{"id":3224,"date":"2004-12-01T00:00:00","date_gmt":"2004-11-30T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/les-aspirations-palestiniennes3224\/"},"modified":"2004-12-01T00:00:00","modified_gmt":"2004-11-30T23:00:00","slug":"les-aspirations-palestiniennes3224","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3224","title":{"rendered":"Les aspirations palestiniennes demeurent en l&#8217;\u00e9tat. Entretien avec Isabelle Avran"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Que devient, apr\u00e8s la mort de Yasser Arafat, l&#8217;Etat palestinien \u00ab en gestation \u00bb ? Comment organiser les \u00e9lections du 9 janvier ? O\u00f9 en est la feuille de route ? Autant de questions qui attendent des r\u00e9ponses. L&#8217;Europe devrait y avoir son mot \u00e0 dire. Entretien avec Isabelle Avran. <\/p>\n<p>**Qu&#8217;est-ce que la France a exprim\u00e9 en accueillant Yasser Arafat ?<\/p>\n<p>Isabelle Avran : L&#8217;accueil du pr\u00e9sident Arafat par la France, l&#8217;hospitalit\u00e9 m\u00e9dicale et l&#8217;hommage rendu au pr\u00e9sident d\u00e9funt repr\u00e9sentent des gestes politiques, un message pour le pr\u00e9sent et l&#8217;avenir qui s&#8217;inscrit dans une continuit\u00e9 diplomatique. L&#8217;hommage rendu au chef d&#8217;Etat a \u00e9t\u00e9 ressenti comme tel par les Palestiniens. Il manifeste la reconnaissance par la France : et au-del\u00e0 par l&#8217;Europe : de la l\u00e9gitimit\u00e9 du pr\u00e9sident \u00e9lu, rejetant le diktat am\u00e9ricano-isra\u00e9lien : les dirigeants isra\u00e9liens emmurant le pr\u00e9sident palestinien dans la Mouqata&#8217;a ont aussi cherch\u00e9 \u00e0 le marginaliser et le d\u00e9l\u00e9gitimer. Les dirigeants europ\u00e9ens ont toujours refus\u00e9 de renoncer \u00e0 rencontrer Yasser Arafat en tant que pr\u00e9sident, \u00e0 l&#8217;exception de Silvio Berlusconi, vite rappel\u00e9 \u00e0 l&#8217;ordre par la diplomatie europ\u00e9enne. Pour l&#8217;Europe, il s&#8217;agit de mettre en \u00e9vidence la l\u00e9gitimit\u00e9 des urnes palestiniennes, mais aussi de souligner le caract\u00e8re incontournable de la repr\u00e9sentation palestinienne pour une solution politique n\u00e9goci\u00e9e, au contraire d&#8217;une non-solution unilat\u00e9ralement impos\u00e9e. C&#8217;est aussi en ces termes qu&#8217;est pos\u00e9e la question de la \u00ab r\u00e9forme \u00bb : renforcement des instruments de la d\u00e9mocratie, pour les Europ\u00e9ens comme pour les Palestiniens, malgr\u00e9 les difficult\u00e9s inh\u00e9rentes \u00e0 l&#8217;occupation et \u00e0 la guerre coloniale ; mise \u00e0 l&#8217;\u00e9cart des repr\u00e9sentants palestiniens \u00e9lus et singuli\u00e8rement du pr\u00e9sident Arafat, dans la version isra\u00e9lo-am\u00e9ricaine. Pour Washington et Tel Aviv, les Palestiniens devraient avaliser les repr\u00e9sentants choisis pour eux. Le geste politique de la France appara\u00eet d&#8217;autant plus important qu&#8217;il montre que l&#8217;Europe pourrait jouer un r\u00f4le actif qu&#8217;aujourd&#8217;hui elle ne joue pas.<\/p>\n<p><strong> Comment analysez-vous le discours isra\u00e9lien produit autour de la mort de Yasser Arafat ? <\/strong> Isabelle Avran : Isra\u00ebl a r\u00e9affirm\u00e9 la posture qui pr\u00e9vaut depuis Camp David consistant \u00e0 inverser d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment l&#8217;\u00e9quation du conflit : rendre responsable de l&#8217;impasse les Palestiniens, et plus particuli\u00e8rement le pr\u00e9sident Arafat, exon\u00e9rant l&#8217;occupation. Depuis Camp David, cette position a \u00e9t\u00e9 inconditionnellement soutenue par l&#8217;administration am\u00e9ricaine pour l\u00e9gitimer le projet politique d&#8217;Ariel Sharon : mener \u00e0 terme la logique de colonisation, d&#8217;annexion et d&#8217;expulsion non achev\u00e9e en 1948. Avatar actuel du discours : affirmer que des n\u00e9gociations seraient aujourd&#8217;hui possibles avec des repr\u00e9sentants palestiniens \u00ab mod\u00e9r\u00e9s \u00bb et \u00ab responsables \u00bb. En d&#8217;autres termes, des Palestiniens pr\u00eats \u00e0 la renonciation. Or, l&#8217;histoire le montre : aucun dirigeant palestinien ne peut imaginer un seul instant amener son peuple \u00e0 renoncer \u00e0 ses droits nationaux. Ce discours, de plus, s&#8217;accompagne de racisme. Le ministre de la Justice isra\u00e9lien, par exemple, a d\u00e9clar\u00e9 : \u00ab A J\u00e9rusalem, on enterre les rois des juifs, et non les terroristes arabes. \u00bb C&#8217;est une d\u00e9monstration de haine.<\/p>\n<p><strong> Quel sens peut-on donner aux sc\u00e8nes de liesse lors de l&#8217;enterrement \u00e0 Ramallah ? <\/strong> Isabelle Avran : Le vice-ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res palestinien, Ilan Hal\u00e9vi, a dit tr\u00e8s justement que le peuple a ravi aux officiels les fun\u00e9railles du pr\u00e9sident Arafat et que c&#8217;est tr\u00e8s bien ainsi. La ferveur populaire, aux antipodes du chaos ou de l&#8217;indiff\u00e9rence annonc\u00e9s, signe une reconnaissance dans un parcours politique : \u00ab Yasser Arafat a transform\u00e9 des r\u00e9fugi\u00e9s dispers\u00e9s en un mouvement national \u00bb, souligne l&#8217;intellectuelle palestinienne Souad Amiry. Au-del\u00e0 des critiques qu&#8217;elle adresse au gestionnaire d&#8217;un Etat en gestation, elle ajoute : \u00ab La cause palestinienne (&#8230;) est une cause nationale men\u00e9e par un peuple qui a perdu sa terre et accept\u00e9 de la partager. Yasser Arafat est celui qui a su convaincre des gens comme moi de la n\u00e9cessit\u00e9 de reconna\u00eetre Isra\u00ebl et d&#8217;avoir deux Etats. \u00bb L&#8217;annonce isra\u00e9lienne sur ce \u00ab chaos \u00bb visait notamment \u00e0 rendre invisible la guerre coloniale, qui est, elle, source de chaos.<\/p>\n<p><strong> Quelles \u00e9tapes Yasser Arafat aura-t-il permis de franchir ? En quoi s&#8217;inscrit-il dans l&#8217;histoire ? <\/strong> Isabelle Avran : Une s\u00e9rie d&#8217;\u00e9tapes s&#8217;inscrivant dans une double s\u00e9rie de difficult\u00e9s : faire reconna\u00eetre l&#8217;existence du peuple palestinien et son droit \u00e0 l&#8217;autod\u00e9termination tout en d\u00e9pendant de fait des pays d&#8217;accueil et de la sc\u00e8ne internationale ; \u00e9voluer vers le pragmatisme, le r\u00e9alisme politique en pr\u00e9servant l&#8217;essentiel et ne mettant pas l&#8217;unit\u00e9 nationale en p\u00e9ril.<\/p>\n<p>L&#8217;OLP, en 1964, mise en place par des Etats arabes, ne voulait pas d&#8217;une OLP authentiquement palestinienne. L&#8217;\u00e9chec arabe et l&#8217;occupation en 1967 signeront l&#8217;\u00e9mergence d&#8217;une OLP palestinienne qui dans un premier temps se fera reconna\u00eetre par la lutte arm\u00e9e. En 1968, en Jordanie, \u00e0 Karam\u00e9, les Palestiniens se d\u00e9fendent armes \u00e0 la main. C&#8217;est l&#8217;acte de reconnaissance du Fatah, que dirige Yasser Arafat. En 1969, il prend la direction de l&#8217;OLP. Alors qu&#8217;en 1947-48, les Palestiniens ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s dans le d\u00e9sert, et \u00e0 la mer, na\u00eetra le projet, port\u00e9 par Yasser Arafat, de cr\u00e9ation d&#8217;un Etat d\u00e9mocratique multiconfessionnel. Mais, face au refus irr\u00e9versible d&#8217;Isra\u00ebl grandira peu \u00e0 peu l&#8217;id\u00e9e du partage. L&#8217;aspiration au retour a \u00e9t\u00e9 le moteur central et originel de toute la r\u00e9sistance, d&#8217;un peuple massivement d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 et expuls\u00e9 en 1948 puis en 1967 ; d&#8217;o\u00f9 la violence intime que les Palestiniens ont d\u00fb s&#8217;infliger pour accepter le partage sur leur propre terre. Le douzi\u00e8me conseil national palestinien, en 1974 : et ce sera l\u00e0 une \u00e9tape importante : valide l&#8217;id\u00e9e de cr\u00e9ation d&#8217;une autorit\u00e9 nationale palestinienne sur toute partie du territoire lib\u00e9r\u00e9. La Cisjordanie, Gaza et J\u00e9rusalem-Est ne repr\u00e9sentent que 22 % du territoire de la Palestine mandataire. Cette id\u00e9e avancera, avec des d\u00e9bats strat\u00e9giques et d&#8217;objectifs parfois plus que conflictuels, jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;appel de la \u00ab Paix des braves \u00bb lanc\u00e9 par Yasser Arafat en 1988, lors de la premi\u00e8re Intifada qui recentre la r\u00e9sistance sur le territoire palestinien. Le second \u00e9l\u00e9ment de l&#8217;\u00e9volution strat\u00e9gique concerne la lutte arm\u00e9e devenue peu \u00e0 peu \u00ab l&#8217;une des voies \u00bb de la r\u00e9sistance, tandis que progresse la voie politique et diplomatique : Yasser Arafat porte, en 1974 \u00e0 l&#8217;ONU, le droit du peuple palestinien \u00e0 l&#8217;autod\u00e9termination. Avec la premi\u00e8re Intifada, \u00e0 la primaut\u00e9 de l&#8217;aspiration au retour succ\u00e9dera, sans pour autant la gommer, la primaut\u00e9 de l&#8217;aspiration \u00e0 l&#8217;ind\u00e9pendance, avec l&#8217;appel \u00e0 deux Etats. En 1991, \u00e0 l&#8217;issue de la guerre du Golfe s&#8217;ouvriront \u00e0 Madrid les premi\u00e8res n\u00e9gociations isra\u00e9lo-arabes. Cette guerre, men\u00e9e au nom du droit international mais en le violant, se situe \u00e0 une p\u00e9riode de red\u00e9finition des orientations strat\u00e9giques am\u00e9ricaines. Apr\u00e8s la guerre froide, les Etats-Unis s&#8217;appuient sur le multilat\u00e9ralisme et une apparence de droit international. C&#8217;est l&#8217;une des raisons de l&#8217;engagement europ\u00e9en dans cette guerre, promouvant l&#8217;id\u00e9e d&#8217;une n\u00e9gociation isra\u00e9lo-palestinienne \u00e0 l&#8217;issue du conflit. Mais \u00e0 la place d&#8217;une conf\u00e9rence internationale souhait\u00e9e par l&#8217;Europe a lieu une n\u00e9gociation isra\u00e9lo-arabe puis isra\u00e9lo-palestinienne, sous parrainage am\u00e9ricano-russe. L&#8217;Europe ne joue qu&#8217;un r\u00f4le essentiellement \u00e9conomique, laissant les protagonistes du conflit dans une \u00e9quidistance, sans issue du fait de l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 des rapports de forces. En 1993, avec la d\u00e9claration d&#8217;Oslo, l&#8217;OLP reconna\u00eet l&#8217;Etat d&#8217;Isra\u00ebl. Isra\u00ebl ne reconna\u00eet pas l&#8217;Etat palestinien mais l&#8217;OLP. Le processus repose sur deux r\u00e9solutions des Nations unies, dont la fameuse 242 qui d\u00e9l\u00e9gitime l&#8217;occupation de territoires par la force. La complexit\u00e9 r\u00e9side notamment dans une logique par \u00e9tapes avec des parts d&#8217;autonomie pr\u00e9vues au fur et \u00e0 mesure, et en fait amput\u00e9es par une colonisation intensifi\u00e9e.<\/p>\n<p><strong> Selon le calendrier fix\u00e9 \u00e0 Oslo, un Etat palestinien aurait d\u00fb na\u00eetre en 1999. Que s&#8217;est-il pass\u00e9 ? <\/strong> Isabelle Avran : En mai 1999 aurait d\u00fb prendre fin la n\u00e9gociation sur le statut final. En jeu, les dossiers essentiels : terre et territoires, eau, colonies, J\u00e9rusalem, droit au retour avec la perspective d&#8217;un Etat palestinien ind\u00e9pendant. Car, comme le soulignent des appels communs d&#8217;intellectuels et militants palestiniens et isra\u00e9liens, la paix est trop s\u00e9rieuse pour marchander. Au sommet de Berlin de f\u00e9vrier 1999, les Europ\u00e9ens se disent pr\u00eats \u00e0 s&#8217;engager dans l&#8217;\u00e9dification de cet Etat \u00ab le moment venu \u00bb. Mais ce \u00ab moment \u00bb ne viendra pas. Au pr\u00e9texte des \u00e9lections anticip\u00e9es isra\u00e9liennes de 1999, l&#8217;Europe demandera aux Palestiniens de patienter encore. Le Premier ministre isra\u00e9lien Ehud Barak, qui s&#8217;\u00e9tait mobilis\u00e9 au sein du parti travailliste pour ne pas ratifier les accords d&#8217;Oslo, multiplie les atermoiements jusqu&#8217;en juillet 2000, revenant sur les accords que Bill Clinton avait arrach\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment \u00e0 Benyamin Netanyahou. Et se joue \u00e0 Camp David (juillet 2000) ce qui am\u00e8ne \u00e0 la situation actuelle. D&#8217;un c\u00f4t\u00e9, la d\u00e9l\u00e9gation palestinienne pose le droit international comme base et fondement de la n\u00e9gociation. De l&#8217;autre, Ehud Barak annonce qu&#8217;il faut renoncer au droit international et n\u00e9gocier des \u00ab concessions \u00bb : aucune souverainet\u00e9 palestinienne \u00e0 J\u00e9rusalem sauf dans quelques quartiers, aucune reconnaissance du droit au retour, ni de la responsabilit\u00e9 isra\u00e9lienne dans l&#8217;expulsion et pas de retour aux fronti\u00e8res de 1967&#8230; Et un territoire palestinien morcel\u00e9 emp\u00eachant toute viabilit\u00e9. Le refus d&#8217;Arafat de renoncer aux droits nationaux palestiniens et au droit international comme base de n\u00e9gociation ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s par les parties am\u00e9ricaine et isra\u00e9lienne comme la preuve du refus palestinien de la paix. Cela a ouvert la voie \u00e0 une entreprise de d\u00e9l\u00e9gitimation de la partie palestinienne, avec l&#8217;affirmation selon laquelle il n&#8217;existerait pas d?interlocuteur palestinien pour la paix, et \u00e0 l&#8217;invalidation de toute n\u00e9gociation et du processus d&#8217;Oslo.<\/p>\n<p><strong> Quels sont les enjeux des \u00e9lections du 9 janvier prochain ? <\/strong> Isabelle Avran : On a entendu \u00e9voquer l&#8217;absence de \u00ab dauphin \u00bb \u00e0 Yasser Arafat. La Palestine et ses institutions ne sont pas une monarchie et la question ne se pose pas en ces termes. La loi fondamentale adopt\u00e9e par le conseil l\u00e9gislatif \u00e9lu en janvier 1996 par la population des territoires occup\u00e9s est claire : la pr\u00e9sidence doit \u00eatre assum\u00e9e transitoirement pendant 60 jours par le pr\u00e9sident du conseil l\u00e9gislatif. A l&#8217;issue de cette p\u00e9riode doivent se tenir des \u00e9lections. On constate aujourd&#8217;hui le respect de la Constitution et une continuit\u00e9 politique r\u00e9elle. Premier enjeu : ces \u00e9lections vont-elles pouvoir se tenir ? Pour qu&#8217;elles puissent avoir lieu, l&#8217;arm\u00e9e isra\u00e9lienne doit \u00e9vacuer les camps, les villes et les villages de Palestine. Les Palestiniens doivent pouvoir circuler librement \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de leur territoire, de telle sorte qu&#8217;une campagne \u00e9lectorale puisse avoir lieu. L&#8217;inscription sur les listes \u00e9lectorales ne doit pas \u00eatre entrav\u00e9e, contrairement \u00e0 ce qui a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 lors de la pr\u00e9paration des \u00e9lections municipales pour lesquelles l&#8217;arm\u00e9e isra\u00e9lienne a ferm\u00e9 les bureaux d&#8217;inscription \u00e0 J\u00e9rusalem. Des \u00e9lections impliquent aussi la libert\u00e9 des candidats. Or de nombreux cadres politiques palestiniens ont \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9s, d&#8217;autres, comme les d\u00e9put\u00e9s Hussam Khader ou Marwan Barghouti, secr\u00e9taire du Fatah en Cisjordanie, sont dans les ge\u00f4les isra\u00e9liennes, en violation de toutes les conventions internationales.<\/p>\n<p>Second enjeu : la souverainet\u00e9 des institutions \u00e9lues dans un pays appel\u00e9 \u00e0 l&#8217;ind\u00e9pendance. Troisi\u00e8me enjeu et non des moindres : l&#8217;articulation entre l&#8217;Autorit\u00e9 et le conseil \u00e9lu et la repr\u00e9sentation de l&#8217;ensemble du peuple palestinien, entre occupation et exil.<\/p>\n<p><strong> Quelle est la posture des Etats-Unis dans ce contexte ?** Isabelle Avran : Les Etats-Unis, dont l&#8217;administration Bush avait \u00e9voqu\u00e9, pour la premi\u00e8re fois, en 2001, le principe d&#8217;un Etat palestinien ind\u00e9pendant et viable \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;Etat d&#8217;Isra\u00ebl, ont en m\u00eame temps recul\u00e9. La guerre contre l&#8217;Irak et l&#8217;occupation s&#8217;inscrivent dans des perspectives qui convergent avec celles d&#8217;Ariel Sharon : rejet du droit international, \u00ab guerre pr\u00e9ventive \u00bb, remodelage r\u00e9gional et marginalisation des autres membres du quartet (1). Qu&#8217;en sera-t-il avec la deuxi\u00e8me administration de GeorgeW. Bush, triomphalement r\u00e9\u00e9lu ? Dans sa lettre du 14 avril 2004 \u00e0 Ariel Sharon, M. Bush dit tr\u00e8s clairement qu&#8217;il ne faut plus compter sur les fronti\u00e8res de 1967, les faits, sur le terrain, ayant produit une autre r\u00e9alit\u00e9. Cette reconnaissance unilat\u00e9rale et ill\u00e9gale des faits ill\u00e9gaux accomplis par Isra\u00ebl encourage \u00e0 les poursuivre et gage l&#8217;avenir d&#8217;un Etat palestinien. Cette fois, le \u00ab dead line \u00bb de 2005 fix\u00e9 par la feuille de route \u00e9labor\u00e9e par le quartet a \u00e9t\u00e9 unilat\u00e9ralement ajourn\u00e9 \u00e0 2009 par la nouvelle administration Bush. Cela montre la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une intervention europ\u00e9enne r\u00e9elle pour que ces \u00e9lections puissent avoir lieu mais aussi pour qu&#8217;elles puissent donner naissance \u00e0 des institutions souveraines dans un pays souverain et ind\u00e9pendant. A une paix durable. **Entretien r\u00e9alis\u00e9 par R\u00e9mi Douat <\/strong><\/p>\n<p>[[1. ONU, Union europ\u00e9enne, Etats-Unis, Russie.<br \/>\n]<em> Isabelle Avran est vice-pr\u00e9sidente de l&#8217;Association France-Palestine solidarit\u00e9 et journaliste. <\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Que devient, apr\u00e8s la mort de Yasser Arafat, l&#8217;Etat palestinien \u00ab en gestation \u00bb ? Comment organiser les \u00e9lections du 9 janvier ? O\u00f9 en est la feuille de route ? Autant de questions qui attendent des r\u00e9ponses. L&#8217;Europe devrait y avoir son mot \u00e0 dire. 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