{"id":3756,"date":"2002-01-12T00:00:00","date_gmt":"2002-01-11T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/lire-le-silence-soseki3756\/"},"modified":"2002-01-12T00:00:00","modified_gmt":"2002-01-11T23:00:00","slug":"lire-le-silence-soseki3756","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3756","title":{"rendered":"lire le silence\/ S\u00f4seki"},"content":{"rendered":"<p>\/\/\u00abUne maison<\/p>\n<p>Perce dans le silence<\/p>\n<p>Le secret de la neige \u00bb\/\/ <\/p>\n<p>Vous venez de lire un haiku de S\u00f4seki, homme de lettres japonais qui s&#8217;engagea dans cette forme po\u00e9tique vers 1895.<em> \u00ab Ce que nous autres Japonais ressentons \u00e0 la lecture et ce qu&#8217;un lecteur fran\u00e7ais est \u00e0 m\u00eame d&#8217;\u00e9prouver \u00e0 travers la traduction, ind\u00e9pendamment de la qualit\u00e9 de celle-ci, ne saurait \u00eatre identique \u00bb <\/em>, nous met en garde Akiyama Yutaka, le pr\u00e9facier de ce volume traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu. Une fa\u00e7on de dire que le po\u00e8me se passe et se refait dans le c\u0153ur et dans l&#8217;esprit de chaque lecteur. Une fa\u00e7on de reconna\u00eetre l&#8217;insuffisance de la parole, ses trahisons, ses \u00e9checs, ses chutes. Peut-on donner des cl\u00e9s de lecture pour ces<em> \u00ab concentr\u00e9s de rh\u00e9torique \u00bb <\/em> que sont les haikus ? Il faudrait peut-\u00eatre regarder une estampe ancienne. Le dessin se retire dans un coin pour laisser la place vide, en haut ou \u00e0 droite. Ces estampes se roulaient, elles ne s&#8217;accrochaient pas, on les gardait dans des coffres et on les sortait pour les lire&#8230; Passag\u00e8re comme les moments fugitifs d&#8217;une journ\u00e9e, l&#8217;image n&#8217;est pas fix\u00e9e au mur, comme ces toiles obsessionnelles du salon occidental. On choisit dans le coffre ce qui correspond \u00e0 son propre \u00e9tat d&#8217;esprit. On regarde le plein et on laisse l&#8217;\u0153il se perdre dans le vide avec le m\u00eame bonheur. C&#8217;est l\u00e0 que l&#8217;esprit touche \u00e0 l&#8217;ineffable, \u00e0 l&#8217;inconnu, \u00e0 l&#8217;inexprimable. Le haiku, po\u00e8me \u00e0 forme fixe de dix-sept syllabes ordonn\u00e9es en trois vers, peut \u00eatre reli\u00e9 \u00e0 ce penchant japonais pour le vide et pour la disponibilit\u00e9 de l&#8217;esprit. L&#8217;\u00eatre disponible est pench\u00e9 sur le moment. Et prend le temps de respirer un grand coup. La relation la plus simple entre dedans et dehors.<\/p>\n<p>\/\/\u00abDans l&#8217;air vibre la corde<\/p>\n<p>Silence tendu silence rompu<\/p>\n<p>Chute mate d&#8217;une fleur de cam\u00e9lia\u00bb\/\/ <\/p>\n<p>Comme le faisaient au XVIIe si\u00e8cle les peintres-po\u00e8tes des nanga, S\u00f4seki prolonge l&#8217;\u00e9criture dans le graphisme \u00e9l\u00e9gant de ses aquarelles, dont on peut faire une lecture parall\u00e8le au fil des pages. <\/p>\n<p>Julia Moldoveanu<\/p>\n<p><strong> S\u00f4seki <\/strong>, Haikus, traduit du japonais par \u00c9lisabeth Suetsugu, Ed. Philippe Picquier, 18 euros<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\/\/\u00abUne maison Perce dans le silence Le secret de la neige \u00bb\/\/ Vous venez de lire un haiku de S\u00f4seki, homme de lettres japonais qui s&#8217;engagea dans cette forme po\u00e9tique vers 1895. \u00ab Ce que nous autres Japonais ressentons \u00e0 la lecture et ce qu&#8217;un lecteur fran\u00e7ais est \u00e0 m\u00eame d&#8217;\u00e9prouver \u00e0 travers la traduction, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":408,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-3756","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3756","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/408"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3756"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3756\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3756"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3756"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3756"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}