{"id":3794,"date":"2003-06-07T00:00:00","date_gmt":"2003-06-06T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/un-lampyre-sur-le-front-radovan3794\/"},"modified":"2003-06-07T00:00:00","modified_gmt":"2003-06-06T22:00:00","slug":"un-lampyre-sur-le-front-radovan3794","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3794","title":{"rendered":"un lampyre sur le front\/ Radovan Pavlovski"},"content":{"rendered":"<p>Radovan Pavlovski est un po\u00e8te mac\u00e9donien. N\u00e9 \u00e0 Nis, en Yougoslavie, en 1937. La publication de son premier volume de po\u00e9sie,<em> S\u00e9cheresse, noces et migrations <\/em>, en 1961, fut un \u00e9v\u00e9nement dans son pays.<br \/>\n<em> Le fils du soleil <\/em> peut \u00eatre regard\u00e9 comme une \u00e9pop\u00e9e. L&#8217;\u00e9pop\u00e9e, une fa\u00e7on de vivre ensemble,<em> \u00ab nous donne un nom \u00bb <\/em>. Cela disant, le po\u00e8te s&#8217;attaque \u00e0 l&#8217;utopie Alexandre le Grand. Qui cr\u00e9a un empire mac\u00e9donien, le plus vaste que la Terre ait connu, et mourut \u00e0 33 ans \u00e0 Babylone. C&#8217;est la multiplicit\u00e9 nomade d&#8217;un monde que Radovan Pavlovski sublime en touches pointillistes, l&#8217;\u00e9rudition n&#8217;\u00e9tant pas sa moindre qualit\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>Si la verve \u00e9pique risque de le placer en posture de \u00ab barde national \u00bb, l&#8217;action r\u00e9paratrice vient de sa fa\u00e7on de bouger dans cet air charg\u00e9 de poussi\u00e8re d&#8217;histoire et voix d&#8217;anc\u00eatres. Elle vient aussi de cette interrogation sans cesse anim\u00e9e par le<em> \u00ab cavalier du son \u00bb <\/em> qu&#8217;il est : \/\/\u00ab Quel pays est le tien, <\/p>\n<p>po\u00e8te ? <em>  Comment se vivre dans la  <\/em>\u00ab collectivit\u00e9 <em> ,  <\/em>\u00ab la multiplicit\u00e9 dont nous sommes issus <em>  ? Il r\u00e9pond avec une \u00e9criture o\u00f9 le narratif se laisse d\u00e9border par la jouissance d&#8217;un Je m\u00e9dium qui transcrit les voix comme en transe :  <\/em>\u00ab Ma main est une \u00e9p\u00e9e.\/ Mon corps, une bataille.\/ Mon \u00e2me, un \u00e9tendard.<em> ; qui d\u00e9bo\u00eete cette existence t\u00e9lescopique d&#8217; <\/em>\u00ab hommes enfouis en chaque homme <em>  quand il ne se fait pas moine contemplatif :  <\/em>\u00ab Mais comme des \u00e9pices tendres\/nous restons seuls partout\/\u00e0 cause de l&#8217;aust\u00e9rit\u00e9 du monde\/cadenass\u00e9s dans l&#8217;\u00e2me de la parole \u00bb\/\/ ; ou quand il ne poursuit pas un<br \/>\n<em> \u00ab lampyre \u00bb <\/em> \u00e0 la sonorit\u00e9 bizarre :<em> \u00ab avec ce lampyre sur le front\/je pourrais atteindre le soleil\/et voir \u00e0 travers les lumi\u00e8res\/le ver luisant de mon enfance \u00bb <\/em>.<br \/>\n<em> \u00ab A tout moment je joue \u00e0 ce jeu\/depuis mon enfance.\/ Et parfois je joue ce jeu dans le jeu. \u00bb <\/em> C&#8217;est peut-\u00eatre le point de d\u00e9part pour sa construction en anamorphose d&#8217;un pass\u00e9 infini. <\/p>\n<p><strong> Radovan Pavlovski <\/strong>,<em> le Fils du soleil <\/em>, traduit du mac\u00e9donien par Ankika Josifovska Angelkovska et Peter Andonovski, choix, transposition et pr\u00e9face de Jean Laugier, Esprit des p\u00e9ninsules, coll. Balkaniques, 17 euros<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Radovan Pavlovski est un po\u00e8te mac\u00e9donien. N\u00e9 \u00e0 Nis, en Yougoslavie, en 1937. La publication de son premier volume de po\u00e9sie, S\u00e9cheresse, noces et migrations , en 1961, fut un \u00e9v\u00e9nement dans son pays. Le fils du soleil peut \u00eatre regard\u00e9 comme une \u00e9pop\u00e9e. 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