{"id":4267,"date":"2009-09-01T00:00:00","date_gmt":"2009-08-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/police-la-culture-de-la-violence4267\/"},"modified":"2009-09-01T00:00:00","modified_gmt":"2009-08-31T22:00:00","slug":"police-la-culture-de-la-violence4267","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=4267","title":{"rendered":"Police, la culture de la violence"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Dans une p\u00e9riode o\u00f9 la police est soumise \u00e0 des exigences de rendement, tirer avec un flashball sur un manifestant, sans sommation, c&#8217;est un \u00ab d\u00e9rapage \u00bb banal. A travers l&#8217;utilisation des armes \u00ab non l\u00e9tales \u00bb, on assiste en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 une militarisation croissante des forces de police et une escalade de la violence. <\/p>\n<p> Le 8 juillet au petit matin, le squat de \u00ab La Clinique \u00bb, dans le centre de Montreuil (93), est expuls\u00e9 manu militari. On ne l\u00e9sine pas sur les moyens : 200 policiers dont les forces du RAID sont r\u00e9quisitionn\u00e9s. Ce lieu se voulait un centre social autog\u00e9r\u00e9, sur le mod\u00e8le des centres sociaux italiens. Le soir m\u00eame, une manifestation s&#8217;organise dans les rues de Montreuil. Une unit\u00e9 de la Brigade anticriminalit\u00e9 (BAC) est pr\u00e9sente. Quelques provocations (jets de pierre), la manifestation se termine tranquillement. Puis, on entend des tirs de flashball. Aucune sommation. Deux personnes sont touch\u00e9es. Seconde vague de tirs. Toujours pas de sommation. Joachim Gatti, un manifestant, tombe.<em> \u00ab A ce moment-l\u00e0, je marchais et j&#8217;ai regard\u00e9 en direction des policiers, racontera-t-il plus tard. J&#8217;ai senti un choc violent au niveau de mon \u0153il droit. Sous la force de l&#8217;impact, je suis tomb\u00e9 au sol. \u00bb <\/em> Troisi\u00e8me vague de tirs. Toujours pas de sommation. Deux autres personnes sont touch\u00e9es.<\/p>\n<p>Les soutiens accourent, les forces de l&#8217;ordre, elles, sont d\u00e9j\u00e0 reparties. Elles ne se donneront m\u00eame pas la peine, d&#8217;ailleurs, d&#8217;appeler les secours. Joachim, 34 ans, r\u00e9alisateur, intermittent, militant engag\u00e9 notamment contre les centres de r\u00e9tention (1), a la face compl\u00e8tement \u00e9clat\u00e9e, en sang. Son \u0153il est perdu ; il a trois fractures au visage, le globe oculaire fendu en deux, la paupi\u00e8re arrach\u00e9e. Cela ne fait que l&#8217;objet d&#8217;une d\u00e9p\u00eache AFP odieuse par ses flagrantes erreurs. Le 13 juillet, une nouvelle manifestation est organis\u00e9e au m\u00eame endroit pour d\u00e9noncer les violences polici\u00e8res. M\u00eame sc\u00e9nario. Les forces de l&#8217;ordre dispersent sans m\u00e9nagement le rassemblement, font usage de gaz lacrymog\u00e8ne et&#8230; de leurs flashball \u00e0 nouveau. Une femme est touch\u00e9e \u00e0 la jambe. Onze personnes sont plac\u00e9es en garde \u00e0 vue, dont un journaliste stagiaire au journal<em> Le Monde <\/em> qui a la gueule d&#8217;un \u00ab gaucho \u00bb. Cette fois-ci, la violence de la r\u00e9pression choque suffisamment les journalistes et les \u00e9lus pr\u00e9sents pour qu&#8217;elle soit d\u00e9nonc\u00e9e unanimement.<\/p>\n<p><strong> TRISTE REPETITION <\/strong><\/p>\n<p>Depuis janvier dernier, cinq personnes ont \u00e9t\u00e9 gri\u00e8vement bless\u00e9es au visage en France apr\u00e8s avoir essuy\u00e9 des tirs de flashball. A Villiers-le-Bel, le 9 mai dernier. A Argenteuil, le 30 avril. Lors du sommet de l&#8217;Otan. Et encore \u00e0 Toulouse, le 19 mars 2009, \u00e0 l&#8217;issue d&#8217;une manifestation contre la r\u00e9forme de l&#8217;universit\u00e9. Les histoires plus anciennes ne manquent pas non plus. Cette arme dite \u00ab non l\u00e9tale \u00bb, de 4e cat\u00e9gorie, comme le fusil \u00e0 pompe, est utilis\u00e9e depuis 1995, notamment par le RAID, avant qu&#8217;elle \u00e9quipe toutes les forces de l&#8217;ordre, dont la police de proximit\u00e9. C&#8217;est Nicolas Sarkozy qui le d\u00e9cide \u00e0 son arriv\u00e9e au minist\u00e8re de l&#8217;Int\u00e9rieur, en mai 2002. Son fonctionnement est simple : le flashball tire des balles en caoutchouc hypercompress\u00e9es de 28 grammes. Elles ne perforent pas, contrairement aux balles r\u00e9elles, mais peuvent cr\u00e9er des impacts extr\u00eamement importants sur le corps. Son usage est strictement r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la l\u00e9gitime d\u00e9fense, \u00e0 une distance minimale de 7 m\u00e8tres, avec l&#8217;interdiction de viser au niveau du visage ou de la t\u00eate. Des consignes que la longue liste de violences polici\u00e8res semble rendre bien futiles. M\u00eame la Direction centrale de la s\u00e9curit\u00e9 publique y avait trouv\u00e9 apparemment \u00e0 redire, puisqu&#8217;elle avait adress\u00e9, en mai dernier, une note aux directeurs d\u00e9partementaux qui rappelait ces<em> \u00ab r\u00e8gles imp\u00e9ratives \u00bb <\/em> d&#8217;utilisation.<\/p>\n<p><strong> AFFAIRE DE COM&#8217; <\/strong><\/p>\n<p>Pour l&#8217;affaire de Montreuil, l&#8217;Inspection g\u00e9n\u00e9rale des services semble avoir fait preuve d&#8217;une certaine diligence, assez in\u00e9dite. Son rapport remis \u00e0 la justice le 31 juillet estime qu<em> \u00ab il y a eu un non-respect des consignes d&#8217;utilisation de flashball. Certains policiers n&#8217;ont pas respect\u00e9 les r\u00e8gles. En l&#8217;esp\u00e8ce, certains porteurs de flashball n&#8217;ont pas respect\u00e9 les distances de s\u00e9curit\u00e9 et les parties du corps \u00e0 \u00e9viter \u00bb <\/em>. On rechercherait le ou les auteurs des tirs. Jean-Fran\u00e7ois Herdhuin, le patron de la police de Seine-Saint-Denis, a \u00e9t\u00e9 mut\u00e9 fin juillet. Apparemment, l&#8217;affaire n&#8217;y est pas pour rien. Enfin, une information a \u00e9t\u00e9 ouverte au parquet de Bobigny contre X, pour<em> \u00abviolences ayant entra\u00een\u00e9 mutilation et infirmit\u00e9 permanente sur l&#8217;une des victimes et pour violences par personne d\u00e9positaire de l&#8217;autorit\u00e9 publique suivies d&#8217;une incapacit\u00e9 temporaire de travail de huit jours ou n&#8217;ayant pas entra\u00een\u00e9 d&#8217;incapacit\u00e9 sur trois autres personnes \u00bb <\/em>. Tout cela n&#8217;a pas emp\u00each\u00e9 la pr\u00e9fecture de Seine-Saint-Denis, relay\u00e9e sans sourciller par l&#8217;AFP, de jouer un r\u00f4le odieux dans la d\u00e9fense de la police.<em> \u00ab Nous avons bien eu connaissance qu&#8217;un jeune homme a perdu son \u0153il mais pour le moment il n&#8217;y a pas de lien \u00e9tabli de mani\u00e8re certaine entre la perte de l&#8217;\u0153il et le tir de flashball \u00bb <\/em>, disait-elle au lendemain du 8 juillet. Cela laisse sans voix.<\/p>\n<p>L&#8217;usage du flashball (\u00e0 l&#8217;instar du Taser) fut longtemps vendu par les parlementaires (de droite comme de gauche) comme l&#8217;un des meilleurs moyens de maintenir l&#8217;ordre \u00e0 moindre risque. Les cas de violences polici\u00e8res et la n\u00e9gation qui les entoure n&#8217;ont pourtant pas disparu. Et le nombre d&#8217;incidents rapport\u00e9s avec le flashball semble montrer un certain rel\u00e2chement chez les forces de police. L&#8217;affaire de Montreuil a conduit les parlementaires Verts \u00e0 d\u00e9poser une \u00e9ni\u00e8me proposition de loi visant \u00e0 interdire l&#8217;usage d&#8217;une telle arme. De son c\u00f4t\u00e9, le collectif Libert\u00e9, Egalit\u00e9, Justice (CLEJ) r\u00e9unissant un grand nombre d&#8217;associations et de partis politiques appelle \u00e0 une mobilisation face aux \u00ab d\u00e9rives polici\u00e8res \u00bb (2).<\/p>\n<p><strong> UN CLIMAT D&#8217;IMPUNITE <\/strong><\/p>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les adeptes de la pens\u00e9e s\u00e9curitaire n&#8217;h\u00e9sitaient pas une seule seconde avant de d\u00e9noncer<em> \u00ab l&#8217;ang\u00e9lisme \u00bb des \u00ab droits-de-l&#8217;hommistes \u00bb <\/em>. Notamment au PS, o\u00f9 nombre d&#8217;\u00e9lus locaux en manque d&#8217;id\u00e9es se sont laiss\u00e9 convaincre par un adepte du b\u00e2ton : Alain Bauer, autoproclam\u00e9 \u00ab criminologue \u00bb, et devenu conseiller de Sarkozy. Mais depuis quelque temps, les d\u00e9nonciations contre les violences polici\u00e8res ont fini par attirer l&#8217;attention&#8230; Au printemps dernier, Amnesty International (3) publiait ainsi un rapport remarqu\u00e9 d\u00e9non\u00e7ant l&#8217;impunit\u00e9 des policiers dans notre pays. Avec un constat sans appel :<em> \u00ab La situation est telle en France que les forces de l&#8217;ordre se sentent au-dessus des lois. \u00bb <\/em> L&#8217;association d\u00e9non\u00e7ait notamment le manque de transparence :<em> \u00ab Les homicides ill\u00e9gaux, les passages \u00e0 tabac, les injures racistes et l&#8217;usage abusif de la force par les agents de la force publique sont interdits en toutes circonstances par le droit international. Or, en France les plaintes pour ce type de violations des droits humains ne sont pas souvent suivies d&#8217;enqu\u00eates effectives, et les responsables de ces actes sont rarement traduits en justice \u00bb <\/em>, affirme le rapport.<\/p>\n<p>Ainsi, en 2005 et 2006, selon les chiffres de la police des polices, sur 663 et 639 \u00ab all\u00e9gations de faits de violence \u00bb commis par des agents de la force publique, seules 96 et 114 sanctions disciplinaires ont \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9es pour \u00ab violences av\u00e9r\u00e9es \u00bb ; 16 et 8 radiations d&#8217;agents concern\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9es. En 2005, Amnesty d\u00e9non\u00e7ait d\u00e9j\u00e0 dans son pr\u00e9c\u00e9dent rapport l&#8217;impunit\u00e9 des forces de l&#8217;ordre, mais l&#8217;organisation constate, en 2009,<em> \u00ab l&#8217;accentuation manifeste d&#8217;un ph\u00e9nom\u00e8ne inqui\u00e9tant : les personnes qui protestent ou tentent d&#8217;intervenir lorsqu&#8217;elles sont t\u00e9moins de mauvais traitements inflig\u00e9s par des responsables de l&#8217;application des lois sont elles-m\u00eames accus\u00e9es d&#8217;outrage ou de r\u00e9bellion envers un repr\u00e9sentant de l&#8217;autorit\u00e9. Dans d&#8217;autres cas, des personnes qui se sont plaintes d&#8217;avoir subi des mauvais traitements sont accus\u00e9es de diffamation par les agents concern\u00e9s \u00bb <\/em>.<\/p>\n<p>Quelques jours apr\u00e8s la publication de ce rapport, Yannick Danio, \u00e0 l&#8217;\u00e9poque porte-parole de l&#8217;Unsa-police, le premier syndicat de gardiens de la paix, consid\u00e9rait celui-ci comme<em> \u00ab exag\u00e9r\u00e9 \u00bb <\/em> (4) et expliquait que<em> \u00ab la police fran\u00e7aise est la plus surveill\u00e9e des administrations \u00bb <\/em>. Mais le syndicaliste conc\u00e9dait :<em> \u00ab Il peut toujours y avoir un d\u00e9rapage, terme que je pr\u00e9f\u00e8re au mot bavure. Il ne faut pas oublier que sous les uniformes, il y a des hommes et des femmes confront\u00e9s en permanence \u00e0 la violence, \u00e0 l&#8217;urgence, et maintenant \u00e0 une politique des quotas, du chiffre, du tout-r\u00e9pressif que nous n&#8217;avons de cesse de d\u00e9noncer. A partir de l\u00e0, on peut comprendre que dans certaines situations on puisse p\u00e9ter les plombs. \u00bb <\/em> Autrement dit, Sarko pousse-au-crime&#8230;<\/p>\n<p><strong> HARCELEMENT <\/strong><br \/>\n<em> \u00ab La politique du tout r\u00e9pressif, en creusant le foss\u00e9 avec la population, ne peut que nuire \u00bb <\/em>, concluait-il&#8230; D&#8217;ailleurs, la population commence \u00e0 se faire davantage entendre via l&#8217;Internet et les t\u00e9l\u00e9phones portables \u00e9quip\u00e9s de cam\u00e9ra. Le site d&#8217;information Rue 89 le constate :<em> \u00ab Nous recevons pas mal de t\u00e9moignages de violences polici\u00e8res, souvent en marge d&#8217;une journ\u00e9e de manifestation. \u00bb <\/em> Et face aux dispositifs s\u00e9curitaires, des associations s&#8217;organisent : le Collectif pour une d\u00e9p\u00e9nalisation du d\u00e9lit d&#8217;outrage (Codedo) s&#8217;est cr\u00e9\u00e9 face \u00e0 la multiplication des plaintes pour outrage \u00e9manant des forces de l&#8217;ordre. L&#8217;hiver dernier, la campagne \u00ab Police, personne ne bouge ? ! \u00bb \u00e9tait lanc\u00e9e contre les d\u00e9rives de la police, notamment l&#8217;utilisation de certaines pratiques et techniques d&#8217;immobilisation lors d&#8217;interpellations. En juin dernier, une enqu\u00eate rigoureuse d\u00e9montrait  que la police pratique des contr\u00f4les sur<em> \u00ab profilage racial \u00bb <\/em> (Cf. encadr\u00e9). La conclusion de ce travail monumental \u00e9tablit que ces pratiques polici\u00e8res sont fond\u00e9es principalement sur la couleur de la peau : et non pas sur le comportement des int\u00e9ress\u00e9s, comme l&#8217;impose le droit. Au point de faire le rapprochement avec les \u00e9meutes de 2005 et de parler de sentiment de<em> \u00ab harc\u00e8lement \u00bb <\/em> chez les jeunes contr\u00f4l\u00e9s.<\/p>\n<p><strong> \u00ab UNE GUERRE SANS MERCI \u00bb <\/strong><\/p>\n<p>Justement, lors des \u00e9meutes de 2005, puis en 2007, \u00e0 Villiers-le-Bel, les forces de l&#8217;ordre ont d\u00e9cid\u00e9 d&#8217;utiliser de nouveaux outils pour faire peur aux populations :<em> \u00ab Selon les policiers que j&#8217;ai interrog\u00e9s, l&#8217;emploi pour la premi\u00e8re fois d&#8217;h\u00e9licopt\u00e8res \u00e9tait un moyen de cr\u00e9er un sentiment d&#8217;ins\u00e9curit\u00e9 chez les gens des banlieues \u00bb <\/em>, raconte David Dufresne qui a longuement enqu\u00eat\u00e9 sur les techniques de maintien de l&#8217;ordre (5). Pour ce journaliste, tout commence en fait sur la dalle d&#8217;Argenteuil, un soir d&#8217;octobre 2005, o\u00f9, apr\u00e8s avoir parl\u00e9 des<em> \u00ab racailles \u00bb <\/em>, Nicolas Sarkozy expose en r\u00e9alit\u00e9 le nouveau dispositif de quadrillage des banlieues lors d&#8217;une conf\u00e9rence de presse au commissariat local. Ce soir-l\u00e0, le ministre de l&#8217;Int\u00e9rieur de l&#8217;\u00e9poque annonce que les CRS, habituellement vou\u00e9s \u00e0 g\u00e9rer les violences \u00ab exceptionnelles \u00bb de la rue, vont s&#8217;implanter dans le quotidien \u00ab normal \u00bb des quartiers de banlieue. Dix-sept compagnies r\u00e9publicaines de s\u00e9curit\u00e9 (CRS) et sept escadrons de gendarmerie mobile sont alors sp\u00e9cifiquement attach\u00e9s \u00e0 cette mission et dot\u00e9s de nouvelles armes, \u00ab non l\u00e9tales \u00bb. Quelques jours apr\u00e8s, il expliquait Place Beauvau aux chefs des Groupes d&#8217;intervention r\u00e9gionaux :<em> \u00ab Les violences urbaines, les voitures qui br\u00fblent, les trafics de drogue, les occupations de halls d&#8217;immeuble, l&#8217;\u00e9conomie souterraine, on leur d\u00e9clare une guerre sans merci. Maintenant, \u00e7a suffit ! \u00bb <\/em> Ajoutant :<em> \u00ab J&#8217;ai besoin que vous ayez faim. Si vous n&#8217;avez pas bon app\u00e9tit, faites autre chose ! \u00bb <\/em><\/p>\n<p>Le mot est l\u00e2ch\u00e9 : une \u00ab guerre \u00bb. D&#8217;ailleurs, les premiers \u00e0 avoir utilis\u00e9 des armes \u00ab non l\u00e9tales \u00bb dans un \u00ab contexte urbain \u00bb sont les militaires eux-m\u00eames. Aux Etats-Unis, le maintien de l&#8217;ordre depuis le milieu des ann\u00e9es 1990 est devenu un continuum : local, national, international. Les ennemis ext\u00e9rieurs et les ennemis int\u00e9rieurs tendent \u00e0 se confondre. Depuis 1994, les programmes pour les armes non l\u00e9tales int\u00e9ressent autant le d\u00e9partement de la D\u00e9fense que celui de la Justice&#8230; Et la France est en train de prendre le m\u00eame chemin. A travers l&#8217;utilisation de ces armes, on assiste en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 une militarisation croissante des forces de police&#8230; Le rattachement, depuis le 1er janvier 2009, de l&#8217;antique gendarmerie nationale au minist\u00e8re de l&#8217;Int\u00e9rieur illustre \u00e9galement le \u00ab brouillage \u00bb croissant des fronti\u00e8res entre d\u00e9fense et s\u00e9curit\u00e9. Autant dire que les violences polici\u00e8res ont de beaux jours devant elles&#8230; <\/p>\n<p><strong> E.C.** et **M.E.**, avec **D.D. <\/strong><\/p>\n<p>1. Joachim Gatti est notamment membre du collectif Pr\u00e9cipit\u00e9. Voir<em> Vacarme <\/em>, n\u00b0 25. Lire aussi l&#8217;interview d&#8217;Abou N&#8217;Dianor, leader du mouvement de protestation au centre de r\u00e9tention du Mesnil-Amelot en d\u00e9cembre 2007, r\u00e9alis\u00e9e avec Emmanuelle Cosse,<em> Vacarme <\/em> n\u00b0 40. P\u00e9tition de soutien \u00e0 Joachim Gatti et contre l&#8217;utilisation du flashball : http:\/\/www.lapetition.be\/petition.php? petid = 4653<\/p>\n<p>2. Voir l&#8217;appel du Collectif sur http:\/\/www.raidh.org<\/p>\n<p>3. http:\/\/www.amnesty.fr<\/p>\n<p>4.<em> Lib\u00e9ration <\/em>, 2 avril 2009.<\/p>\n<p>Paru dans<em> Regards <\/em>, n\u00b064, septembre 2009<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Dans une p\u00e9riode o\u00f9 la police est soumise \u00e0 des exigences de rendement, tirer avec un flashball sur un manifestant, sans sommation, c&#8217;est un \u00ab d\u00e9rapage \u00bb banal. A travers l&#8217;utilisation des armes \u00ab non l\u00e9tales \u00bb, on assiste en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 une militarisation croissante des forces de police et une escalade de la violence. <\/p>\n","protected":false},"author":527,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[329,316],"class_list":["post-4267","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-forces-de-lordre","tag-securitaire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4267","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/527"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4267"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4267\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4267"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4267"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4267"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}