{"id":3786,"date":"2002-11-07T00:00:00","date_gmt":"2002-11-06T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/ansaf-ouazzani-brisures3786\/"},"modified":"2002-11-07T00:00:00","modified_gmt":"2002-11-06T23:00:00","slug":"ansaf-ouazzani-brisures3786","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3786","title":{"rendered":"Ansaf Ouazzani\/ Brisures"},"content":{"rendered":"<p>\/\/\u00abJe me suis cherch\u00e9e\/Trouv\u00e9e\/Perdue <em> . C&#8217;est par cet aveu que Ansaf Ouazzani entre en po\u00e9sie. Quel courage que de d\u00e9passer ce \u00ab tout-a-\u00e9t\u00e9-dit \u00bb, ce coupe-app\u00e9tit de l&#8217;\u00e9criture qui n&#8217;ose plus \u00eatre elle-m\u00eame&#8230; La po\u00e9sie d&#8217;Ansaf Ouazzani est sa fa\u00e7on d&#8217;\u00eatre au monde : fr\u00eale comme un roseau, fille du soleil errant dans la cit\u00e9 des brumes, les pieds dans le sable chaud et la t\u00eate dans la froideur des \u00e9toiles.  <\/em>\u00ab Le cerveau libre\/Enfin,\/ Je vomis ma r\u00e9volte\/Sur les fossoyeurs de vie\/Et r\u00e9cup\u00e8re mon essence <em> . Libre de  <\/em>\u00ab porter toujours un po\u00e8me <em>  qui lui  <\/em>\u00ab fait mal <em> . Sa  <\/em>\u00ab femmitude \u00bb\/\/ d\u00e9roule sa tra\u00eene dans la <\/p>\n<p>\u00ab ligne claire \u00bb du po\u00e8me, dans des zones d&#8217;un classicisme harmonieux o\u00f9 le mot reste le seul appui solide pour abriter l&#8217;absence. Le n\u0153ud de sa po\u00e9sie reste, malgr\u00e9 les<em> \u00ab brisures \u00bb <\/em>,<em> \u00ab les fracas et les cris \u00bb <\/em>, l&#8217;attente : dans les cadences torrides de ses r\u00e9p\u00e9titions, dans l&#8217;escalade de la parole vers la tourmente, le monologue th\u00e9\u00e2tral et les tournures sommeillantes de ses insomnies, on voudrait trouver la latence de la phrase qui am\u00e8ne le myst\u00e8re du non-dit. Mais la crise est directe, le mot la prend \u00e0 son compte,<em> \u00ab Des mots se sont bouscul\u00e9s\/Eclaboussures r\u00e9volt\u00e9es\/dans la lumi\u00e8re blanche \u00bb <\/em>. L&#8217;\u00e9criture se fait dans l&#8217;urgence. Furieuse ou tendre.<em> \u00ab Je me languis de toi\/Mon soleil de minuit \u00bb <\/em>, l&#8217;entend-on dire, comme une lointaine cousine, Christine de Pisan, se lamentait dans ses \u00ab ballades de veuvage \u00bb. La rage emprunte souvent au masculin les valeurs du mal-m\u00e2le,<em> \u00ab mon poignard a chuchot\u00e9&#8230;\/Femme&#8230;\/ Et le barreau est m\u00e2le&#8230; \u00bb <\/em>.<\/p>\n<p>On n&#8217;a pas prononc\u00e9 jusqu&#8217;ici le mot \u00ab exil \u00bb, car ce serait un pl\u00e9onasme : chez Ansaf Ouazzani, il secr\u00e8te le po\u00e8me comme le sommeil secr\u00e8te le r\u00eave.<em> \u00ab Mon histoire s&#8217;endort\/J&#8217;ai mal \u00e0 ma chair, J&#8217;h\u00e9morragise,\/Je perd ma terre gorg\u00e9e de sang qui d\u00e9ferle \u00bb <\/em>. Ou encore<em> \u00ab Anc\u00eatres en qu\u00eate d&#8217;avenir\/Le temps a perdu votre odeur\/Et j&#8217;ai perdu la lumi\u00e8re.\u00bb <\/em> Ce qui surprend, c&#8217;est le peu de recours \u00e0 une <\/p>\n<p>\u00ab bo\u00eete \u00e0 outils \u00bb faite d&#8217;une symbolique de tradition f\u00e9ministe orientale. Elle vit, singuli\u00e8re dans le sens le plus direct du terme, cet \u00e9lan vers l&#8217;autre qui lui refuse l&#8217;accueil. Et cette jeune femme prend alors cent ans de plus, cent ans de solitude&#8230; Elle ignore donc que, pour nous, la rencontrer sur les chemins ouverts de la po\u00e9sie, c&#8217;est une joie ? <\/p>\n<p><strong> Ansaf Ouazzani <\/strong>,<br \/>\n<em> Fragments d&#8217;errance <\/em>, \u00e9d. Le Carbet, Maison de l&#8217;Outre-Mer, 12euros, <\/p>\n<p>30, av. du 8 mai 1945, 95200 Sarcelles<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\/\/\u00abJe me suis cherch\u00e9e\/Trouv\u00e9e\/Perdue . C&#8217;est par cet aveu que Ansaf Ouazzani entre en po\u00e9sie. 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