{"id":4237,"date":"2009-08-11T00:00:00","date_gmt":"2009-08-10T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/le-cinema-en-plein-air-de-la4237\/"},"modified":"2009-08-11T00:00:00","modified_gmt":"2009-08-10T22:00:00","slug":"le-cinema-en-plein-air-de-la4237","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=4237","title":{"rendered":"Le cin\u00e9ma en plein air de la Villette revient \u00e0 la gratuit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> A l&#8217;heure o\u00f9 le d\u00e9bat sur la gratuit\u00e9 fait rage dans la culture et les services publics, le festival du Cin\u00e9ma en plein air de la Villette redevient gratuit pour un acc\u00e8s \u00e0 tous, dans un id\u00e9al d&#8217;\u00e9galit\u00e9 d\u00e9mocratique. <\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9dition 2008 du festival avait d\u00fb \u00eatre payante pour la premi\u00e8re fois depuis 18 ans. Une nouvelle r\u00e9glementation du Centre national de la cin\u00e9matographie (CNC) faisait passer les programmations des cin\u00e9mas en plein air devant une commission de r\u00e9gulation qui interdisait les \u0153uvres trop r\u00e9centes ou trop grand public. Si les cin\u00e9mas en plein air d\u00e9cidaient de maintenir leurs programmations, on consid\u00e9rait alors qu&#8217;ils faisaient concurrence aux exploitants commerciaux et on leur imposait d&#8217;\u00eatre payants. Le tarif minimum exig\u00e9 par le CNC \u00e9tait de deux euros. C&#8217;est cette solution que le festival de la Villette a choisie, refusant de changer sa programmation au dernier moment. La gratuit\u00e9 ne concernait plus que des cas particuliers comme les ch\u00f4meurs et les enfants. Autre probl\u00e8me: la diffusion de publicit\u00e9s sur l&#8217;\u00e9cran avant le film. Le CNC ne touchant pas de taxes sur ces publicit\u00e9s, elles ont \u00e9t\u00e9 interdites pour les festivals gratuits, emp\u00eachant ces manifestations de se financer avec elles. <\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e, Jacques Martial, le pr\u00e9sident du parc de la Villette, a tout mis en \u0153uvre pour un retour de la gratuit\u00e9. D&#8217;o\u00f9 son choix de supprimer les publicit\u00e9s. Pour lui,<em> \u00abil n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 question de maintenir l&#8217;aspect payant\u00bb <\/em>:<em> \u00abIl est tr\u00e8s important que le cin\u00e9ma de plein air demeure gratuit pour que tous ceux qui sont \u00e0 Paris -Parisiens ou de la banlieue- puissent profiter d&#8217;une activit\u00e9 culturelle et festive, m\u00eame s&#8217;ils ne peuvent pas partir en vacances l&#8217;\u00e9t\u00e9\u00bb <\/em>.<\/p>\n<p><strong> EFFICACITE DE LA GRATUITE <\/strong><\/p>\n<p>Avec ses 67 000 spectateurs en 2008, le festival a atteint sa fr\u00e9quentation la plus basse. Les spectateurs ont \u00e9t\u00e9 voir moins de films \u00e0 cause du prix mais aussi quelquefois par simple boycott aliment\u00e9 par les p\u00e9titions qui ont circul\u00e9 ainsi que les r\u00e9actions m\u00e9diatiques que ce changement a provoqu\u00e9es. Estelle et C\u00e9line, quant \u00e0 elles, viennent cet \u00e9t\u00e9 pour la troisi\u00e8me ann\u00e9e cons\u00e9cutive, arm\u00e9es de leurs oreillers et de tout l&#8217;attirail f\u00e9tichiste des habitu\u00e9s, les couvertures et l&#8217;incontournable pique-nique. Les deux jeunes filles, qui n&#8217;ont vu qu&#8217;un seul film l&#8217;ann\u00e9e derni\u00e8re, ont d&#8217;ailleurs constat\u00e9 qu&#8217;elles n&#8217;avaient pas \u00e9t\u00e9 les seules \u00e0 bouder le festival.<em> \u00abIl y avait beaucoup moins de monde\u00bb <\/em>, estiment-elles.<em> \u00abLe retour \u00e0 la gratuit\u00e9 nous a permis d&#8217;en voir plus\u00bb <\/em>. Pour elles comme pour tous les jeunes, ce festival est l&#8217;occasion de sortir \u00e0 moindre co\u00fbt l&#8217;\u00e9t\u00e9 pour voir des films qu&#8217;ils ne seraient pas forc\u00e9ment all\u00e9s voir. Il offre une programmation h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne du film grand public au film d&#8217;auteur, le but \u00e9tant, pour Jacques Martial, que<em> \u00abdes personnes qui peut-\u00eatre n&#8217;iraient pas voir certains films en salle profitent de cette gratuit\u00e9 et de la mission culturelle et \u00e9ducative du cin\u00e9ma en plein air\u00bb <\/em>. <\/p>\n<p><strong> ACCES A LA CULTURE POUR TOUS <\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;accueil chaleureux et massif des spectateurs atteste de la r\u00e9ussite du festival  dont<em> \u00abla rentabilit\u00e9\u00bb <\/em>, selon Jacques Martial,<em> \u00abn&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 la vocation\u00bb <\/em>. Cette ann\u00e9e, le public est de retour, encore plus massif que les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes, avec la mixit\u00e9 sociale caract\u00e9ristique de ce cin\u00e9ma en plein air.<em> \u00abCe n&#8217;est pas les m\u00eames profils [quand c&#8217;est payant], il faut qu&#8217;il y ait tous les publics, la Villette est un lieu de non-exclusion, donc dans le cin\u00e9ma de plein air demander au public de payer c&#8217;est d&#8217;embl\u00e9e exclure ceux qui vont venir \u00e0 cinq [&#8230;] et pour qui c&#8217;est beaucoup d&#8217;argent\u00bb <\/em>, affirme le pr\u00e9sident. Il est d&#8217;autant plus important pour lui de garder un public populaire que la Villette se situe au croisement de diff\u00e9rents quartiers populaires. Il tient \u00e0 cette<em> \u00abmission de service public\u00bb <\/em> du festival. <\/p>\n<p>Quid du principe de gratuit\u00e9 \u00e9tendu aux mus\u00e9es par exemple? Jacques Martial estime, pour sa part,<em> \u00abque toute forme de culture doit \u00eatre la plus accessible possible au plus grand nombre. Mais [&#8230;] la gratuit\u00e9 n&#8217;est pas une fin en soi, il faut arriver au public que l&#8217;on souhaite atteindre par la m\u00e9diation culturelle sinon c&#8217;est un service rendu aux plus riches, car l&#8217;attitude de la pratique culturelle n&#8217;est pas encore partag\u00e9e de mani\u00e8re \u00e9quitable\u00bb <\/em>. Si le chemin est encore long pour permettre l&#8217;\u00e9galit\u00e9 devant la culture, la gratuit\u00e9 permet cependant d&#8217;\u00f4ter une imposante barri\u00e8re. <\/p>\n<p><strong> LOGIQUE COMPTABLE <\/strong><\/p>\n<p>Le festival compense sa gratuit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 des  services optionnels payants comme la location de transats et de couvertures.<em> \u00abLe moment que l&#8217;on passe est au moins aussi important que le film que l&#8217;on vient voir\u00bb <\/em>, assure le pr\u00e9sident. Les transats entrent dans cette logique conviviale. Car les spectateurs viennent surtout pour l&#8217;ambiance festive et arrivent tr\u00e8s en avance pour profiter de la pelouse ensoleill\u00e9e. Les familles et groupes d&#8217;amis viennent pique-niquer et l&#8217;on assiste au d\u00e9ballage d&#8217;une sorte de \u00abParis pelouse\u00bb qui devient alors une grande pi\u00e8ce \u00e0 vivre o\u00f9 l&#8217;on se retrouve pour regarder un bon film et o\u00f9 la plupart semblent \u00eatre des habitu\u00e9s. <\/p>\n<p>Par ces temps de crise o\u00f9 l&#8217;on essaie de rendre rentable le moindre m\u00e8tre carr\u00e9 des jardins de Versailles, et notamment du hameau de la Reine, ce festival donne une le\u00e7on \u00e0 tous les adeptes de la logique comptable. <\/p>\n<p><strong> D.D. <\/strong><\/p>\n<p>A lire aussi sur la gratuit\u00e9 des transports: https:\/\/wp.muchomaas.com\/article\/?id=4197 et sur les jardins de Versailles : http:\/\/louvrepourtous.fr\/Liberons-les-jardins-de-Versailles,225.html<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> A l&#8217;heure o\u00f9 le d\u00e9bat sur la gratuit\u00e9 fait rage dans la culture et les services publics, le festival du Cin\u00e9ma en plein air de la Villette redevient gratuit pour un acc\u00e8s \u00e0 tous, dans un id\u00e9al d&#8217;\u00e9galit\u00e9 d\u00e9mocratique. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-4237","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4237","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4237"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4237\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4237"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4237"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4237"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}