{"id":3573,"date":"2008-02-01T00:00:00","date_gmt":"2008-01-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/municipales-des-primaires3573\/"},"modified":"2008-02-01T00:00:00","modified_gmt":"2008-01-31T23:00:00","slug":"municipales-des-primaires3573","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3573","title":{"rendered":"Municipales. Des primaires assassines"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Alors que le PCF appelle \u00e0 l&#8217;union de la gauche, le PS conduit une offensive sans pr\u00e9c\u00e9dent dans plusieurs territoires communistes. But affich\u00e9 : la prise de villes et des conseils g\u00e9n\u00e9raux de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. Le PS mise sur la mort annonc\u00e9e du PCF. Mais le communisme municipal peut-il \u00eatre enterr\u00e9 aussi vite ? <\/p>\n<p>La fi\u00e8vre a gagn\u00e9 les \u00e9lus socialistes de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. Conduit par Bruno Le Roux, d\u00e9put\u00e9 du 93 et secr\u00e9taire national aux \u00e9lections, le PS a annonc\u00e9 la tenue de plusieurs listes socialistes face \u00e0 des maires sortants communistes, rompant ainsi la strat\u00e9gie \u00e9lectorale de l&#8217;union de la gauche. Ce sera notamment le cas \u00e0 Aubervilliers, La Courneuve, Pierrefitte, Villetaneuse, Saint-Denis, Bagnolet, ainsi qu&#8217;\u00e0 Vitry-sur-Seine ou encore Le Havre. Sans compter les \u00e9lections cantonales, o\u00f9 le PS compte r\u00e9it\u00e9rer les r\u00e9sultats de 2004. Il avait, par exemple, r\u00e9alis\u00e9 une belle perc\u00e9e en Seine-Saint-Denis en remportant quatre bastions communistes (Aubervilliers, La Courneuve, Montreuil, Pierrefitte) tandis que le PCF ne sauvait que trois cantons sur les neuf soumis \u00e0 la r\u00e9\u00e9lection. La strat\u00e9gie socialiste est claire : gagner des villes et des cantons, remporter la pr\u00e9sidence du conseil g\u00e9n\u00e9ral de Seine-Saint-Denis et surtout la pr\u00e9sidence de la communaut\u00e9 d&#8217;agglom\u00e9ration Plaine-Commune. Cette forme r\u00e9cente (1999) de coop\u00e9ration intercommunale a montr\u00e9 son efficacit\u00e9, aiguisant l&#8217;app\u00e9tit socialiste. Ce qui fait grincer des dents son actuel pr\u00e9sident, communiste, Patrick Braouezec :<em> \u00ab Nous avons d\u00e9montr\u00e9 que ce terrain est porteur d&#8217;avenir, explique-t-il. Les socialistes viennent de s&#8217;en apercevoir. Mais qui va profiter de tout le travail men\u00e9 ? Nous, nous voulons changer la situation de la population qui vit dans le 93, et non pas changer la population existante par une autre, plus riche. \u00bb <\/em> <\/p>\n<p><strong> BESOIN D&#8217;AFFICHAGE <\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;attitude des socialistes dans le d\u00e9partement suscite col\u00e8re et abattement. Dans une d\u00e9claration, les maires de Plaine- Commune s&#8217;indignent.<em> \u00ab Il est difficile de comprendre cette d\u00e9marche autrement que comme une strat\u00e9gie globale de conqu\u00eate de pouvoir sur la gauche. Force est de constater que toute cette \u00e9nergie mise \u00e0 diviser n&#8217;est pas mise dans la volont\u00e9 de reconqu\u00e9rir les mairies perdues au profit de la droite (dans celles-ci, l&#8217;union des communistes avec les socialistes s&#8217;est faite sans difficult\u00e9) ! \u00bb <\/em>, \u00e9crivent-ils. Pierre Laporte, conseiller g\u00e9n\u00e9ral de Tremblay-en-France, estime que<em> \u00ab ces primaires, c&#8217;est le signe que le cycle de l&#8217;union de gauche est fini et cela uniquement par la volont\u00e9 du Parti socialiste. Le PS veut cr\u00e9er une alternative entre un parti de droite et un parti social-lib\u00e9ral, imposant un bipartisme et consid\u00e9rant les autres partis de gauche comme de simples courants \u00bb <\/em>. Gilles Garnier, conseiller g\u00e9n\u00e9ral de la Seine-Saint-Denis (Noisy-le-Sec), fustige la strat\u00e9gie du PS.<em> \u00ab Apparemment, nos amis socialistes ont besoin d&#8217;un affichage au soir du 16 mars prochain. Comme ils pensent que cela sera tr\u00e8s dur de reprendre \u00e0 la droite les villes qu&#8217;ils ont perdues en 2001, ils lorgnent sur les villes communistes.\u00bb <\/em> <\/p>\n<p>Claude Bartolone, d\u00e9put\u00e9, patron des socialistes locaux et premier couteau de l&#8217;offensive d\u00e9partementale, justifie l&#8217;action du PS :<em> \u00ab Notre principal motif, ce sont les \u00e9lecteurs ! Ils se sont prononc\u00e9s lors de la pr\u00e9sidentielle, les \u00e9couter rel\u00e8ve de la d\u00e9mocratie participative. Il est logique de leur r\u00e9pondre que nous entendons le message et prenons nos responsabilit\u00e9s.\u00bb <\/em> Claude Bartolone d\u00e9plore \u00e0 ce propos<em> \u00ab une tradition communiste de trop fort encadrement de la d\u00e9mocratie participative \u00bb. \u00ab Le PS tient le discours le plus coh\u00e9rent sur les enjeux d&#8217;un d\u00e9partement comme la Seine-Saint-Denis : faire face au devoir social, comme le logement ou la lutte contre la pauvret\u00e9, mais aussi accueillir les bobos, qui donnent de la force au d\u00e9partement, et r\u00e9ussir la mixit\u00e9 sociale. \u00bb <\/em> <\/p>\n<p>L&#8217;app\u00e9tit socialiste se traduit ainsi par des choses \u00e9tonnantes. Bruno Le Roux (PS), qui a perdu Epinay-sur-Seine face \u00e0 l&#8217;UDF en 2001, n&#8217;essaie pas de reconqu\u00e9rir sa ville et proposait de se pr\u00e9senter \u00e0&#8230; Saint-Ouen. C&#8217;est pourtant le m\u00eame qui d\u00e9clarait fi\u00e8rement :<em> \u00ab Si, comme on nous pressait de le faire, nous nous \u00e9tions bas\u00e9s sur les \u00e9lections pr\u00e9sidentielle et l\u00e9gislatives, ce ne sont pas sept mais plus de trente primaires qui auraient eu lieu. \u00bb <\/em> Cette tentation d&#8217;h\u00e9g\u00e9monie du PS, men\u00e9 par des quadras socialistes en majorit\u00e9 fabiusiens, a commenc\u00e9 par une lettre adress\u00e9e \u00e0 Fran\u00e7ois Hollande en novembre dernier par des<em> \u00ab\u00e9lus socialistes si\u00e9geant dans des villes communistes\u00bb <\/em>.<em> \u00ab Il y \u00e9tait \u00e9crit, <\/em> nous explique Pierre Laporte qui a pu la lire,<em> que la politique men\u00e9e par les communistes n&#8217;\u00e9tait pas la bonne, qu&#8217;il fallait construire une offensive contre nous pour gagner et donc s&#8217;engager dans de nombreuses primaires. \u00bb <\/em> Fran\u00e7ois Hollande a cru bon de d\u00e9clarer qu&#8217;il<em> \u00ab veillait \u00e0 ce que le principe de l&#8217;union l&#8217;emporte sauf dans les cas o\u00f9 les primaires ont \u00e9t\u00e9 accept\u00e9es par les uns comme par les autres \u00bb <\/em>. Ce \u00e0 quoi Marie-George Buffet, aussi menac\u00e9e d&#8217;une primaire au Blanc-Mesnil, a rappel\u00e9 que son parti n&#8217;avait accept\u00e9 aucune primaire. Les socialistes feront donc campagne contre des listes communistes.<em> \u00ab La gauche n&#8217;a pourtant rien \u00e0 gagner \u00e0 faire des primaires en son sein, <\/em> estime Patrick Braouezec.<em> On aurait plut\u00f4t int\u00e9r\u00eat de se ranger autour d&#8217;un projet et d&#8217;une politique partag\u00e9s. A Aubervilliers ou \u00e0 Saint-Denis, on pouvait s&#8217;entendre mais les \u00e9lus PS ne l&#8217;ont jamais voulu. Cela est d&#8217;autant plus \u00e9tonnant qu&#8217;ils font comme s&#8217;ils n&#8217;\u00e9taient en rien dans la politique men\u00e9e, alors que nous \u00e9tions dans la m\u00eame majorit\u00e9 !\u00bb <\/em> Le PS veut-il tester dans le d\u00e9partement de Seine-Saint-Denis une future strat\u00e9gie de fusion de la gauche \u00e0 son avantage ?<em> \u00ab Il se joue surtout sur notre dos des guerres de courants internes au PS \u00bb <\/em>, juge Gilles Garnier. Traduction : les fabiusiens, men\u00e9s par Claude Bartolone, veulent montrer qu&#8217;ils sont la gauche du PS.<em> \u00ab Mais asseoir son poids en interne au PS sur la d\u00e9faite des communistes, c&#8217;est cher pay\u00e9 pour la population locale qui va beaucoup y perdre, <\/em> poursuit Gilles Garnier.<em> Surtout qu&#8217;elle ne comprend pas pourquoi, face \u00e0 une droite tr\u00e8s agressive, il n&#8217;y a pas d&#8217;union de la gauche aux municipales. \u00bb <\/em><\/p>\n<p><strong> L&#8217;HEURE DE LA RESISTANCE <\/strong><\/p>\n<p>Touch\u00e9s dans leur amour-propre, les maires communistes de la Seine-Saint-Denis revendiquent leur bilan et leur volont\u00e9 de continuer \u00e0 exister sur ce terrain sociologique tr\u00e8s particulier.<em> \u00ab Il est vrai que la sociologie de nos communes a chang\u00e9, ce qui conduit le PS \u00e0 lorgner dessus, mais le changement ne se traduit pas tant que cela en termes d&#8217;augmentation de revenus, <\/em> poursuit St\u00e9phane Gatignon.<em> Le 93 est surtout un v\u00e9ritable laboratoire de la France o\u00f9 on trouve des ouvriers pr\u00e9caires, toutes les nouvelles formes de salariat, des migrants et beaucoup de jeunes. \u00bb <\/em> Pour Patrick Braouezec, il est possible de r\u00e9sister.<em> \u00ab Les maires sortants partent avec de bons bilans, que ce soit en termes de d\u00e9veloppement ou de politiques locales. Cela ne sera pas si simple pour les socialistes. \u00bb <\/em> Reste \u00e0 montrer que le communisme municipal n&#8217;est pas une coquille vide mais est porteur d&#8217;une politique diff\u00e9rente.<em> \u00ab A Saint-Denis, les socialistes critiquent la politique municipale que nous avons men\u00e9e car elle aurait \u00abcr\u00e9\u00e9 des ghettos\u00bb, <\/em> explique Pierre Laporte.<em> Mais leur premi\u00e8re demande, c&#8217;est d&#8217;installer de la vid\u00e9osurveillance. C&#8217;est vrai que les conditions de s\u00e9curit\u00e9 sont difficiles \u00e0 Saint-Denis. Mais au lieu de chercher \u00e0 travailler sur le contexte (la pauvret\u00e9, l&#8217;absence de police de proximit\u00e9, etc.), le PS s&#8217;aligne sur les propositions de la droite. \u00bb <\/em> St\u00e9phane Gatignon estime que le PCF est encore le plus \u00e0 m\u00eame de mener des politiques locales qui r\u00e9pondent \u00e0 une liste d&#8217;enjeux cruciaux.<em> \u00ab Question des banlieues, r\u00e9partition des richesses, question environnementale, r\u00e9novation des quartiers, redistribution des richesses entre les communes riches et les communes pauvres, emploi, transports. Voil\u00e0 tout ce \u00e0 quoi nous travaillons. \u00bb <\/em> Les maires de Tremblay-en-France, Aubervilliers, Sevran et Saint-Denis sont r\u00e9unis au sein de Rouge Banlieue, pour analyser et valoriser les politiques men\u00e9es.<em> \u00ab Nous examinons ce qui a \u00e9t\u00e9 fait, en mati\u00e8re d&#8217;urbanisme, de culture, de proximit\u00e9. Nous voulons montrer aussi que nous sommes encore en train de g\u00e9n\u00e9rer du possible et de l&#8217;avenir. Ce n&#8217;est pas le PS qui a la capacit\u00e9 de le faire\u00bb <\/em>, conclut Pierre Laporte.<br \/>\n<em> \u00ab Le probl\u00e8me est que, quand on ne repr\u00e9sente plus rien au niveau national, il est tr\u00e8s difficile d&#8217;exister au niveau local \u00bb <\/em>, estime St\u00e9phane Gatignon. Tous admettent la difficult\u00e9 de parler encore de communisme municipal quand le nombre de municipalit\u00e9s remport\u00e9es se r\u00e9duit \u00e0 chaque \u00e9lection. Sans compter les derniers r\u00e9sultats \u00e0 la pr\u00e9sidentielle.<em> \u00ab L\u00e0 o\u00f9 les socialistes jouent sur du velours, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;y a plus de lisibilit\u00e9. Le communisme municipal n&#8217;existe plus quand il n&#8217;a plus de visibilit\u00e9 nationale. La communaut\u00e9 d&#8217;agglom\u00e9ration donne un nouveau dynamisme, une nouvelle \u00e9nergie. Mais nous avons beaucoup de mal \u00e0 imposer une cr\u00e9dibilit\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle du pays \u00bb <\/em>, juge Patrick Braouezec. <strong> Emmanuelle Cosse et R\u00e9mi Douat <\/strong><\/p>\n<p><em> Regards <\/em> n\u00b048, F\u00e9vrier 2008<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Alors que le PCF appelle \u00e0 l&#8217;union de la gauche, le PS conduit une offensive sans pr\u00e9c\u00e9dent dans plusieurs territoires communistes. But affich\u00e9 : la prise de villes et des conseils g\u00e9n\u00e9raux de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. Le PS mise sur la mort annonc\u00e9e du PCF. Mais le communisme municipal peut-il \u00eatre enterr\u00e9 aussi vite ? <\/p>\n","protected":false},"author":527,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[290],"class_list":["post-3573","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-elections"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3573","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/527"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3573"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3573\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3573"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3573"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3573"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}