{"id":3469,"date":"2005-01-01T14:07:00","date_gmt":"2005-01-01T13:07:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/ukraine-moscou-mecanique-de-l3469\/"},"modified":"2005-01-01T14:07:00","modified_gmt":"2005-01-01T13:07:00","slug":"ukraine-moscou-mecanique-de-l3469","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3469","title":{"rendered":"Ukraine-moscou, m\u00e9canique de l&#8217;orange"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> La \u00ab r\u00e9volution orange \u00bba renvers\u00e9 la situation politiqueen Ukraine mais aussi crisp\u00e9les relations entre Moscou etles Occidentaux. Identitaire,politique, sociale, cette crise \u00e9lectorale r\u00e9v\u00e8le les difficult\u00e9s de la d\u00e9mocratie \u00e0 s&#8217;imposer dans les ex-r\u00e9publiques sovi\u00e9tiques.En toile de fond, l&#8217;incapacit\u00e9de la Russie \u00e0 red\u00e9finir ses relations avec ses anciennes colonies. Entretien avec Anne de Tinguy et Jean Radvanyi. <\/p>\n<p>Anne de Tinguy est chercheur au CNRS, politologue, professeur \u00e0 Sciences-Po.<\/p>\n<p>Jean Radvanyi est g\u00e9ographe, CNRS centre russe-inalco.<\/p>\n<p>Le mouvement de protestation d\u00e9mocratique d&#8217;une partie de la soci\u00e9t\u00e9 civile en Ukraine fait-il \u00e9cho \u00e0 la \u00ab r\u00e9volution des roses \u00bb de novembre 2003, en G\u00e9orgie ? Quels points communs voyez-vous entre ces deux \u00e9v\u00e9nements ?<\/p>\n<p>Anne de Tinguy : Il peut y avoir eu un effet d&#8217;entra\u00eenement. Des \u00e9v\u00e9nements de ce type ont une telle ampleur qu&#8217;ils ont des r\u00e9percussions dans des pays voisins. Cela \u00e9tant, la situation en Ukraine est tr\u00e8s diff\u00e9rente de la situation g\u00e9orgienne. Les origines du mouvement actuel r\u00e9sident dans le rejet du syst\u00e8me politique mis en place par Leonid Koutchma et dans la crise politique qui s\u00e9vit depuis l&#8217;assassinat du journaliste Georgiy Gongadze \u00e0 l&#8217;automne 2000. Par la suite, il y a aussi eu la campagne \u00e9lectorale, ni libre ni \u00e9quitable, des l\u00e9gislatives de 2002. Les m\u00e9dias \u00e9taient contr\u00f4l\u00e9s par le pouvoir et la victoire a \u00e9t\u00e9 \u00ab vol\u00e9e \u00bb \u00e0 Viktor Iouchtchenko par le pr\u00e9sident Koutchma.<\/p>\n<p>Jean Radvanyi : Ces mouvements correspondent tous les deux \u00e0 un rejet massif de ces populations envers des syst\u00e8mes politiques qui s&#8217;appuient sur une perversion de la d\u00e9mocratie : on affiche un id\u00e9al d\u00e9mocratique mais en m\u00eame temps on en trahit les principes en truquant les \u00e9lections, en manipulant la presse, les listes \u00e9lectorales. Ce rejet a aussi des aspects \u00e9conomiques : dans les deux cas, bien que la crise \u00e9conomique g\u00e9orgienne soit plus profonde que celle de l&#8217;Ukraine, il y a des pouvoirs corrompus, des lobbys \u00e9conomiques qui jouent un r\u00f4le tr\u00e8s important et qui donnent \u00e0 la population l&#8217;impression d&#8217;une coupure entre elle et le pouvoir politique, tr\u00e8s li\u00e9 au sein des lobbys et des clans \u00e0 la mainmise sur les secteurs essentiels de l&#8217;\u00e9conomie. Cette crise est donc d&#8217;abord sociale et politique. Le fait que ces mouvements aient \u00e9t\u00e9 aid\u00e9s de l&#8217;ext\u00e9rieur, notamment par des fondations am\u00e9ricaines, reste secondaire, m\u00eame si cela a jou\u00e9 un r\u00f4le dans les deux cas.<\/p>\n<p>Un an apr\u00e8s la \u00ab r\u00e9volution des roses \u00bb, la situation d\u00e9mocratique en G\u00e9orgie reste probl\u00e9matique : d\u00e9rive autoritaire, corruption end\u00e9mique, presse critique musel\u00e9e, in\u00e9galit\u00e9s exacerb\u00e9es entre les \u00e9lites et la population. Faut-il craindre en Ukraine la p\u00e9rennisation du syst\u00e8me actuel ?<\/p>\n<p>Jean Radvanyi : Je ne suis pas s\u00fbr qu&#8217;il faille maintenir un parall\u00e8le. La crise g\u00e9orgienne est beaucoup plus grave que n&#8217;a jamais \u00e9t\u00e9 la situation en Ukraine. Il y a eu en G\u00e9orgie une v\u00e9ritable guerre civile&#8230; Que le nouveau pr\u00e9sident g\u00e9orgien ne r\u00e9ussisse pas, en un an, \u00e0 vaincre tous ces maux, n&#8217;est pas \u00e9tonnant. La prise de contr\u00f4le de la province s\u00e9cessionniste de l&#8217;Adjarie en mai a \u00e9t\u00e9 un grand succ\u00e8s, mais l&#8217;Oss\u00e9tie du Sud et l&#8217;Abkhazie lui \u00e9chappent encore ! Sa lutte contre la corruption est tr\u00e8s difficile. Par ailleurs, ce pays est pauvre, sans ressources, il n&#8217;a pratiquement plus d&#8217;industrie&#8230;<\/p>\n<p>L&#8217;Ukraine a d&#8217;autres probl\u00e8mes. Viktor Iouchtchenko, s&#8217;il est \u00e9lu, devra r\u00e9pondre \u00e0 certaines questions fondamentales, pas seulement sur le choix d&#8217;alliance entre l&#8217;Europe ou la Russie mais aussi sur le plan \u00e9conomique. L&#8217;originalit\u00e9 de l&#8217;Ukraine est qu&#8217;elle ne peut fonctionner sur le plan \u00e9nerg\u00e9tique, \u00e9conomique sans avoir de bonnes relations avec la Russie. D&#8217;autre part, il n&#8217;est pas si simple pour la Russie de se passer \u00e9conomiquement de l&#8217;Ukraine. Or, l&#8217;\u00e9conomie ukrainienne s&#8217;est relev\u00e9e, ce n&#8217;est plus la d\u00e9pression des ann\u00e9es 90, m\u00eame si elle reste en difficult\u00e9. Il va y avoir l\u00e0 de s\u00e9rieux enjeux telle la red\u00e9finition des accords gaziers et p\u00e9troliers, douaniers, entre autres.<\/p>\n<p>Anne de Tinguy : Il y a une sp\u00e9cificit\u00e9 ukrainienne, c&#8217;est ind\u00e9niable. En Ukraine, il n&#8217;y a pas eu de conflit arm\u00e9 depuis 1991&#8230; Quant \u00e0 la r\u00e9cente menace s\u00e9paratiste de l&#8217;Ukraine orientale, je ne la pense pas r\u00e9elle.<\/p>\n<p>Jean Radvanyi : Cette menace n&#8217;\u00e9tait qu&#8217;un argument \u00e9lectoral ! En d\u00e9pit de la fracture au sein de l&#8217;opinion, l&#8217;id\u00e9e de l&#8217;existence d&#8217;une Ukraine ind\u00e9pendante et unie reste le programme commun minimum de tous les courants ukrainiens.<\/p>\n<p>Dans votre ouvrage les Etats postsovi\u00e9tiques, vous constatez le difficile passage \u00e0 la d\u00e9mocratie et au march\u00e9 de l&#8217;ensemble des pays post-sovi\u00e9tiques. Ont-ils \u00e9chou\u00e9 dans leur r\u00e9volution d\u00e9mocratique ?<\/p>\n<p>Jean Radvanyi : Pourquoi d&#8217;embl\u00e9e parler d&#8217;\u00e9chec ? On critique ces peuples et leurs dirigeants car ils n&#8217;ont pas r\u00e9ussi \u00e0 faire, en treize ans, ce que la France a eu bien du mal \u00e0 faire en un si\u00e8cle et demi avec quatre r\u00e9volutions et plusieurs guerres. Il faut se rappeler que ces pays partent des ruines d&#8217;un r\u00e9gime sovi\u00e9tique avec une id\u00e9ologie officielle, une construction sociale, politique. Ces difficult\u00e9s sont donc logiques. Tous se sont engag\u00e9s dans la voie de la d\u00e9mocratie de march\u00e9 et de l&#8217;adoption de r\u00e8gles \u00e9conomiques m\u00eame par les r\u00e9gimes les plus autoritaires. Sur le plan d\u00e9mocratique, les r\u00e9sultats sont plus disparates. Des pays ont \u00e9t\u00e9 tent\u00e9s par diverses d\u00e9marches dont les plus autoritaires. D&#8217;autres se sont orient\u00e9s vers un mod\u00e8le de d\u00e9mocratie parlementaire plus ou moins efficace. Il faut savoir qu&#8217;au d\u00e9part ces peuples n&#8217;ont pas de partis constitu\u00e9s, ils ignorent ce qu&#8217;est une vraie vie politique. Il leur fallait tout apprendre, tout construire. Sans compter les difficult\u00e9s li\u00e9es aux h\u00e9ritages sovi\u00e9tiques ou pr\u00e9-sovi\u00e9tiques et celles li\u00e9es \u00e0 des facteurs g\u00e9opolitiques. Imaginez la G\u00e9orgie, coinc\u00e9e entre la Turquie, la Russie et les conflits caucasiens !<\/p>\n<p>Vous expliquez ces probl\u00e8mes d\u00e9mocratiques notamment par la difficult\u00e9 d&#8217;affirmation identitaire de ces pays. Comment faites-vous le lien ?<\/p>\n<p>Jean Radvanyi : Sur les quinze r\u00e9publiques de l&#8217;ex-URSS, quatre seulement avaient une exp\u00e9rience \u00e9tatique autonome : les trois Etats baltes et la Russie. Les autres sont sorties de l&#8217;URSS avec parfois le sentiment d&#8217;avoir d\u00e9j\u00e0 une identit\u00e9 stabilis\u00e9e. En fait, elles \u00e9taient beaucoup plus fragiles qu&#8217;il ne semblait en raison de compositions ethniques particuli\u00e8res, de r\u00e9gionalismes exacerb\u00e9s maltrait\u00e9s dans la p\u00e9riode sovi\u00e9tique et qui ont rejailli au moment de l&#8217;ind\u00e9pendance. Ces nouveaux Etats, pour affirmer leur souverainet\u00e9, ont d\u00fb r\u00e9pondre \u00e0 des questions sur ce qu&#8217;est leur peuple, leurs fronti\u00e8res, parfois leur langue, leur religion. Songez qu&#8217;en G\u00e9orgie on parle quatre langues ! Or, la r\u00e9solution de ces probl\u00e8mes identitaires est un pr\u00e9alable \u00e0 la d\u00e9mocratisation. Aux \u00e9lites donc de trouver de larges consensus pour que la d\u00e9mocratie fonctionne dans les nouveaux cadres territoriaux. Une des t\u00e2ches de Victor Iouchtchenko, s&#8217;il est \u00e9lu, sera de r\u00e9affirmer l&#8217;identit\u00e9 ukrainienne par-del\u00e0 les clivages entre les russophones et les ukrainophones, entre les quatre clerg\u00e9s orthodoxes en conflit les uns avec les autres.<\/p>\n<p>Ces probl\u00e8mes d&#8217;identit\u00e9 favorisent-ils l&#8217;influence de Moscou sur ces pays ?<\/p>\n<p>Jean Radvanyi : Moscou a jou\u00e9 sur ces clivages identitaires pour maintenir son influence. Ce fut le cas dans les conflits caucasiens, mais aussi en Ukraine sur la question religieuse. Le patriarcat de Moscou, \u00e9videmment, soutient la partie du clerg\u00e9 orthodoxe ukrainien qui reconna\u00eet son r\u00f4le dirigeant. Toutefois, l&#8217;instrumentalisation par Moscou de ces querelles a souvent \u00e9t\u00e9 contre-productive. Les peuples n&#8217;aiment pas que leurs voisins se m\u00ealent de leurs affaires et la fa\u00e7on dont la Russie s&#8217;y prend est g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s maladroite.<\/p>\n<p>Anne de Tinguy : Cette maladresse, qui provoque des sentiments antirusses parfois tr\u00e8s prononc\u00e9s, vient des difficult\u00e9s de la Russie \u00e0 comprendre les \u00e9volutions de l&#8217;Ukraine. C&#8217;\u00e9tait aussi vrai durant le mandat de Boris Eltsine. Cela dit, ces sentiments sont tr\u00e8s diff\u00e9rents selon les pays de la CEI (1). Dans un pays comme la Bi\u00e9lorussie, l&#8217;id\u00e9e apparemment pr\u00e9vaut que sans la Russie, il n&#8217;y a pas d&#8217;avenir.<\/p>\n<p>L&#8217;Europe a favoris\u00e9 l&#8217;affirmation par tous ces Etats de leur souverainet\u00e9, mais on lui reproche son int\u00e9r\u00eat tardif \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de l&#8217;Ukraine et son silence \u00e0 l&#8217;\u00e9gard du massacre tch\u00e9tch\u00e8ne&#8230;<\/p>\n<p>Anne de Tinguy : Je suis d&#8217;accord sur la question tch\u00e9tch\u00e8ne, le silence des Occidentaux est pesant, non sans cons\u00e9quences. Mais ce silence des Etats est li\u00e9 \u00e0 leur souci de ne pas isoler, de ne pas humilier la Russie plus qu&#8217;elle ne l&#8217;est, afin de l&#8217;int\u00e9grer dans un espace europ\u00e9en. Ce n&#8217;est pas une situation facile \u00e0 g\u00e9rer. Quant \u00e0 l&#8217;Ukraine, l&#8217;UE n&#8217;a commenc\u00e9 \u00e0 s&#8217;y int\u00e9resser qu&#8217;en 2002, en raison de son \u00e9largissement \u00e0 l&#8217;Est. Elle a alors pris conscience qu&#8217;elle allait avoir de nouveaux voisins dont les \u00e9volutions la concernaient directement. Elle a donc d\u00e9fini une politique de voisinage dont le sens est d&#8217;avoir autour d&#8217;elle un cercle de pays amis et \u00ab bien gouvern\u00e9s \u00bb&#8230; <\/p>\n<p>Au vu des r\u00e9centes tensions entre Poutine et les Etats-Unis, certains analystes replacent la crise ukrainienne dans le contexte plus large de l&#8217;affrontement Est-Ouest. Vous partagez cette lecture ?<\/p>\n<p>Anne de Tinguy : Il y a surtout une pr\u00e9occupation internationale devant l&#8217;\u00e9volution du r\u00e9gime de Vladimir Poutine et en aucun cas une r\u00e9surgence de la guerre froide, d&#8217;autant plus enterr\u00e9e qu&#8217;il n&#8217;y a plus d&#8217;Est. Pour moi, cette crise ukrainienne r\u00e9v\u00e8le avant tout un probl\u00e8me russe. La Russie va-t-elle accepter tout simplement l&#8217;ind\u00e9pendance ukrainienne ? La r\u00e9action du pr\u00e9sident Poutine \u00e0 la \u00ab r\u00e9volution orange \u00bb montre que la r\u00e9ponse n&#8217;est pas encore \u00e9vidente.<\/p>\n<p>Jean Radvanyi : Au-del\u00e0 du cas ukrainien, cela pose un probl\u00e8me majeur sur le choix politique en Russie : est-il concevable que la Russie puisse red\u00e9finir une identit\u00e9 russe stable sans accepter que les anciennes colonies imp\u00e9riales soient ind\u00e9pendantes ? Cela veut dire red\u00e9finir les m\u00e9canismes de la politique ext\u00e9rieure, l&#8217;\u00e9quilibre entre les actions diplomatiques, \u00e9conomiques et militaires. Pour l&#8217;instant, la crise ukrainienne montre que cet aggiornamento n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 fait. Et l&#8217;\u00e9volution autoritaire du r\u00e9gime de Vladimir Poutine laisse mal pr\u00e9sager un v\u00e9ritable d\u00e9bat, pour que ces questions puissent \u00eatre discut\u00e9es au sein de la population et des \u00e9lites.<\/p>\n<p>Qu&#8217;est-ce qui pourrait provoquer une telle remise en question ?<\/p>\n<p>Jean Radvanyi : Je crois que la probable victoire de Viktor Iouchtchenko en Ukraine va \u00eatre un coup tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re port\u00e9 \u00e0 Vladimir Poutine en Russie m\u00eame. Les Russes ont observ\u00e9 les \u00e9v\u00e9nements, la fa\u00e7on dont leur pr\u00e9sident s&#8217;est engag\u00e9, et je crois qu&#8217;il va y avoir au sein de l&#8217;opinion russe des retours qui risquent d&#8217;\u00eatre tr\u00e8s d\u00e9stabilisants pour lui. Va-t-il changer sa fa\u00e7on de faire ? Il est trop t\u00f4t pour le savoir.<\/p>\n<p>L&#8217;Europe peut-elle encore jouer un r\u00f4le de m\u00e9diateur malgr\u00e9 ses r\u00e9centes frictions avec le pr\u00e9sident Poutine ?<\/p>\n<p>Anne de Tinguy : L&#8217;Europe a un r\u00f4le \u00e0 jouer, mais elle se doit d&#8217;\u00eatre tr\u00e8s prudente en \u00e9vitant de donner des conseils qui seraient mal interpr\u00e9t\u00e9s. Il ne faut pas non plus accepter l&#8217;inacceptable. Les relations avec la Russie restent tr\u00e8s d\u00e9licates. On voit bien que cet espace commun Russie-Europe d\u00e9cid\u00e9 en 2003 se heurte \u00e0 l&#8217;absence de valeurs communes. Sur la guerre en Tch\u00e9tch\u00e9nie, entre autres, les d\u00e9saccords sont fondamentaux.<\/p>\n<p>Jean Radvanyi : L&#8217;Europe ne peut qu&#8217;\u00eatre prudente car il faut comprendre que les \u00e9volutions au sein de la soci\u00e9t\u00e9 russe sont aussi tr\u00e8s complexes. Actuellement s&#8217;y d\u00e9veloppe un courant favorable \u00e0 l&#8217;enfermement \u00e0 tous points de vue : \u00e9conomique, culturel, etc. C&#8217;est sans doute cela le danger principal. A cet \u00e9gard, l&#8217;Europe a un r\u00f4le \u00e0 jouer : d\u00e9velopper avec la Russie toutes les formes possible de coop\u00e9ration, c&#8217;est le meilleur antidote contre l&#8217;autoritarisme.<\/p>\n<p>Chakri Bela\u00cfd<\/p>\n<p>1. Communaut\u00e9 des Etats ind\u00e9pendants<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> La \u00ab r\u00e9volution orange \u00bba renvers\u00e9 la situation politiqueen Ukraine mais aussi crisp\u00e9les relations entre Moscou etles Occidentaux. 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