{"id":335,"date":"1997-01-01T00:00:00","date_gmt":"1996-12-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/la-france-contestee-au-burundi335\/"},"modified":"1997-01-01T00:00:00","modified_gmt":"1996-12-31T23:00:00","slug":"la-france-contestee-au-burundi335","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=335","title":{"rendered":"La France contest\u00e9e au Burundi"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Entretien avec Gr\u00e9goire Birihanyuma <\/p>\n<p>Voir aussi Les racines de la violence<strong> Le Front d\u00e9mocratique du Burundi (en opposition) juge s\u00e9v\u00e8rement le choix de Paris de soutenir le major Buyoya, chef de l&#8217;arm\u00e9e putschiste au pouvoir. <\/strong><\/p>\n<p>Le Pr\u00e9sident \u00e9lu du Burundi, Cyprien Ntaryamira, a p\u00e9ri, victime du m\u00eame attentat que son coll\u00e8gue du Rwanda, en avril 1994. Six mois plus t\u00f4t, son pr\u00e9d\u00e9cesseur, Melchior Ndyaye, \u00e9galement \u00e9lu, avait \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 lors d&#8217;une tentative de coup d&#8217;Etat avec un ministre, le pr\u00e9sident et le vice-pr\u00e9sident de l&#8217;Assembl\u00e9e nationale, tous membres du Front d\u00e9mocratique du Burundi (FRODEBU). A peine mises en place, les institutions d\u00e9mocratiques \u00e9taient ainsi d\u00e9capit\u00e9es. Or, le pr\u00e9sident \u00e9lu \u00e9tait hutu, pour la premi\u00e8re fois. Fin 1993, dans le pays, des paysans hutus tu\u00e8rent des Tutsis pour venger la mort du pr\u00e9sident; \u00e0 la suite de quoi l&#8217;arm\u00e9e, majoritairement tutsie, a op\u00e9r\u00e9 des repr\u00e9sailles. Plus de 50 000 personnes ont p\u00e9ri sur 6 000 000 d&#8217;habitants et 800 000 autres se sont r\u00e9fugi\u00e9s dans les pays voisins, Rwanda, Za\u00efre, Tanzanie.<\/p>\n<p>Le 25 juillet 1996, un coup d&#8217;Etat militaire a assur\u00e9 \u00e0 la minorit\u00e9 tutsie le contr\u00f4le du pouvoir, d\u00e9poss\u00e9dant compl\u00e8tement le FRODEBU d\u00e9mocratiquement \u00e9lu. Il gouvernait pourtant avec l&#8217;UPRONA, l&#8217;ancien parti unique, battu aux \u00e9lections, pour d\u00e9samorcer la spirale de violence. Depuis, le major Buyoya, chef de l&#8217;arm\u00e9e putschiste au pouvoir, doit faire face \u00e0 un blocus impos\u00e9 par les pays voisins. Gr\u00e9goire Birihanyuma, repr\u00e9sentant du Front d\u00e9mocratique du Burundi en France (FRODEBU), nous livre son analyse de la situation.<\/p>\n<p> <strong> Gr\u00e9goire Birihanyuma : <\/strong> La Tanzanie, la Zambie, l&#8217;Ouganda et le Za\u00efre appliquent l&#8217;embargo contre le Burundi. Le Rwanda pratique un double langage: tout en proclamant son accord avec ces Etats, il laisse entrer du carburant. Cependant, l&#8217;embargo g\u00eane le pouvoir car le FRODEBU a appel\u00e9 ses sympathisants \u00e0 la gr\u00e8ve des imp\u00f4ts et \u00e0 ne pas alimenter les march\u00e9s urbains, \u00e0 appliquer un embargo interne en quelque sorte. Les razzias de l&#8217;arm\u00e9e aupr\u00e8s des populations civiles prouvent qu&#8217;elle est aux abois sans qu&#8217;on puisse dire combien de temps elle peut tenir. Des pourparlers sont engag\u00e9s entre le pouvoir militaire, le Comit\u00e9 national de d\u00e9fense d\u00e9mocratique (CNDD), le FRODEBU pour les forces politiques burundaises d&#8217;une part, et d&#8217;autre part, les pr\u00e9sidents Nyerere et Museveni, pour les pays voisins. Le FRODEBU, seule force r\u00e9ellement repr\u00e9sentative du peuple burundais, pr\u00e9conise de revenir \u00e0 la situation ant\u00e9rieure au coup d&#8217;Etat. Le FRODEBU a en effet la confiance d&#8217;une majorit\u00e9 politique (et non pas ethnique) de la population qui a vot\u00e9 pour lui.<\/p>\n<p> <strong> La situation qui pr\u00e9vaut \u00e0 l&#8217;est du Za\u00efre a-t-elle directement des implications sur le Burundi ? <\/strong><\/p>\n<p> <strong> G. B.: <\/strong> Directes et tragiques. Il y avait en effet des r\u00e9fugi\u00e9s de notre pays au Za\u00efre, notamment des \u00e9lus du FRODEBU. Sous les pressions du pouvoir za\u00efrois, qui a d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 la chasse aux &#8221; non-originaires &#8220;, et des rebelles, qui paraissent s&#8217;\u00eatre entendus avec le pouvoir putschiste, ces d\u00e9mocrates burundais ont \u00e9t\u00e9 livr\u00e9s \u00e0 Buyoya qui en a ex\u00e9cut\u00e9 une partie.<\/p>\n<p>Plus g\u00e9n\u00e9ralement, l&#8217;assassinat du Pr\u00e9sident \u00e9lu en 1993, en sonnant le glas du processus de transition d\u00e9mocratique, a ouvert la voie aux autres \u00e9v\u00e9nements tragiques de la r\u00e9gion. Dans la mesure o\u00f9 la communaut\u00e9 internationale (mais existe-t-elle vraiment?) a laiss\u00e9 faire.<\/p>\n<p>Comment d\u00e9clarer d&#8217;un c\u00f4t\u00e9 qu&#8217;il faut finir avec les coups d&#8217;Etat, les putschs et toutes les transitions violentes, indignes, et en m\u00eame temps donner une forme de l\u00e9gitimit\u00e9 internationale &#8211; en invitant le major Buyoya au sommet franco-africain de Ouagadougou &#8211; \u00e0 l&#8217;un des acteurs principaux du renversement du pouvoir l\u00e9gitime au Burundi ? Quel m\u00e9pris pour le peuple burundais ! Quel soutien pour la junte qui, selon Amnesty International, a d\u00e9j\u00e0 \u00e9limin\u00e9 10 000 Burundais depuis juillet dernier ! Les dirigeants fran\u00e7ais semblent incapables d&#8217;accepter les d\u00e9cisions de peuples souverains et pr\u00e9f\u00e9rer composer avec des assassins. Apr\u00e8s sa victoire \u00e9lectorale en juin 1993, le FRODEBU avait demand\u00e9 la r\u00e9vision des accords de coop\u00e9ration avec la France, notamment pour constituer une v\u00e9ritable arm\u00e9e nationale. Il avait essuy\u00e9 un refus et la France a donc continu\u00e9 \u00e0 \u00e9quiper une arm\u00e9e mono-ethnique (tutsie), qui tient davantage de la soldatesque et a depuis \u00e9clat\u00e9 en milices partisanes et criminelles. La France a choisi son camp, le FRODEBU ne l&#8217;oubliera pas.<\/p>\n<p>* Repr\u00e9sentant en France du parti Front d\u00e9mocratique du Burundi (FRODEBU).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Entretien avec Gr\u00e9goire Birihanyuma <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-335","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/335","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=335"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/335\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=335"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=335"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=335"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}