{"id":3610,"date":"2008-05-01T00:00:00","date_gmt":"2008-04-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/ou-sont-passes-les-intellos3610\/"},"modified":"2008-05-01T00:00:00","modified_gmt":"2008-04-30T22:00:00","slug":"ou-sont-passes-les-intellos3610","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3610","title":{"rendered":"O\u00f9 sont pass\u00e9s les intellos critiques ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Les intellectuels ont-ils quitt\u00e9 les luttes? Entre la crise des sciences humaines \u00e0 l&#8217;Universit\u00e9, les transformations des m\u00e9dias et de l&#8217;\u00e9dition, pour un jeune chercheur, il est bien difficile de se faire une place et, surtout, d&#8217;avoir son mot \u00e0 dire&#8230; <\/p>\n<p>A la t\u00e9l\u00e9vision, depuis environ trente ans, on aper\u00e7oit presque les m\u00eames visages d&#8217;intellectuels. Ils ont juste vieilli. Les noms, on les conna\u00eet : Bernard-Henri L\u00e9vy, Pierre Rosanvallon, Alain Finkielkraut, Max Gallo, Andr\u00e9 Glucksmann, Alain Minc, Pascal Bruckner&#8230; Ils se succ\u00e8dent, s&#8217;invectivent, parfois, se congratulent, souvent. Et sont l\u00e0 pour vendre leurs livres. Seule fantaisie, les pr\u00e9sentateurs-journalistes ont chang\u00e9, ont adopt\u00e9 un nouveau \u00abstyle\u00bb: du Pivot d&#8217;Apostrophes, on est pass\u00e9 au Tadde\u00ef de Ce soir ou jamais&#8230;<\/p>\n<p>Sur ces plateaux de t\u00e9l\u00e9 donc, \u00e7a ne respire pas la jeunesse, \u00e7a tourne en rond. Et en plus, on n&#8217;y ressent pas vraiment le souffle de la contestation, plut\u00f4t celui de la r\u00e9action. M\u00eame<em> Le Nouvel Observateur <\/em> se demandait en pleine campagne pr\u00e9sidentielle l&#8217;ann\u00e9e derni\u00e8re:<em> \u00abLes intellos virent-ils \u00e0 droite\u00bb <\/em> <\/p>\n<p><strong> DU COL MAO AU ROTARY <\/strong><\/p>\n<p>Mais ces derniers :la plupart des ex-maos de Mai-68: n&#8217;ont-ils pas \u00e9t\u00e9 de droite depuis fort longtemps? On conna\u00eet leur histoire justement. N&#8217;ayant pas r\u00e9ussi \u00e0 \u00eatre les id\u00e9ologues du soul\u00e8vement de Mai, ils auront \u00e9t\u00e9 ceux de \u00abla mort des id\u00e9ologies\u00bb. Des fossoyeurs en somme: les parangons de la r\u00e9volution n\u00e9oconservatrice des ann\u00e9es 1980. <\/p>\n<p>On se souvient de Guy Hocquenghem et de sa<em> Lettre ouverte \u00e0 ceux qui sont pass\u00e9s du col Mao au Rotary <\/em>\u00a0qu&#8217;il \u00e9crivit en 1985 telle une bouteille \u00e0 la mer:<em> \u00abCher ex-contestataires, le retour de la droite ne vous rendra pas votre jeunesse. Mais c&#8217;est bien la gauche au pouvoir qui vous l&#8217;a fait perdre. D\u00e9finitivement. Ce fut sous Mitterrand que vous vous \u00eates \u00abnormalis\u00e9s\u00bb; et sous Fabius que vous avez vir\u00e9 votre cuti. Pour devenir les n\u00e9o-bourgeois des ann\u00e9es 1980, les maos-gauchos-contestos crachant sur leur pass\u00e9 ont profit\u00e9 de l&#8217;hypocrisie nationale que fut le pouvoir socialiste. Sous lui, ils s&#8217;install\u00e8rent dans tous les fromages. Plus que personne, ils s&#8217;en goinfr\u00e8rent.\u00bb <\/em><\/p>\n<p>Faisant partie de la m\u00eame \u00abg\u00e9n\u00e9ration\u00bb, Guy Hocquenghem finit par se d\u00e9tacher d&#8217;une telle notion:<em> \u00abCe mot me r\u00e9pugne d&#8217;instinct, bloc coagul\u00e9 de d\u00e9ceptions et de copinages.\u00bb <\/em> A ce propos, Fran\u00e7ois Cusset, historien des id\u00e9es, se demande:<em> \u00abUn grand nombre des id\u00e9ologues des ann\u00e9es 1980 sont d&#8217;anciens gauchistes. Il y a une promiscuit\u00e9 d\u00e9mographique presque affolante de ce groupe-l\u00e0 : n\u00e9s en gros entre 1940 et 1950, ils contr\u00f4lent aujourd&#8217;hui tous les leviers de pouvoir. C&#8217;est une g\u00e9n\u00e9ration qui est rest\u00e9e contin\u00fbment sur le devant de la sc\u00e8ne, depuis ses vingt ans et les barricades de 1968 jusqu&#8217;\u00e0 aujourd&#8217;hui, en passant par l&#8217;invention du gauchisme culturel et convivial des ann\u00e9es 1980. Comment ne pas tenir compte, d\u00e8s lors, du facteur g\u00e9n\u00e9rationnel\u00bb <\/em> Mais le chercheur d&#8217;ajouter deux b\u00e9mols:<em> \u00abD&#8217;abord contre la logique r\u00e9trospective: on pr\u00e9sente comme in\u00e9vitable cette m\u00e9tamorphose de l&#8217;ancien gauchiste en patron autocrate. Or 1968 a \u00e9t\u00e9 l&#8217;histoire de plusieurs dizaines de milliers de militants anonymes, qui surv\u00e9curent plus ou moins bien au d\u00e9senchantement mais ne sont pas tous devenus essayistes ou journalistes en vue. (&#8230;) Et puis cette logique g\u00e9n\u00e9rationnelle a \u00e9t\u00e9 largement mise en avant par la d\u00e9cennie 1980, du jeunisme \u00e0 la sociologie de magazine, ce qui suffit \u00e0 la rendre suspecte : c&#8217;est de notre date de naissance, en a-t-on conclu, que d\u00e9pendrait notre r\u00f4le social, on ne serait le produit que de la d\u00e9cennie o\u00f9 l&#8217;on est n\u00e9. Autre fa\u00e7on d&#8217;interdire l&#8217;action, de d\u00e9sarmorcer la critique. De \u00abnaturaliser\u00bb l&#8217;ordre social.\u00bb <\/em> <\/p>\n<p><strong> BESOIN DE REFERENCES <\/strong><\/p>\n<p>Et justement, pourquoi serait-ce encore aujourd&#8217;hui qu&#8217;une affaire de g\u00e9n\u00e9ration? Pourquoi avons-nous ce sentiment de solitude? Pourquoi ressentons-nous tant l&#8217;absence des \u00abintellectuels\u00bb \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de nos combats? Pourquoi avons-nous l&#8217;impression que ces derniers choisissent le silence en ces temps de destruction? Pourquoi semblons-nous attendre une rel\u00e8ve qui ne semble pas venir? <\/p>\n<p>Beaucoup de questions qui semblent rester sans r\u00e9ponses&#8230; Peut-\u00eatre parce que nous nous r\u00e9f\u00e9rons encore \u00e0 cette figure de l&#8217;intellectuel universaliste \u00ab\u00e0 la fran\u00e7aise\u00bb qui a parcouru notre histoire, ou encore \u00e0 celle des compagnons de route du Grand Soir&#8230; Or, depuis que Sartre participa \u00e0 la cr\u00e9ation du Nouvel Observateur ou de Lib\u00e9ration, professionnalisation et sp\u00e9cialisation du travail intellectuel ont contribu\u00e9 \u00e0 s\u00e9parer davantage les fonctions d&#8217;universitaires et d&#8217;\u00e9ditorialistes de presse.<em> \u00abProduction et mise en forme des id\u00e9es ont chang\u00e9 de r\u00f4le <\/em>, remarque Fran\u00e7ois Cusset.<em> Autrefois, l&#8217;activit\u00e9 intellectuelle avait deux fonctions, rarement conjointes : une fonction savante, de production universitaire de la \u00abv\u00e9rit\u00e9\u00bb; et une fonction critique, en d\u00e9fiant le pouvoir au nom des opprim\u00e9s. L&#8217;espace de l&#8217;intellectuel s&#8217;\u00e9tendait entre ces deux bornes.\u00bb <\/em><\/p>\n<p>Depuis, l&#8217;essor des m\u00e9dias audiovisuels ces derniers vingt ans a creus\u00e9 le foss\u00e9 entre intellos m\u00e9diatiques :les fast-thinkers comme les appelait Bourdieu: et les chercheurs universitaires, davantage proches de l&#8217;id\u00e9e de \u00abl&#8217;intellectuel sp\u00e9cifique\u00bb ch\u00e8re \u00e0 Michel Foucault. R\u00e9sultat, alors que la t\u00e9l\u00e9vision est devenue l&#8217;espace-roi des moralistes de pacotille, nous recherchons tant bien que mal quelques r\u00e9f\u00e9rences en dehors&#8230;<\/p>\n<p>D&#8217;autant plus qu&#8217;il y a quelque temps encore, on pouvait se rassurer en \u00e9voquant d&#8217;autres noms, des \u00abgrands\u00bb noms qui parfois utilis\u00e8rent leur renomm\u00e9e scientifique pour prendre position aux c\u00f4t\u00e9s du mouvement social: les uns apr\u00e8s les autres ils disparurent, parfois trop vite, \u00e0 tel point qu&#8217;aujourd&#8217;hui, certains \u00e9prouvent le besoin d&#8217;expliquer \u00abpourquoi Bourdieu nous manque\u00bb. Et \u00e0 l&#8217;automne, beaucoup ont expliqu\u00e9 le succ\u00e8s surprise du petit livre d&#8217;Alain Badiou,<em> De quoi Sarkozy est-il le nom? <\/em>, appelant \u00e0 ne pas renoncer \u00e0<em> \u00abl&#8217;hypoth\u00e8se communiste\u00bb <\/em>, par cette demande militante de figures tut\u00e9laires, au moment o\u00f9 une quelconque dynamique politique (et globale) se fait toujours attendre&#8230; Un peu comme si les \u00abId\u00e9es\u00bb, \u00e0 elles seules, pouvaient changer la vie. Reste que si le r\u00f4le des intellectuels a \u00e9volu\u00e9 ces derni\u00e8res d\u00e9cennies par rapport aux luttes, avec notamment l&#8217;abandon d&#8217;une certaine \u00abconscience de tous\u00bb, la crise que traverse l&#8217;Universit\u00e9 actuellement fait que bien peu de jeunes chercheurs se permettent de prendre position&#8230;<\/p>\n<p><strong> LA LUTTE DES PLACES <\/strong><\/p>\n<p>De fait, les intellos critiques ont laiss\u00e9 la place aux fameux \u00abintellos pr\u00e9caires\u00bb, et le renouvellement intellectuel tant attendu s&#8217;en ressent. Quoi de plus normal lorsque, lors du recensement de 1999, on comptabilisait 38,2% de dipl\u00f4m\u00e9s du sup\u00e9rieur pour la tranche d&#8217;\u00e2ge des 25-30 ans, contre 7,8% parmi les plus de 60 ans&#8230; Cons\u00e9quence: chez ces intellos \u00abnouvelle g\u00e9n\u00e9ration\u00bb, issus de la d\u00e9mocratisation scolaire, les griefs contre les baby-boomers s&#8217;accumulent, et notamment au sein de l&#8217;Universit\u00e9 devant la rar\u00e9faction des postes:<em> \u00abL&#8217;universit\u00e9 m&#8217;emploie \u00e0 110%, paie mes vacations deux fois par an et ne me laisse aucun espoir pour l&#8217;avenir&#8230; Je fais ce que je peux pour rester dans le circuit, mais je pense que psychologiquement je ne tiendrai plus longtemps comme \u00e7a <\/em>, confie une vacataire de Paris X Nanterre.<em> C&#8217;est tr\u00e8s difficile financi\u00e8rement, mais aussi moralement de voir des titulaires, qui ont le m\u00eame dipl\u00f4me que moi, mais qui sont simplement n\u00e9s vingt ans plus t\u00f4t, me consid\u00e9rer comme une moins que rien et exiger de nous une perfection en mati\u00e8re de CV alors qu&#8217;ils sont loin d&#8217;atteindre ce qu&#8217;ils exigent pour nous que ce soit en mati\u00e8re de publications ou d&#8217;enseignements.\u00bb <\/em><\/p>\n<p>La nouvelle formule magique des cursus de recherche, c&#8217;est le post-doctorat, ou \u00abpost-doc\u00bb. En clair, pass\u00e9 le master (bac + 5) et 4 \u00e0 5 ans de doctorat, la r\u00e8gle veut d\u00e9sormais qu&#8217;on consolide son CV avec des contrats \u00e0 dur\u00e9e d\u00e9termin\u00e9e en laboratoire. Pour un jeune chercheur, il n&#8217;est pas rare d&#8217;encha\u00eener deux \u00e0 trois ann\u00e9es de ces contrats, voire un peu plus. R\u00e9sultat, s&#8217;est constitu\u00e9, en quelques ann\u00e9es, un v\u00e9ritable prol\u00e9tariat de la recherche, corv\u00e9able \u00e0 merci, et maintenu aux t\u00e2ches les moins reconnues (travail de terrain, recherche bibliographique, constitution de bases de donn\u00e9es, codage&#8230;), lesquelles ne permettent pas d&#8217;approfondir analyses et r\u00e9flexions critiques&#8230;<\/p>\n<p>A l&#8217;Universit\u00e9, le pire est \u00e0 venir: la \u00abr\u00e9forme\u00bb sur l&#8217;autonomie des universit\u00e9s risque de mutiplier ces postes de contractuels. Sans compter que les sciences humaines et sociales sont menac\u00e9es au CNRS, et que les laboratoires voient d&#8217;ann\u00e9e en ann\u00e9e leur budget se r\u00e9duire consid\u00e9rablement. En quelques ann\u00e9es, les universitaires sont devenus de plus en plus tributaires de la commande, des appels d&#8217;offres, qui d\u00e9terminent les moyens et donc la direction dans laquelle s&#8217;orienteront leurs recherches:<em> \u00abLes contrats de recherche sont de plus en plus courts\u00bb <\/em>, remarque Laurent Bonelli, chercheur \u00e0 Paris X.<\/p>\n<p>Avec une lutte des places de plus en plus f\u00e9roce, le conformisme se g\u00e9n\u00e9ralise, le n\u00e9potisme et les r\u00e9actions f\u00e9odales \u00e9galement. Au point qu&#8217;en juin, dans Le Monde, l&#8217;enseignant Fran\u00e7ois Cl\u00e9ment poussait un coup de gueule:<em> \u00abLe recrutement d&#8217;enseignants-chercheurs rel\u00e8ve du maquignonnage.\u00bb <\/em><\/p>\n<p>Et comme il faut savoir durer afin de cultiver le r\u00e9seau des relations susceptibles de fournir un emploi stable, une consigne est de plus en plus respect\u00e9e: surtout ne pas appara\u00eetre \u00abmilitant\u00bb, faire profil bas, choisir des sujets tr\u00e8s acad\u00e9miques. Car, comme chacun sait, qui veut noyer son chien l&#8217;accuse d&#8217;avoir la rage&#8230; Ce d\u00e9tachement universitaire, sacralis\u00e9 \u00e0 travers le mythe de la<em> \u00abneutralit\u00e9 axiologique\u00bb <\/em> chez Max Weber, am\u00e8ne \u00e0 ce que Jack London appelait d\u00e9j\u00e0<em> \u00abla poursuite sans passion de l&#8217;intelligence sans passion\u00bb <\/em>. <\/p>\n<p><strong> JOUER COLLECTIF <\/strong><\/p>\n<p>Alors, bien s\u00fbr, il existe en ce moment de tr\u00e8s fortes mobilisations au sein de la recherche, avec de nombreux collectifs qui se sont mis en place:<em> \u00abCes luttes ne sont pas visibles <\/em>, constate le sociologue Fr\u00e9d\u00e9ric Lebaron, par ailleurs pr\u00e9sident du collectif Raisons d&#8217;Agir.<em> On est pourtant en train de se bagarrer pour sauver les sciences humaines et sociales au sein du CNRS et de l&#8217;Universit\u00e9. Or, beaucoup de choses sont en train de se jouer dans ces disciplines fondamentales.\u00bb <\/em> Surtout lorsque ces mati\u00e8res sont elles-m\u00eames menac\u00e9es au lyc\u00e9e:<em> \u00abOn assiste \u00e0 une attaque g\u00e9n\u00e9rale contre tous les r\u00e9servoirs de savoir critique <\/em>, confirme de son c\u00f4t\u00e9 Laurent Bonelli,<em> les menaces \u00e0 l&#8217;\u00e9gard des sciences \u00e9conomiques et sociales au lyc\u00e9e sont tr\u00e8s inqui\u00e9tantes.\u00bb <\/em><\/p>\n<p>Fid\u00e8le \u00e0 l&#8217;id\u00e9e de \u00abl&#8217;intellectuel collectif\u00bb propos\u00e9 par Pierre Bourdieu, Fr\u00e9d\u00e9ric Lebaron, reconna\u00eet toutefois que s&#8217;il est n\u00e9cessaire<em> \u00abde d\u00e9tecter les bons travaux, et de se demander quels pourraient \u00eatre leurs d\u00e9bouch\u00e9s, il n&#8217;est pas \u00e9vident de trouver des jeunes chercheurs qui acceptent de confronter leurs travaux \u00e0 un public plus large \u00e0 travers des publications\u00bb <\/em>.<\/p>\n<p>Et demander \u00e0 des chercheurs de \u00abjouer collectif\u00bb est parfois p\u00e9rilleux dans un univers qui reste fortement marqu\u00e9 pas les ego. R\u00e9sultat, ces entreprises critiques ont tendance \u00e0 n&#8217;exister qu&#8217;un temps. Du mouvement social de 1995, il n&#8217;y a gu\u00e8re que la fondation Copernic ou le collectif Raisons d&#8217;Agir qui subsistent&#8230; Mais sur certaines questions ponctuelles, comme l&#8217;immigration ces derniers mois, les scientifiques ont montr\u00e9 qu&#8217;ils \u00e9taient encore largement capables de s&#8217;impliquer politiquement. A travers le r\u00e9seau scientifique Terra, des jeunes chercheurs ont r\u00e9ussi \u00e0 multiplier les contacts avec des associations comme RESF, et \u00e0 intervenir publiquement de nombreuses fois. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, de jeunes \u00abintellectuels\u00bb ont \u00e9galement particip\u00e9 \u00e0 des centaines de conf\u00e9rences,<em> \u00abet on a bien vu le r\u00e9sultat de tout ce travail p\u00e9dagogique lors du TCE ou sur la question des m\u00e9dias\u00bb <\/em>, estime Laurent Bonelli.<\/p>\n<p>Face \u00e0 la forte demande sociale,<em> \u00abl&#8217;enjeu est bien de raccourcir les d\u00e9lais tout en conservant la qualit\u00e9 scientifique des travaux\u00bb <\/em>, rappelle Fr\u00e9d\u00e9ric Lebaron.<em> \u00abEffectivement, poser la critique prend du temps, <\/em> souligne Laurent Bonelli.<em> C&#8217;est le prix \u00e0 payer pour ne pas tomber dans de fausses oppositions, ou de faux probl\u00e8mes&#8230; Si on dit seulement Sarko, c&#8217;est mal, on rate l&#8217;enjeu de la critique, car il est davantage n\u00e9cessaire de r\u00e9fl\u00e9chir sur les conditions de possibilit\u00e9 du discours de Sarkozy.\u00bb <\/em> En effet, si l&#8217;enjeu est r\u00e9duit \u00e0 la seule sauvegarde de la classe des \u00abintellectuels\u00bb, le risque est bien que tout le monde tourne en rond&#8230; <\/p>\n<p><strong> M.E. <\/strong><\/p>\n<p>Paru dans<em> Regards <\/em> n\u00b050 avril 2008<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Les intellectuels ont-ils quitt\u00e9 les luttes? 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