00e9rant m\u00eame que la poursuite de l&#8217;histoire exige la fin du capitalisme. <\/p>\n<p><strong> Catherine Tricot, architecte-urbaniste <\/strong><\/p>\n<p>La ville est devenue un des lieux o\u00f9 se fa\u00e7onne notre syst\u00e8me \u00e9conomique, social, politique et id\u00e9ologique. Au m\u00eame titre que l&#8217;Etat et l&#8217;entreprise, la question urbaine participe donc de l&#8217;invention d&#8217;une alternative \u00e0 l&#8217;histoire pr\u00e9sente. Cette question a la particularit\u00e9 d&#8217;\u00eatre \u00e0 la fois neuve et ancienne : la ville est l\u00e0 depuis longtemps, mais sa place structurante est un fait r\u00e9cent. Sans doute est-ce pour cela que nous avons du mal \u00e0 penser ses nouvelles dimensions et sa nouvelle importance. <\/p>\n<p><strong> Denis Vicherat, membre d&#8217;Utopia <\/strong><\/p>\n<p>Comme pour l&#8217;environnement, le combat contre l&#8217;id\u00e9ologie de la consommation ne peut se limiter \u00e0 essayer de faire changer les comportements individuels : il est aussi \u00e9minemment politique. Il n&#8217;est pas facile car il n\u00e9cessite de lutter d\u00e9mocratiquement contre des repr\u00e9sentations du d\u00e9sir et du plaisir, certes d\u00e9tourn\u00e9es en pulsions d&#8217;achats par le monde marchand, mais situ\u00e9es au c\u0153ur des motivations de chacun. Il nous faut rappeler inlassablement le caract\u00e8re illusoire de ce bonheur par la consommation, v\u00e9hicul\u00e9 mondialement par les publicitaires. Il nous faut \u00eatre capables de r\u00e9enchanter le monde en substituant aux biens mat\u00e9riels les biens relationnels. [&#8230;] C&#8217;est donc obligatoirement \u00e0 une contestation radicale de ce syst\u00e8me, au-del\u00e0 des d\u00e9g\u00e2ts environnementaux engendr\u00e9s par le productivisme, que nous entra\u00eene ce combat. <\/p>\n<p><strong> Aur\u00e9lie Trouv\u00e9, copr\u00e9sidente d&#8217;Attac <\/strong><\/p>\n<p>La souverainet\u00e9 alimentaire consiste \u00e0 reconna\u00eetre le droit de chaque pays ou groupes de pays \u00e0 d\u00e9finir sa propre politique agricole et alimentaire, c&#8217;est-\u00e0-dire le droit de se prot\u00e9ger. Ce droit englobe aussi des devoirs de solidarit\u00e9 avec les pays du Sud et celui de r\u00e9pondre aux enjeux \u00e9cologiques. Et l&#8217;environnement ne peut plus \u00eatre qu&#8217;un enjeu transnational. <\/p>\n<p><strong> Jacques G\u00e9n\u00e9reux, \u00e9conomiste et membre du Parti de gauche <\/strong><\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, sortir du capitalisme, c&#8217;est \u00e0 la fois tr\u00e8s simple et tr\u00e8s compliqu\u00e9. C&#8217;est assez simple en termes techniques, contrairement \u00e0 ce que l&#8217;on croit, car cela ne demande pas une r\u00e9volution g\u00e9n\u00e9rale, une mise \u00e0 bas de la soci\u00e9t\u00e9 telle qu&#8217;elle fonctionne aujourd&#8217;hui. Il s&#8217;agit de s&#8217;attaquer aux bonnes institutions, aux bonnes r\u00e8gles de droit, aux bons r\u00e9gimes de propri\u00e9t\u00e9. [&#8230;] L\u00e0 o\u00f9 l&#8217;affaire est beaucoup plus complexe, c&#8217;est qu&#8217;il faut \u00e9galement s&#8217;\u00e9manciper d&#8217;une culture particuli\u00e8re et bien ancr\u00e9e. Si le capitalisme s&#8217;est install\u00e9 avec une relative aisance et qu&#8217;il a pu surmonter assez facilement ses contradictions et ses limites, c&#8217;est que le mode de soci\u00e9t\u00e9 et son fonctionnement vont de pair avec les piliers de la culture moderne, individualiste et productiviste. S&#8217;\u00e9manciper du capitalisme en cet autre sens, pas seulement comme syst\u00e8me de production mais comme culture qui a soutenu et continue de soutenir ce syst\u00e8me m\u00eame quand il est en pleine crise, c&#8217;est une affaire bien plus d\u00e9licate. D&#8217;o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de penser une nouvelle \u00e9mancipation. <\/p>\n<p><strong> Daniel Bensa\u00efd, philosophe et membre du NPA <\/strong><\/p>\n<p>Quand les survivants d&#8217;une gauche r\u00e9formatrice envisagent une alternative keyn\u00e9sienne europ\u00e9enne au lib\u00e9ralisme, il est possible de faire un bout de chemin ensemble s&#8217;ils sont vraiment pr\u00eats \u00e0 lutter pour sortir des trait\u00e9s europ\u00e9ens en vigueur, pour \u00e9tablir des normes sociales europ\u00e9ennes en mati\u00e8re de salaire, d&#8217;emploi, de protection sociale, de droit du travail, pour promouvoir une harmonisation fiscale fortement redistributive, ou pour socialiser les moyens de production et d&#8217;\u00e9change n\u00e9cessaires \u00e0 la construction de services publics europ\u00e9ens en mati\u00e8re d&#8217;\u00e9nergie, de transport, de t\u00e9l\u00e9communications. [&#8230;] A supposer qu&#8217;il se trouve des r\u00e9formistes suffisamment d\u00e9termin\u00e9s pour emprunter cette voie, nous pourrions donc combattre c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te pour des objectifs communs, et il se pourrait que ces mobilisations enclenchent une dynamique sociale allant au-del\u00e0 des objectifs initiaux. Mais cela ne signifierait nullement une harmonieuse synth\u00e8se entre keyn\u00e9sianisme et marxisme. Comme projet politique d&#8217;ensemble, et non comme somme de mesures partielles, le programme de Keynes, hautement proclam\u00e9, est de sauver le capital de ses propres d\u00e9mons. Celui de Marx est de le renverser. <\/p>\n<p><strong><em> Postcapitalisme. Imaginer l&#8217;apr\u00e8s <\/em> <\/strong>, un ouvrage coordonn\u00e9 par Regards et Cl\u00e9mentine Autain. \u00c9d. Le diable Vauvert, 20 euros, dans toutes les bonnes librairies.<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-4396 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/212-e1f.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/212-e1f-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"212.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du neuf dans la gauche radicale : Postcapitalisme. Imaginer l&#8217;apr\u00e8s, ouvrage collectif de l&#8217;\u00e9quipe de Regards coordonn\u00e9 par Cl\u00e9mentine Autain, est disponible dans toutes les bonnes librairies. 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