{"id":4266,"date":"2009-09-01T00:00:00","date_gmt":"2009-08-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/jose-bove-l-important-c-est-d-agir4266\/"},"modified":"2009-09-01T00:00:00","modified_gmt":"2009-08-31T22:00:00","slug":"jose-bove-l-important-c-est-d-agir4266","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=4266","title":{"rendered":"Jos\u00e9 Bov\u00e9 : \u00ab L&#8217;important, c&#8217;est d&#8217;agir \u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Elu d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9en le 7 juin dernier avec Europe Ecologie, Jos\u00e9 Bov\u00e9* tente aujourd&#8217;hui l&#8217;exp\u00e9rience d&#8217;\u00eatre \u00e0 la fois dehors et dedans les institutions. Place de l&#8217;\u00e9cologie politique dans l&#8217;\u00e9chiquier politique, lutte contre le capitalisme, nouvelle politique europ\u00e9enne, union de la gauche de gauche : autant de questions qu&#8217;il cherche \u00e0 r\u00e9soudre. <\/p>\n<p><strong> Vous avez \u00e9t\u00e9 \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9en en juin dernier, sur la liste Europe Ecologie. Trois mois plus tard, quel est votre sentiment sur cette p\u00e9riode et le fait d&#8217;\u00eatre pass\u00e9 du r\u00f4le de leader du mouvement social \u00e0 celui de d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9en? <\/strong><\/p>\n<p><strong> Jos\u00e9 Bov\u00e9. <\/strong> Je vis cela plut\u00f4t bien. Mon premier sentiment est que je suis content. Parce que quand une telle dynamique se met en place et qu&#8217;en plus, elle obtient un tel succ\u00e8s \u00e0 l&#8217;arriv\u00e9e, cela veut dire que c&#8217;est possible. Il y a eu une vraie adh\u00e9sion populaire. Mais en m\u00eame temps, serons-nous capables d&#8217;assumer ce qu&#8217;on a fait, de construire et de ne pas d\u00e9cevoir? Y compris par rapport \u00e0 nos engagements en ce qui concerne le Parlement europ\u00e9en. Nous avons men\u00e9 la campagne sur un projet. Maintenant nous sommes au pied du mur. Europe Ecologie, ce n&#8217;est pas simplement un bon coup politique. Quand, comme moi, on s&#8217;est beaucoup investi sur des dossiers concrets, quand on m\u00e8ne des batailles comme celle que nous avons men\u00e9e contre l&#8217;OMC, ce qui compte, c&#8217;est d&#8217;arriver \u00e0 des r\u00e9sultats visibles, \u00e0 \u00eatre efficace. Au Parlement europ\u00e9en, allons-nous \u00eatre capables d&#8217;y arriver? C&#8217;est un vrai d\u00e9fi \u00e0 relever.<\/p>\n<p><strong> Justement, avec vos pratiques issues du syndicalisme et du militantisme, comment envisagez-vous de travailler en tant que d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9en? <\/strong><\/p>\n<p><strong> J.B. <\/strong> Le premier jour de notre entr\u00e9e en fonction officielle, le 14 juillet \u00e0 Strasbourg, il y avait 1 500 paysans producteurs de lait avec leurs tracteurs et leurs vaches devant le Parlement. Nous avons donc commenc\u00e9 dans la rue. Puis, j&#8217;ai impos\u00e9 \u00e0 la commission agriculture, dont je suis vice-pr\u00e9sident, qu&#8217;\u00e0 sa premi\u00e8re r\u00e9union, les producteurs paysans europ\u00e9ens soient invit\u00e9s \u00e0 pr\u00e9senter leurs revendications et qu&#8217;il y ait un d\u00e9bat avec les d\u00e9put\u00e9s. Jusque-l\u00e0, cela ne s&#8217;\u00e9tait jamais fait. Tout cela me para\u00eet compl\u00e8tement coh\u00e9rent comme fonctionnement. Je ne suis pas l\u00e0 pour me substituer aux copains syndicalistes mais il faut faire jouer notre compl\u00e9mentarit\u00e9. Etre parlementaire, ce n&#8217;est pas \u00eatre un b\u00e9ni oui-oui, un notable.<\/p>\n<p><strong> Est-ce que cela veut dire qu&#8217;avec les autres d\u00e9put\u00e9s d&#8217;Europe Ecologie issus du mouvement associatif, vous avez men\u00e9 une r\u00e9flexion en termes de strat\u00e9gie d&#8217;action, face \u00e0 cette \u00e9norme machine qu&#8217;est l&#8217;Union europ\u00e9enne? <\/strong><\/p>\n<p><strong> J.B. <\/strong> Oui. Pour se r\u00e9partir les fonctions, nous nous sommes interrog\u00e9s sur ce qu&#8217;on avait envie de faire et sur nos l\u00e9gitimit\u00e9s. C&#8217;est tr\u00e8s important car nous avons aussi \u00e9t\u00e9 \u00e9lus en raison de nos pratiques. Ce qui veut dire que les d\u00e9l\u00e9gations que nous obtenons ou les commissions dans lesquelles nous si\u00e9geons doivent \u00eatre coh\u00e9rentes avec nos pratiques. C&#8217;est pour cela que je suis dans les commissions agriculture et commerce international. Ensuite, nous avons effectivement des objectifs fix\u00e9s en termes de calendrier. La priorit\u00e9 des mois \u00e0 venir, c&#8217;est le sommet de Copenhague sur le climat, pour que Copenhague devienne le Seattle du climat. En tant que parlementaires europ\u00e9ens, nous devons \u00eatre capables de faire bouger les lignes. Mais je ne sais pas si on y arrivera. Il faut d\u00e9j\u00e0 trouver des majorit\u00e9s au sein des commissions, ensuite faire en sorte que le Parlement vote nos propositions. Ce qui se joue, c&#8217;est \u00e0 la fois la question de la visibilit\u00e9 de nos positions et aussi la capacit\u00e9 du Parlement \u00e0 les suivre. Et m\u00eame si on n&#8217;a pas toujours les majorit\u00e9s n\u00e9cessaires, l&#8217;important, c&#8217;est d&#8217;agir. Ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;on est d\u00e9put\u00e9 qu&#8217;on n&#8217;est plus citoyen. Il faut jouer de cette dualit\u00e9. Des gens comme moi, Yannick Jadot ou Sandrine B\u00e9lier(1), nous ne sommes pas des institutionnels au d\u00e9part. Ce qui implique dans notre r\u00e9flexion un rapport diff\u00e9rent au pouvoir et \u00e0 l&#8217;Etat. En France, ce n&#8217;est pas un d\u00e9bat neutre. La gauche s&#8217;est construite sur le culte de l&#8217;Etat. Et elle a toujours ni\u00e9 l&#8217;autre partie de la gauche, cette gauche antiautoritaire, qui ne met pas l&#8217;Etat au centre. Faire de la politique en remettant en cause la centralit\u00e9 de l&#8217;Etat, ce n&#8217;\u00e9tait pas \u00e9vident. Sauf qu&#8217;avec la mondialisation, avec l&#8217;autonomisation des multinationales et de la sph\u00e8re \u00e9conomique, on se rend compte que l&#8217;Etat n&#8217;est plus le lieu o\u00f9 se font les r\u00e9gulations.<\/p>\n<p><strong> Disons que l&#8217;Etat n&#8217;a plus le m\u00eame r\u00f4le, il n&#8217;arbitre plus de la m\u00eame fa\u00e7on, mais il joue toujours un r\u00f4le cl\u00e9. <\/strong><\/p>\n<p><strong> J.B. <\/strong> Oui, mais il suffit de voir ce qui se passe avec les conflits actuels contre la fermeture des usines. L&#8217;Etat ne fait rien. Comme la gauche au pouvoir n&#8217;avait rien fait non plus. Globalement, pas un Etat ne dira aux entreprises qu&#8217;elles n&#8217;ont pas \u00e0 licencier ou qu&#8217;elles ne doivent pas d\u00e9localiser. L&#8217;Etat peut \u00eatre \u00e0 la fois un \u00e9l\u00e9ment d&#8217;expansion du capitalisme et un outil d&#8217;opposition pour que les b\u00e9n\u00e9fices du capital servent des questions sociales. Aujourd&#8217;hui, on n&#8217;a pas d&#8217;outils \u00e9quivalents au niveau international. Et contrairement \u00e0 ce que racontent des gens comme Pascal Lamy(2), ce n&#8217;est pas l&#8217;OMC qui joue ce r\u00f4le de r\u00e9gulation du grand capital. C&#8217;est d&#8217;ailleurs toute la bagarre que nous avons eue avec le PS sur la mondialisation.<\/p>\n<p><strong> Votre pr\u00e9sence au sein d&#8217;Europe Ecologie a \u00e9t\u00e9 d\u00e9nonc\u00e9e par une partie de la gauche antilib\u00e9rale et vous a valu des accusations de \u00ab tra\u00eetrise \u00bb. Comment percevez-vous ces critiques venues d&#8217;une gauche que vous avez incarn\u00e9e? <\/strong><\/p>\n<p><strong> J.B. <\/strong> Et dont je fais partie. Je crois qu&#8217;il faut resituer tout ce d\u00e9bat dans une p\u00e9riode allant de 1998 \u00e0 aujourd&#8217;hui. Ces attaques, je les ai trouv\u00e9es un peu blessantes et vraiment pas saines. Nous, je veux dire la Conf\u00e9d\u00e9ration paysanne, avons \u00e9t\u00e9, en 1997-1998, les premiers \u00e0 monter au cr\u00e9neau sur la question de la mondialisation et de l&#8217;OMC, apr\u00e8s avoir d\u00e9nonc\u00e9 l&#8217;AMI, le GATT(3). En tant qu&#8217;organisation syndicale, on a men\u00e9 cette bataille et on a contribu\u00e9 \u00e0 la rendre populaire. Gr\u00e2ce \u00e0 ce travail, le mouvement altermondialiste a pu sortir d&#8217;un c\u00e9nacle d&#8217;intellectuels qui avaient une l\u00e9gitimit\u00e9, mais \u00e9taient incapables de faire comprendre aux gens ce que cela signifait dans leur vie quotidienne. Il y a eu Seattle, le Mac-Do, G\u00eanes&#8230; Il y a eu le rassemblement de l&#8217;\u00e9t\u00e9 2003 contre l&#8217;OMC sur le plateau du Larzac o\u00f9 quand m\u00eame 300 000 personnes \u00e9taient pr\u00e9sentes. C&#8217;est d&#8217;ailleurs \u00e0 la cl\u00f4ture de ces trois jours que nous avions clairement dit que nous ne voulions pas organiser le mouvement alter derri\u00e8re une seule banni\u00e8re ou une seule charte. Ensuite, il y a eu la bataille du TCE. Toutes ces batailles, o\u00f9 il s&#8217;agissait tr\u00e8s clairement de d\u00e9noncer un mod\u00e8le \u00e9conomique, on y a cru. Il y a eu ensuite les collectifs antilib\u00e9raux, avec les organisations politiques  qui ont tout fait pour sauvegarder leurs boutiques. Et enfin, l&#8217;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, o\u00f9 j&#8217;ai assum\u00e9 de repr\u00e9senter une partie des collectifs. Cette campagne a eu au moins l&#8217;avantage de d\u00e9fendre l&#8217;id\u00e9e qu&#8217;un citoyen de base, sans organisation, pouvait porter un message dans l&#8217;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle. C&#8217;\u00e9tait une gageure totale. Apr\u00e8s, la logique des appareils a encore repris le dessus.  Le seul endroit qui me permette de faire le lien entre tous ces combats que nous avons men\u00e9s,  de mani\u00e8re coh\u00e9rente, c&#8217;est Europe Ecologie. Je n&#8217;ai pas du tout l&#8217;impression que ce que je fais aujourd&#8217;hui est en opposition avec ce qu&#8217;on a fait auparavant. Bien au contraire. C&#8217;est un lieu de d\u00e9bat, donc nous n&#8217;allons pas discuter uniquement avec des gens avec qui nous sommes d&#8217;accord.  L&#8217;id\u00e9e, c&#8217;est de construire. Dans le respect. Et \u00e0 Europe Ecologie, nous ne sommes pas dans une ambiance o\u00f9 le plus proche de toi est ton pire ennemi. C&#8217;est terrifiant, cette logique-l\u00e0.<\/p>\n<p><strong> Comprenez-vous n\u00e9anmoins que certains puissent y voir le signe que vous avez \u00ab abandonn\u00e9 \u00bb le combat contre le TCE? Le leader d&#8217;Europe Ecologie, Daniel Cohn-Bendit, a ardemment d\u00e9fendu le Trait\u00e9, comme toute une partie des Verts, m\u00eame si le parti \u00e9tait divis\u00e9 sur la question&#8230; <\/strong><\/p>\n<p><strong> J.B. <\/strong> Ce d\u00e9bat, nous l&#8217;avons eu avec Daniel Cohn-Bendit. Lui d\u00e9fendait les quelques avanc\u00e9es institutionnelles qui renfor\u00e7aient le Parlement et pouvaient permettre de nous donner plus de poids. Pour lui, m\u00eame s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;avancer d&#8217;un millim\u00e8tre, c&#8217;\u00e9tait bon \u00e0 prendre. Ce fut la position de ceux qui ont d\u00e9fendu sinc\u00e8rement le \u00ab oui \u00bb chez les Verts.  Dans le camp du \u00ab non \u00bb, nous \u00e9tions dans un combat contre le mod\u00e8le lib\u00e9ral. Cette bataille a \u00e9t\u00e9 bien men\u00e9e et nous avons remport\u00e9 une belle victoire commune. Elle a permis de montrer qu&#8217;il faut une vraie alternative, pour une Europe sociale et \u00e9cologique. Ensuite, en ce qui concerne le Trait\u00e9 de Lisbonne, j&#8217;ai toujours d\u00e9nonc\u00e9 tr\u00e8s clairement ce texte qui est un copi\u00e9-coll\u00e9 mal foutu et complexe du TCE. Il faut prendre ses responsabilit\u00e9s. A partir du moment o\u00f9 le combat institutionnel en France est termin\u00e9, on fait quoi? On ressasse? Ce qui m&#8217;importe, c&#8217;est comment construire autre chose et s&#8217;opposer. Globalement, les gens qui ont vot\u00e9 Europe Ecologie ne sont pas des lib\u00e9raux. Ils remettent en cause le mod\u00e8le \u00e9conomique et social mais en m\u00eame temps, ils estiment que cela passe par une transformation radicale des modes de production et de consommation. Et nous sommes les seuls \u00e0 dire que nous avons \u00e0 la fois une responsabilit\u00e9 collective et une responsabilit\u00e9 individuelle dans nos modes de vie.<\/p>\n<p><strong> Quelles doivent \u00eatre alors les prochaines \u00e9tapes institutionnelles au sein de l&#8217;UE, notamment si le Trait\u00e9 de Lisbonne entre en vigueur? <\/strong><\/p>\n<p><strong> J.B. <\/strong> Ce que j&#8217;ai \u00e9crit avec Dany (4), c&#8217;est qu&#8217;il faut une Constitution europ\u00e9enne, fond\u00e9e sur d&#8217;autres principes. Comment construire une Europe f\u00e9d\u00e9rale, donner du pouvoir au citoyen, renforcer et recr\u00e9er une vraie d\u00e9mocratie ? Il faut d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent construire l&#8217;apr\u00e8s-Lisbonne. Aujourd&#8217;hui, ceux qui gueulent contre Lisbonne, se contentent du Trait\u00e9 de Nice. Mais nous \u00e9tions plusieurs milliers \u00e0 Nice \u00e0 d\u00e9noncer ce trait\u00e9-l\u00e0. La bataille continue. Ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;\u00e0 un moment, on a pu b\u00e9n\u00e9ficier d&#8217;une fen\u00eatre pour porter un d\u00e9bat :je pense au r\u00e9f\u00e9rendum: que l&#8217;histoire s&#8217;est arr\u00eat\u00e9e. Il faut cr\u00e9er en permanence du neuf. Dans Europe Ecologie, on trouve des positions diff\u00e9rentes, qui cherchent \u00e0 construire une alternative, ce qui explique pourquoi des gens qui ont vot\u00e9 \u00ab oui \u00bb ou \u00ab non \u00bb au TCE se retrouvent aujourd&#8217;hui ensemble.<\/p>\n<p><strong> Mais l&#8217;\u00e9cologie politique peut-elle contrer le mod\u00e8le \u00e9conomique qui nous est impos\u00e9? Ne risque-t-elle pas de n&#8217;\u00eatre qu&#8217;une mesure d&#8217;accompagnement du capitalisme? <\/strong><\/p>\n<p><strong> J.B. <\/strong> C&#8217;est marrant, mais j&#8217;ai l&#8217;impression que ce d\u00e9bat est d\u00e9j\u00e0 un peu r\u00e9gl\u00e9. Car le combat antiproductiviste est li\u00e9 \u00e0 une remise en cause du capitalisme d&#8217;Etat et du capitalisme priv\u00e9. Tous les mod\u00e8les, qu&#8217;ils soient lib\u00e9ral, n\u00e9olib\u00e9ral ou marxiste, ont \u00e9t\u00e9 construits dans un monde d&#8217;expansion infinie. Alors que le mod\u00e8le \u00e9conomique que nous devons repenser s&#8217;inscrit dans un monde fini et limit\u00e9. On joue compl\u00e8tement sur un autre registre. L&#8217;\u00e9cologie est le nouveau paradigme qui permet de construire cette r\u00e9flexion. Ce qui veut dire, et je sais que cela va faire hurler \u00e0 gauche, que le rapport central entre travail et capital n&#8217;est plus l&#8217;alpha et l&#8217;om\u00e9ga de la plan\u00e8te. \u00c7a ne signifie pas que le combat contre l&#8217;exploitation ne doit pas \u00eatre men\u00e9. On doit se battre pour la justice sociale, l&#8217;\u00e9quit\u00e9, l&#8217;\u00e9galit\u00e9. Dans un monde fini, il faut une r\u00e9partition des richesses, sinon, c&#8217;est la guerre de la p\u00e9nurie. Or, l&#8217;\u00e9cologie en est une partie int\u00e9grante. C&#8217;est pour cela qu&#8217;il faut repenser les rapports sociaux et contrer l&#8217;ali\u00e9nation par la consommation, qui est devenue l&#8217;opium du peuple, avec les outils marxistes, comme l&#8217;ont fait Cornelius Castoriadis, Andr\u00e9 Gorz ou encore Jacques Ellul.<\/p>\n<p><strong> Comment envisagez-vous la suite d&#8217;Europe Ecologie? Est-il possible de l&#8217;\u00e9largir sans y perdre en coh\u00e9sion? <\/strong><\/p>\n<p><strong> J.B. <\/strong> Ce rassemblement a la capacit\u00e9 de s&#8217;\u00e9largir. Nous ne construisons pas un parti. Il faut \u00eatre tr\u00e8s clair l\u00e0-dessus. Il y a un parti, les Verts, et il y a des gens venus d&#8217;horizons divers, avec des pratiques diff\u00e9rentes. Cela ne sera pas facile de faire vivre ensemble cette diversit\u00e9. Mais cela se construit en marchant. Il faut continuer \u00e0 fonctionner sur une logique affinitaire: il me para\u00eet vraiment tr\u00e8s important de sortir d&#8217;une logique de rapport de forces, de places sur les listes \u00e9lectorales, de courants. Mais il y aura certainement \u00e0 un moment une institutionnalisation d&#8217;Europe Ecologie et donc des rapports de pouvoir. Il va falloir y \u00eatre tr\u00e8s vigilants.<\/p>\n<p><strong> Mais ce rassemblement peut-il \u00eatre vecteur d&#8217;un p\u00f4le de radicalit\u00e9? <\/strong><\/p>\n<p><strong> J.B. <\/strong> Le terme de radicalit\u00e9 ne me va pas, car je le trouve trop souvent galvaud\u00e9. On se demande qui est vraiment radical. Il ne suffit pas de le crier tous les matins pour l&#8217;\u00eatre. Et ce n&#8217;est pas parce qu&#8217;on fait appel aux luttes et qu&#8217;on occupe des usines qu&#8217;on est radical. Surtout, tout le monde ne s&#8217;y reconna\u00eet pas. Il faut trouver de nouvelles id\u00e9es, de nouvelles fa\u00e7ons d&#8217;agir. Chez les faucheurs, le terme de radicalit\u00e9 n&#8217;inspire pas grand chose. \u00c7a ne fait pas partie de leur vocabulaire. Ils sont citoyens, ils agissent, les institutions les bloquent, ils d\u00e9sob\u00e9issent \u00e0 la loi. Je ne crois pas non plus qu&#8217;Act Up se reconnaisse dans ce terme de radicalit\u00e9. Si on commence \u00e0 se donner une \u00e9tiquette, par exemple \u00ab\u00eatre de l&#8217;\u00e9cologie politique radicale\u00bb, \u00e7a veut dire quoi? Tu fais quoi? Tu  es radical parce que tu es contre le capitalisme? Ce n&#8217;est pas suffisant, cela ne veut rien dire. Car l\u00e0, on est encore dans de vieux concepts politiques. <\/p>\n<p>Propos recueillis par <strong> Emmanuelle Cosse <\/strong><\/p>\n<p>[[1. \u00c9lus d\u00e9put\u00e9s europ\u00e9ens sur les listes Europe Ecologie, ils viennent respectivement de Greenpeace et France Nature Environnement.<br \/>\n]][[2. Directeur de l&#8217;OMC.<br \/>\n]][[3. Respectivement, Accord multilat\u00e9ral sur l&#8217;investissement et Accord g\u00e9n\u00e9ral sur les tarifs douaniers et le commerce.<br \/>\n]][[4.<em> Le Monde <\/em>, 29 mai 2009.<br \/>\n]]Paru dans<em> Regards <\/em>, n\u00b064, septembre 2009<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Elu d\u00e9put\u00e9 europ\u00e9en le 7 juin dernier avec Europe Ecologie, Jos\u00e9 Bov\u00e9* tente aujourd&#8217;hui l&#8217;exp\u00e9rience d&#8217;\u00eatre \u00e0 la fois dehors et dedans les institutions. Place de l&#8217;\u00e9cologie politique dans l&#8217;\u00e9chiquier politique, lutte contre le capitalisme, nouvelle politique europ\u00e9enne, union de la gauche de gauche : autant de questions qu&#8217;il cherche \u00e0 r\u00e9soudre. <\/p>\n","protected":false},"author":527,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[295],"class_list":["post-4266","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-nupes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4266","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/527"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4266"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4266\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4266"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4266"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4266"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}