{"id":3617,"date":"2008-07-01T00:00:00","date_gmt":"2008-06-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/intermittents-travailler-si-je3617\/"},"modified":"2023-06-23T23:06:46","modified_gmt":"2023-06-23T21:06:46","slug":"intermittents-travailler-si-je3617","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3617","title":{"rendered":"Intermittents :  Travailler si je veux, quand je veux ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Alors que patronat et syndicats peinent \u00e0 trouver un accord dans les n\u00e9gociations sur la r\u00e9forme du march\u00e9 du travail, Regards ressort de ses archives un article de Marion Rousset sur la situation particuli\u00e8re des intermittents.<\/p>\n<p><doc193> <strong> Une r\u00e9cente enqu\u00eate permet de mieux conna\u00eetre la situation sp\u00e9cifique de l&#8217;intermittence dans le spectacle et au-del\u00e0. Comment la vivre sans la subir ? Peut-on conjuguer mobilit\u00e9 et libert\u00e9? <\/strong> <\/p>\n<p><em> \u00abL&#8217;intermittence pr\u00e9sente deux visages, l&#8217;un libertaire, l&#8217;autre ultralib\u00e9ral. Le r\u00e9gime de l&#8217;intermittence balaye tout l&#8217;espace entre \u00abje travaille quand je veux, o\u00f9 je veux, comme je veux\u00bb et \u00abje travaille quand je peux, o\u00f9 ils veulent, comme ils veulent\u00bb.\u00bb <\/em> Ce commentaire est tir\u00e9 d&#8217;une enqu\u00eate unique r\u00e9alis\u00e9e aupr\u00e8s d&#8217;un \u00e9chantillon de 833 intermittents du spectacle. Il r\u00e9sume bien l&#8217;ambivalence de pratiques de travail et de modes de vie faits de subordination et de libert\u00e9. Cette expertise est le fruit d&#8217;une collaboration entre des universitaires et des membres de la Coordination qui rassemble intermittents et pr\u00e9caires. Car le secteur du spectacle ne se pense pas comme une exception. Ses revendications d\u00e9bordent largement du cadre qui lui est assign\u00e9. De fait, l&#8217;intermittence concerne de plus en plus de travailleurs pr\u00e9caires. Instabilit\u00e9 et polyvalence, employeurs multiples et r\u00e9mun\u00e9rations variables, travail invisible et perm\u00e9abilit\u00e9 entre vie professionnelle et vie priv\u00e9e caract\u00e9risent ce mode d&#8217;organisation \u00e0 double tranchant. Un monteur interview\u00e9 souligne le<em> \u00abstress r\u00e9current d\u00fb \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9, surtout quand on sent qu&#8217;elle n&#8217;est plus accompagn\u00e9e par des structures sociales\u00bb <\/em>. Dans la plupart des cas, journalistes pigistes et chercheurs sans statut, par exemple, les risques ne sont pas du tout mutualis\u00e9s. Or, quand la protection sociale et le pouvoir de n\u00e9gociation qui l&#8217;accompagne font d\u00e9faut, la contrainte prend \u00e0 coup s\u00fbr le pas sur l&#8217;autonomie. On peut lire dans L&#8217;Interluttant (http:\/\/www.cip-idf.org) qu<em> \u00abil ne s&#8217;agit pas tant de d\u00e9fendre un statut, que de revendiquer la possibilit\u00e9 de fabriquer du sensible et du savoir selon nos propres temporalit\u00e9s, d&#8217;avoir le choix de nos modalit\u00e9s d&#8217;existence et de coop\u00e9ration\u00bb <\/em>. <strong> Marion Rousset <\/strong><\/p>\n<p><strong> \u00abCHOMAGE-EMPLOI, LES FRONTIERES SE BROUILLENT\u00bb <\/strong><\/p>\n<p><strong> Est-il utopique de croire \u00e0 un temps de travail choisi et prot\u00e9g\u00e9 en m\u00eame temps ? Entretien avec Antonella Corsani* et Maurizio Lazzarato* , auteurs de<em> Intermittents et pr\u00e9caires. <\/em> <\/strong><\/p>\n<p><strong> Plusieurs rapports minist\u00e9riels existent d\u00e9j\u00e0 sur les intermittents. Votre enqu\u00eate \u00e9mane d&#8217;une collaboration entre la Coordination intermittents et pr\u00e9caires et des chercheurs. C&#8217;est la premi\u00e8re de ce type ? <\/strong> <\/p>\n<p><strong> Antonella Corsani. <\/strong> Cette enqu\u00eate propose un point de vue unique sur l&#8217;intermittence comme discontinuit\u00e9 de l&#8217;emploi. Ce qui en fait un objet sp\u00e9cifique, c&#8217;est qu&#8217;elle n&#8217;est pas n\u00e9e d&#8217;une initiative propre des universitaires. Elle est partie de l&#8217;exp\u00e9rience propre des intermittents du spectacle qui ont fait de l&#8217;expertise par les concern\u00e9s leur terrain de lutte. Cette d\u00e9marche, ils l&#8217;ont adopt\u00e9e au lendemain m\u00eame de l&#8217;occupation de la Grande Halle de la Villette, en juillet 2003. Elle s&#8217;est concr\u00e9tis\u00e9e initialement par l&#8217;\u00e9criture de deux documents fondamentaux:<em> \u00abNous avons lu le protocole\u00bb <\/em>,<em> \u00abNous avons une proposition \u00e0 vous faire\u00bb <\/em> et par la r\u00e9alisation d&#8217;un film sur le Nouveau Mod\u00e8le qu&#8217;ils ont \u00e9labor\u00e9. Au lieu de partir des concepts d&#8217;emploi et de ch\u00f4mage, nous avons essay\u00e9 de saisir ce qu&#8217;est l&#8217;intermittence, d&#8217;analyser les pratiques d&#8217;emploi, et les pratiques de travail. L&#8217;enqu\u00eate d\u00e9montre la limite du cadre binaire emploi-ch\u00f4mage dans lequel les diff\u00e9rentes expertises enferment l&#8217;intermittence. Notre d\u00e9fi a \u00e9t\u00e9 d&#8217;assumer cette complexit\u00e9 en analysant comment les fronti\u00e8res se brouillent. <\/p>\n<p><strong> Cette collaboration avec les intermittents vous a-t-elle \u00e9t\u00e9 reproch\u00e9e ? <\/strong> <\/p>\n<p><strong> Maurizio Lazzarato. <\/strong> Cette d\u00e9marche de coproduction n&#8217;est pas partag\u00e9e dans les milieux scientifiques. D&#8217;habitude les chercheurs font une enqu\u00eate sur quelque chose. L\u00e0, les intermittents ont voulu partir de leurs propres pratiques pour r\u00e9aliser une auto-analyse. Comme dans toute exp\u00e9rimentation, il y a eu des frictions, des arr\u00eats et des avanc\u00e9es. On a connu des exp\u00e9riences similaires dans le domaine m\u00e9dical, notamment autour du sida avec Act Up.<\/p>\n<p><strong> Quelles critiques peut-on faire aux pr\u00e9c\u00e9dents rapports ? <\/strong> <\/p>\n<p><strong> A.C. <\/strong> Ils transposent au secteur du spectacle une grille standard, utilis\u00e9e pour analyser l&#8217;industrie. La complexit\u00e9 de certaines formes de mise au travail : dans le spectacle, la presse, la recherche, etc. :, la nature des produits, les modes de valorisation \u00e9conomique et sociale de ces activit\u00e9s, ne permettent pas d&#8217;appliquer les m\u00eames crit\u00e8res. On peut compter le nombre de voitures produites, alors que le fruit de ces activit\u00e9s n&#8217;est pas quantifiable suivant les crit\u00e8res comptables issus de l&#8217;\u00e9conomie industrielle. <\/p>\n<p><strong> M.L. <\/strong> Ces rapports reposent sur des pr\u00e9suppos\u00e9s. En premier, l&#8217;id\u00e9e que l&#8217;intermittence est une exception. Les Coordinations affirment exactement le contraire depuis 1992. Selon elles, la discontinuit\u00e9 n&#8217;est pas sp\u00e9cifique au spectacle, c&#8217;est un mode d&#8217;organisation qui s&#8217;\u00e9tend \u00e0 diff\u00e9rents secteurs. Pour faire face \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9, elles pr\u00e9conisent d&#8217;\u00e9largir le statut des intermittents \u00e0 toutes les formes de flexibilit\u00e9, tandis que syndicats et experts d\u00e9fendaient le retour \u00e0 un r\u00e9gime standard d&#8217;emploi stable. Par ailleurs, tout le monde disait que les compagnies et les spectacles \u00e9taient trop nombreux, donc m\u00e9diocres. A tel point que Denis Gautier-Sauvagnac, l&#8217;ex-pr\u00e9sident de l&#8217;Unedic, a pr\u00e9tendu que le probl\u00e8me n&#8217;\u00e9tait pas le d\u00e9ficit mais le nombre d&#8217;intermittents. <\/p>\n<p><strong> Quel a \u00e9t\u00e9 l&#8217;impact des r\u00e9formes ? <\/strong> <\/p>\n<p><strong> A.C. <\/strong> Le protocole de 2003 ne pouvait r\u00e9duire le d\u00e9ficit qu&#8217;au prix de l&#8217;exclusion d&#8217;une grande partie des intermittents du droit aux Assedic. Cette r\u00e9forme peut se lire dans un cadre plus global de refonte radicale des syst\u00e8mes de protection sociale. Le patronat et le gouvernement s&#8217;orientent vers un abandon du principe de mutualisation pour aller \u00e0 terme vers la privatisation du syst\u00e8me de protection sociale. Auparavant, les fortes in\u00e9galit\u00e9s de salaire qui caract\u00e9risent le secteur du spectacle \u00e9taient en partie compens\u00e9es par un syst\u00e8me mutualiste d&#8217;indemnisation ch\u00f4mage. Le protocole de 2003 vise au contraire \u00e0 prot\u00e9ger ceux qui sont employ\u00e9s de fa\u00e7on plus r\u00e9guli\u00e8re \u00e0 des salaires plus \u00e9lev\u00e9s. L&#8217;une des pointes les plus avanc\u00e9es du syst\u00e8me social fran\u00e7ais a \u00e9t\u00e9 d\u00e9stabilis\u00e9e, alors m\u00eame que le r\u00e9gime g\u00e9n\u00e9ral d&#8217;assurance ch\u00f4mage et les retraites \u00e9taient modifi\u00e9s. <\/p>\n<p><strong> M.L. <\/strong> Pour garantir de meilleures conditions d&#8217;emploi aux autres, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de mettre dehors un certain nombre d&#8217;intermittents. Cette premi\u00e8re restructuration n&#8217;a pas profit\u00e9 \u00e0 ceux qui restent. On constate, d&#8217;une part, une pression \u00e0 la baisse sur les salaires. D&#8217;autre part, pour r\u00e9duire le recours aux intermittents, France 2 et France 3 ont flexibilis\u00e9 les permanents. Gr\u00e2ce \u00e0 leur statut, les intermittents avaient invent\u00e9 des formes de production nouvelles, des pratiques artistiques diff\u00e9rentes. Aujourd&#8217;hui, ils doivent respecter certains crit\u00e8res pour continuer \u00e0 \u00eatre indemnis\u00e9s: \u00eatre tr\u00e8s sp\u00e9cialis\u00e9, ne pas avoir diff\u00e9rentes activit\u00e9s, \u00eatre fonctionnel \u00e0 l&#8217;industrie culturelle qui est en train de se mettre en place. Ceux qui ne sont pas norm\u00e9s ont plus de mal \u00e0 garder leur statut. Au fond, la restructuration vise \u00e0 normaliser l&#8217;intermittence, et notamment le troisi\u00e8me secteur : ni entreprise, ni institution : qui repr\u00e9sente une \u00e9conomie qui n&#8217;est pas tout \u00e0 fait marchande. <\/p>\n<p><strong> A.C. <\/strong> On croit souvent que nous sommes oppos\u00e9s \u00e0 l&#8217;emploi permanent, \u00e0 plein temps, \u00e0 vie. La question ne se pose pas dans ces termes-l\u00e0. D&#8217;autant que le plein emploi est un mythe: il n&#8217;a jamais exist\u00e9 pour tous. La p\u00e9riode d&#8217;apr\u00e8s-guerre, jusqu&#8217;aux ann\u00e9es 1970, a connu le plein-emploi d&#8217;une certaine cat\u00e9gorie de la population: l&#8217;homme blanc de nationalit\u00e9 fran\u00e7aise. Etaient exclus de cette norme les immigr\u00e9s et les femmes. Aujourd&#8217;hui, les Etats-Unis connaissent le plein-emploi, mais il est pr\u00e9caire. L&#8217;instabilit\u00e9 est une contrainte g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e qui n&#8217;a pas r\u00e9duit la pauvret\u00e9, au contraire, elle justifie le d\u00e9veloppement de la figure du travailleur pauvre. En Angleterre, en Italie ou en Allemagne, on a vu appara\u00eetre une nouvelle figure, celle du travailleur ind\u00e9pendant de<em> \u00abdeuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration\u00bb <\/em>, qui n&#8217;a rien \u00e0 voir avec la figure classique du notaire, du m\u00e9decin ou de l&#8217;agriculteur. Les nouveaux venus occupent des emplois discontinus, avec des employeurs multiples et des r\u00e9mun\u00e9rations variables. Cette forme d&#8217;intermittence est en train de se g\u00e9n\u00e9raliser. <\/p>\n<p><strong> Comment les syndicats r\u00e9agissent-ils face \u00e0 cette \u00e9volution? <\/strong> <\/p>\n<p><strong> A.C. <\/strong> Le CDI est un acquis historique du mouvement syndical. Du coup, il est normal que les syndicats le d\u00e9fendent. Mais il faut aussi tenir compte aujourd&#8217;hui d&#8217;une mutation de la nature du travail. On ne produit plus les m\u00eames choses, on ne les fabrique plus de la m\u00eame mani\u00e8re. Cette forme de contrat et les droits qui y sont associ\u00e9s restent-ils pertinents face \u00e0 ces transformations ? L&#8217;entreprise change elle aussi. En se lib\u00e9rant de l&#8217;outil mat\u00e9riel de production, elle se d\u00e9barrasse du collectif de travail dans sa stabilit\u00e9. Est-il possible de r\u00e9sister en invoquant le CDI ? Pour prot\u00e9ger les salari\u00e9s de cette flexibilit\u00e9 impos\u00e9e, \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur ou \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de l&#8217;entreprise, il faut inventer de nouveaux droits \u00e0 m\u00eame de prot\u00e9ger les salari\u00e9s de la flexibilit\u00e9 impos\u00e9e et qui leur permettent de se r\u00e9approprier la ma\u00eetrise de leur temps de vie. <\/p>\n<p><strong> M.L. <\/strong> Nous avons d\u00e9montr\u00e9 l&#8217;existence d&#8217;une cat\u00e9gorie taboue pour les syndicats. Il existe chez les intermittents de nombreux salari\u00e9s-employeurs. Ces gens montent leur compagnie ou leur petite bo\u00eete de production dont ils sont aussi employ\u00e9s. La CFDT, par exemple, consid\u00e8re comme de petits patrons ces nouveaux prol\u00e9taires qui sont oblig\u00e9s d&#8217;inventer leur propre emploi et d&#8217;en assumer tous les risques. Les syndicats ont du mal \u00e0 penser des droits adapt\u00e9s \u00e0 des formes de travail qui ne s&#8217;apparentent pas au salariat classique. <\/p>\n<p><strong> Vous d\u00e9montrez dans votre ouvrage l&#8217;ambivalence du statut d&#8217;intermittent, fait \u00e0 la fois de contrainte et de libert\u00e9&#8230; <\/strong> <\/p>\n<p><strong> A.C. <\/strong> Cette ambigu\u00eft\u00e9 est toujours pr\u00e9sente. Il existe une mobilit\u00e9 contrainte et une autre choisie. Penser de nouveaux droits sociaux, c&#8217;est permettre de faire basculer cette tension contradictoire du c\u00f4t\u00e9 de la mobilit\u00e9 choisie, sans exclure la permanence. Le Nouveau Mod\u00e8le d&#8217;indemnisation ch\u00f4mage \u00e9labor\u00e9 par les intermittents pr\u00e9sente l&#8217;int\u00e9r\u00eat de garantir la continuit\u00e9 des revenus et des droits sociaux en situation de discontinuit\u00e9 de l&#8217;emploi, avec des employeurs multiples et des r\u00e9mun\u00e9rations variables. Il pr\u00e9figure aussi la possibilit\u00e9 de choisir et de modifier sa trajectoire. Il ne s&#8217;agit pas de dire<em> \u00abTous intermittents\u00bb <\/em> mais d&#8217;imaginer des armes qui permettent \u00e0 tous de pouvoir choisir tout comme de pouvoir n\u00e9gocier les conditions de travail. <\/p>\n<p><strong> Que veulent les intermittents ? <\/strong> <\/p>\n<p><strong> A.C. <\/strong> L&#8217;intermittence est constitu\u00e9e de r\u00e9alit\u00e9s tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes: l&#8217;industrie culturelle c\u00f4toie des activit\u00e9s<em> \u00abartisanales\u00bb <\/em>. Ceux qui travaillent avec un seul employeur, de mani\u00e8re continue, souhaitent parfois \u00eatre permanents. D&#8217;autres disent vouloir \u00eatre permanents mais \u00e0 la condition de garder la m\u00eame ma\u00eetrise de leur temps, la m\u00eame libert\u00e9 d&#8217;action que permettait l&#8217;intermittence, la possibilit\u00e9 de travailler sur des projets vari\u00e9s, avec des personnes diff\u00e9rentes. Il y a aussi ceux que la r\u00e9forme a tellement pr\u00e9caris\u00e9s qu&#8217;ils projettent de se reconvertir. N\u00e9anmoins, 35 \u00e0 40 % d\u00e9claraient lors de l&#8217;enqu\u00eate souhaiter rester intermittents et n&#8217;avaient jamais envisag\u00e9 de reconversion.<\/p>\n<p><strong> Ce qui traverse l&#8217;intermittence, n&#8217;est-ce pas un rapport au temps particulier ? <\/strong> <\/p>\n<p><strong> A.C. <\/strong> Nous avons distingu\u00e9 le temps de l&#8217;emploi par rapport aux autres temporalit\u00e9s qui sont multiples. Certaines sont strictement associ\u00e9es \u00e0 l&#8217;emploi mais invisibles et non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es, comme les r\u00e9p\u00e9titions d&#8217;un spectacle. D&#8217;autres sont consacr\u00e9es \u00e0 des activit\u00e9s telles l&#8217;entretien de comp\u00e9tence ou la mise en place de nouveaux projets. D&#8217;autres encore sont d\u00e9di\u00e9es \u00e0 des activit\u00e9s exerc\u00e9es \u00e0 titre b\u00e9n\u00e9vole: ce sont des moments d&#8217;exp\u00e9rimentation impossibles dans des formes de travail plus norm\u00e9es. Il y a aussi les plages vou\u00e9es \u00e0 l&#8217;enseignement qui sont aujourd&#8217;hui fortement attaqu\u00e9es. Elles permettaient une diffusion des pratiques artistiques amateurs et chez un public jeune, notamment \u00e9tudiant. <\/p>\n<p><strong> M.L. <\/strong> La r\u00e9forme va r\u00e9duire toutes ces temporalit\u00e9s. Il y aura le temps de l&#8217;emploi et celui de la recherche d&#8217;emploi, selon la logique de l&#8217;employabilit\u00e9. Les intermittents ne pourront plus exp\u00e9rimenter. Nous allons vers une normalisation. <\/p>\n<p><strong> Propos recueillis par Marion Rousset <\/strong><\/p>\n<p>Paru dans<em> Regards <\/em> n\u00b053, \u00e9t\u00e9 2008<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-3617 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/capture_d_ecran_2012-12-19_a_11-673.24.51.png'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/12\/capture_d_ecran_2012-12-19_a_11-673.24.51-150x150.png\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"capture_d_ecran_2012-12-19_a_11.24.51.png\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que patronat et syndicats peinent \u00e0 trouver un accord dans les n\u00e9gociations sur la r\u00e9forme du march\u00e9 du travail, Regards ressort de ses archives un article de Marion Rousset sur la situation particuli\u00e8re des intermittents.<\/p>\n","protected":false},"author":573,"featured_media":14382,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[334],"class_list":["post-3617","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives-web","tag-intermittents"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3617","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/573"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3617"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3617\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/14382"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3617"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3617"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3617"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}