{"id":3487,"date":"2005-05-01T00:00:00","date_gmt":"2005-04-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/l-afrique-prisonniere-de-guerres3487\/"},"modified":"2005-05-01T00:00:00","modified_gmt":"2005-04-30T22:00:00","slug":"l-afrique-prisonniere-de-guerres3487","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3487","title":{"rendered":"L&#8217;Afrique, prisonni\u00e8re de guerres"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Le continent africain d\u00e9tient le triste record du plus grand nombre de conflits. Peu d&#8217;affrontements inter\u00e9tatiques, mais des guerres civiles et r\u00e9gionales aux entr\u00e9es multiples. Les difficult\u00e9s \u00e9conomiques demeurent le meilleur levain des violences. L&#8217;afro-pessimisme est-il justifi\u00e9 ? <\/p>\n<p>La signature, le 6 avril \u00e0 Pretoria, d&#8217;un accord de cessez-le-feu entre le gouvernement, la r\u00e9bellion et les opposants a chass\u00e9 de l&#8217;actualit\u00e9 un autre d\u00e9veloppement du conflit ivoirien. Quelques jours avant, l&#8217;organisation<em> Human Rights Watch <\/em> avait d\u00e9nonc\u00e9 le recrutement par Abidjan de combattants \u00e9trangers, dont de nombreux ex-enfants-soldats de la guerre du Liberia (1). Un recrutement commenc\u00e9 en octobre dernier et qui, selon l&#8217;ONG, se serait intensifi\u00e9 au mois de mars.<\/p>\n<p>Enfants soldats, m\u00e9diation africaine, porosit\u00e9 r\u00e9gionale, la crise ivoirienne porte quelques traits de ces conflits africains d&#8217;un \u00ab nouveau type \u00bb (2) qui se succ\u00e8dent depuis une quinzaine d&#8217;ann\u00e9es. Les pays de l&#8217;est et du sud (cette Afrique australe et sud-tropicale o\u00f9 l&#8217;on enregistre les plus forts taux de sida) apparaissent aujourd&#8217;hui les plus stables. Ailleurs, les crises sont fluctuantes (3)&#8230; Peu couverte par les m\u00e9dias, la corne de l&#8217;Afrique reste sous tension : bien que l&#8217;accord sign\u00e9 \u00e0 Alger en d\u00e9cembre 2000 ait officiellement mis fin au conflit territorial qui les a oppos\u00e9es durant deux ans (1998-2000), l&#8217;Erythr\u00e9e et l&#8217;Ethiopie n&#8217;ont pas sold\u00e9 leur litige et gardent des troupes aux fronti\u00e8res. En partie divis\u00e9e en r\u00e9gions \u00ab autonomes \u00bb non reconnues par la communaut\u00e9 internationale (Somaliland, Puntland), la Somalie est l&#8217;une de ces \u00ab zones grises \u00bb du globe dont de grands pans sont livr\u00e9s aux factions arm\u00e9es. Mi-avril, divers affrontements y ont encore fait une cinquantaine de morts. Avec pr\u00e8s de 4 millions de morts depuis 1996, la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC) et la r\u00e9gion des grands lacs sont le th\u00e9\u00e2tre de violences effroyables [voir encadr\u00e9]. Le Soudan, lui, a mis un terme, le 9 janvier \u00e0 Nairobi, \u00e0 plus de vingt ans d&#8217;affrontements Nord-Sud mais le Darfour est toujours plong\u00e9 dans le chaos. Moins de deux ans apr\u00e8s la fin de la guerre au Liberia, la C\u00f4te-d&#8217;Ivoire maintient l&#8217;Afrique de l&#8217;Ouest dans une zone de turbulence. Enfin, sans \u00eatre au bord de crises violentes, de nombreux pays : Madagascar, Kenya, Zimbabwe : font face \u00e0 des situations politiques int\u00e9rieures tendues. D&#8217;autres, comme le Tchad ou la Guin\u00e9e, sont d\u00e9stabilis\u00e9s par l&#8217;agitation r\u00e9gnant chez les voisins.<\/p>\n<p><strong> Ferments du conflit <\/strong><\/p>\n<p>La diversit\u00e9 de ces situations conteste une mortif\u00e8re id\u00e9e re\u00e7ue qui veut que le caract\u00e8re intrins\u00e8quement chaotique, \u00ab n\u00e9grologue \u00bb (4), du continent africain surd\u00e9terminerait la nature des conflits qui s&#8217;y d\u00e9roulent. Un point de vue dangereux qui suppose un \u00ab g\u00e8ne n\u00e8gre \u00bb du d\u00e9sordre et passe sous silence le socle \u00e9conomique de ces guerres : si les politiques du FMI et de la Banque mondiale ne peuvent \u00eatre tenues pour unique responsable du chaos, elles en sont indiscutablement un puissant ferment, conduisant de nombreux pays au bord de la crise [lire l&#8217;entretien avec Bernard Conte], d&#8217;o\u00f9 ils renvoient, de fait, l&#8217;image d&#8217;un \u00ab continent-poudri\u00e8re \u00bb<\/p>\n<p>Les chercheurs Vincent Foucher (CNRS) et Christine Deslaurier (IRD) (5) ajoutent que \u00ab<em> dans des soci\u00e9t\u00e9s qui s&#8217;appauvrissaient de mani\u00e8re spectaculaire, alors que montaient les revendications d\u00e9mocratiques, l&#8217;Etat affaibli n&#8217;a pas toujours r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 la tentation d&#8217;utiliser la violence et l&#8217;exclusion pour tenter de persister, alors qu&#8217;il devenait l&#8217;enjeu fragile de toutes les luttes, le lieu des seules richesses <\/em> \u00bb. R\u00e9serv\u00e9s sur la r\u00e9elle \u00ab<em> nouveaut\u00e9 <\/em> \u00bb des conflits, ils jugent cependant que la fin de la guerre froide a chang\u00e9 la donne. \u00ab<em> Les alli\u00e9s internationaux sont devenus plus \u00abdiscrets\u00bb, et les chefs de guerre n&#8217;ont souvent surv\u00e9cu qu&#8217;en consolidant les bases de v\u00e9ritables \u00e9conomies de guerre. L&#8217;Unita* a ainsi syst\u00e9matis\u00e9 son exploitation du diamant. Au m\u00eame moment, des stocks d&#8217;armes et des groupes de combattants se sont trouv\u00e9s disponibles pour de nouvelles aventures, ainsi des anciens de la l\u00e9gion arabe de Kadhafi impliqu\u00e9s dans les conflits touaregs, ou de ceux de l&#8217;arm\u00e9e d&#8217;Apartheid recycl\u00e9s de l&#8217;Angola jusqu&#8217;en Sierra Leone <\/em>. \u00bb<\/p>\n<p>Ce \u00ab recyclage \u00bb d&#8217;armes, de soldats, de mercenaires se fait ais\u00e9ment sur un continent o\u00f9 les fronti\u00e8res sont poreuses, comme en t\u00e9moignent r\u00e9guli\u00e8rement les tragiques odyss\u00e9es de r\u00e9fugi\u00e9s. Et il fonctionne \u00e0 plein lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de mettre la main sur des richesses naturelles dont la captation et l&#8217;exploitation restent un moteur important des guerres en Afrique. Car si les puissances internationales se sont faites \u00ab<em> plus discr\u00e8tes <\/em> \u00bb, elles tiennent \u00ab<em> \u00e0 tout prix \u00e0 avoir acc\u00e8s aux minerais et aux sources d&#8217;\u00e9nergie <\/em> \u00bb, rappelle l&#8217;historien camerounais Joseph Ki-Zerbo. Pour lui, \u00ab<em> les puissances ont int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce qu&#8217;il y ait division entre les Africains <\/em> \u00bb, surtout quand les desseins de leurs multinationales sont mal servis par des r\u00e9gimes trop peu accommodants (6).<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 cela, une lecture \u00ab exotique \u00bb du continent perdure, qui avance \u00ab l&#8217;ethnie \u00bb comme une explication centrale aux guerres africaines. Et ce, en d\u00e9pit des mises en garde r\u00e9p\u00e9t\u00e9es des chercheurs et historiens rappelant que les tensions tribales (ou religieuses comme au Nigeria) ne font souvent que se greffer sur des conflits n\u00e9s de diff\u00e9rends territoriaux, fonciers ou agraires, ou simplement de luttes pour la conqu\u00eate du pouvoir. <\/p>\n<p><strong> seigneurs de guerre <\/strong><\/p>\n<p>Mais une fois d\u00e9terr\u00e9s, ces clivages : qui, tel celui opposant les Hutus aux Tutsis, ont parfois \u00e9t\u00e9 mis en place puis entretenus par les puissances coloniales : sont instrumentalis\u00e9s par les seigneurs de guerre locaux et les puissances r\u00e9gionales. Ainsi en Somalie o\u00f9 \u00ab<em> les all\u00e9geances claniques ont beaucoup \u00e9t\u00e9 manipul\u00e9es \u00e0 des fins politiciennes <\/em> \u00bb (7). Ou \u00e0 Madagascar, lors de la crise pr\u00e9sidentielle en 2002 : le camp Ratsiraka a tent\u00e9 d&#8217;exacerber les tensions entre c\u00f4tiers et habitants des hauts plateaux sans toutefois parvenir au r\u00e9sultat escompt\u00e9. Plus proche, le conflit meurtrier du Darfour, parfois pr\u00e9sent\u00e9 comme le fruit d&#8217;une \u00ab<em> haine atavique entre Arabes et Noirs <\/em> \u00bb r\u00e9sulte en fait d&#8217;un ensemble de facteurs identifiables, selon Foucher et Deslaurier : \u00ab<em> une d\u00e9centralisation rat\u00e9e, les cons\u00e9quences locales des longues guerres du Tchad et du Sud-Soudan, la rupture de l&#8217;Etat avec \u00abses\u00bb islamistes, tr\u00e8s puissants au Darfour, ou encore la question du partage de la rente p\u00e9troli\u00e8re, qui monte avec le processus de paix au sud <\/em>. \u00bb<\/p>\n<p>Mi-mars, Jan Egeland, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint de l&#8217;ONU pour les affaires humanitaires, estimait \u00e0 180 000 le nombre de morts au Darfour depuis f\u00e9vrier 2003. Pour de nombreux observateurs, le chiffre de 300 000 est plus proche de la r\u00e9alit\u00e9. Le 31 mars, le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 de l&#8217;ONU a adopt\u00e9 une r\u00e9solution (la 1593) qui permettra de traduire les responsables de ces tueries devant la Cour p\u00e9nale internationale. Au Soudan, l&#8217;ONU est \u00e9galement en train de mettre en place une mission de maintien de la paix, qui sera la septi\u00e8me en cours en Afrique subsaharienne (C\u00f4te-d&#8217;Ivoire, Liberia, Sierra Leone, Burundi, R.D. Congo et Ethiopie\/Erythr\u00e9e). Mais si elle semble vouloir renforcer la capacit\u00e9 d&#8217;intervention de ses casques bleus (surtout ceux de la Monuc*), l&#8217;organisation internationale demeure trop souvent \u00ab<em> non le garant des accords [de paix] mais le greffier de leurs violations <\/em> \u00bb, comme le regrettait Rony Brauman au lendemain du g\u00e9nocide rwandais (8). Les organisations humanitaires demeurent donc un recours pr\u00e9cieux pour les populations civiles, premi\u00e8res victimes des conflits sur un continent d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cim\u00e9 par la malnutrition, le paludisme et le sida [lire le t\u00e9moignage d&#8217;Anabelle Gazet].<\/p>\n<p>Pour Joseph Ki-Zerbo, panafricaniste convaincu, les \u00ab<em> superpuissances africaines <\/em> \u00bb que sont l&#8217;Afrique du Sud, l&#8217;Alg\u00e9rie et le Nigeria doivent assumer leurs \u00ab<em> responsabilit\u00e9s nouvelles <\/em> \u00bb et \u00ab<em> pr\u00e9venir ou contenir les conflits <\/em> \u00bb (6). L&#8217;Afrique du Sud joue r\u00e9guli\u00e8rement les m\u00e9diateurs. La Cedeao* tente \u00e9galement de tenir ce r\u00f4le dans une Afrique de l&#8217;Ouest o\u00f9 l&#8217;intervention des troupes nig\u00e9rianes de l&#8217;Ecomog* lors de la guerre du Liberia a laiss\u00e9 un souvenir amer : la \u00ab force d&#8217;interposition africaine \u00bb a fini par \u00eatre partie prenante du conflit.<\/p>\n<p><strong> Destin in\u00e9vitable ? <\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;Afrique n&#8217;est pas \u00ab une \u00bb mais diverse, compos\u00e9e de \u00ab plusieurs grands ensembles \u00bb, rappelle l&#8217;historien Jean-Pierre Chr\u00e9tien (9). Si beaucoup de ces ensembles sont aujourd&#8217;hui aux prises avec de sanglants conflits, on se gardera pourtant de nourrir l&#8217;\u00ab afro-pessimisme \u00bb qui condamne l&#8217;ensemble du continent \u00e0 un destin d&#8217;autant plus macabre qu&#8217;il serait in\u00e9vitable. \u00ab<em> Il y a en Afrique une grande vari\u00e9t\u00e9 de cas <\/em>, insistent Vincent Foucher et Christine Deslaurier.<em> Des pays tels que le Ghana, le Kenya, le S\u00e9n\u00e9gal, n&#8217;ont pas connu d&#8217;exp\u00e9rience guerri\u00e8re et se d\u00e9mocratisent plus ou moins ; d&#8217;autres comme le Mozambique ont r\u00e9ussi \u00e0 se stabiliser au sortir de la guerre. L&#8217;Afrique du Sud a \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la guerre civile que certains annon\u00e7aient apr\u00e8s la chute de l&#8217;Apartheid. Il faut aller au-del\u00e0 de la tradition humaniste qui est devenue la n\u00f4tre, pour arriver \u00e0 concevoir que la guerre n&#8217;est pas seulement un moment de destruction. Les historiens de l&#8217;Europe ont d&#8217;ailleurs montr\u00e9 le chemin, lorsqu&#8217;ils ont indiqu\u00e9 que les guerres \u00e9taient souvent l&#8217;occasion de transformations politiques, sociales ou technologiques importantes. Faut-il accepter de se dire que les guerres africaines participent \u00e0 la transformation du continent <\/em> ? \u00bb E.R.<\/p>\n<p><strong> \u00ab LE PARTAGE DES MIETTES \u00bb &#8211;<em> Chercheur au CEAN (Centre d&#8217;\u00e9tude d&#8217;Afrique noire) de Bordeaux, \u00e9conomiste du d\u00e9veloppement, sp\u00e9cialiste de l&#8217;Afrique et de la C\u00f4te-d&#8217;Ivoire, Bernard Conte explique que tandis que la plupart des richesses naturelles africaines sont exploit\u00e9es par les multinationales du Nord, l&#8217;enjeu pour les client\u00e8les politiques locales est de se partager les miettes <\/em> <\/strong>. <\/p>\n<p><strong> Plus de quarante ans apr\u00e8s les acquisitions d&#8217;ind\u00e9pendance, et quinze ans apr\u00e8s la fin du monde bipolaire, peut-on dire que surgissent en Afrique des conflits d&#8217;un nouveau type ? <\/strong><\/p>\n<p><strong><em> Bernard Conte <\/em> <\/strong>: Au lendemain des ind\u00e9pendances, de nombreux dirigeants africains \u00ab nationalistes \u00bb ont assis leur pouvoir sur des r\u00e9gimes client\u00e9listes aliment\u00e9s par la rente provenant de l&#8217;exportation de richesses naturelles (p\u00e9trole, minerais, agriculture), dont l&#8217;Etat contr\u00f4lait l&#8217;exploitation et redistribuait une partie \u00e0 sa client\u00e8le politique. Ces syst\u00e8mes ont connu une d\u00e9rive progressive renforc\u00e9e par deux tendances : la chute des cours internationaux des mati\u00e8res premi\u00e8res, d\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1970, et la hausse de la demande de la client\u00e8le politique&#8230; <\/p>\n<p>Equation explosive : pour y r\u00e9pondre, beaucoup de pays ont choisi la voie de l&#8217;endettement, facilit\u00e9 par le recyclage des p\u00e9trodollars. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, les Reagan, Thatcher adoptent des politiques budg\u00e9taires restrictives qui conduisent, entre autres, \u00e0 la hausse des taux d&#8217;int\u00e9r\u00eats. Tr\u00e8s vite, de nombreux Etats africains se retrouvent en cessation de paiement. C&#8217;est alors qu&#8217;interviennent le FMI, la Banque mondiale et leurs politiques d&#8217;ajustement structurel. On entre dans une \u00e8re de lib\u00e9ralisation, les organismes publics qui assuraient la commercialisation des ressources sont privatis\u00e9s. Ce sont surtout les multinationales du Nord qui rach\u00e8tent et, d\u00e9sormais, pr\u00e9l\u00e8vent l&#8217;essentiel des rentes qu&#8217;elles exportent. En C\u00f4te-d&#8217;Ivoire, par exemple, la lib\u00e9ralisation de la fili\u00e8re cacao s&#8217;est traduite par sa prise en main par les Am\u00e9ricains.<\/p>\n<p>De ce fait, le g\u00e2teau \u00e0 partager localement se r\u00e9duit alors que le nombre de personnes qui entendent y pr\u00e9lever leur part augmente. Je pense que la plupart des conflits auxquels on assiste aujourd&#8217;hui en Afrique ont pour enjeu la captation des miettes de ces g\u00e2teaux.<\/p>\n<p><strong> Quelles en sont les caract\u00e9ristiques ? <\/strong><\/p>\n<p><strong><em> B.C. <\/em> <\/strong>: Les processus de lib\u00e9ralisation ont pour effet de paup\u00e9riser les populations et de fragiliser les Etats par la r\u00e9duction de leur p\u00e9rim\u00e8tre. On parle de bonne gouvernance, mais, au bout du compte, ces Etats se r\u00e9v\u00e8lent en incapacit\u00e9 d&#8217;assurer la s\u00e9curit\u00e9 sur leur territoire. De ce fait, le syst\u00e8me client\u00e9liste se d\u00e9centralise, ce processus pouvant conduire \u00e0 une sorte de f\u00e9odalisation de la soci\u00e9t\u00e9 comme on a pu l&#8217;observer au Liberia, avec l&#8217;apparition de chefs de guerre qui tentent de capter les rentes situ\u00e9es dans leur fief (diamant, bois&#8230;). <\/p>\n<p><strong> Coup\u00e9e en deux depuis les \u00e9v\u00e9nements de septembre 2002, la C\u00f4te-d&#8217;Ivoire est porteuse d&#8217;une tr\u00e8s lourde violence potentielle. Pensez-vous que la m\u00e9diation de Thabo Mbeki parviendra \u00e0 juguler cette d\u00e9rive ? <\/strong><\/p>\n<p><strong><em> B.C. <\/em> <\/strong>: La m\u00e9diation de Mbeki, dont les ambitions personnelles d\u00e9passent s\u00fbrement l&#8217;horizon de l&#8217;Afrique du Sud, est un \u00e9l\u00e9ment important, de bon augure, car elle traduit la tendance assez r\u00e9cente de la prise en main de leurs affaires par les Africains. <\/p>\n<p>Cela dit, je suis assez sceptique sur l&#8217;accord sign\u00e9 \u00e0 Pretoria le 6 avril dernier. Ce n&#8217;est pas le premier. Il y a eu Marcoussis, Accra I, II et III, et aucun n&#8217;a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9. L&#8217;accord stipule aussi le d\u00e9sarmement imm\u00e9diat des milices pro-gouvernementales. Cette op\u00e9ration pr\u00e9sente des risques importants, car retirer leurs armes aux miliciens, c&#8217;est les priver de leur unique source de revenus.<\/p>\n<p>Propos recueillis par E.R.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Le continent africain d\u00e9tient le triste record du plus grand nombre de conflits. Peu d&#8217;affrontements inter\u00e9tatiques, mais des guerres civiles et r\u00e9gionales aux entr\u00e9es multiples. Les difficult\u00e9s \u00e9conomiques demeurent le meilleur levain des violences. 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