{"id":409,"date":"1997-03-01T00:00:00","date_gmt":"1997-02-28T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/chine-reformes-a-risques409\/"},"modified":"1997-03-01T00:00:00","modified_gmt":"1997-02-28T23:00:00","slug":"chine-reformes-a-risques409","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=409","title":{"rendered":"Chine. R\u00e9formes \u00e0 risques"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> L&#8217;avenir des entreprises d&#8217;Etat et la cr\u00e9ation d&#8217;un syst\u00e8me national d&#8217;assurance sociale: LES questions&#8230; <\/p>\n<p>Assiste-t-on \u00e0 l&#8217;agonie des entreprises d&#8217;Etat chinoises ? Leur poids d\u00e9croissant dans l&#8217;\u00e9conomie pourrait le laisser croire. Depuis le lancement des r\u00e9formes leur part dans la production industrielle a beaucoup baiss\u00e9: de 78% en 1978 \u00e0 environ 35% en 1996 . Cette baisse est due au dynamisme des entreprises li\u00e9es aux collectivit\u00e9s locales et priv\u00e9es dont les taux de croissance sont sup\u00e9rieurs. Plus du tiers des 100 000 entreprises d&#8217;Etat seraient d\u00e9ficitaires. Le total de leurs pertes annuelles serait pass\u00e9 de 2 milliards de francs en 1985 \u00e0 37,5 milliards de francs en 1994. Leurs dettes envers les banques publiques aurait atteint fin 1995, le chiffre &#8220;effroyable&#8221; de 405 milliards de dollars, selon la presse chinoise. Cons\u00e9quence: les salaires de nombreux employ\u00e9s sont pay\u00e9s en retard, en partie ou pas du tout. Les mises en faillite se multiplient.<\/p>\n<p>Les pertes de certaines entreprises d&#8217;Etat ne sont pas de leur fait. Dans le secteur \u00e9nerg\u00e9tique l&#8217;Etat les oblige \u00e0 vendre leur production \u00e0 un prix inf\u00e9rieur au co\u00fbt de revient. Ces entreprises doivent aussi financer la couverture sociale de leurs employ\u00e9s: logement, cr\u00e8che, sant\u00e9, retraites, etc. Des co\u00fbts que les autres entreprises n&#8217;ont pas \u00e0 supporter. Il faut cependant nuancer. Beaucoup d\u00e9pend de la situation g\u00e9ographique, l&#8217;int\u00e9r\u00eat strat\u00e9gique et du secteur d&#8217;activit\u00e9. Les entreprises du secteur \u00e9nerg\u00e9tique et des mines sont les moins performantes; celles des secteurs des machines, de la pharmacie, de l&#8217;\u00e9lectronique figurent parmi les b\u00e9n\u00e9ficiaires. La moiti\u00e9 des entreprises d&#8217;Etat fraude le fisc en d\u00e9clarant des pertes ou en minimisant les b\u00e9n\u00e9fices selon le minist\u00e8re des Finances. Elles esp\u00e8rent ainsi payer moins s&#8217;imp\u00f4ts et obtenir de nouveaux pr\u00eats bancaires qu&#8217;aucune loi ne les obligera \u00e0 rembourser.<\/p>\n<p>Enfin, elles participent de plus en plus \u00e0 l&#8217;\u00e9conomie &#8220;grise&#8221; o\u00f9 int\u00e9r\u00eats publics et priv\u00e9s se confondent. Elles multiplient la cr\u00e9ation de filiales et d&#8217;entreprises en dehors du secteur d&#8217;Etat. Elles leur affectent une partie de leurs ressources et de leur main-d&#8217;oeuvre, mais n&#8217;int\u00e8grent pas les profits qu&#8217;elles en tirent dans les comptes de l&#8217;entreprise d&#8217;Etat. C&#8217;est notamment le cas du commerce et de la construction.<\/p>\n<p> <strong> L&#8217;in\u00e9galit\u00e9 de couverture sociale entre citadins et ruraux <\/strong><\/p>\n<p>Une partie des \u00e9conomistes chinois proposent de privatiser les entreprises d&#8217;Etat. Lors de la pr\u00e9paration du IXe plan quinquennal (1996-2000) les autorit\u00e9s ont indiqu\u00e9 qu&#8217;elles pourraient privatiser 90% d&#8217;entre elles. L&#8217;Etat ne garderait alors que 500 \u00e0 1 000 grandes entreprises industrielles strat\u00e9giques . Les privatisations toucheraient dans un premier temps 10 000 \u00e0 20 000 petites entreprises d&#8217;Etat. Des fermeture d&#8217;usine ont \u00e9galement eu lieu et les autorit\u00e9s envisagent de licencier 20 millions de salari\u00e9s sur les 100 millions qu&#8217;occupent ces entreprises d&#8217;Etat.<\/p>\n<p>Plusieurs \u00e9tudes chinoises affirment cependant que leur mauvaise gestion explique l&#8217;essentiel des difficult\u00e9s de ces entreprises. Leur privatisation ne s&#8217;imposerait donc pas. Une \u00e9tude men\u00e9e par l&#8217;Institut de recherche sur l&#8217;\u00e9conomie et la technologie de la Commission d&#8217;Etat au plan souligne que 81% des entreprises d&#8217;Etat d\u00e9ficitaires attribuent leurs difficult\u00e9s \u00e0 des raisons internes. Certains \u00e9conomistes signalent qu&#8217;en cas de privatisation, seuls leurs actuels dirigeants, souvent des fils de dirigeants du Parti communiste, auraient les moyens financiers et les protections n\u00e9cessaires \u00e0 leur acquisition. Sans aucune garantie que les entreprises priv\u00e9es rel\u00e8veraient la t\u00eate mais avec la certitude qu&#8217;elles licencieraient \u00e0 tour de bras. Ce serait l\u00e0, pour la Parti communiste chinois, un \u00e9norme risque d&#8217;explosion sociale.<\/p>\n<p>Leitmotiv du pouvoir chinois, &#8221; le maintien de la stabilit\u00e9 sociale &#8220;, souffre de l&#8217;absence d&#8217;un syst\u00e8me national de s\u00e9curit\u00e9 sociale et d&#8217;assurance ch\u00f4mage. H\u00e9rit\u00e9 de la p\u00e9riode mao\u00efste, le syst\u00e8me de protection sociale chinois reste marqu\u00e9 par l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 entre citadins et ruraux dans l&#8217;acc\u00e8s aux soins et la garantie d&#8217;une retraite. Seuls les citadins b\u00e9n\u00e9ficient d&#8217;une couverture sociale compl\u00e8te (assurance maladie, retraite, etc.) et d&#8217;avantages sociaux (logements, cong\u00e9s, etc.) que leur garantissent directement leurs unit\u00e9s de travail. A la campagne, les autorit\u00e9s entretiennent un r\u00e9seau m\u00e9dical de base qui dispense des soins de moins bonne qualit\u00e9. Elles garantissent un revenu minimum aux personnes \u00e2g\u00e9es seules, mais c&#8217;est en r\u00e9alit\u00e9 l&#8217;entraide familiale qui joue.<\/p>\n<p>En ville, le financement de la protection sociale repose surtout sur le secteur public et, dans une moindre mesure, sur les entreprises li\u00e9es aux collectivit\u00e9s locales. Selon le Quotidien du Peuple, le poids des d\u00e9penses sociales sur le secteur d&#8217;Etat repr\u00e9sente 60% de la masse salariale, dans laquelle les retraites comptent pour 70%. Ce syst\u00e8me semble avoir atteint ses limites financi\u00e8res. En effet, les d\u00e9penses de protection sociale financ\u00e9es par des entreprises d&#8217;Etat ont augment\u00e9 \u00e0 un rythme annuel de 42% entre 1978 et 1994. Pouss\u00e9es par la n\u00e9cessit\u00e9 de faire des \u00e9conomies, ces soci\u00e9t\u00e9s regroupent peu \u00e0 peu le financement de la couverture sociale de leurs employ\u00e9s en cr\u00e9ant des caisses d&#8217;assurance sociale g\u00e9r\u00e9es par les autorit\u00e9s municipales dont elles d\u00e9pendent. Innovation, ces caisses re\u00e7oivent aussi les versements obligatoires des salari\u00e9s. L&#8217;augmentation du ch\u00f4mage a conduit \u00e0 la cr\u00e9ation d&#8217;un syst\u00e8me d&#8217;assurance ch\u00f4mage, encore embryonnaire.<\/p>\n<p>Le gouvernement chinois \u00e9tudie actuellement la cr\u00e9ation d&#8217;un syst\u00e8me national d&#8217;assurance sociale et d&#8217;assurance ch\u00f4mage s&#8217;inspirant des caisses fond\u00e9es au niveau municipal, parfois provincial. Le financement du syst\u00e8me de retraite fait partie des points en d\u00e9bat. Le principe d&#8217;un syst\u00e8me m\u00ealant r\u00e9partition et capitalisation semble acquis, mais il reste \u00e0 d\u00e9terminer la part de l&#8217;un et de l&#8217;autre. Cependant, les paysans, qui repr\u00e9sentent pourtant plus de la moiti\u00e9 de la population active, resteront les grands exclus de ce syst\u00e8me &#8221; national &#8220;.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> L&#8217;avenir des entreprises d&#8217;Etat et la cr\u00e9ation d&#8217;un syst\u00e8me national d&#8217;assurance sociale: LES questions&#8230; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-409","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/409","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=409"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/409\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=409"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=409"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=409"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}