{"id":373,"date":"1997-02-01T00:00:00","date_gmt":"1997-01-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/oui-au-referendum-au-nom-du373\/"},"modified":"1997-02-01T00:00:00","modified_gmt":"1997-01-31T23:00:00","slug":"oui-au-referendum-au-nom-du373","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=373","title":{"rendered":"Oui au r\u00e9f\u00e9rendum au nom du r\u00e9alisme"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Entretien avec Redha Malek <\/p>\n<p><strong> Contre la tendance \u00e0 n\u00e9gocier avec les partis int\u00e9gristes, l&#8217;ancien chef de gouvernement alg\u00e9rien, qui a approuv\u00e9 le r\u00e9f\u00e9rendum constitutionnel, pr\u00f4ne une modernit\u00e9 r\u00e9publicaine <\/strong><\/p>\n<p> <strong>  Comment situez vous votre nouvelle formation dans l&#8217;\u00e9ventail politique alg\u00e9rien?  <\/strong><\/p>\n<p> <strong> Redha Malek : <\/strong> Nous avons fond\u00e9 l&#8217;Alliance nationale r\u00e9publicaine(ANR) le 5 mai 1995, quelques mois avant l&#8217;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle (1). Nous l&#8217;avons fait parce que la situation se caract\u00e9rise par une grande confusion. Le FLN, longtemps parti unique, est en d\u00e9liquescence. Le grand vide politique a favoris\u00e9 la mont\u00e9e du courant int\u00e9griste. Le FIS, reconnu parti politique, a failli obtenir que l&#8217;Alg\u00e9rie bascule dans l&#8217;int\u00e9grisme, lors des \u00e9lections de d\u00e9cembre 1991. C&#8217;est pourquoi le processus \u00e9lectoral a \u00e9t\u00e9 stopp\u00e9, mais je le souligne, pas le processus d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p> <strong> Pourquoi n&#8217;avoir cr\u00e9\u00e9 l&#8217;ANR qu&#8217;en 1995? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> R. M.: <\/strong> Je m&#8217;\u00e9tais \u00e9loign\u00e9 de la vie politique apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 le FLN depuis 1983. Cela ne m&#8217;a pas emp\u00each\u00e9 d&#8217;\u00e9crire (2) pour d\u00e9noncer l&#8217;utilisation politique de la religion, pour d\u00e9velopper l&#8217;id\u00e9e d&#8217;un islam ouvert et fond\u00e9 sur la rationalit\u00e9. Il fallait affirmer ces quelques id\u00e9es, ce qui n&#8217;\u00e9tait pas facile en pleine crise. Cependant, la situation s&#8217;aggravait.le terrorisme se mettait en place. Le pr\u00e9sident Boudiaf m&#8217;a demand\u00e9 de reprendre du service et m&#8217;a confi\u00e9 d&#8217;importantes responsabilit\u00e9s successives. Puis je suis devenu ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res et enfin chef du gouvernement jusqu&#8217;en 1994. Pendant tout ce temps j&#8217;ai d\u00e9fendu mes id\u00e9es, contre le terrorisme et contre l&#8217;int\u00e9grisme.<\/p>\n<p> <strong> Quel est l&#8217;enjeu pour vous? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> R. M.: <\/strong> D&#8217;abord la fin du terrorisme int\u00e9griste qui menace l&#8217;Alg\u00e9rie comme Etat-nation. Ensuite, la r\u00e9forme de l&#8217;Etat et de l&#8217;administration. C&#8217;est d&#8217;autant plus n\u00e9cessaire que d&#8217;autres partis se sont r\u00e9unis \u00e0 Rome, \u00e0 San Egidio, et ont publi\u00e9 une &#8221; plate-forme &#8221; pr\u00e9conisant l&#8217;ouverture de n\u00e9gociations avec le FIS pourtant dissous. Ils voulaient ainsi faire pression, par le biais de l&#8217;Union europ\u00e9enne, pour obtenir ces n\u00e9gociations.<\/p>\n<p>Nous avons d\u00e9nonc\u00e9 cette d\u00e9rive notamment conduite par le Front des force socialistes (FFS) d&#8217;Hocine A\u00eft Ammed, mais aussi par d&#8217;autres partis signataires. Observant les partis politiques d&#8217;aujourd&#8217;hui en Alg\u00e9rie, parmi les d\u00e9mocrates, nous voyons, Ettahadi et le PADS, tous deux issus du Parti de l&#8217;avant-garde pour le socialisme (PAGS) lui-m\u00eame h\u00e9ritier du Parti communiste alg\u00e9rien; le Rassemblement pour la culture et la d\u00e9mocratie (RCD) de Sa\u00efd Saadi, trop r\u00e9gional \u00e0 notre sens car la lutte pour la d\u00e9mocratie est nationale. Et puis il y a le FLN, tr\u00e8s fatigu\u00e9. Ne nous retrouvant dans aucun des partis actuels, nous avons cr\u00e9\u00e9 ce mouvement, l&#8217;ANR, qui fait appel \u00e0 tous les Alg\u00e9riens patriotes et r\u00e9publicains<\/p>\n<p> <strong> Allez vous jusqu&#8217;\u00e0 la s\u00e9paration de la religion et de l&#8217;Etat? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> R. M.: <\/strong> C&#8217;est plus complexe. Nous ne parlons pas de la\u00efcit\u00e9 parce que nous ne sommes pas dans le m\u00eame contexte historique que vous, par exemple. Mais nous disons qu&#8217;on ne peut admettre d&#8217;aucun parti qu&#8217;il vienne dire: &#8221; l&#8217;islam, c&#8217;est moi ! &#8221; et qui veuille imposer sa conception de l&#8217;Islam. Nous sommes arabes et musulmans, mais il n&#8217;est pas question d&#8217;en faire une politique ni de l&#8217;imposer \u00e0 toute la soci\u00e9t\u00e9. Ces partis doivent donc se situer dans le cadre r\u00e9publicain.<\/p>\n<p> <strong> Vous avez surpris certains d\u00e9mocrates qui ont soutenu votre candidature \u00e0 la fonction supr\u00eame lorsque vous avez recommand\u00e9 de voter &#8221; Oui &#8221; au dernier r\u00e9f\u00e9rendum modifiant la constitution. <\/strong><\/p>\n<p> <strong> R. M.: <\/strong> Reconnus sur la sc\u00e8ne politique, nous avons pris part aux discussions avec le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique et au travail des diff\u00e9rentes commissions, avec les autres partis, sur la modification de la Constitution, sur la nouvelle loi sur les partis. Nous avons fait des propositions, \u00e9mis des r\u00e9serves quand cela nous paraissait utile. Certains partis int\u00e9gristes participaient \u00e0 ce travail. C&#8217;est une situation de fait mais nous avons travaill\u00e9 en vue de la d\u00e9passer. A mon sens, le r\u00e9f\u00e9rendum constitutionnel se justifiait ne serait-ce que pour ne pas revenir aux errements de d\u00e9cembre 1991 o\u00f9 un parti, au nom de l&#8217;islam a voulu imposer son dicktat \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. L\u00e0, nous avons r\u00e9alis\u00e9 une r\u00e9forme constitutionnelle qui implique que les partis ne puissent plus exister sur une base religieuse, linguistique ou r\u00e9gionale. C&#8217;est l&#8217;article 42. Nous avons dit ce que nous pensions du projet, nous avons critiqu\u00e9 ses faiblesses, mais cet article 42 constitue une ouverture importante \u00e0 notre sens, pour la conscience politique alg\u00e9rienne.<\/p>\n<p>Pr\u00e9cisons que &#8221; l&#8217;islam religion d&#8217;Etat &#8221; n&#8217;est pas nouveau dans la Constitution alg\u00e9rienne. Bourguiba, en Tunisie, n&#8217;y a pas touch\u00e9 davantage. Pourquoi ? C&#8217;est comme un label. Ces pays nouvellement ind\u00e9pendants ont besoin de marquer leur appartenance \u00e0 un espace culturel arabe. C&#8217;est une sorte de symbole. Si on y touche, on compliquera les choses. D&#8217;ailleurs, une Constitution id\u00e9ale n&#8217;aurait aucune valeur car son application d\u00e9pend des r\u00e9alit\u00e9s. La question est d&#8217;\u00eatre pr\u00e9sents pour g\u00e9rer des situations de fait et essayer de les d\u00e9passer. D&#8217;autant plus avec cet article 42, sur lequel nos amis d\u00e9mocrates ne se sont pas assez appuy\u00e9s, alors que c&#8217;\u00e9tait une occasion d&#8217;union. Et, d&#8217;autant que dans le contexte actuel personne n&#8217;\u00e9tait s\u00fbr d&#8217;obtenir un article de ce contenu. Enfin, le projet de loi sur les partis vient de para\u00eetre . Il reprend l&#8217;article 42. Les partis qui utilisent la religion \u00e0 des fins politiques ont deux mois pour changer leur d\u00e9nomination, leur programme et leurs objectifs. Le bras de fer est donc engag\u00e9.<\/p>\n<p> <strong> Les \u00e9lections l\u00e9gislatives annonc\u00e9es se d\u00e9rouleront dans ce climat de recrudescence du terrorisme. Comment vont se comporter les partis d\u00e9mocratiques et particuli\u00e8rement votre mouvement? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> R. M.: <\/strong> Le principe que les partis n&#8217;utilisent pas la religion doit baliser la route pour les l\u00e9gislatives. La religion doit \u00eatre affaire de conviction. Le travail politique \u00e0 accomplir notamment envers les jeunes, pour en convaincre les gens est important. Mais l&#8217;int\u00e9grisme a perdu beaucoup de terrain id\u00e9ologique et politique. Il y a eu une d\u00e9mystification de ces partis. Les int\u00e9gristes et les terroristes sont isol\u00e9s dans la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne, ce qui conduit \u00e0 penser que pour les \u00e9lections l\u00e9gislatives nous ne retrouverons pas du tout la situation de 1991.<\/p>\n<p>Pour l&#8217;instant, le rapprochement entre d\u00e9mocrates est bien timide. Ce sont les r\u00e9actions de la population qui nous int\u00e9ressent. Pour le r\u00e9f\u00e9rendum, elle a vot\u00e9. Sauf dans certaines grandes villes o\u00f9 les abstentions ont \u00e9t\u00e9 nombreuses. Mais dans les campagnes, on a vot\u00e9 parce que dans les moments difficiles, comme ceux que nous vivons, la r\u00e9action est de s&#8217;accrocher \u00e0 ce qui para\u00eet le moins fragile: l&#8217;Etat. J&#8217;aurais souhait\u00e9 que les d\u00e9mocrates aillent dans ce sens pour \u00eatre plus cr\u00e9dibles.<\/p>\n<p> <strong> Quelle est votre r\u00e9action en regard de la recrudescence des attentats en Alg\u00e9rie? Que vous inspire celui de Paris? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> R. M.: <\/strong> On ne peut parler de recrudescence du terrorisme,malgr\u00e9 certains coups terribles. Il y a surtout des r\u00e8glements de comptes dont des enfants et des femmes sont souvent victimes Quant \u00e0 ce qui s&#8217;est pass\u00e9 \u00e0 nouveau en France, je voudrais rappeler que de nombreux jeunes ont \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s chez nous et envoy\u00e9s dans les camps d&#8217;entra\u00eenement en Afghanistan; cela avec des moyens tr\u00e8s importants. Aujourd&#8217;hui, il y a des groupes \u00e9pars qu&#8217;on peut difficilement contr\u00f4ler. Je me souviens de l&#8217;\u00e9poque o\u00f9, envoy\u00e9 du pr\u00e9sident Boudiaf dans les capitales europ\u00e9ennes et aux Etats-Unis pour expliquer la politique de l&#8217;Alg\u00e9rie, j&#8217;alertais \u00e9galement mes interlocuteurs sur le danger que repr\u00e9sentaient ceux qu&#8217;on nomme aujourd&#8217;hui &#8221; les Afghans &#8220;.<\/p>\n<p>* Ancien chef de gouvernement.<\/p>\n<p>1. Les 75 000 signatures n\u00e9cessaires pour pouvoir \u00eatre candidat recueillies par Redha Malek n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 valid\u00e9es.<\/p>\n<p>2. Redha Malek, Traditions et r\u00e9volutions, l&#8217;enjeu de la modernit\u00e9, Sinbad, 1990..<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Entretien avec Redha Malek <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-373","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/373","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=373"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/373\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=373"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=373"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=373"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}