{"id":3277,"date":"2004-06-01T14:45:00","date_gmt":"2004-06-01T12:45:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/raffarin-iii-labo-du-liberalisme3277\/"},"modified":"2023-07-03T14:52:23","modified_gmt":"2023-07-03T12:52:23","slug":"raffarin-iii-labo-du-liberalisme3277","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3277","title":{"rendered":"Raffarin III : Labo du lib\u00e9ralisme"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> La sanction \u00e9lectorale de mars dernier a-t-elle infl\u00e9chi la politique gouvernementale ? Derri\u00e8re une communication revisit\u00e9e et quelques inflexions, la droite a sa boussole : le lib\u00e9ralisme, agr\u00e9ment\u00e9 de populisme. Bilan d&#8217;\u00e9tape avant les \u00e9lections europ\u00e9ennes. Dossier r\u00e9alis\u00e9 par cl\u00e9mentine autain et roger martelli <\/p>\n<p>Raffarin III, sc\u00e8ne I. La tragi-com\u00e9die du deuxi\u00e8me mandat de Jacques Chirac continue. Apr\u00e8s la d\u00e9b\u00e2cle aux r\u00e9gionales, on reprend les m\u00eames et on recommence. Le \u00ab pilote de l&#8217;Airbus gouvernemental \u00bb reste en vol, Nicolas Sarkozy tient d\u00e9sormais les cordons de la bourse, Jean-Louis Borloo a \u00e9t\u00e9 promu pompier social, Dominique de Villepin passe de l&#8217;ext\u00e9rieur \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur&#8230; Les partitions sont redistribu\u00e9es mais revoil\u00e0 les m\u00eames acteurs, \u00e0 l&#8217;exception notable des personnalit\u00e9s issues de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Pour reconqu\u00e9rir au plus vite du cr\u00e9dit aupr\u00e8s des Fran\u00e7ais, ce sont les hommes politiques pur sucre, les plus rompus \u00e0 l&#8217;exercice institutionnel, qui reprennent les r\u00eanes. Avec un credo : \u00ab des r\u00e9formes moins brutales \u00bb, pour reprendre la formule du Premier ministre qui se sait en sursis. L&#8217;exercice est p\u00e9rilleux et conduit \u00e0 un v\u00e9ritable num\u00e9ro d&#8217;\u00e9quilibriste. En effet, comment changer de politique pour mieux r\u00e9pondre aux insatisfactions exprim\u00e9es sans donner l&#8217;impression de d\u00e9dire les actions du gouvernement pr\u00e9c\u00e9dent ? Si le cap lib\u00e9ral est maintenu et, avec lui, l&#8217;essentiel des choix politiques de Raffarin II, une meilleure communication et quelques inflexions permettent de donner le change, avant l&#8217;\u00e9ch\u00e9ance europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Raffarin II, c&#8217;\u00e9tait la rigueur et la volont\u00e9 de r\u00e9habiliter, co\u00fbte que co\u00fbte, l&#8217;autorit\u00e9 de l&#8217;Etat. Avec deux priorit\u00e9s affich\u00e9es : la baisse des imp\u00f4ts et la s\u00e9curit\u00e9. Le gouvernement s&#8217;\u00e9tait montr\u00e9 intraitable avec les mouvements sociaux. Souvenons-nous de la duret\u00e9 face aux enseignants, longuement mobilis\u00e9s au printemps 2003. \u00ab On ne gouverne pas en c\u00e9dant \u00e0 la rue \u00bb, rab\u00e2che alors la droite au pouvoir. Le dossier des retraites a ainsi \u00e9t\u00e9 men\u00e9 de main de ma\u00eetre. Avec Raffarin III, rigueur et fermet\u00e9 auraient-elles pris du plomb dans l&#8217;aile ? Depuis mars dernier, le ton a chang\u00e9 et la liste des revirements et ajustements s&#8217;allonge semaine apr\u00e8s semaine. Mais, au total, le gouvernement gagne du temps plus qu&#8217;il ne r\u00e8gle les probl\u00e8mes&#8230;<\/p>\n<p>Premi\u00e8re patate chaude post-\u00e9lectorale : les recalcul\u00e9s. Le jugement de Marseille ne faisait pas partie des pr\u00e9visions du gouvernement qui pensait pouvoir tranquillement \u00e9conomiser sur le dos des ch\u00f4meurs sans que justice ne s&#8217;en m\u00eale. En m\u00eame temps, la droite a trouv\u00e9 l\u00e0 une occasion pour afficher un pseudo-tournant social : les ch\u00f4meurs recalcul\u00e9s seront tous r\u00e9int\u00e9gr\u00e9s. Mais cette d\u00e9cision n&#8217;a fait qu&#8217;ent\u00e9riner une situation de fait puisque les juges s&#8217;appr\u00eataient \u00e0 invalider la mesure de suppression de la fin des allocations, conform\u00e9ment \u00e0 la logique de signature du PARE, contrat engageant les ch\u00f4meurs mais aussi l&#8217;UNEDIC. Toujours est-il que le fond du probl\u00e8me n&#8217;est pas r\u00e9gl\u00e9 : quelle r\u00e9forme du syst\u00e8me d&#8217;assurance ch\u00f4mage ? Le gouvernement n&#8217;annonce pour l&#8217;heure aucun changement de cap. Depuis, ce proc\u00e9d\u00e9 se r\u00e9p\u00e8te \u00e0 l&#8217;envi. Face aux intermittents, Renaud Donnedieu de Vabres tente de calmer le jeu, en c\u00e9dant peu \u00e0 peu \u00e0 un certain nombre de revendications. La cr\u00e9ation d&#8217;un fonds destin\u00e9 \u00e0 aider les intermittents les plus touch\u00e9s par la r\u00e9forme ne peut masquer l&#8217;autisme  face aux revendications des artistes et techniciens du spectacle.  Autre exemple : l&#8217;\u00e9volution d&#8217;EDF-GDF. Si Nicolas Sarkozy donne une suite favorable \u00e0 quelques revendications syndicales, le lent cheminement vers la privatisation n&#8217;est \u00e9videmment pas contrari\u00e9. Enfin, la r\u00e9forme de la S\u00e9curit\u00e9 sociale, annonc\u00e9e par Philippe Douste-Blazy, laisse perplexe. On retrouve le m\u00eame processus politique que pour les retraites. Pour sauver le \u00ab syst\u00e8me en p\u00e9ril \u00bb, la droite propose de creuser un peu plus les in\u00e9galit\u00e9s sociales.<\/p>\n<p>Deux mesures montrent en revanche des ajustements d&#8217;orientation plus significatifs. D&#8217;un c\u00f4t\u00e9, le plan anti-expulsions de Jean-Louis Borloo doit permettre de donner une touche sociale  \u00e0 l&#8217;action gouvernementale. Si la mesure est \u00e0 saluer, il reste \u00e9vident que c&#8217;est un peu maigre. De l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9, la mesure phare du candidat Jacques Chirac a \u00e9t\u00e9 remise en cause : Nicolas Sarkozy a annonc\u00e9 que la baisse des imp\u00f4ts ne serait plus l&#8217;horizon ind\u00e9passable du gouvernement. Pour faire bonne mesure, le ministre de l&#8217;Economie a propos\u00e9 des r\u00e9ductions fiscales pour les donations de grands-parents \u00e0 petits-enfants. Une r\u00e9forme qui b\u00e9n\u00e9ficie d&#8217;abord aux d\u00e9tenteurs de patrimoine mais parle aussi aux petits \u00e9pargnants. Par l\u00e0, le lib\u00e9ralisme rejoint le vieux populisme : le ministre n&#8217;est pas simplement un bon gestionnaire des deniers publics mais aussi un d\u00e9fenseur de l&#8217;\u00e9pargne durement gagn\u00e9e, y compris devant les agents du fisc. Se pla\u00e7ant ouvertement du c\u00f4t\u00e9 du contribuable, Nicolas Sarkozy se pose comme l&#8217;anti-Francis Mer : le \u00ab bon p\u00e8re de famille \u00bb succ\u00e8de au froid gestionnaire. Le lib\u00e9ralisme se trouve ainsi raccord\u00e9 au paternalisme et \u00e0 la normativit\u00e9. Le march\u00e9 libre et l&#8217;ordre social : la marque de fabrique de \u00ab Sarko \u00bb est un m\u00e9lange d\u00e9tonant, inqui\u00e9tant pour l&#8217;avenir collectif. Les contradictions et les chausse-trappes ne manquent pas pour l&#8217;actuelle majorit\u00e9. Mais une chose est s\u00fbre : le h\u00e9raut du lib\u00e9ral-populisme, Nicolas Sarkozy, est au c\u0153ur du dispositif, garant de la continuit\u00e9 de la politique \u00e9conomique et sociale. Dernier espoir d&#8217;une droite en d\u00e9confiture. C.A.<\/p>\n<p><strong> EUROP\u00c9ENnES <\/strong> <\/p>\n<p>Derni\u00e8res \u00e9lections avant 2007 <\/p>\n<p>L&#8217;enjeu du 13 juin est \u00e0 la fois national et europ\u00e9en. Le nouveau mode de scrutin fait le jeu de la bipolarisation partisane. L&#8217;espace des sensibilit\u00e9s d&#8217;alternative est une fois de plus marqu\u00e9 par l&#8217;\u00e9parpillement.  <\/p>\n<p>Les pr\u00e9c\u00e9dentes \u00e9lections europ\u00e9ennes, en juin 1999, avaient \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9es par un basculement historique de la majorit\u00e9 du Parlement europ\u00e9en, consacrant une nette pr\u00e9dominance des droites sur la sc\u00e8ne europ\u00e9enne. Le scrutin avait \u00e9t\u00e9, au total, plus favorable aux conservateurs et aux lib\u00e9raux qu&#8217;aux chr\u00e9tiens-d\u00e9mocrates, mais partout on avait assist\u00e9 \u00e0 une d\u00e9route des partis socialistes au pouvoir. Par ailleurs, les Verts europ\u00e9ens avaient progress\u00e9, tandis que les partis de la gauche radicale consolidaient leur implantation, m\u00eame si, en France, le PCF de Robert Hue sortait d\u00e9\u00e7u de la comp\u00e9tition \u00e9lectorale. Enfin, le souverainisme conservait une audience \u00e9lectorale marginale et la plupart des organisations d&#8217;extr\u00eame droite marquaient le pas. Une fois de plus, les \u00e9lections europ\u00e9ennes avaient \u00e9t\u00e9 avant tout structur\u00e9es par des enjeux de politique int\u00e9rieure. La r\u00e9partition des forces politiques en Europe r\u00e9sultait donc de l&#8217;agr\u00e9gation de donn\u00e9es essentiellement nationales, dans une consultation qui souffre d\u00e8s le d\u00e9part d&#8217;un grave d\u00e9ficit de mobilisation, les abstentions tournant depuis 1989 autour de 50 % du corps \u00e9lectoral !<\/p>\n<p>En sera-t-il de m\u00eame en 2004 ? Le scrutin du 13 juin devrait avoir une forte d\u00e9termination nationale. Le gouvernement s&#8217;est mis en ordre de bataille, pour remonter la pente d\u00e9sastreuse des r\u00e9gionales. Au coup de sifflet de Jacques Chirac, on a enregistr\u00e9 quelques reculs imm\u00e9diats, vu revenir le discours social incarn\u00e9 par Jean-Louis Borloo et assist\u00e9 au lancement de la machine \u00ab Sarko \u00bb \u00e0 Bercy. En face, le PS veut pousser les avantages de sa \u00ab divine surprise \u00bb des r\u00e9gionales et des cantonales. Le 9 mai dernier, Fran\u00e7ois Hollande a r\u00e9clam\u00e9 une nouvelle sanction pour la droite et rappel\u00e9 que le scrutin europ\u00e9en serait \u00ab la deuxi\u00e8me occasion et la derni\u00e8re avant 2007 \u00bb.<\/p>\n<p><strong> Dimension europ\u00e9enne <\/strong><\/p>\n<p>Et pourtant, jamais consultation n&#8217;aura eu une dimension aussi europ\u00e9enne. En m\u00eame temps que se d\u00e9ploie un mouvement social europ\u00e9en, un espace politique se tisse avec la g\u00e9n\u00e9ralisation des partis europ\u00e9ens. L&#8217;UMP d&#8217;Alain Jupp\u00e9 a d\u00e9cid\u00e9 de renforcer ses liens avec la grande coalition des droites, le Parti populaire europ\u00e9en. Fin f\u00e9vrier, les \u00e9cologistes fran\u00e7ais ont particip\u00e9 ostensiblement \u00e0 la fondation du Parti vert europ\u00e9en et le PCF lui-m\u00eame a contribu\u00e9, les 8 et 9 mai, \u00e0 porter sur les fonts baptismaux le nouveau parti de la Gauche europ\u00e9enne. Fran\u00e7ois Bayrou ne veut pas \u00eatre en reste en lan\u00e7ant le projet d&#8217;un centre europ\u00e9en \u00ab qui ne soit ni conservateur ni socialiste, qui soit d\u00e9mocrate et porte l&#8217;esp\u00e9rance europ\u00e9enne \u00bb (Le Monde du 8 mai). Quant aux socialistes, ils esp\u00e8rent que la victoire du PS espagnol de Jos\u00e9 Luis Zapatero est l&#8217;indice \u00ab d&#8217;une nouvelle donne \u00bb (Serge Moscovici, Le Figaro, 13 avril). Pr\u00e9sent \u00e0 Paris \u00e0 la Convention nationale du PS, le 9 mai dernier, le nouveau pr\u00e9sident du Parti socialiste europ\u00e9en, Poul Nyrup Rasmussen, a r\u00e9affirm\u00e9 l&#8217;objectif de \u00ab b\u00e2tir une alliance nouvelle et durable entre la gauche et l&#8217;Europe, \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un Parti socialiste europ\u00e9en et digne de ce nom \u00bb.<\/p>\n<p><strong> D\u00e9boires lib\u00e9raux <\/strong><\/p>\n<p>La forte dimension europ\u00e9enne est ainsi une originalit\u00e9 certaine de cette \u00e9lection. Elle n&#8217;est pas pour autant un facteur de simplification. Par exemple, Alain Jupp\u00e9 veut continuer la vieille logique gaullienne de l&#8217;axe franco-allemand et renforcer le compagnonnage affich\u00e9 avec la CDU d&#8217;outre-Rhin. Mais les ambitions de Nicolas Sarkozy le poussent \u00e0 sugg\u00e9rer d&#8217;autres horizons : au Conseil national de l&#8217;UMP, le 9 mai, il a ostensiblement demand\u00e9 que l&#8217;on ne s&#8217;en tienne pas \u00e0 l&#8217;alli\u00e9 allemand, mais que l&#8217;on regarde aussi du c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;Espagne et de l&#8217;Angleterre. Alors que le pr\u00e9sident en titre de l&#8217;UMP veut inscrire ouvertement le gaullisme dans l&#8217;espace institutionnel de la droite europ\u00e9enne, son rival esquisse une tonalit\u00e9 plus critique, qui est un clin d&#8217;\u0153il affirm\u00e9 aux sensibilit\u00e9s de la droite souverainiste et de l&#8217;extr\u00eame droite. Sans doute Nicolas Sarkozy n&#8217;a-t-il pas oubli\u00e9 ses d\u00e9boires de 1999, quand le RPR alli\u00e9 aux amis d&#8217;Alain Madelin avait, en recueillant \u00e0 peine 12,5 %, \u00e9t\u00e9 devanc\u00e9 par la liste souverainiste de Charles Pasqua et de Philippe de Villiers. Lib\u00e9ral-populiste contre lib\u00e9ral-social ? Le parti du Pr\u00e9sident n&#8217;en a pas fini de choisir et la consultation europ\u00e9enne pourrait \u00eatre un jalon d\u00e9licat dans son long cheminement vers 2007.<\/p>\n<p><strong> Chacun cherche sa gauche <\/strong><\/p>\n<p>Les Verts, eux, ont fait clairement le choix d&#8217;un attelage europ\u00e9en qui les met \u00e0 la remorque des Gr\u00fcnen de Joschka Fischer. Ils souhaitent ainsi profiter de l&#8217;implantation europ\u00e9enne du courant \u00e9cologiste, bien assise en 1999, conforter l&#8217;image \u00ab europ\u00e9iste \u00bb de leur formation et attirer un \u00e9lectorat plus jeune, qui s&#8217;int\u00e9resse plus que d&#8217;autres aux enjeux de l&#8217;Union. Ce rapprochement avec les Gr\u00fcnen se scelle sur la base d&#8217;un programme d&#8217;apparence tr\u00e8s technique et environnementaliste, mais il laisse dans l&#8217;ombre la plupart des grands enjeux \u00e9conomiques et sociaux. En bref, les Verts fran\u00e7ais semblent avoir voulu mettre entre parenth\u00e8ses la question du lib\u00e9ralisme, qui les aurait sans doute plac\u00e9s en porte-\u00e0-faux vis-\u00e0-vis de leurs alli\u00e9s allemands. Ce choix : tactique ou strat\u00e9gique ? : risque toutefois de fragiliser leurs rapports avec un mouvement altermondialiste qui, lui, est bien ancr\u00e9 dans la th\u00e9matique antilib\u00e9rale.<\/p>\n<p>A priori, les sondages laissent entendre pour l&#8217;instant que les \u00e9lecteurs fran\u00e7ais pourraient \u00eatre tent\u00e9s par une nouvelle manifestation de leur m\u00e9contentement \u00e0 l&#8217;\u00e9gard du gouvernement Raffarin. Reste \u00e0 savoir qui en tirera le b\u00e9n\u00e9fice le plus grand. Le Parti socialiste a rarement \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&#8217;aise dans une \u00e9lection europ\u00e9enne o\u00f9 ses r\u00e9sultats sont la plupart du temps en de\u00e7\u00e0 de ceux qu&#8217;ils obtient dans des scrutins nationaux. Michel Rocard, qui dirige la liste socialiste dans le grand Sud, ne devrait pas avoir oubli\u00e9 son tr\u00e8s m\u00e9diocre 14,5 % de juin 1994&#8230; Mais le PS a le vent en poupe depuis mars, tandis que les autres composantes de la gauche vont \u00eatre dans une situation difficile, du fait d&#8217;un mode de scrutin qui valorise ouvertement les grosses machines \u00e9lectorales.<\/p>\n<p>L&#8217;extr\u00eame gauche n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 bouscul\u00e9e par ses r\u00e9sultats d\u00e9cevants des r\u00e9gionales. Les 3 et 4 avril derniers, la direction nationale de la Ligue communiste r\u00e9volutionnaire a sans surprise \u00ab confirm\u00e9 (\u00e0 70 %) l&#8217;orientation d\u00e9finie par le dernier congr\u00e8s et l&#8217;enjeu de la campagne commune avec LO \u00bb. La minorit\u00e9 de la LCR a certes fait valoir que les r\u00e9sultats des r\u00e9gionales laissaient entrevoir d&#8217;autres configurations \u00e0 la gauche du PS, mais, une fois de plus, elle n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 entendue.<\/p>\n<p>Quant au PCF, il a eu une attitude oscillante, dans la continuit\u00e9 d&#8217;\u00e9lections r\u00e9gionales qui ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es par chacune des sensibilit\u00e9s internes comme confirmant l&#8217;orientation qu&#8217;elles proposaient de retenir. Le noyau dirigeant, autour de la secr\u00e9taire nationale, Marie-George Buffet, avait ainsi obtenu, au lendemain des scrutins de mars, que le PCF retienne l&#8217;option d&#8217;une liste de \u00ab large rassemblement \u00bb. Mais cette direction n&#8217;a pas voulu trancher au d\u00e9part entre un rassemblement autour du PCF et des listes vraiment pluralistes, selon le mod\u00e8le mis en \u0153uvre aux r\u00e9gionales d&#8217;Ile-de-France. A l&#8217;issue d&#8217;une phase plut\u00f4t confuse, le PCF pr\u00e9sente des t\u00eates de liste communistes dans les sept circonscriptions m\u00e9tropolitaines, avec toutefois la reconduction en Ile-de-France, sous la houlette de l&#8217;eurod\u00e9put\u00e9 sortant Francis Wurtz, d&#8217;une liste paritaire d\u00e9cid\u00e9e avec d&#8217;autres organisations.<\/p>\n<p>Au bout du compte, l&#8217;espace politique, du c\u00f4t\u00e9 des sensibilit\u00e9s d&#8217;alternative, se caract\u00e9risera une fois de plus par son \u00e9parpillement, surtout si la tentative d&#8217;une liste plus ou moins d\u00e9riv\u00e9e de la galaxie Attac : la liste dite \u00ab 100 % altermondialiste \u00bb : parvient \u00e0 voir le jour, malgr\u00e9 les vives r\u00e9actions que cette hypoth\u00e8se a suscit\u00e9es dans les rangs de l&#8217;organisation.<\/p>\n<p>Le nouveau mode de scrutin d\u00e9nationalise le vote et fait le jeu de la bipolarisation partisane. Les \u00e9lecteurs sauront-ils contredire ce double projet, et l&#8217;esprit d&#8217;alternative fera-t-il entendre fortement sa voix ? R\u00e9ponse le 13 juin&#8230; A.C.<\/p>\n<p><strong> PROGRAMMES : Lib\u00e9ral or not lib\u00e9ral <\/strong><\/p>\n<p>Europe lib\u00e9rale, sociale-lib\u00e9rale ou antilib\u00e9rale ? C&#8217;est autour de ce choix que les lignes de partage se construisent. Les convergences aussi.<\/p>\n<p>Quelle Europe voulons-nous ? De quelle Europe r\u00eavons-nous ? Ces questions devraient occuper l&#8217;essentiel de l&#8217;espace public, le temps au moins d&#8217;une campagne \u00e9lectorale. De fait, les formations qui concourent aux suffrages des Fran\u00e7ais ont fait, cette fois, un effort r\u00e9el de proposition en mati\u00e8re europ\u00e9enne. Sans doute y verra-t-on l&#8217;effet d&#8217;une int\u00e9riorisation plus grande du fait europ\u00e9en lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Ce n&#8217;est pas qu&#8217;ait disparu le scepticisme devant une construction europ\u00e9enne opaque et de style technocratique, qui semble bien lointaine et, trop souvent, mena\u00e7ante. Tant de mauvais coups et de d\u00e9mant\u00e8lements sociaux ont \u00e9t\u00e9 conduits au nom des imp\u00e9ratifs europ\u00e9ens ! Mais l&#8217;habitude est heureusement venue de consid\u00e9rer qu&#8217;il n&#8217;y avait dans ces m\u00e9thodes aucune fatalit\u00e9, que l&#8217;espace europ\u00e9en pouvait \u00eatre aussi celui de constructions solidaires, de luttes communes contre un adversaire commun. A qui observe bien, ce sont les m\u00eames logiques lib\u00e9rales qui sont \u00e0 l&#8217;\u0153uvre \u00e0 Bruxelles ou \u00e0 Paris, \u00e0 Strasbourg, \u00e0 Londres ou \u00e0 Berlin. Les mouvements sociaux d&#8217;ampleur europ\u00e9enne, \u00ab eurogr\u00e8ves \u00bb ou marches des femmes ou des ch\u00f4meurs, ont donc commenc\u00e9 d&#8217;habituer \u00e0 la convergence des actions sociales. Et les Forums sociaux europ\u00e9ens ont fait de l&#8217;Europe une sc\u00e8ne politique o\u00f9 l&#8217;on s&#8217;est pris, ensemble, \u00e0 penser qu&#8217;il \u00e9tait possible, \u00e0 partir de dynamiques communes, d&#8217;esquisser des projets alternatifs communs. Mais, ce faisant, l&#8217;espace politique continental a cess\u00e9 d&#8217;\u00eatre celui des seuls sp\u00e9cialistes de la chose europ\u00e9enne. Le monde proprement politique, celui des organisations partisanes, a d\u00fb s&#8217;adapter \u00e0 cette nouvelle donne. Les partis ne peuvent plus se contenter d&#8217;un discours g\u00e9n\u00e9ral, favorable ou critique : ils doivent avancer des propositions et se prononcer sur les points cl\u00e9s qui travaillent d\u00e9sormais l&#8217;opinion publique.<\/p>\n<p>Cet int\u00e9r\u00eat est certes variable. Pour le Front national, par exemple, un discours violemment antieurop\u00e9en continue de tenir lieu de programme. Discret sur le contenu tr\u00e8s lib\u00e9ral de son projet : ne s&#8217;agit-il pas pour lui, avant tout, \u00ab d&#8217;assouplir le pacte de stabilit\u00e9 \u00bb et non de l&#8217;abolir ? :, le Front utilise le terrain europ\u00e9en pour tenir un discours vague o\u00f9 l&#8217;appel au \u00ab volontarisme \u00bb c\u00f4toie, sans la moindre vergogne, l&#8217;appel \u00e0 \u00ab d\u00e9fendre les services publics \u00bb et la demande de \u00ab grands travaux \u00bb financ\u00e9s par l&#8217;Europe \u00ab en partenariat avec le priv\u00e9 \u00bb. Les seuls points d\u00e9velopp\u00e9s sont ceux de l&#8217;immigration, avec le double refus de la citoyennet\u00e9 de r\u00e9sidence et de l&#8217;ing\u00e9rence europ\u00e9enne : le cadre de la \u00ab pr\u00e9f\u00e9rence nationale \u00bb \u00e9tant jug\u00e9 le seul pertinent :, et celui de la politique agricole qui permet au parti d&#8217;extr\u00eame droite de flirter avec un \u00e9lectorat rural d\u00e9sorient\u00e9 par les choix de l&#8217;Union.<\/p>\n<p>A droite, toujours, le pari centriste de Fran\u00e7ois Bayrou s&#8217;accompagne pour l&#8217;instant d&#8217;une certaine prudence programmatique. Comment, en effet, se distinguer d&#8217;un bloc europ\u00e9en de droite qui, dans le cadre du Parti populaire europ\u00e9en, rassemblait jusqu&#8217;alors l&#8217;essentiel des formations conservatrices, chr\u00e9tiennes-d\u00e9mocrates et lib\u00e9rales ? En dehors d&#8217;un discours f\u00e9d\u00e9raliste plus appuy\u00e9 : que porte notamment l&#8217;eurod\u00e9put\u00e9 Jean-Louis Bourlanges : les amis de Bayrou s&#8217;en tiennent donc \u00e0 un discours o\u00f9 la logique politique : distinguer le centre de la droite classique : l&#8217;emporte sur un contenu programmatique o\u00f9 la diff\u00e9rence est bien difficile \u00e0 fonder.<\/p>\n<p>A l&#8217;autre extr\u00e9mit\u00e9 de l&#8217;\u00e9chiquier politique, Lutte ouvri\u00e8re et la Ligue communiste r\u00e9volutionnaire observent la m\u00eame discr\u00e9tion programmatique. De ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0, la volont\u00e9 est nette de s&#8217;appuyer sur la demande des mouvements social et altermondialiste. Mais, au-del\u00e0 de la classique th\u00e9matique anticapitaliste, l&#8217;extr\u00eame gauche fran\u00e7aise continue de consid\u00e9rer que l&#8217;alternative ne n\u00e9cessite pas de formaliser les r\u00e9ponses coh\u00e9rentes que l&#8217;action politique pourrait porter jusqu&#8217;aux institutions de l&#8217;Union europ\u00e9enne. En bref, l&#8217;alliance LO-LCR pense toujours que la posture r\u00e9volutionnaire critique suffit \u00e0 donner \u00e0 l&#8217;action sociale son prolongement n\u00e9cessaire dans l&#8217;aire politique. A la limite, toute d\u00e9marche de projet est suspect\u00e9e de tentation sociale-d\u00e9mocrate ou d&#8217;illusion dangereuse : faisons grandir politiquement le refus et l&#8217;on verra bien apr\u00e8s&#8230;<\/p>\n<p><strong> \u00abEurope lib\u00e9rale\u00bb <\/strong> <\/p>\n<p>Toutes les autres formations s&#8217;essaient \u00e0 formuler leurs propositions europ\u00e9ennes et de les mettre \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve sur quelques th\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 l&#8217;actualit\u00e9. Le clivage droite-gauche fonctionne-t-il toujours ? Incontestablement. Sans doute le choc de la contestation sociale oblige-t-il la droite \u00e0 une extr\u00eame prudence. Difficile, dans le contexte actuel, de justifier sans ambages l&#8217;ultralib\u00e9ralisme dominant&#8230; L&#8217;UMP s&#8217;efforce donc de louvoyer, par exemple en expliquant, par la bouche d&#8217;Alain Jupp\u00e9, que la question n&#8217;est pas d&#8217;opposer l&#8217;Europe lib\u00e9rale et l&#8217;Europe sociale, mais de trancher entre \u00ab l&#8217;Europe dynamique \u00bb et \u00ab l&#8217;Europe bureaucratique qui confond la solidarit\u00e9 et l&#8217;assistance \u00bb. Le ma\u00eetre mot de la droite gouvernementale est celui de l&#8217;efficacit\u00e9 europ\u00e9enne. L&#8217;objectif est de \u00ab reprendre place en t\u00eate du peloton europ\u00e9en \u00bb (Jupp\u00e9) ou de retrouver \u00ab un nouveau volontarisme \u00bb par l&#8217;instauration d&#8217;un \u00ab authentique gouvernement \u00e9conomique europ\u00e9en \u00bb (Sarkozy). Pour le reste, il s&#8217;agit avant tout de faire des clins d&#8217;\u0153il \u00e0 une opinion de droite d\u00e9sar\u00e7onn\u00e9e par l&#8217;insucc\u00e8s de son gouvernement. La r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la d\u00e9fense du pouvoir d&#8217;achat (omnipr\u00e9sente chez Sarkozy) permet de prolonger le discours plus social amorc\u00e9 par Jacques Chirac au lendemain des r\u00e9gionales. En contrepoint, la r\u00e9f\u00e9rence prioritaire \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 est un geste \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de la partie la plus \u00e0 droite de l&#8217;\u00e9lectorat, tandis que le refus de l&#8217;adh\u00e9sion de la Turquie veut rassurer ceux qui peuvent encore \u00eatre s\u00e9duits par le discours virulent adopt\u00e9 sur ce point par Philippe de Villiers. Et si l&#8217;on ne parle pas \u00ab d&#8217;exception culturelle \u00bb : pas de concession \u00e0 l&#8217;antilib\u00e9ralisme ! : , on chante les vertus de la \u00ab diversit\u00e9 culturelle \u00bb et de la souverainet\u00e9. Quant \u00e0 la politique environnementale, elle se limite \u00e0 l&#8217;obligation d&#8217;utiliser des pots catalytiques et au recyclage des d\u00e9chets. Une mani\u00e8re ambitieuse, sans doute, de nourrir le \u00ab r\u00eave europ\u00e9en \u00bb dont se r\u00e9clame le parti du Pr\u00e9sident&#8230;<\/p>\n<p>Le souci de l&#8217;\u00e9quilibre a des limites, comme le montre fort bien l&#8217;\u00e9vocation de la Constitution europ\u00e9enne. Alors que Jacques Chirac se garde bien d&#8217;envisager un r\u00e9f\u00e9rendum, l&#8217;UMP s&#8217;est sentie oblig\u00e9e d&#8217;enfourcher ce cheval de bataille, bien s\u00fbr \u00ab dans le respect des pr\u00e9rogatives du chef de l&#8217;\u00c9tat \u00bb (programme adopt\u00e9 le 9 mai). Impossible de ne pas \u00ab prendre la peine de solliciter directement l&#8217;avis des Fran\u00e7ais \u00bb, explique Sarkozy devant le Conseil national du parti. Mais comment prendre le risque d&#8217;une consultation qui serait au moins autant un r\u00e9f\u00e9rendum&#8230; sur l&#8217;action du pouvoir que sur la Constitution elle-m\u00eame ?<\/p>\n<p><strong> \u00abEurope sociale\u00bb <\/strong> <\/p>\n<p>Face \u00e0 une droite qui ne sait plus quoi faire de son lib\u00e9ralisme, la gauche se prononce vivement en faveur de l&#8217;incontournable \u00ab Europe sociale \u00bb. Chacun y va de son couplet, n&#8217;h\u00e9sitant pas \u00e0 reprendre, avec plus ou moins de conviction et de d\u00e9tails, les th\u00e8mes port\u00e9es par le mouvement altermondialiste, et notamment les 21 exigences exprim\u00e9es par l&#8217;association Attac. La r\u00e9f\u00e9rence au service public y c\u00f4toie ainsi souvent le d\u00e9sir de mettre \u00e0 l&#8217;\u00e9cart des r\u00e8gles du march\u00e9 la sant\u00e9, l&#8217;\u00e9ducation ou la culture, ou encore le souhait d&#8217;\u00e9tablir des r\u00e9gulations plus fortes, surtout en mati\u00e8re de licenciement et d&#8217;emploi. Mais si le social donne le ton, les diff\u00e9rences, voire les divergences ne manquent pas, moins sur le d\u00e9tail des mesures que sur la coh\u00e9rence qu&#8217;elles dessinent.<\/p>\n<p>Dans l&#8217;ensemble, la proposition du PS se pr\u00e9sente comme ouvertement f\u00e9d\u00e9raliste et mod\u00e9r\u00e9ment redistributive. Comment financer l&#8217;Europe sociale ? On ne sait pas trop. Les socialistes ne veulent certes plus du pacte de stabilit\u00e9, mais le budget europ\u00e9en qu&#8217;ils envisagent reste modeste (1,5 % du PIB), le volet fiscal est maigre et il est pr\u00e9vu tout au plus d&#8217;\u00e9tablir \u00ab les modalit\u00e9s du dialogue \u00bb entre la Banque centrale et les autres institutions europ\u00e9ennes. Pour le reste, les socialistes conservent leur fibre f\u00e9d\u00e9raliste, consid\u00e9rant, comme les centristes, que c&#8217;est par d\u00e9faut d&#8217;int\u00e9gration que l&#8217;Europe a p\u00e9ch\u00e9. Et c&#8217;est significativement sur les questions troubles de la s\u00e9curit\u00e9 et de la r\u00e9gulation des flux migratoires que la d\u00e9marche est le plus abondamment illustr\u00e9e&#8230;<\/p>\n<p>La d\u00e9marche des Verts est, par certains aspects, plus proche de la sensibilit\u00e9 \u00ab mouvement social \u00bb et plus prudente sur les grandes logiques \u00e9conomiques et sociales. Les \u00e9cologistes fran\u00e7ais ayant choisi la carte de l&#8217;immersion dans le Parti vert europ\u00e9en, l&#8217;essentiel de leur projet tourne autour des questions de l&#8217;environnement, avec une multiplication de mesures concr\u00e8tes, d&#8217;allure souvent technique. La dimension de projet proprement dit est moins dans la philosophie de la construction europ\u00e9enne que dans l&#8217;importance accord\u00e9e : autre tradition de l&#8217;\u00e9cologie fran\u00e7aise : aux questions du rapport aux pays du Sud et \u00e0 celle des institutions internationales. En revanche, la part sociale est plus allusive : l&#8217;\u00e9nonc\u00e9 de valeurs g\u00e9n\u00e9rales, la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la formation professionnelle pour les ch\u00f4meurs&#8230; Les Verts, par ailleurs favorables au projet de constitution \u00abGiscard\u00bb, cultivent leur image \u00ab soci\u00e9tale \u00bb.  Mais ils ont mis un b\u00e9mol sur l&#8217;anti-lib\u00e9ralisme  qui est pourtant celui de la majorit\u00e9 dirigeant l&#8217;organisation.<\/p>\n<p><strong> ALTERNATIVE <\/strong><\/p>\n<p>Quant au PCF, tr\u00e8s hostile au projet constitutionnel, il a peaufin\u00e9 ses propositions dans une discussion avec ses partenaires potentiels : ceux avec lesquels un accord a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 en Ile-de-France. Plus que les autres formations, il affirme le souci de fonder sa critique de l&#8217;Europe actuelle sur une vision alternative coh\u00e9rente du devenir de l&#8217;Union. La demande d&#8217;une Europe sociale : plus pr\u00e9cise dans l&#8217;\u00e9nonc\u00e9 des droits exig\u00e9s que dans les autres programmes : s&#8217;accompagne donc d&#8217;un fort volet \u00e9conomique et social et d&#8217;une proposition d&#8217;inflexion s\u00e9rieuse du dispositif institutionnel. La r\u00e9orientation des outils de r\u00e9gulation \u00e9conomique : et notamment l&#8217;action de la Banque centrale europ\u00e9enne : et la relance \u00e9largie du secteur public participent ainsi du d\u00e9sir de limiter l&#8217;emprise de la pente marchande, qui enserre de plus en plus l&#8217;Europe dans les filets de la concurrence g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans cet ensemble, la question des institutions reste une pomme de discorde, m\u00eame si les points de vue ne pr\u00e9sentent plus cette incompatibilit\u00e9 totale qui marquait les d\u00e9bats ant\u00e9rieurs. Le fait que, peu ou prou, l&#8217;Europe soit devenue une donn\u00e9e reconnue d\u00e9place les lignes de la controverse. La question n&#8217;est plus celle de l&#8217;acceptation ou non de l&#8217;Union, mais celle des contenus politiques qu&#8217;elle doit promouvoir. Lib\u00e9ralisme, social-lib\u00e9ralisme ou antilib\u00e9ralisme cons\u00e9quent et constructif ? C&#8217;est autour de ce choix que les lignes de partage se construisent progressivement. Sans doute, la querelle du f\u00e9d\u00e9ralisme et du conf\u00e9d\u00e9ralisme continue-t-elle de se d\u00e9ployer, mais de fa\u00e7on moins dogmatique que par le pass\u00e9.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de la gauche antilib\u00e9rale, des voies de convergence programmatique semblent en tout cas en passe de s&#8217;affirmer. Dans le processus de pr\u00e9paration des europ\u00e9ennes, un projet de charte citoyenne \u00e9labor\u00e9e par des militants politiques, associatifs, syndicaux, de sensibilit\u00e9s et de pratiques fort diverses, a montr\u00e9 que, sur le terrain de l&#8217;antilib\u00e9ralisme, des convergences s\u00e9rieuses pouvaient se dessiner. <\/p>\n<p>Qu&#8217;elles n&#8217;aient pas pu aller jusqu&#8217;au bout, jusqu&#8217;\u00e0 la constitution de listes communes, ne change rien sur le fond : c&#8217;est vers ces convergences qu&#8217;il faut d\u00e9sormais s&#8217;engager, et pas seulement sur le terrain europ\u00e9en. R. M.<\/p>\n<p>Nouveau mode de scrutin<\/p>\n<p>Compte tenu de l&#8217;\u00e9largissement de l&#8217;Union europ\u00e9enne, seuls 626 d\u00e9put\u00e9s seront \u00e9lus dans les \u00c9tats de l&#8217;Union \u00e0 Quinze, en attendant que le nombre total de d\u00e9put\u00e9s passe \u00e0 732. En France, les 78 d\u00e9put\u00e9s europ\u00e9ens seront \u00e9lus \u00e0 la proportionnelle, suivant la r\u00e8gle de la plus forte moyenne. <\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9lection se d\u00e9roulera cette fois \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de huit grandes circonscriptions :<\/p>\n<ul>\n<li> Nord-Ouest (Basse-Normandie, Haute-Normandie, Nord-Pas-de-Calais <\/li>\n<\/ul>\n<p>et Picardie) : 12 si\u00e8ges<\/p>\n<ul>\n<li> Ouest (Bretagne, Pays-de-la-Loire, Poitou-Charentes) : 10 si\u00e8ges<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li> Est (Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Lorraine, <\/li>\n<\/ul>\n<p>Franche-Comt\u00e9) : 10 si\u00e8ges<\/p>\n<ul>\n<li> Sud-Ouest (Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Midi-Pyr\u00e9n\u00e9es) : 10 si\u00e8ges<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li> Sud-Est (Corse, PACA, Rh\u00f4ne-Alpes) : 13 si\u00e8ges<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li> Massif Central-Centre (Auvergne, Limousin et Centre) : 6 si\u00e8ges<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li> Ile de France : 14 si\u00e8ges<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li> Outre-mer (ensemble des d\u00e9partements, territoires et collectivit\u00e9s) : 3 si\u00e8ges<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les si\u00e8ges seront r\u00e9partis, dans la circonscription, entre les listes ayant obtenu<\/p>\n<p> au moins 5% des suffrages exprim\u00e9s. <\/p>\n<p>Composition actuelle du Parlement europ\u00e9en<\/p>\n<p>Le Parlement europ\u00e9en comprend 786 d\u00e9put\u00e9s (parmi lesquels 43,6% de femmes en 1999). Ils se r\u00e9partissent en sept grands groupes ou se classent parmi les <\/p>\n<p>\u00ab non inscrits \u00bb :<\/p>\n<ul>\n<li> Groupe du Parti populaire europ\u00e9en (D\u00e9mocrates-chr\u00e9tiens et D\u00e9mocrates <\/li>\n<\/ul>\n<p>europ\u00e9ens) : 294 d\u00e9put\u00e9s (c&#8217;est \u00e0 ce groupe qu&#8217;adh\u00e8rent aujourd&#8217;hui les membres de l&#8217;UDF et de l&#8217;UMP)<\/p>\n<ul>\n<li> Groupe du Parti socialiste europ\u00e9en : 232 d\u00e9put\u00e9s<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li> Groupe du Parti europ\u00e9en des lib\u00e9raux, d\u00e9mocrates et r\u00e9formateurs : <\/li>\n<\/ul>\n<p>67 d\u00e9put\u00e9s <\/p>\n<ul>\n<li> Groupe des Verts\/Alliance libre europ\u00e9enne : 47 d\u00e9put\u00e9s<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li> Groupe conf\u00e9d\u00e9ral de la Gauche unitaire europ\u00e9enne \/ Gauche verte nordique : 55 d\u00e9put\u00e9s (parmi eux les \u00e9lus du PCF et de l&#8217;extr\u00eame gauche fran\u00e7aise)<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li> Groupe Union pour l&#8217;Europe des nations : 30 d\u00e9put\u00e9s <\/li>\n<\/ul>\n<p>(dont les amis de Charles Pasqua)<\/p>\n<ul>\n<li> Groupe pour l&#8217;Europe des d\u00e9mocraties et des diff\u00e9rences : 17 d\u00e9put\u00e9s<\/li>\n<\/ul>\n<p> (parmi eux William Abitbol et Jean Saint-Josse)<\/p>\n<ul>\n<li> Les non-inscrits sont au nombre de 44 (parmi eux les d\u00e9put\u00e9s du FN)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> La sanction \u00e9lectorale de mars dernier a-t-elle infl\u00e9chi la politique gouvernementale ? Derri\u00e8re une communication revisit\u00e9e et quelques inflexions, la droite a sa boussole : le lib\u00e9ralisme, agr\u00e9ment\u00e9 de populisme. Bilan d&#8217;\u00e9tape avant les \u00e9lections europ\u00e9ennes. Dossier r\u00e9alis\u00e9 par cl\u00e9mentine autain et roger martelli <\/p>\n","protected":false},"author":328,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[305],"class_list":["post-3277","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web","tag-droites"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3277","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/328"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3277"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3277\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3277"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3277"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3277"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}