{"id":3724,"date":"2008-09-01T00:00:00","date_gmt":"2008-08-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/npa-politis-gauche-en-chantier3724\/"},"modified":"2008-09-01T00:00:00","modified_gmt":"2008-08-31T22:00:00","slug":"npa-politis-gauche-en-chantier3724","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3724","title":{"rendered":"NPA\/Politis. Gauche en chantier. Plus nombreux, plus \u00e0 gauche. (3)"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> TRIBUNE de Roger Martelli <\/p>\n<p><strong> Comment sortir de ce pi\u00e8ge: d&#8217;un c\u00f4t\u00e9, le \u00abvote utile\u00bb face \u00e0 la droite, de l&#8217;autre, une posture ultra-critique, d\u00e9nonciatrice, juste dans sa radicalit\u00e9, mais vou\u00e9e \u00e0 une influence \u00e9lectorale inf\u00e9rieure \u00e0 10%? <\/strong> <\/p>\n<p> Les propos de Pierre-Fran\u00e7ois Grond et de Denis Sieffert r\u00e9sument \u00e0 leur mani\u00e8re deux options possibles \u00e0 la gauche du PS. L&#8217;option du Nouveau parti anticapitaliste postule que, pour une longue p\u00e9riode, le PS est ancr\u00e9 dans une ligne de recentrage plus ou moins ouvertement \u00absociale-lib\u00e9rale\u00bb et que, dans ces conditions, rien n&#8217;est plus urgent que de rassembler les forces les plus critiques, dans le refus du PS, en attendant la possibilit\u00e9 d&#8217;alliances plus larges. Pour les responsables de l&#8217;actuelle LCR, toute autre posture strat\u00e9gique \u00e9quivaut \u00e0 abaisser le niveau de l&#8217;exigence critique r\u00e9volutionnaire et \u00e0 faire le jeu de la social-d\u00e9mocratie.<\/p>\n<p><strong> DYNAMIQUE MAJORITAIRE <\/strong><\/p>\n<p>Une seconde option consiste \u00e0 dire que l&#8217;h\u00e9g\u00e9monie d&#8217;un parti socialiste recentr\u00e9, depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, s&#8217;explique avant tout par l&#8217;absence d&#8217;alternative politique cr\u00e9dible. La tradition fran\u00e7aise, \u00e0 la diff\u00e9rence des exp\u00e9riences anglo-saxonnes par exemple, ne voue pas la gauche critique \u00e0 la position marginale de suppl\u00e9tif ou d&#8217;aiguillon de majorit\u00e9s inexorablement domin\u00e9e par la social-d\u00e9mocratie. Encore faut-il que les forces les plus critiques, de l&#8217;extr\u00eame gauche \u00e0 la gauche socialiste, soient capables de s&#8217;unir politiquement, jusqu&#8217;aux \u00e9ch\u00e9ances \u00e9lectorales, autour d&#8217;un projet ouvertement transformateur.<\/p>\n<p>Personne ne sera surpris de lire que je me range du c\u00f4t\u00e9 de la seconde option. Pierre-Fran\u00e7ois Grond et ses amis superposent \u00e0 mes yeux deux objectifs: le regroupement des \u00abr\u00e9volutionnaires\u00bb et le rassemblement d&#8217;une gauche de gauche, postulant d\u00e8s maintenant \u00e0 l&#8217;h\u00e9g\u00e9monie politique au sein de la gauche tout enti\u00e8re. Je pense pour ma part que les deux objectifs doivent se penser en m\u00eame temps: impossible de cr\u00e9er une dynamique majoritaire de gauche transformatrice si, d&#8217;une mani\u00e8re ou d&#8217;une autre, les \u00abr\u00e9volutionnaires\u00bb ne conjuguent pas leurs efforts. Mais, sans se dissocier, les deux objectifs ne se confondent pas; ou alors cela signifierait que l&#8217;on accepte pour une longue p\u00e9riode, en privil\u00e9giant le regroupement minoritaire des plus critiques (les \u00abanticapitalistes\u00bb), de laisser la majorit\u00e9 de l&#8217;opinion de gauche (potentiellement \u00abantilib\u00e9rale\u00bb, comme elle l&#8217;a montr\u00e9 en 2005) sous la coupe du PS social-lib\u00e9ralis\u00e9.<\/p>\n<p>Pour cette raison, je suis particuli\u00e8rement sensible \u00e0 l&#8217;appel de Denis Sieffert et de nos amis de<em> Politis <\/em>. Je crains, moi aussi, que le PS ne soit engag\u00e9 tr\u00e8s avant dans un cycle de droitisation politique, quels qu&#8217;en soient les formes, le langage et les porte-parole. Dans ce contexte, nous ne pouvons nous r\u00e9soudre \u00e0 l&#8217;\u00e9volution actuelle, inscrite dans les r\u00e9sultats \u00e9lectoraux de 2007 et 2008. La gauche ne peut pas \u00eatre condamn\u00e9e entre, d&#8217;un c\u00f4t\u00e9, une logique majoritaire de \u00abvote utile\u00bb, face \u00e0 une droite radicalis\u00e9e \u00e0 droite et, de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9, une posture ultra-critique, d\u00e9nonciatrice, juste dans sa radicalit\u00e9, mais vou\u00e9e \u00e0 une influence \u00e9lectorale inf\u00e9rieure \u00e0 10%. Pour se sortir de ce pi\u00e8ge, il n&#8217;est pas possible de laisser le mouvement social de contestation priv\u00e9 d&#8217;une perspective politique cr\u00e9dible, \u00e0 usage imm\u00e9diat. La seule hypoth\u00e8se r\u00e9aliste est le regroupement de toutes les forces et sensibilit\u00e9s critiques, partisanes ou non, qu&#8217;elles se disent \u00abanticapitalistes\u00bb, \u00abradicales\u00bb, \u00abantilib\u00e9rales\u00bb, dans une construction commune entam\u00e9e d\u00e8s maintenant, comme cela se fait en Allemagne ou en Gr\u00e8ce. Dans ce rassemblement, ont leur place des militants de l&#8217;extr\u00eame gauche, des communistes, des r\u00e9publicains de gauche, des alternatifs, des alter-\u00e9cologistes de tout type, des f\u00e9ministes, des anticonsum\u00e9ristes, des militant(e)s des droits, des syndicalistes, des associatifs, des personnalit\u00e9s critiques de toutes sensibilit\u00e9s et de toutes pratiques. Ont aussi leur place des socialistes qui n&#8217;acceptent pas d&#8217;associer le mot de \u00ab socialisme \u00bb aux cultures et pratiques de capitulation devant le dogme lib\u00e9ral.<\/p>\n<p><strong> CONSTRUCTION COMMUNE <\/strong><\/p>\n<p>Quelle forme doit prendre cette construction commune? Celle d&#8217;un front classique de partis s\u00e9par\u00e9s? Celle d&#8217;une conf\u00e9d\u00e9ration o\u00f9 chacun garde sa structure propre? Celle d&#8217;une force politique nouvelle, ouverte et pluraliste? Je penche, pour la derni\u00e8re solution, pour des raisons d&#8217;efficacit\u00e9. Et, dans cette force nouvelle, je continue de plaider pour que les forces critiques issues de la tradition du \u00abmouvement ouvrier\u00bb (ce que je continue d&#8217;appeler \u00ables communistes\u00bb) conservent des liens explicites \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de la formation neuve. Je penche pour la troisi\u00e8me hypoth\u00e8se, mais je n&#8217;en fais pas une question de doctrine. Le plus important est qu&#8217;un pas en avant soit fait sans attendre dans cette direction.<\/p>\n<p><strong> 2009: ELECTIONS EUROPENNES <\/strong> <\/p>\n<p>L&#8217;appel de<em> Politis <\/em> me convient, dans la mesure o\u00f9 il ne conditionne pas l&#8217;ouverture d&#8217;un processus concret de rapprochement aux formes stabilis\u00e9es qui devront le conclure. Dans la pr\u00e9paration de l&#8217;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle nous avions avanc\u00e9 s\u00e9rieusement sur la strat\u00e9gie (pas d&#8217;alliance avec le PS en l&#8217;\u00e9tat; pas de renoncement \u00e0 la possibilit\u00e9 de s&#8217;allier \u00e0 terme avec lui, quand le rapport des forces le permettra) et sur le contenu programmatique. Nous avons but\u00e9 sur les contraintes de l&#8217;\u00e9lection la plus structurante de tout le syst\u00e8me politique fran\u00e7ais. Ce n&#8217;est pas parce que l&#8217;on a \u00e9chou\u00e9 une fois, qu&#8217;il faut perdre le cap du fondamental. Dispers\u00e9s, nous ne p\u00e8serons pas suffisamment dans un syst\u00e8me politique qui tourne de plus en plus au bipartisme; rassembl\u00e9s, nous pouvons changer la donne, comme nous l&#8217;avons fait en mai 2005, au moment du r\u00e9f\u00e9rendum sur le trait\u00e9 constitutionnel europ\u00e9en.<\/p>\n<p>A ce propos, nous allons \u00eatre confront\u00e9s bient\u00f4t \u00e0 un d\u00e9fi redoutable. L&#8217;ann\u00e9e 2009 sera celle des \u00e9lections europ\u00e9ennes. Or, le syst\u00e8me \u00e9lectoral est tel que, si nous n&#8217;y prenons garde, nous nous trouverons dans une situation \u00e9tonnante. Difficile, au-dessous du seuil des 10%, d&#8217;obtenir une repr\u00e9sentation parlementaire significative. Si la gauche de gauche se pr\u00e9sente dans l&#8217;\u00e9tat de dispersion qui a \u00e9t\u00e9 le sien lors des \u00e9lections pr\u00e9c\u00e9dentes, le r\u00e9sultat sera donc inexorablement le suivant: les forces qui n&#8217;acceptent pas la logique lib\u00e9rale actuelle de la construction europ\u00e9enne seront quasi inexistantes dans l&#8217;enceinte du Parlement europ\u00e9en.<\/p>\n<p>Alors que les Fran\u00e7ais ont \u00e9nonc\u00e9 majoritairement leur refus en 2005, alors que les \u00e9lecteurs de gauche ont fait majoritairement le choix du \u00abnon\u00bb, ils seraient repr\u00e9sent\u00e9s par une majorit\u00e9 \u00e9crasante de d\u00e9put\u00e9s partisans du \u00aboui\u00bb. Quatre ans apr\u00e8s le r\u00e9f\u00e9rendum fran\u00e7ais, un an apr\u00e8s le r\u00e9f\u00e9rendum irlandais, les d\u00e9put\u00e9s du \u00abnon\u00bb se compteraient sur les doigts d&#8217;une main?<\/p>\n<p>Ce serait d\u00e9mocratiquement intol\u00e9rable et politiquement stupide. L&#8217;\u00e9lection europ\u00e9enne en France est, par nature, l&#8217;\u00e9lection qui \u00e9chappe le plus \u00e0 la logique du vote utile. A condition que la proposition politique faite aux \u00e9lecteurs soit attractive. En 2009, il serait possible de sugg\u00e9rer aux \u00e9lecteurs fran\u00e7ais qu&#8217;ils mettent leur vote parlementaire en coh\u00e9rence avec leur vote r\u00e9f\u00e9rendaire. Mais le triomphe r\u00e9f\u00e9rendaire n&#8217;a \u00e9t\u00e9 possible, n&#8217;est apparu r\u00e9aliste que par la conjonction irr\u00e9pressible des forces qui portaient le \u00abnon\u00bb.<\/p>\n<p>Si les forces qui, \u00e0 l&#8217;automne 2007 encore, ont r\u00e9affirm\u00e9 leur refus du processus de Lisbonne, si ces forces convergent de nouveau, elles relancent l&#8217;espoir et elles peuvent cr\u00e9er la surprise. Si elles ne le font pas, chacun mobilisera plus ou moins ses partisans; mais personne ne brisera une logique \u00e9lectorale perverse, dont le premier objectif est de briser toute contestation de l&#8217;orientation europ\u00e9enne actuelle. On cherche \u00e0 briser le bipartisme ou on contribue \u00e0 sa reproduction. Choisir le second terme de fait serait prendre une bien grande responsabilit\u00e9. <\/p>\n<p><strong> R.M. <\/strong><\/p>\n<p>Paru dans<em> Regards <\/em> n\u00b054 septembre 2008<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> TRIBUNE de Roger Martelli <\/p>\n","protected":false},"author":328,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[295],"class_list":["post-3724","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-nupes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3724","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/328"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3724"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3724\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3724"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3724"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3724"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}