{"id":3606,"date":"2008-05-01T00:00:00","date_gmt":"2008-04-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/les-partis-attirent-donc-encore3606\/"},"modified":"2008-05-01T00:00:00","modified_gmt":"2008-04-30T22:00:00","slug":"les-partis-attirent-donc-encore3606","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3606","title":{"rendered":"Les partis attirent donc encore les jeunes ?"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Le Pen au second tour, la loi Fillon, le r\u00e9f\u00e9rendum sur l&#8217;Europe, le k\u00e4rcher, le CPE&#8230; Les jeunes ont connu en six ans une succession de motifs de mobilisation. Des vagues d&#8217;adh\u00e9sions ont parfois suivi. Y resteront-ils pour autant ? <\/p>\n<p>Hiver 1990, un samedi apr\u00e8s-midi, une r\u00e9union des membres de la FIDL (1), le syndicat lyc\u00e9en cr\u00e9\u00e9 dans le giron de SOS Racisme et de la Gauche socialiste. Depuis le bureau, on aper\u00e7oit des manifestants hostiles \u00e0 la guerre du Golfe. Un vote sur l&#8217;entr\u00e9e en guerre de la France \u00e0 l&#8217;Assembl\u00e9e nationale doit avoir lieu quelques jours plus tard. Mais les militants de la FIDL sont riv\u00e9s \u00e0 leur table, l&#8217;ordre du jour ne pr\u00e9voit aucun point sur la guerre en Irak : le chef tut\u00e9laire, Julien Dray, n&#8217;a pas encore d\u00e9cid\u00e9 ce qu&#8217;il voterait. Les cadres sont suffisamment fermes pour que personne n&#8217;ose contrer l&#8217;absence de d\u00e9bats. Une semaine plus tard, quand le chef aura pris sa d\u00e9cision, les m\u00eames dirigeants pousseront les militants de la FIDL \u00e0 cr\u00e9er des comit\u00e9s locaux contre la guerre. Un exemple parmi d&#8217;autres de ces ann\u00e9es o\u00f9 \u00eatre militant dans un syndicat ou une organisation de jeunesse signifiait aller dans le sens de ses dirigeants, m\u00eame si on jurait que le mouvement \u00e9tait \u00ab autonome \u00bb. Ces pratiques, qui sont loin d&#8217;avoir disparu, ont \u00e9t\u00e9 au c\u0153ur d&#8217;une p\u00e9riode o\u00f9 les jeunes ont d\u00e9sert\u00e9 les partis politiques, les syndicats \u00e9tudiants pour occuper plut\u00f4t l&#8217;espace dit du mouvement social. Dix-sept ans plus tard, on retrouve la FIDL en t\u00eate des cort\u00e8ges lyc\u00e9ens mais le paysage a bien chang\u00e9. A c\u00f4t\u00e9 d&#8217;une pr\u00e9sence syndicale plus forte : UNL, UNEF ou SUD :, on note aussi la place prise par les organisations de jeunes : MJCF, JCR, MJS, Jeunes Verts, JRG (2). Cela fait quelques ann\u00e9es qu&#8217;on les voit aussi plus souvent dans les manifs de sans-papiers ou dans les r\u00e9quisitions des logements vacants. Les partis politiques attirent donc encore des jeunes ?<\/p>\n<p><strong> D\u00c9MONSTRATION DE FORCE <\/strong><\/p>\n<p>Les pratiques n&#8217;ont gu\u00e8re chang\u00e9. Les manifestations restent le lieu privil\u00e9gi\u00e9 pour faire preuve de ses capacit\u00e9s de mobilisation. Chacun y va de ses stickers, banderoles, drapeaux et camion sono. Et il suffit de parler \u00e0 un membre de la JC pour en savoir un peu plus sur le MJS ou la JCR, et inversement. C&#8217;est toujours mieux chez soi. Mais derri\u00e8re la devanture h\u00e9rit\u00e9e des pratiques des ann\u00e9es 1970 et 1980, on sent des ouvertures dans le discours et une parano\u00efa moindre envers les autres organisations. Dans le mouvement lyc\u00e9en du printemps 2008, on croise ainsi Guillaume, 15 ans, au lyc\u00e9e Gustave-Eiffel \u00e0 Cachan. Il a adh\u00e9r\u00e9 au Mouvement des jeunesses communistes fin 2007.<em> \u00ab On peut d\u00e9battre de ses id\u00e9es politiques, il y a une tr\u00e8s bonne ambiance. \u00bb <\/em> Pour lui, \u00eatre communiste, cela a un sens m\u00eame si l&#8217;image du PCF est tr\u00e8s \u00e9corn\u00e9e.<em> \u00ab C&#8217;est \u00eatre un jeune engag\u00e9, montrer qu&#8217;on a envie de se battre et de faire de la politique. \u00bb <\/em> L&#8217;engagement de Sarah, 17 ans, est aussi assez r\u00e9cent. En seconde g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 Nanterre, elle a rejoint la JCR en d\u00e9cembre dernier.<em> \u00ab Je voulais comprendre certaines choses et la pr\u00e9sence de militants JCR au lyc\u00e9e a \u00e9t\u00e9 le d\u00e9clencheur. Quand on voit que tout va mal, militer, c&#8217;est une r\u00e9ponse \u00e0 comment s&#8217;en sortir, \u00e0 comment ne pas se sentir seul. Cela fait du bien de savoir qu&#8217;il y a d&#8217;autres politiques possibles. \u00bb <\/em> Alexis Prokopiev, 24 ans, secr\u00e9taire f\u00e9d\u00e9ral des Jeunes Verts a, lui, fait ses premi\u00e8res exp\u00e9riences \u00e0 Greenpeace quand il avait 19 ans.<em> \u00ab A cette \u00e9poque, j&#8217;avais une image tr\u00e8s d\u00e9grad\u00e9e de la politique, je voyais cela plut\u00f4t comme quelque chose de dangereux et d&#8217;\u00e9lististe. \u00bb <\/em> Mais il y a eu la campagne pr\u00e9sidentielle de 2002, les premi\u00e8res distributions de tracts pour No\u00ebl Mam\u00e8re, et surtout le 21 avril.<em> \u00ab Tout s&#8217;est enclench\u00e9. Imm\u00e9diatement, j&#8217;imprimais des tracts et passais mon temps \u00e0 mobiliser mon lyc\u00e9e. Ensuite, j&#8217;ai adh\u00e9r\u00e9 chez les Jeunes Verts et les Verts. \u00bb <\/em> Pour les plus \u00e2g\u00e9s d&#8217;entre eux, le 21 avril 2002 constitue en effet un moment cl\u00e9. C&#8217;est ce qui a aussi conduit Laur\u00e8ne Pasquier, 23 ans et aujourd&#8217;hui secr\u00e9taire nationale \u00e0 la sant\u00e9 du Mouvement des jeunes socialistes, \u00e0 adh\u00e9rer en m\u00eame temps au MJS et au PS.<em> \u00ab J&#8217;\u00e9tais tr\u00e8s critique sur la gauche plurielle et la mani\u00e8re dont le PS s&#8217;\u00e9tait inscrit dans le mouvement social <\/em>, explique-t-elle.<em> Je le trouvais trop \u00e9loign\u00e9 de la \u00abvraie vie\u00bb. Mais j&#8217;ai finalement rejoint le PS, car je me suis retrouv\u00e9e dans l&#8217;id\u00e9al socialiste. \u00bb <\/em><\/p>\n<p>\u00ab R\u00e9sistance \u00bb, entend-on dans les manifs. \u00ab R\u00e9sister \u00bb, peut-on lire dans les multiples tracts, \u00ab Faire de la politique autrement, disent ces jeunes militants. Il y a quinze ans, cela se traduisait par faire de la politique en dehors des partis. Les jeunes des ann\u00e9es 2000 ont d\u00e9cid\u00e9, au contraire, de les r\u00e9int\u00e9grer.<em> \u00ab Cette g\u00e9n\u00e9ration a connu plus de luttes que les pr\u00e9c\u00e9dentes et donc plus de militants politiques <\/em>, explique Alice Pelletier, trentenaire, entr\u00e9e \u00e0 la JCR en 1994 et aujourd&#8217;hui membre de la LCR.<em> Ces jeunes ont eu plus de relations avec les partis politiques, ce qui explique qu&#8217;ils s&#8217;engagent plus. Et comme ils ont fait leurs propres exp\u00e9riences, cela les arme face aux machines que sont les partis. \u00bb <\/em> Karima Delli, 28 ans, aujourd&#8217;hui secr\u00e9taire f\u00e9d\u00e9rale des Jeunes Verts, estime que leur engagement est li\u00e9 aux d\u00e9faillances de leurs a\u00een\u00e9s.<em> \u00ab C&#8217;est \u00e0 nous d&#8217;essayer de faire autre chose. Notre g\u00e9n\u00e9ration n&#8217;a connu que des dirigeants de droite. On tape tout le temps sur la jeunesse, notre g\u00e9n\u00e9ration a un avenir interdit. On est presque oblig\u00e9 de se r\u00e9volter ! \u00bb <\/em> <\/p>\n<p><strong> ORGANISER, CONTR\u00d4LER, FORMER <\/strong><\/p>\n<p>Rares sont ceux qui, membres d&#8217;une organisation de jeunesse, en critiquent le fonctionnement. Tous disent s&#8217;y sentir libres et accepter les r\u00e8gles pos\u00e9es par leurs a\u00een\u00e9s. Beaucoup aiment \u00e0 rappeler l&#8217;autonomie de leurs organisations, en pr\u00e9cisant toujours qu&#8217;ici, on est plus autonome que l\u00e0. Car une des grandes craintes chez les adh\u00e9rents demeure la manipulation par les tutelles ou l&#8217;usage de jeunes comme \u00ab chair \u00e0 canon \u00bb, dont le parti se sert le temps des campagnes et l&#8217;oublie ensuite au gr\u00e9 de ses soubresauts. L&#8217;autonomisation du MJS, r\u00e9alis\u00e9e en 1994, a permis \u00e0 ce mouvement de retrouver des forces vives. Aujourd&#8217;hui, moins de 50 % de ses adh\u00e9rents ont leur carte au PS. Idem au Mouvement des jeunes communistes o\u00f9, apr\u00e8s deux d\u00e9cennies d&#8217;effondrement, les adh\u00e9sions sont revenues en avril 2002 et au moment du CPE, sans que les jeunes adh\u00e8rent plus au PCF. <\/p>\n<p>Mais autonomes ou pas, la vie du parti d\u00e9teint toujours sur l&#8217;organisation de jeunesse, notamment par le jeu des tendances. Le MJS et la JCR sont travers\u00e9s par les tendances de leurs partis. Les Jeunes Verts et les JC disent avoir fait le choix de s&#8217;en \u00e9loigner.<em> \u00ab Notre souci, c&#8217;est de trouver comment porter les revendications des jeunes et changer leurs vies, explique C\u00e9dric Cl\u00e9rin, secr\u00e9taire national du Mouvement des jeunesses communistes. Les d\u00e9bats du parti, il faut faire en sorte qu&#8217;ils ne se transposent pas dans notre organisation, le parti est fait pour cela. On veut aussi l&#8217;\u00e9viter car cela \u00e9carte les jeunes de la politique. \u00bb <\/em> <\/p>\n<p>Ensuite, ces organisations de jeunesse demeurent un lieu privil\u00e9gi\u00e9 de formation des futurs cadres des partis. Tout simplement parce qu&#8217;arriv\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e2ge adulte, les militants issus de ces organisations ont un temps d&#8217;avance important sur leurs camarades. Tous ont \u00e0 peu pr\u00e8s les m\u00eames m\u00e9thodes avec leur particularit\u00e9 propre \u00e0 leurs histoires : lectures, s\u00e9minaires, r\u00e9unions th\u00e9matiques, d\u00e9bats, formation pratique. Et qu&#8217;ils en aient 15 ou 25 ans, ces militants disent tous trouver dans ces organisations le moyen d&#8217;apprendre et de se faire entendre. <\/p>\n<p>Le risque, c&#8217;est d&#8217;avoir des processus de formation ennuyeux et dogmatiques qui soient rebutants ou excluants, comme \u00e0 LO, qui proc\u00e8de par l&#8217;\u00e9litisme et la cooptation. Au MJS, on dit vouloir pr\u00e9server les plus jeunes, pour ne pas \u00ab cramer \u00bb ces forces vives fragiles. A la JC, on dit \u00ab prendre les jeunes l\u00e0 o\u00f9 ils sont mais ne pas les laisser l\u00e0 o\u00f9 ils sont \u00bb. <\/p>\n<p>Ind\u00e9niablement, ces organisations sont des sas pour les futurs cadres du parti. Chez les Verts, on y est plut\u00f4t oppos\u00e9.<em> \u00ab Notre but n&#8217;est pas de former de cadres pour le parti, c&#8217;est d&#8217;\u00eatre un lieu de formation \u00e0 l&#8217;\u00e9cologie politique et aux id\u00e9es vertes \u00bb <\/em>, rappelle Alexis Prokopiev.<em> \u00ab On n&#8217;est pas au service d&#8217;un leader ou d&#8217;un parti <\/em>, pr\u00e9cise Karima Delli.<em> Il n&#8217;y a pas d&#8217;interface entre la direction des Verts et les jeunes Verts. Surtout, on n&#8217;est pas l\u00e0, comme \u00e0 l&#8217;UMP, pour faire du merchandising et distribuer des tongs sur les plages. \u00bb <\/em> <\/p>\n<p>Demeure la question essentielle de la ligne politique de ces organisations. Le fonctionnement autonome, avec leur propre \u00e9laboration de contributions, r\u00e9flexions, campagnes, serait le gage d&#8217;une ligne ind\u00e9pendante de celle du \u00ab parti-m\u00e8re \u00bb. Si cela est apparent sur certains sujets, par exemple quand le MJS d\u00e9nonce la position du PS sur l&#8217;immigration, la proximit\u00e9 para\u00eet n\u00e9anmoins toujours forte entre les organisations de jeunesse et leurs<\/p>\n<p>tutelles id\u00e9ologiques. Surtout il est difficile de mesurer si, finalement, ces organisations arrivent \u00e0 peser sur les orientations de leur parti.<\/p>\n<p><strong> ET LES MOUVEMENTS SOCIAUX ? <\/strong><\/p>\n<p>Chez ces jeunes, le rejet ou la m\u00e9fiance envers les partis politiques semble moins forte (m\u00eame si les succ\u00e8s du Modem ou de la LCR peuvent aussi s&#8217;expliquer par cela). Surtout, il ne para\u00eet plus contradictoire chez ces jeunes gens de cumuler un engagement dans le mouvement social et au sein de partis politiques. On est loin du d\u00e9bat sur l&#8217;autonomie des mouvements sociaux, qui occupa l&#8217;espace militant entre 1995 et 2002. Ainsi pour Alexis Prokopiev, c&#8217;est l&#8217;engagement dans un parti qui permettra de faire de<em> \u00ab l&#8217;\u00e9cologie concr\u00e8te \u00bb <\/em>.<em> \u00ab Evidemment, il est n\u00e9cessaire que des mouvements comme Greenpeace existent. Mais pour imposer le tri s\u00e9lectif, encourager les nouveaux modes de production d&#8217;\u00e9nergie, etc., il faut des lois et on ne peut le faire qu&#8217;en faisant de la politique. \u00bb <\/em> On n&#8217;est gu\u00e8re \u00e9tonn\u00e9 de voir ces doubles engagements chez les Jeunes Verts, o\u00f9 nombre de leurs a\u00een\u00e9s justifient justement l&#8217;appartenance aux mouvements sociaux et alternatifs. Cela est plus singulier au MJS si l&#8217;on regarde la longue incompr\u00e9hension des socialistes avec ces mouvements. Mais, pour Laur\u00e8ne Pasquier,<em> \u00ab au contraire, c&#8217;est cela qui nous permet de faire de la politique autrement \u00bb <\/em>. Tous d&#8217;ailleurs \u00e9voquent de nouvelles pratiques tout en ignorant qu&#8217;ils utilisent le r\u00e9pertoire d&#8217;actions et de visibilit\u00e9s cr\u00e9\u00e9es dans les ann\u00e9es 1990 avec les mouvements des sans.<\/p>\n<p>Reste \u00e0 voir sur le long terme ce que produiront ces engagements dans des mouvements beaucoup moins marqu\u00e9s id\u00e9ologiquement. On trouve ainsi des membres du MJS, des Jeunes Verts, de la JCR dans Jeudi-Noir. Ainsi que Quitterie Delmas, du Modem, qui les soutient depuis longtemps.<em> \u00ab On doit d\u00e9passer nos appartenances et nos sensibilit\u00e9s <\/em>, souligne-t-elle.<em> Cela participera aux grandes recompositions politiques, qui permettront justement de construire une alternative. C&#8217;est cela qu&#8217;il faut r\u00e9ussir \u00e0 transformer. \u00bb <\/em> <\/p>\n<p><strong> \u00c0 LA RECHERCHE DU JEUNE PR\u00c9CAIRE <\/strong><\/p>\n<p>Si des \u00e9volutions structurelles et id\u00e9ologiques sont ind\u00e9niables en leur sein, les organisations de jeunesse sont n\u00e9anmoins travers\u00e9es aujourd&#8217;hui par des questionnements fondamentaux. Notamment la difficult\u00e9 \u00e0 imposer la parit\u00e9 et une diversit\u00e9 parmi leurs militants. Karima Delli est ainsi rest\u00e9e chez les Jeunes Verts parce cette organisation a une direction paritaire (un homme, une femme) et parce que le parti les Verts est<em> \u00ab plus f\u00e9minis\u00e9 et plus m\u00e9tiss\u00e9 qu&#8217;ailleurs \u00bb <\/em>. Pour Alexis Prokopiev, c&#8217;est un point essentiel.<em> \u00ab Quand on habite un quartier d\u00e9favoris\u00e9, comme ce fut mon cas, et qu&#8217;on conna\u00eet d&#8217;autres facteurs de discriminations, comme son nom, le nom de son \u00e9cole ou de son quartier, on a du mal \u00e0 se dire : \u00abTiens, je vais faire de la politique.\u00bb Il y existe une autocensure assez forte. \u00bb <\/em> Au MJS, la pr\u00e9sidence de Razzye Hammadi en 2004-2006 a donn\u00e9 une plus grande visibilit\u00e9 aux minorit\u00e9s visibles et a permis au MJS de mieux s&#8217;implanter dans les quartiers populaires. Aux MJC et JCR, on cherche aussi ind\u00e9niablement \u00e0 diversifier sa base militante. L&#8217;autre enjeu, c&#8217;est de toucher le jeune travailleur, et pas seulement des \u00e9tudiants,<em> \u00ab m\u00eame si de fait, beaucoup d&#8217;entre eux sont les deux \u00bb <\/em>, pr\u00e9cise Laur\u00e8ne Pasquier. Jeune travailleur, justement, Julien, 20 ans, il l&#8217;est. Il est g\u00e9om\u00e8tre et travaille dans le 93. Il s&#8217;est engag\u00e9 \u00e0 la JCR \u00e0 17ans et demi et a rejoint la LCR depuis huit mois.<em> \u00ab Je m&#8217;int\u00e9ressais \u00e0 la politique depuis longtemps, mais je discutais surtout avec mes profs. Je m&#8217;\u00e9tais demand\u00e9 alors o\u00f9 aller entre le PCF, LO et la LCR. Ensuite, j&#8217;ai senti l&#8217;importance de m&#8217;engager car aux JCR, il y a beaucoup de jeunes \u00e9tudiants et peu de jeunes travailleurs ou d&#8217;\u00e9l\u00e8ves des lyc\u00e9es professionnels. Notre pr\u00e9sence, elle pousse aussi l&#8217;organisation \u00e0 faire des choses envers nous. \u00bb <\/em> Julien a r\u00e9cemment adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 la CGT.<em> \u00ab Il y a un petit choc des cultures, c&#8217;est vrai. Mais j&#8217;ai fait le choix d&#8217;aller dans un syndicat majoritaire pour pouvoir peser sur nos conditions de travail. \u00bb <\/em> La JCR essaie de tracter massivement l\u00e0 o\u00f9 on peut justement trouver les jeunes travailleurs, dans les centres de formation d&#8217;apprentis ou les salons d&#8217;apprentissage principalement, l&#8217;acc\u00e8s aux entreprises \u00e9tant bien plus compliqu\u00e9. <\/p>\n<p>Plus autonomes, d\u00e9fendant souvent une ligne et des revendications qui leur sont propres, les organisations de jeunesses ont retrouv\u00e9 un certain dynamisme. Mais le d\u00e9fi qui leur est pos\u00e9, ainsi qu&#8217;aux partis auxquels elles sont reli\u00e9es, c&#8217;est d&#8217;arriver \u00e0 retenir les forces militantes jeunes et de les inscrire dans la recomposition g\u00e9n\u00e9rale de leurs partis. De ce point de vue-l\u00e0, 2008 : l&#8217;ann\u00e9e de tous les congr\u00e8s \u00e0 gauche : constitue une occasion en or, mais il n&#8217;est pas certain que les dirigeants soient pr\u00eats \u00e0 la saisir. <\/p>\n<p><strong> Emmanuelle Cosse <\/strong><\/p>\n<p>1.F\u00e9d\u00e9ration ind\u00e9pendante et d\u00e9mocratique lyc\u00e9enne.<\/p>\n<p>2.Dans l&#8217;ordre : Mouvement jeunes communistes de France, Jeunesses communistes et r\u00e9volutionnaires, Mouvement des jeunes socialistes, Jeunes radicaux de gauche.<\/p>\n<p>Paru dans<em> Regards <\/em>, num\u00e9ro sp\u00e9cial, mai 2008<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Le Pen au second tour, la loi Fillon, le r\u00e9f\u00e9rendum sur l&#8217;Europe, le k\u00e4rcher, le CPE&#8230; Les jeunes ont connu en six ans une succession de motifs de mobilisation. Des vagues d&#8217;adh\u00e9sions ont parfois suivi. 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