{"id":4131,"date":"2005-07-01T00:00:00","date_gmt":"2005-06-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/et-apres-paroles-de-non4131\/"},"modified":"2005-07-01T00:00:00","modified_gmt":"2005-06-30T22:00:00","slug":"et-apres-paroles-de-non4131","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=4131","title":{"rendered":"Et apr\u00e8s||? Paroles de \u00ab||non||\u00bb"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Que faire de la victoire du \u00abnon\u00bb? Des syndicalistes, des politiques, des militants associatifs soulignent l&#8217;\u00e9lan antilib\u00e9ral de la campagne et l&#8217;originalit\u00e9 de la mobilisation. Le r\u00eave \u00e9merge d&#8217;une constituante populaire pour sortir enfin des n\u00e9gociations au sommet. Le d\u00e9bat europ\u00e9en s&#8217;articule souvent avec une remise en cause des institutions et des orientations politiques nationales. Mais ce mouvement est fragile, et des risques de blocage apparaissent: comment prolonger l&#8217;union de structures et cultures politiques si diverses? Les initiatives des uns pourraient braquer les autres, et la perspective de 2007 parasiter l&#8217;ensemble&#8230; Points de vue. <\/p>\n<p><strong> Claire Villiers, vice-pr\u00e9sidente du Conseil r\u00e9gional d&#8217;Ile-de-France, Alternative citoyenne : \u00abLa question d&#8217;une VIe R\u00e9publique est directement pos\u00e9e\u00bb <\/strong><\/p>\n<p>\u00abIl ne faut surtout pas en revenir \u00e0 nos affaires franco-fran\u00e7aises. Les collectifs unitaires doivent se remettre au travail en associant tr\u00e8s largement ceux qui ont vot\u00e9 pour ce \u00abnon\u00bb de gauche mais aussi les antilib\u00e9raux qui ont vot\u00e9 \u00aboui\u00bb par tactique. Il faut discuter de la place relative des Etats et de l&#8217;Europe, des processus d\u00e9mographiques, des questions de majorit\u00e9, des grandes valeurs, d&#8217;harmonisation sociale, de la d\u00e9finition de la charte des droits fondamentaux, en associant les propositions des organisations politiques, de la Fondation Copernic, d&#8217;Attac, etc. Il faut lancer un appel \u00e0 la constitution de collectifs partout en Europe. Tout cela va avoir des cons\u00e9quences sur les \u00e9ch\u00e9ances fran\u00e7aises. Nous devons faire surgir une convergence de forces politiques qui peuvent postuler \u00e0 une majorit\u00e9 \u00e0 l&#8217;Assembl\u00e9e nationale. La question d&#8217;une VIe R\u00e9publique est directement pos\u00e9e. Ce n&#8217;est pas le moment de construire un cartel d&#8217;organisations. La situation doit allier les organisations politiques et tous les militants de la campagne pour le \u00abnon\u00bb. Quel contour \u00e7a va prendre, c&#8217;est trop t\u00f4t pour le dire. Chercher un candidat possible est un pi\u00e8ge.\u00bb<\/p>\n<p><strong> Jean-Luc M\u00e9lenchon, s\u00e9nateur, animateur de Nouveau Monde au PS : \u00abLe PS a sa place dans le front du \u00abnon\u00bb de gauche\u00bb <\/strong><\/p>\n<p>\u00abC&#8217;est une insurrection civique et un vote de classe. Nous devons \u00eatre capables de lui tracer une perspective pour la suite, et assumer la continuit\u00e9 de cette bataille lors des Conseils europ\u00e9ens et des r\u00e9f\u00e9rendums dans les autres pays. Il faut tracer un trait d&#8217;union sans exclusive d&#8217;un bout \u00e0 l&#8217;autre du \u00abnon\u00bb de gauche, dans sa dimension \u00e0 la fois politique, associative et syndicale, en gardant notre m\u00e9thode souple et pragmatique. Le PS a sa place, en tant que tel, dans le front du \u00abnon\u00bb de gauche. Est-ce que le PS, \u00e0 l&#8217;appel de Fran\u00e7ois Hollande, est d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 faire gauche \u00e0 part, et \u00e0 rester une gauche arrogante, dominatrice? Je plaide pour une motion rassemblant toutes les composantes du \u00abnon\u00bb. C&#8217;est un enjeu du prochain congr\u00e8s. La vraie question est de savoir s&#8217;il existe ce qu&#8217;on peut appeler un nouveau front populaire et citoyen. Il va falloir imaginer une mani\u00e8re de fonctionner avec tous les collectifs, \u00e0 la fois dans leur autonomie, qui s&#8217;est constat\u00e9e pendant la campagne, mais aussi dans les relations nouvelles qu&#8217;ils ont construites avec les partis. Et puis, la question d&#8217;une nouvelle Constitution en France se pose. La pr\u00e9sidentialisation du r\u00e9gime, l&#8217;irresponsabilisation de l&#8217;ex\u00e9cutif, se sont renforc\u00e9es: quatre \u00e9lections de suite dont le chef de l&#8217;Etat ne tient aucun compte. Nous devons en tenir compte.\u00bb<\/p>\n<p><strong> Bernard Cassen, pr\u00e9sident d&#8217;honneur d&#8217;ATTAC: \u00abNe pas dilapider ce capital\u00bb <\/strong><\/p>\n<p>\u00abNous avons gagn\u00e9 une formidable bataille d&#8217;id\u00e9es. Il y a un \u00e9lan mais pas encore de structure coordonn\u00e9e susceptible de le porter et de le faire avancer. La question est de savoir comment articuler collectifs et partis. Les comit\u00e9s locaux d&#8217;Attac doivent travailler sur le contenu d&#8217;une ren\u00e9gociation en leur sein et avec les autres collectifs. Avec cette difficult\u00e9 que les partis politiques vont reprendre la main: ils ont chacun leur strat\u00e9gie. Plein de gens qui ne participaient \u00e0 aucune activit\u00e9 se sont investis. Ce capital, il ne faut pas le dilapider. La LCR et le PCF vont d\u00e9finir leur ligne. Les collectifs unitaires vont fatalement \u00eatre affect\u00e9s par les positions des partis. L&#8217;euphorie du 29 mai au soir risque de ne pas durer longtemps si le sentiment unitaire n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 entendu. A Attac, on ne se r\u00e9duit pas au \u00abnon\u00bb de gauche. Nous nous adressons \u00e0 tous les citoyens. Notre r\u00f4le n&#8217;est pas de participer \u00e0 des op\u00e9rations de recomposition mais de faire en sorte que nos id\u00e9es soient au pouvoir. Le mouvement social doit exercer une pression sur tout le monde: les partis de gauche, d&#8217;extr\u00eame gauche et de droite.\u00bb<\/p>\n<p><strong> Marie-George Buffet, secr\u00e9taire nationale du PCF : \u00abJe ne d\u00e9sesp\u00e8re pas que toute la gauche se retrouve sur un projet antilib\u00e9ral\u00bb <\/strong><\/p>\n<p>\u00abIl faut faire respecter la d\u00e9cision majoritaire du peuple. Des initiatives sont en cours pour que ce trait\u00e9 soit d\u00e9clar\u00e9 nul et non avenu au niveau de l&#8217;Union europ\u00e9enne et que soit relanc\u00e9e une n\u00e9gociation. Nous allons organiser des assises europ\u00e9ennes avec toutes les forces progressistes du monde politique, syndical, associatif et citoyen pour donner \u00e0 voir une autre Europe. La gauche doit se rassembler dans notre pays autour d&#8217;un projet alternatif. On tendra la main aux hommes et aux femmes qui ont vot\u00e9 \u00aboui\u00bb et qui veulent travailler avec nous. Le d\u00e9bouch\u00e9 politique ne doit pas concerner que les partis. Ils ont un r\u00f4le \u00e0 jouer mais nous avons besoin de mettre en partage la construction avec les syndicalistes, associatifs et citoyens. C&#8217;est plus difficile sur des propositions alternatives que sur le r\u00e9f\u00e9rendum, mais nous y arriverons. Le d\u00e9bat a travers\u00e9 toutes les formations. Je ne d\u00e9sesp\u00e8re pas que toute la gauche, y compris le PS, se retrouve sur un projet antilib\u00e9ral. L&#8217;alternative ne viendra pas d&#8217;une deuxi\u00e8me, troisi\u00e8me ou quatri\u00e8me gauche, mais d&#8217;une traduction politique majoritaire.\u00bb<\/p>\n<p><strong> Yves Salesse, pr\u00e9sident de la Fondation Copernic: \u00abLes partis doivent prendre garde \u00e0 ne pas entra\u00eener un retour en arri\u00e8re\u00bb <\/strong><\/p>\n<p>\u00abSi cette campagne n&#8217;avait pas \u00e9t\u00e9 unitaire, je ne suis pas s\u00fbr que nous aurions gagn\u00e9. C&#8217;est la dynamique unitaire qui a donn\u00e9 cette victoire. C&#8217;est une le\u00e7on essentielle. Les collectifs doivent prolonger leur activit\u00e9 contre les offensives lib\u00e9rales. Nous pouvons obtenir le retrait d\u00e9finitif de la directive Bolkestein, l&#8217;am\u00e9lioration de celle sur le temps de travail, le moratoire sur les lib\u00e9ralisations des services publics. Sur le plan national, puisque tout \u00e7a est combin\u00e9, nous avons des batailles \u00e0 mener contre l&#8217;ouverture du capital d&#8217;EDF-GDF, les fermetures de bureaux de poste. Ces collectifs devront se tourner vers l&#8217;ext\u00e9rieur et organiser des assembl\u00e9es populaires unitaires, lieux de d\u00e9bat de nos propositions. Si le PCF organise seul des forums, cette id\u00e9e est mort-n\u00e9e. Beaucoup de citoyens de gauche antilib\u00e9raux, avec qui on peut se retrouver, ont vot\u00e9 \u00aboui\u00bb. Il faut s&#8217;enraciner plus profond\u00e9ment dans les milieux populaires, et profiter de l&#8217;impact du \u00abnon\u00bb fran\u00e7ais pour prolonger dans les autres pays le d\u00e9bat que nous avons r\u00e9ussi \u00e0 imposer en France. Il est possible de combiner l&#8217;activit\u00e9 unitaire et l&#8217;existence des diff\u00e9rentes organisations. Nous avons commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9duire la coupure entre mouvements social et politique. Mais les partis doivent prendre garde par leurs initiatives \u00e0 ne pas entra\u00eener un retour en arri\u00e8re. Je d\u00e9fends l&#8217;id\u00e9e de la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une force de la gauche anticapitaliste.\u00bb<\/p>\n<p><strong> Alain Krivine, porte-parole de LCR : \u00abLe \u00abnon\u00bb de gauche permet tout mais ne r\u00e8gle rien\u00bb <\/strong><\/p>\n<p>\u00abDepuis que je milite, je n&#8217;ai jamais senti dans une campagne un tel soutien populaire et une telle hostilit\u00e9 de toutes les institutions, Eglise, patronat ou partis. Apr\u00e8s l&#8217;\u00e9chec des mobilisations ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es, c&#8217;est une vraie revanche sociale. Quelle r\u00e9ponse en positif, alternative et unitaire, vont \u00eatre capables de donner ceux qui ont particip\u00e9 \u00e0 la campagne du \u00abnon\u00bb de gauche? Le \u00abnon\u00bb permet tout mais ne r\u00e8gle rien. Je ne crois pas que la priorit\u00e9 aujourd&#8217;hui soit de concocter une nouvelle constitution. Les gens attendent une r\u00e9ponse sociale \u00e0 la crise sociale. Deux gauches s&#8217;affrontent, ind\u00e9pendamment des fronti\u00e8res des partis. Une d&#8217;accompagnement lib\u00e9ral et une autre de rupture. Celle de Hollande ne deviendra pas antilib\u00e9rale. R\u00e9ussir \u00e0 rassembler des communistes, la Ligue, des PS, des Verts, des syndicalistes et des associatifs, c&#8217;est du jamais vu. Le PC et la Ligue doivent tout faire pour respecter la l\u00e9gitimit\u00e9 et l&#8217;ind\u00e9pendance des comit\u00e9s unitaires qui ne sont pas des embryons d&#8217;un nouveau parti. Ces collectifs ont deux fonctions: mener des actions contre le lib\u00e9ralisme et organiser des d\u00e9bats pour que chacun am\u00e8ne ses propositions. Il ne faut surtout pas y m\u00ealer maintenant la dimension \u00e9lectorale. Au niveau europ\u00e9en, nous envisageons des assises avec tous les courants antilib\u00e9raux du mouvement social.\u00bb<\/p>\n<p><strong> Etienne Adam, \u00e9lu de l&#8217;Association pour de nouvelles perspectives \u00e0 gauche (ANPAG) \u00e0 Caen : \u00abUn candidat unique, issu des mouvements sociaux\u00bb <\/strong><\/p>\n<p>\u00abOn a connu un ph\u00e9nom\u00e8ne de repolitisation en profondeur. Il faut que ce regroupement prenne aux yeux des gens une consistance, qu&#8217;il apparaisse comme un p\u00f4le alternatif ouvert. Dans les mouvements de ch\u00f4meurs, \u00e7a n&#8217;a pas beaucoup boug\u00e9. Il faut leur offrir un cadre. Je souhaite la mise en place d&#8217;\u00e9tats g\u00e9n\u00e9raux pour \u00e9laborer une nouvelle constitution et construire un processus d&#8217;unification des droits. Les formes classiques de partis ne sont pas suffisantes. Il faut r\u00e9inventer de nouveaux modes d&#8217;approche. Il faut ouvrir des lieux o\u00f9 les diff\u00e9rentes composantes puissent \u00eatre sur un pied d&#8217;\u00e9galit\u00e9. Il faut vouloir prendre la majorit\u00e9 en organisant les prochaines \u00e9ch\u00e9ances \u00e9lectorales. Pour 2007, il faut \u00e0 tout prix qu&#8217;il y ait un candidat unique de tout ce qui fait la gauche antilib\u00e9rale, issu des mouvements sociaux et qui refuse une carri\u00e8re politique. Sinon on va rentrer dans des rivalit\u00e9s entre les partis. Ce serait un signe fort de dire qu&#8217;on veut en finir avec ce monarchisme r\u00e9publicain de la Ve R\u00e9publique. Confions la charge de nous repr\u00e9senter dans l&#8217;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle \u00e0 quelqu&#8217;un dont on sait qu&#8217;il ne voudra pas \u00eatre monarque. Une opinion europ\u00e9enne d\u00e9mocratique et sociale est n\u00e9e, mais le d\u00e9tour national est encore une n\u00e9cessit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p><strong> Isabelle Lorand, membre du conseil national du PCF : \u00abCet espace antilib\u00e9ral est devenu la premi\u00e8re force de gauche\u00bb <\/strong><\/p>\n<p>\u00abJ&#8217;ai adh\u00e9r\u00e9 au PCF en 1977. Je n&#8217;avais pas v\u00e9cu une campagne pareille depuis tr\u00e8s longtemps. Premi\u00e8rement, du r\u00eave a \u00e9merg\u00e9. Deuxi\u00e8mement, de l&#8217;alternative. Troisi\u00e8mement, de la dynamique politique. La mayonnaise a pris parce que, pour la premi\u00e8re fois depuis vingt ans, une force politique capable d&#8217;\u00eatre majoritaire est apparue. Face au choix entre un lib\u00e9ralisme soft ou hard, les organisations en rupture avec le capital \u00e9taient auparavant satellis\u00e9es. Dans le prolongement des r\u00e9gionales, tout cet espace antilib\u00e9ral est devenu de fait la premi\u00e8re force de gauche. Il est fort de sa diversit\u00e9. Si nous sommes dans des lieux diff\u00e9rents, ce ne sont pas des accidents de parcours. Je me bats pour que le Parti communiste lance un forum sur une proposition alternative qui soit la sienne. Pour autant, le fait de vouloir en finir avec le capitalisme nous rassemble. Aller plus loin ensemble n&#8217;est pas incompatible avec un travail sp\u00e9cifique dans chaque organisation. Je n&#8217;ai pas entendu une seule fois, pendant la campagne, l&#8217;expression \u00abparti de la gauche\u00bb. Je d\u00e9fends l&#8217;id\u00e9e d&#8217;une force qui existe d&#8217;ailleurs d\u00e9j\u00e0. Se pose maintenant la question des personnes. Il ne faudrait pas que  des stars du \u00abnon\u00bb de gauche s&#8217;imposent et se positionnent a priori comme rassembleurs de la gauche alternative. Je penche personnellement pour un candidat communiste en 2007 mais ce n&#8217;est pas un postulat. Au niveau europ\u00e9en, on ne part pas de rien: il existe d\u00e9j\u00e0 le parti de la gauche europ\u00e9enne dans l&#8217;espace communiste, les forums sociaux, etc. Il faut aller au-del\u00e0.\u00bb<\/p>\n<p><strong> Didier Le Reste, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la f\u00e9d\u00e9ration CGT des cheminots : \u00abTravailler \u00e0 des passerelles n&#8217;est pas si simple\u00bb <\/strong><\/p>\n<p>\u00abLes r\u00e9sultats expriment des exigences et des inqui\u00e9tudes sur les politiques socio-\u00e9conomiques men\u00e9es en France mais aussi sur l&#8217;orientation lib\u00e9rale europ\u00e9enne. Le mouvement syndical est interpell\u00e9: il doit peser sur les politiques. Nous revendiquons le retrait de la directive sur le temps de travail, le retrait de la directive Bolkestein, mais aussi de toutes celles qui fragilisent le secteur ferroviaire. Une dynamique a \u00e9t\u00e9 enclench\u00e9e, il faut savoir la prolonger dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat des salari\u00e9s et des citoyens. Mais il y a quand m\u00eame un certain nombre de divergences entre les partis politiques, associations, syndicats sur la vision de la soci\u00e9t\u00e9 et le contenu des alternatives. Cela n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 gomm\u00e9 d&#8217;un trait m\u00eame si une r\u00e9appropriation du d\u00e9bat public a eu lieu. La CGT a fait cette proposition de rassembler les grandes conf\u00e9d\u00e9rations syndicales, de proposer une n\u00e9gociation nationale au patronat et au gouvernement sur les dossiers les plus urgents, pour \u00abcapitaliser\u00bb la dynamique qui a \u00e9t\u00e9 enclench\u00e9e. Il faut que chacun \u00e0 sa place puisse contribuer \u00e0 conforter cette dynamique. Travailler \u00e0 des passerelles n&#8217;est pas si simple.\u00bb<\/p>\n<p><strong> Francine Bavay, vice-pr\u00e9sidente du Conseil r\u00e9gional d&#8217;Ile-de-France, Verts : \u00abLe contenu des batailles donnera les grandes lignes d&#8217;un projet commun en 2007\u00bb <\/strong><\/p>\n<p>\u00abLors des r\u00e9unions publiques, on s&#8217;est rendu compte que les gens qui se retrouvaient s&#8217;\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 mobilis\u00e9s sur les retraites, contre la guerre en Irak, dans le cadre de forums sociaux locaux. Le terreau ne demandait qu&#8217;\u00e0 \u00eatre arros\u00e9 pour fabriquer cette jolie fleur citoyenne. Il y avait une sorte de bonheur, de fiert\u00e9 \u00e0 oser dire \u00abnon\u00bb : un vrai cadeau politique. Il est hors de question de laisser retomber une telle mobilisation citoyenne. Il faut exiger que ce texte soit retir\u00e9 du vote dans les autres pays, et qu&#8217;on fasse une autre proposition de constitution. La question qui s&#8217;est pos\u00e9e sur la Constitution europ\u00e9enne doit se poser aujourd&#8217;hui sur la Constitution fran\u00e7aise. Nous devons proposer pour le Conseil europ\u00e9en de Luxembourg une construction europ\u00e9enne solidaire, favoriser l&#8217;int\u00e9gration des nouveaux entrants et mettre sur pied un minimum salarial europ\u00e9en. En attendant, il faut faire vivre la convergence unitaire, et mener des combats ensemble: le contenu de ces batailles donnera les grandes lignes de ce que pourrait \u00eatre un projet commun pour la gauche en 2007. La logique est celle des forums sociaux europ\u00e9ens, plus que la construction d&#8217;une organisation \u00e0 proprement parler. J&#8217;esp\u00e8re que toutes les strat\u00e9gies individuelles seront \u00e9touff\u00e9es par la dynamique citoyenne qui est \u00e0 l&#8217;\u0153uvre. Un candidat unique devrait n&#8217;\u00eatre membre d&#8217;aucune organisation politique.\u00bb<\/p>\n<p><strong> Pierre Khalfa, responsable national de l&#8217;union syndicale G-10 Solidaires : \u00abLancer un processus constituant populaire\u00bb <\/strong><\/p>\n<p>\u00abUne alchimie, d\u00e9passant les sectarismes organisationnels traditionnels, a pris. Elle a marqu\u00e9 politiquement la campagne. Cette dynamique unitaire doit perdurer. Les collectifs ont plusieurs t\u00e2ches: \u00eatre des creusets pour lancer des mobilisations \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle europ\u00e9enne et lutter contre les politiques lib\u00e9rales gouvernementales en France. Enfin, ils doivent rester des lieux de d\u00e9bats: quelle politique veut-on pour l&#8217;Europe et pour la France? Au niveau europ\u00e9en, il faut sortir de la n\u00e9gociation entre gouvernements et construire des rapports de force en lan\u00e7ant un processus constituant populaire. Le FSE d&#8217;avril 2006 peut \u00eatre un moment fort dans ce processus. La campagne pour le \u00abnon\u00bb ayant compt\u00e9 dans ses rangs des responsables politiques, il serait absurde de les exclure. Mais il faut rester vigilant afin d&#8217;\u00e9viter des r\u00e9cup\u00e9rations politiciennes. Dans l&#8217;absolu, il serait souhaitable qu&#8217;un parti regroupe tous ceux qui sont en rupture avec les politiques n\u00e9olib\u00e9rales et sociales-lib\u00e9rales: une partie importante des Verts, le PCF, la LCR et la gauche du PS. Mais c&#8217;est une vue de l&#8217;esprit. Entre le souhaitable et le possible, il y a le gouffre de la r\u00e9alit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p><strong> Fran\u00e7ois Simon, Alternative citoyenne, ex-candidat du PS \u00e0 Toulouse : \u00abL&#8217;actuel PS ne se pose pas de questions\u00bb <\/strong><\/p>\n<p>\u00abDes \u00e9tats g\u00e9n\u00e9raux sont n\u00e9cessaires pour mandater nos \u00e9lus qui ne peuvent pas continuer \u00e0 faire de la politique sans se pr\u00e9occuper de l&#8217;avis de la population. Il faut reconstruire la gauche en tenant compte du grand mouvement populaire qui a rassembl\u00e9 le mouvement associatif, altermondialiste et syndical, les citoyens et les partis politiques. L&#8217;actuel PS ne se pose pas de questions. D&#8217;autres appareils, comme le PCF, ont int\u00e9gr\u00e9 qu&#8217;ils n&#8217;\u00e9taient pas au centre de la d\u00e9marche. Il ne s&#8217;agit pas de casser les partis mais de les int\u00e9grer dans un mouvement plus large. C&#8217;est une remise en cause de la c\u00e9sure instaur\u00e9e par la charte d&#8217;Amiens (1). Nous vivons un moment politique historique de red\u00e9finition de ce qu&#8217;est la politique. Il est tr\u00e8s malsain d&#8217;avoir \u00e0 gauche un parti h\u00e9g\u00e9monique. Pendant longtemps, le PS n&#8217;a pas trop d\u00e9rap\u00e9 parce qu&#8217;il existait un PCF fort. Il me para\u00eet essentiel que le PS ait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui un alter ego plus ancr\u00e9 sur des valeurs de gauche. Aujourd&#8217;hui, nous souhaitons moins voir se construire un nouveau parti sous une forme classique et historique qu&#8217;un mouvement politique qui regroupe des forces diff\u00e9rentes.\u00bb <\/p>\n<p><strong> Recueillis par Marion Rousset et Fr\u00e9d\u00e9ric Sire <\/strong><\/p>\n<p>Paru dans<em> Regards <\/em> n\u00b019, \u00e9t\u00e9 2005<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Que faire de la victoire du \u00abnon\u00bb? Des syndicalistes, des politiques, des militants associatifs soulignent l&#8217;\u00e9lan antilib\u00e9ral de la campagne et l&#8217;originalit\u00e9 de la mobilisation. Le r\u00eave \u00e9merge d&#8217;une constituante populaire pour sortir enfin des n\u00e9gociations au sommet. Le d\u00e9bat europ\u00e9en s&#8217;articule souvent avec une remise en cause des institutions et des orientations politiques nationales. Mais ce mouvement est fragile, et des risques de blocage apparaissent: comment prolonger l&#8217;union de structures et cultures politiques si diverses? Les initiatives des uns pourraient braquer les autres, et la perspective de 2007 parasiter l&#8217;ensemble&#8230; Points de vue. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-4131","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4131","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=4131"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/4131\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=4131"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=4131"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=4131"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}