{"id":3614,"date":"2008-03-01T00:00:00","date_gmt":"2008-02-29T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/hip-hop-les-danseurs-du-defi3614\/"},"modified":"2008-03-01T00:00:00","modified_gmt":"2008-02-29T23:00:00","slug":"hip-hop-les-danseurs-du-defi3614","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3614","title":{"rendered":"Hip-hop les danseurs du d\u00e9fi"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Le corps, le sol, l&#8217;espace, le public : c&#8217;est de cette fusion que le g\u00e9nie hip-hop est n\u00e9 et qu&#8217;il rena\u00eet, \u00e0 chaque fois, dans la rue ou sur sc\u00e8ne. Du Bronx aux trottoirs de Paris il cumule d\u00e9racinement, \u00e9nergie et rage de vivre. <\/p>\n<p><em> \u00ab N&#8217;oublions pas que notre culture, notre pratique, ce qui nous constitue en tant qu&#8217;artistes, vient de notre d\u00e9racinement ou de celui de nos parents. \u00bb <\/em> Philippe Mourrat, le directeur des Rencontres de la Villette, a retenu ce propos tenu par un chor\u00e9graphe hip-hop lors d&#8217;un d\u00e9bat auquel il assistait r\u00e9cemment. Il d\u00e9finissait ainsi la breakdance comme une fa\u00e7on de se construire sa propre identit\u00e9, entre ce d\u00e9racinement culturel et une soci\u00e9t\u00e9 d&#8217;accueil qui remplit mal sa fonction. <\/p>\n<p>Cette danse, n\u00e9e dans le Bronx dans les ann\u00e9es 1970, arrive en France dix ans plus tard sous l&#8217;impulsion de jeunes, pour beaucoup issus de l&#8217;immigration.<em> \u00ab Les exp\u00e9riences artistiques que nous pr\u00e9sentons dans le cadre du festival se nourrissent d&#8217;une r\u00e9alit\u00e9 sociale souvent contrainte. Celle-ci g\u00e9n\u00e8re un imaginaire, une esth\u00e9tique, un rapport au public, un type d&#8217;\u00e9changes et de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 sp\u00e9cifiques \u00bb <\/em>, analyse Philippe Mourrat.<em> \u00ab La r\u00e9sistance, chez les danseurs de hip-hop, se traduit par un sens du collectif et engendre une fa\u00e7on de bouger, une gestuelle sp\u00e9cifique. \u00bb <\/em> Ainsi, la notion de d\u00e9fi est fondatrice chez ces artistes. Le rapport au corps, au sol, \u00e0 l&#8217;espace et au public est constitutif de leur v\u00e9cu. <\/p>\n<p>Quand ils d\u00e9butent sur le terrain vague au pied du m\u00e9tro La Chapelle, \u00e0 Paris, l&#8217;ambiance n&#8217;\u00e9tait pas \u00e0 la s\u00e9paration entre la salle et la sc\u00e8ne. La foule formait un cercle autour du danseur. Et m\u00eame si le plus virtuose \u00e9tait la vedette d\u00e9sign\u00e9e, chacun pouvait prendre cette place. Ils revendiquent ensuite de passer sur sc\u00e8ne mais la relation qu&#8217;ils entretiennent avec leur public reste marqu\u00e9e par ces origines. Philippe Mourrat le raconte bien :<em> \u00ab J&#8217;ai particip\u00e9 \u00e0 un jury de jeunes compagnies au th\u00e9\u00e2tre de Cachan dans une salle bond\u00e9e. Les artistes, aussit\u00f4t sortis des loges, reviennent dans la salle compos\u00e9e d&#8217;une bonne partie de gens qui pratiquent cette danse. Il y a quelque chose d&#8217;un peu fusionnel entre eux. En Occident, aujourd&#8217;hui, on va au spectacle un peu comme \u00e0 l&#8217;\u00e9glise. Avant le noir, on chuchote, apr\u00e8s, c&#8217;est le silence. La messe va commencer. Pour eux, c&#8217;est l&#8217;inverse. Quand le noir se fait, la f\u00eate, le partage, peuvent commencer. Toute la salle hurle de joie. \u00bb <\/em> Des codes qui rappellent le c\u00f4t\u00e9 d\u00e9brid\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre populaire en Italie. Contre l&#8217;id\u00e9e d&#8217;une forme noble, Florence Dupont, dans Aristote ou le vampire du th\u00e9\u00e2tre occidental, appelle de ses v\u0153ux le retour au spectacle vivant, \u00e0 la performance, \u00e0 un art festif qui laisse la place \u00e0 des interactions entre l&#8217;artiste et son public.  <strong> M.R <\/strong><\/p>\n<p>Paru dans<em> Regards <\/em> n\u00b049, mars 2008<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Le corps, le sol, l&#8217;espace, le public : c&#8217;est de cette fusion que le g\u00e9nie hip-hop est n\u00e9 et qu&#8217;il rena\u00eet, \u00e0 chaque fois, dans la rue ou sur sc\u00e8ne. 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