{"id":3930,"date":"2009-03-01T00:00:00","date_gmt":"2009-02-28T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/business-as-usual3930\/"},"modified":"2009-03-01T00:00:00","modified_gmt":"2009-02-28T23:00:00","slug":"business-as-usual3930","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3930","title":{"rendered":"Business as usual ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> APR\u00c8S LA R\u00c9CESSION DE 1974-1975, PARFOIS BAPTIS\u00c9E<em> \u00abCHOC P\u00c9TROLIER\u00bb <\/em>, LES GOUVERNEMENTS AVAIENT, DANS UN PREMIER TEMPS, EU RECOURS AUX RECETTES KEYN\u00c9SIENNES HABITUELLES. <\/p>\n<p> Ils se sont assez vite rendu compte qu&#8217;elles ne<em> \u00abmordaient\u00bb <\/em> plus. D&#8217;o\u00f9, quelques ann\u00e9es plus tard, le big bang n\u00e9olib\u00e9ral qui ouvrira une p\u00e9riode que la crise actuelle vient de clore. Le m\u00eame sc\u00e9nario se reproduit aujourd&#8217;hui : les gouvernements changent leur fusil d&#8217;\u00e9paule et en reviennent \u00e0 des politiques de relance que l&#8217;on peut qualifier grosso modo de keyn\u00e9siennes. Mais ce retour \u00e0 la case d\u00e9part est impossible. Premi\u00e8re raison : la crise financi\u00e8re est loin d&#8217;\u00eatre termin\u00e9e et les mauvaises surprises sont encore \u00e0 venir. L&#8217;argent inject\u00e9 va \u00eatre en grande partie englouti sans effet durable sur l&#8217;\u00e9conomie<em> \u00abr\u00e9elle\u00bb <\/em>. De m\u00eame qu&#8217;on ne fait pas boire un \u00e2ne qui n&#8217;a pas soif, on ne contraint pas \u00e0 pr\u00eater un banquier qui cherche \u00e0 r\u00e9tablir ses marges, ni \u00e0 investir un patron dont les carnets de commande sont vides.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me raison : la configuration de l&#8217;\u00e9conomie mondiale qui pr\u00e9valait jusqu&#8217;ici ne peut \u00eatre remise sur pied. La croissance des Etats-Unis ne peut plus \u00eatre tir\u00e9e par le surendettement des m\u00e9nages, celle de la Chine par les exportations et le surinvestissement, et l&#8217;arrangement entre ces deux grandes puissances :<em> \u00abje t&#8217;ach\u00e8te, tu me pr\u00eates\u00bb <\/em> : est lui aussi rompu. En Europe, la cacophonie des plans de relance cache une volont\u00e9 de gagner par tous les moyens des parts de march\u00e9 sur le dos des voisins.<\/p>\n<p>Dans cette situation, le quasi-consensus keyn\u00e9sien recouvre en fait trois positions. Les n\u00e9olib\u00e9raux n&#8217;ont pas perdu l&#8217;espoir d&#8217;un mal provisoire : on injecte de grosses sommes dans l&#8217;\u00e9conomie et cela repart comme en 40. C&#8217;est ce qui explique l&#8217;\u00e9cart \u00e9norme que l&#8217;on peut constater : de mani\u00e8re caricaturale chez Sarkozy : entre les engagements solennels \u00e0 r\u00e9guler, voire \u00e0 refonder le capitalisme, et les d\u00e9cisions concr\u00e8tes qui rel\u00e8vent toutes de l&#8217;art cosm\u00e9tique. La conjoncture de fin d&#8217;ann\u00e9e pourrait leur donner apparemment raison, si les plans de relance produisent un petit fr\u00e9missement de l&#8217;\u00e9conomie r\u00e9elle. On peut parier \u00e0 l&#8217;avance que le premier trimestre \u00e0 croissance z\u00e9ro sera c\u00e9l\u00e9br\u00e9 comme le signe d&#8217;un retour \u00e0 la normale. Mais cet espoir sera de courte dur\u00e9e et, une fois dissip\u00e9s les effets des plans de relance, on s&#8217;apercevra que l&#8217;on n&#8217;est pas vraiment sorti de la crise.<\/p>\n<p>Les sociaux-lib\u00e9raux ressortent de leurs archives leur plan de relance de 1981 qui se heurterait aujourd&#8217;hui aux m\u00eames obstacles : pertes de parts de march\u00e9, gr\u00e8ve de l&#8217;investissement et fuite des capitaux, puisqu&#8217;il n&#8217;est assorti d&#8217;aucune mesure de contr\u00f4le. Mais ce qui le rend aussi peu convaincant aupr\u00e8s de l&#8217;opinion, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;apporte pas de r\u00e9ponse de fond \u00e0 la hauteur de la crise. Au lieu des 26 milliards de Sarkozy, on en annonce 50, mais rien n&#8217;est dit du n\u00e9cessaire droit de regard de la population sur les  banques, sur la r\u00e9partition des richesses, sur la fiscalit\u00e9 et l&#8217;usage des d\u00e9penses publiques. <\/p>\n<p>La gauche radicale doit \u00e9videmment d\u00e9fendre une autre r\u00e9partition des richesses, gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;augmentation des salaires et des revenus sociaux et des d\u00e9penses budg\u00e9taires socialement utiles, d&#8217;un c\u00f4t\u00e9, et de la taxation des revenus du capital de l&#8217;autre. Mais elle doit \u00e9galement avancer des objectifs de transformation sociale remettant en cause le fonctionnement m\u00eame du capitalisme. Il faut donc combiner l&#8217;id\u00e9e d&#8217;un<em> \u00abbouclier social\u00bb <\/em>, autrement dit des mesures d&#8217;urgence parfaitement l\u00e9gitimes, avec une perspective anti-capitaliste. Le risque est ici le grand \u00e9cart entre surench\u00e8res revendicatives pour aujourd&#8217;hui et grandioses proclamations programmatiques pour apr\u00e8s-demain. Prenons l&#8217;exemple de l&#8217;interdiction des licenciements. Plut\u00f4t que de renvoyer \u00e0 la loi que promulguerait un gouvernement vraiment \u00e0 gauche, il vaudrait mieux faire vivre ce slogan en proposant un contr\u00f4le des travailleurs sur la gestion de l&#8217;emploi par les entreprises: droit de veto sur les licenciements, affectation des aides publiques au maintien de tous les salaires, etc.<\/p>\n<p>Le capitalisme est aujourd&#8217;hui dans une forme d&#8217;impasse, en ce sens qu&#8217;il ne peut r\u00e9tablir le n\u00e9olib\u00e9ralisme et ne peut pas non plus restaurer le<em> \u00abfordisme\u00bb <\/em> des Trente glorieuses. S&#8217;ouvre alors une p\u00e9riode d&#8217;incertitude, plus ou moins chaotique, qui va \u00eatre marqu\u00e9e par une course de vitesse entre les options anticapitalistes et un national-lib\u00e9ralisme muscl\u00e9 et r\u00e9pressif. <strong> M.H. <\/strong><\/p>\n<p>Parus dans<em> Regards <\/em> n\u00b060, mars 2009<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> APR\u00c8S LA R\u00c9CESSION DE 1974-1975, PARFOIS BAPTIS\u00c9E<em> \u00abCHOC P\u00c9TROLIER\u00bb <\/em>, LES GOUVERNEMENTS AVAIENT, DANS UN PREMIER TEMPS, EU RECOURS AUX RECETTES KEYN\u00c9SIENNES HABITUELLES. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[16],"tags":[],"class_list":["post-3930","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-michel-husson"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3930","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3930"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3930\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3930"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3930"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3930"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}