{"id":3211,"date":"2004-12-01T00:00:00","date_gmt":"2004-11-30T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/accouchement-restons-zen3211\/"},"modified":"2004-12-01T00:00:00","modified_gmt":"2004-11-30T23:00:00","slug":"accouchement-restons-zen3211","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3211","title":{"rendered":"Accouchement, restons zen"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> \u00ab Le plan de p\u00e9rinatalit\u00e9 \u00bb : cette expression barbare sublime les mesures mises en route r\u00e9cemment pour que b\u00e9b\u00e9 quitte son chou ou sa rose sans incident. Entre hyperm\u00e9dicalisation et milieu naturel, planification et d\u00e9brouille, les m\u00e8res ont du mal \u00e0 rester zen. Check up. <\/p>\n<p><em> \u00ab Vous pouvez arr\u00eater votre pilule. Mais aux premiers signes, vous rappliquez dare-dare. \u00bb <\/em> Mieux vaut \u00eatre zen de nature s&#8217;il faut se retrouver enceinte \u00e0 Paris. A peine envisag\u00e9e la joie des premiers babillements, le gyn\u00e9cologue qui vient d&#8217;effectuer le dernier check avant le grand saut met la future femme enceinte en garde : il n&#8217;y aura pas de place pour tout le monde. A la maternit\u00e9 s&#8217;entend. L&#8217;id\u00e9al serait de pouvoir r\u00e9server tout de suite quand il faut encore attendre le constat d&#8217;un retard pour entamer une d\u00e9marche de diagnostic. Imaginons donc le d\u00e9sarroi d&#8217;une femme (et elles sont plusieurs) qui, se retrouvant enceinte de mani\u00e8re impromptue et sans aucun sympt\u00f4me, ne prendrait connaissance de son \u00e9tat qu&#8217;au deuxi\u00e8me mois du processus&#8230; A Paris, mieux vaut se surveiller de pr\u00e8s, r\u00e9agir vite et ne pas se laisser impressionner au moindre<em> \u00ab pour le 20 juillet ? C&#8217;est entendu, nous vous inscrivons sur liste d&#8217;attente \u00bb <\/em>.<\/p>\n<p>Le contexte parisien d&#8217;inscription en maternit\u00e9 n&#8217;est pas le seul grief fait aux conditions d&#8217;accouchement en France. Le plan p\u00e9rinatalit\u00e9 qui vient d&#8217;\u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 par le ministre de la Sant\u00e9, Philippe Douste-Blazy, en t\u00e9moigne : au programme, 270 millions d&#8217;euros d\u00e9bloqu\u00e9s en trois ans visant en tout premier lieu \u00e0 r\u00e9duire de 15 % la mortalit\u00e9 p\u00e9rinatale et de 40 % la mortalit\u00e9 maternelle. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, cette somme servira \u00e0 mettre les maternit\u00e9s aux normes en nombre de personnels, \u00e0 am\u00e9liorer les moyens de transport des m\u00e8res et nouveaux-n\u00e9s, ainsi que l&#8217;encadrement psychologique et social de la naissance en instituant le d\u00e9sormais c\u00e9l\u00e8bre \u00ab entretien du quatri\u00e8me mois \u00bb.<\/p>\n<p>Ces mesures sont prises dans un contexte de<em> \u00ab crise d&#8217;identit\u00e9 dont souffrent tous les professionnels de la naissance \u00bb <\/em>, selon les mots du ministre. Ces professionnels, il les a bien entendus. Si leurs revendications demeurent plus nombreuses que les points du plan, ces derniers reprennent fid\u00e8lement un \u00e9ventail assez diversifi\u00e9 de demandes, allant des probl\u00e8mes rencontr\u00e9s en salle d&#8217;accouchement jusqu&#8217;aux d\u00e9bats plus philosophiques entretenus avec les usagers, du recrutement d&#8217;infirmiers ou d&#8217;ambulanciers \u00e0 la cr\u00e9ation de maisons de naissance. En filigrane, on retrouve deux mani\u00e8res presque oppos\u00e9es d&#8217;appr\u00e9hender la grossesse et l&#8217;accouchement : l&#8217;une consistant \u00e0 anticiper d&#8217;\u00e9ventuels probl\u00e8mes et \u00e0 toujours garantir la possibilit\u00e9 d&#8217;une r\u00e9ponse m\u00e9dicale, l&#8217;autre \u00e0 critiquer une m\u00e9dicalisation et une technicisation outranci\u00e8re de la naissance.<\/p>\n<p><strong> UN UNIVERS TECHNIQUE <\/strong><br \/>\n<em> \u00ab Il faut r\u00e9organiser compl\u00e8tement l&#8217;accompagnement de la grossesse et avoir une politique de gestion du risque en amont. R\u00e9server la pathologie \u00e0 ceux dont c&#8217;est la mission particuli\u00e8re et essentielle. \u00bb <\/em> Sage-femme dans une maternit\u00e9 de la r\u00e9gion parisienne, Sylvie Lab\u00e9ribe est cat\u00e9gorique : \u00e0 chacun son m\u00e9tier. Ses cons\u0153urs sont les professionnelles de la naissance, form\u00e9es pour suivre toutes les grossesses, d\u00e9tecter les probl\u00e8mes s&#8217;il s&#8217;en pr\u00e9sente et orienter alors les femmes vers les m\u00e9decins ou les structures ad hoc. Faire admettre cette simple r\u00e9partition des r\u00f4les permettrait d&#8217;\u00e9viter bien des d\u00e9convenues. De la m\u00e9diocrit\u00e9 des chiffres sur la mortalit\u00e9 maternelle au mauvais souvenir que certaines femmes gardent d&#8217;un accouchement hyper-technicis\u00e9 d&#8217;office, entre monitoring, perfusion et forceps.<\/p>\n<p>En attendant, c&#8217;est la r\u00e9putation des personnels qui en p\u00e2tit. Tax\u00e9s de travailler au rendement et d&#8217;avoir perdu toute humanit\u00e9 parce qu&#8217;ils \u0153uvrent en nombre restreint dans un environnement technique qu&#8217;ils ma\u00eetrisent.<em> \u00ab Il est difficile de demander \u00e0 des professionnels d&#8217;\u00eatre \u00e0 la fois extr\u00eamement pointus dans leurs gestes techniques, puis de changer compl\u00e8tement d&#8217;\u00e9tat d&#8217;esprit et de rester dans une approche uniquement physiologique \u00bb <\/em>, remarque Marie-Claude Fernandez, sage-femme \u00e0 l&#8217;institut m\u00e8re-enfant de Reims. Dans sa maternit\u00e9 de niveau 3, elle constate cependant que les sages-femmes savent<em> \u00ab se faire plaisir \u00bb <\/em> quand<em> \u00ab les choses se pr\u00e9sentent bien \u00bb <\/em> : installer les femmes dans la baignoire pendant le travail ou poser une p\u00e9ridurale ambulatoire pour qu&#8217;elles restent plus libre de leurs mouvements. A condition qu&#8217;elles l&#8217;aient demand\u00e9 !<em> \u00ab Chaque femme, en fonction de son projet de naissance, doit annoncer ses choix en mati\u00e8re de p\u00e9ridurale et de perfusion. Ils sont alors inscrits dans son dossier et respect\u00e9s. Mais il faut aussi qu&#8217;elle opte pour la maternit\u00e9 qui lui correspond le mieux ! \u00bb <\/em> Difficile de faire seule la part des choses. L&#8217;appr\u00e9hension de l&#8217;accouchement, moment crucial et douloureux, pousse souvent les femmes \u00e0 se diriger vers des services hyper-\u00e9quip\u00e9s et affichant le nombre de personnels de garde le plus rassurant. A l&#8217;inverse, un taux d&#8217;\u00e9pisiotomie ou de p\u00e9ridurale un peu sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne suffit aujourd&#8217;hui \u00e0 ternir la r\u00e9putation d&#8217;une maternit\u00e9.<\/p>\n<p>Sur les forums de discussion f\u00e9minins, l&#8217;angoisse est palpable.<em> \u00ab Les filles, avez-vous entendu parler des Diaconesses ? L&#8217;une d&#8217;entre vous y a-t-elle accouch\u00e9 ? J&#8217;h\u00e9sitais avec la maternit\u00e9 des Lilas dont ma coll\u00e8gue \u00e9tait ravie, mais ils sont d\u00e9j\u00e0 complets&#8230; Qui peut m&#8217;aider ? \u00bb <\/em> Ces SOS de femmes enceintes en d\u00e9tresse ne restent pas sans r\u00e9ponse. Les Parisiennes revenues de cette exp\u00e9rience de l&#8217;extr\u00eame font profiter les d\u00e9butantes de leur soulagement. Le progr\u00e8s de l&#8217;Internet permet de recr\u00e9er une ambiance ancestrale. Dans l&#8217;ultramoderne solitude, la grossesse est un moment rare, pr\u00e9cieux et assez peu entour\u00e9. Parce que l&#8217;heure de la maternit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 remise \u00e0 la trentaine, gr\u00e2ce \u00e0 la pilule mais aussi \u00e0 cause de l&#8217;allongement des \u00e9tudes, faute de conjoint ou de boulot stable et correctement r\u00e9mun\u00e9r\u00e9. Parce que le tic tac de l&#8217;horloge biologique affole implacablement. Parce que les m\u00e8res, grand-m\u00e8res, s\u0153urs et autres tantes sont g\u00e9n\u00e9ralement et g\u00e9ographiquement \u00e9parpill\u00e9es. La d\u00e9shumanisation que cristallise alors l&#8217;obst\u00e9tricien, cet inconnu, et la froideur de l&#8217;arsenal technique dont il ne semble plus pouvoir se passer redoublent alors le sentiment de d\u00e9sarroi que ressentent alors certaines femmes. Et puis, apr\u00e8s des ann\u00e9es de contr\u00f4le m\u00e9dicalis\u00e9 du corps via la contraception moderne, la grossesse et l&#8217;accouchement sont parfois le moment de renouer avec un \u00e9tat plus naturel du corps.<\/p>\n<p><strong> MAISONS DE NAISSANCE <\/strong><\/p>\n<p>Naturel et convivialit\u00e9, deux besoins que les femmes devraient voir combl\u00e9s par l&#8217;inauguration de maisons de naissance. Pas compl\u00e8tement fid\u00e8les aux revendications de Francine Dauphin (cf. portrait), de certaines de ses cons\u0153urs et autres associations d&#8217;usagers, telles qu&#8217;elles sont envisag\u00e9es dans le plan, elles feront partie des structures traditionnelles, mais seront s\u00e9par\u00e9es par un \u00e9tage, un battement de porte, du plateau technique. N\u00e9anmoins, et conform\u00e9ment \u00e0 leurs attentes, les sages-femmes seront seules ma\u00eetres \u00e0 bord. De quoi d\u00e9limiter clairement deux univers : celui du physiologique et celui du pathologique. Et ent\u00e9riner une bonne fois le slogan :<em> \u00ab La grossesse n&#8217;est pas une maladie. \u00bb <\/em> Cette conception du risque qui a la peau dure est, au sein de l&#8217;Europe, une particularit\u00e9 fran\u00e7aise. La majorit\u00e9 de nos voisins partent du principe que la grossesse est un \u00e9tat a priori normal. Ici, l&#8217;appr\u00e9hension g\u00e9n\u00e8re des situations absurdes : pendant que le manque de m\u00e9decins sp\u00e9cialistes complique le fonctionnement des services hospitaliers,<em> \u00ab une partie des obst\u00e9triciens s&#8217;occupe des grossesses non pathologiques dans les cliniques \u00bb <\/em>. Le constat de Michel Naiditch, m\u00e9decin de sant\u00e9 publique et ma\u00eetre de conf\u00e9rences \u00e0 Paris VII, va plus loin. Selon lui, l&#8217;effet le plus grave de cette conception du risque est de<em> \u00ab rendre impossible une organisation rationnelle de sa gestion lors du suivi de grossesse \u00bb <\/em>. Etant<em> \u00ab permanent et omnipr\u00e9sent, il devenait inutile de le d\u00e9pister et de le pr\u00e9venir \u00bb <\/em>.<\/p>\n<p><strong> L&#8217;ENTRETIEN DU 4e MOIS <\/strong><\/p>\n<p>D&#8217;o\u00f9 l&#8217;importance de l&#8217;entretien du quatri\u00e8me mois, men\u00e9 par les sages-femmes.<em> \u00ab Les consultations m\u00e9dicales sont parfois un peu rapides <\/em>, d\u00e9plore Guillaume Magnin, gyn\u00e9cologue obst\u00e9tricien \u00e0 Poitiers.<em> Les femmes n&#8217;ont pas toujours le temps de poser toutes leurs questions. \u00bb <\/em> Il permettra de recueillir \u00e0 temps des informations essentielles, de sensibiliser les futures m\u00e8res sur les risques qu&#8217;elles peuvent faire encourir \u00e0 leur b\u00e9b\u00e9, de les orienter, les rassurer, et pr\u00e9parer sans tarder les conditions concr\u00e8tes d&#8217;accueil du nouveau-n\u00e9.<em> \u00ab Pour qu&#8217;on ne d\u00e9couvre plus \u00e0 six mois de grossesse qu&#8217;une femme a une alimentation carenc\u00e9e depuis son adolescence \u00bb <\/em>, soupire Marie-Claude Fernandez,<em> \u00ab pour aborder les modalit\u00e9s de l&#8217;accouchement ou anticiper des difficult\u00e9s d&#8217;ordre social ou familial, telles que la garde de l&#8217;enfant quand il y a des probl\u00e8mes dans le couple \u00bb <\/em>, envisage le gyn\u00e9cologue.<\/p>\n<p>Un pas essentiel, donc, si le plan tient ses promesses. Mais l&#8217;am\u00e9lioration des conditions mat\u00e9rielles de la p\u00e9rinatalit\u00e9 devrait aller plus loin pour op\u00e9rer un changement profond des pratiques et des mentalit\u00e9s. Les sages-femmes manquent en France, dans les maternit\u00e9s o\u00f9 l&#8217;organisation des trente-cinq heures reste un casse-t\u00eate, mais aussi et surtout en lib\u00e9ral. Pour une raison simple : 15,30 euros la consultation dont la moiti\u00e9 part en frais professionnels. Difficile, donc, de faire suivre les grossesses pathologiques \u00e0 domicile. Difficile, aussi, d&#8217;aider les femmes revenues chez elles avec leur nouveau-n\u00e9 \u00e0 apprendre leurs nouveaux gestes et \u00e0 s&#8217;organiser, quand le retour \u00e0 la maison a parfois lieu un peu t\u00f4t faute de lits, de personnels. De plus, la communication entre le monde hospitalier et l&#8217;univers lib\u00e9ral laisse parfois \u00e0 d\u00e9sirer.<em> \u00ab Nous ne savons pas bien travailler ensemble \u00bb <\/em>, constate Marie-Claude Fernandez qui bute quotidiennement sur ses fiches de liaison.<em> \u00ab Nous ne sommes pas d&#8217;accord sur la terminologie \u00e0 employer, et de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, nous avons du mal \u00e0 trouver un d\u00e9nominateur commun de r\u00e9flexion. \u00bb <\/em> Dommage, une harmonisation des relations entre professionnels, structures et patientes contribuerait s\u00fbrement \u00e0 d\u00e9tendre les futures m\u00e8res. Dans un moment o\u00f9 leur confiance est \u00e9branl\u00e9e par des comptes rendus parfois alarmistes devant servir telle ou telle autre \u00e9cole. <\/p>\n<p><strong> C.B. <\/strong><\/p>\n<p><strong> SAGE-FEMME, NATURELLEMENT <\/strong><\/p>\n<p><strong> Le combat de Francine Dauphin (1) pour \u00ab l&#8217;accouchement naturel \u00bb ne fait pas l&#8217;unanimit\u00e9. Il n&#8217;en reste pas moins qu&#8217;il inspire le projet actuel des maisons de naissance. Portrait. <\/strong> <\/p>\n<p>Attention, terrain glissant. Son combat pour \u00ab l&#8217;accouchement naturel \u00bb pourrait bien d\u00e9gager un parfum suspect de retour en arri\u00e8re. Francine Dauphin le sait. Consciente des attaques qu&#8217;elle encourt, elle proc\u00e8de \u00e0 un rappel des faits. Sage-femme depuis l&#8217;ann\u00e9e de sa majorit\u00e9, cette jeune grand-m\u00e8re de soixante et un ans a vu arriver les \u00e9chographies, la p\u00e9ridurale, l&#8217;enregistrement continu du rythme cardiaque f\u0153tal.<em> \u00ab C&#8217;\u00e9tait formidable, \u00e7a m&#8217;a permis de laisser le temps aux femmes de mettre le b\u00e9b\u00e9 au monde \u00e0 leur rythme. Je pouvais m&#8217;absenter : j&#8217;avais la preuve que tout allait bien. \u00bb <\/em> Formidable aussi, la p\u00e9ridurale en cas d&#8217;accouchements trop douloureux.<em> \u00ab Toute avanc\u00e9e technologique est bonne. \u00bb <\/em> Elle manie la nuance pour \u00e9viter d&#8217;\u00eatre tax\u00e9e de dogmatisme. Son id\u00e9e : la technique a ses exc\u00e8s.<em> \u00ab Les m\u00e9decins consid\u00e8rent que si le col est m\u00fbr, ils peuvent booster les \u00e9v\u00e9nements : rompre la poche des eaux pr\u00e9matur\u00e9ment et acc\u00e9l\u00e9rer les contractions. \u00bb <\/em> R\u00e9sultat, la douleur est amplifi\u00e9e et la p\u00e9ridurale devient n\u00e9cessaire. Chaque technique en appelle une autre. Ce protocole, elle ne le r\u00e9cuse pas mais s&#8217;interroge sur sa g\u00e9n\u00e9ralisation.<\/p>\n<p>Pr\u00e9sidente de l&#8217;Organisation nationale des syndicats de sages-femmes, Francine Dauphin p\u00e8se ses mots. Et pour cause. Gageons que ses positions choquent certaines f\u00e9ministes. Pourtant, cette ancienne militante au MLAC (2) et au Planning familial a v\u00e9cu de pr\u00e8s nombre de leurs luttes : avortement, contraception, accouchement sous X.<em> \u00ab Plus que l&#8217;enfant, c&#8217;est la femme qui doit \u00eatre au centre des soins. \u00bb <\/em> Au centre, son choix de ne pas avoir d&#8217;enfant, de ne pas le garder, de lui cacher son identit\u00e9&#8230; de le mettre au monde comme elle le d\u00e9sire. Avec ou sans toutes les techniques \u00e0 sa disposition.<em> \u00ab En France, le f\u00e9minisme a rat\u00e9 la maternit\u00e9. C&#8217;est un h\u00e9ritage de Simone de Beauvoir. Les f\u00e9ministes sont des intellos qui ont consid\u00e9r\u00e9 que les enfants \u00e9taient une entrave \u00e0 l&#8217;\u00e9panouissement. Je ne m&#8217;inscris pas dans ce courant. \u00bb <\/em> Ainsi s&#8217;explique son d\u00e9sir de r\u00e9concilier les futurs parents avec la dimension humaine : pas religieuse, pr\u00e9cise-t-elle : de ce<em> \u00ab passage en sens inverse de la mort \u00bb <\/em>.<\/p>\n<p><strong> SANS PERIDURALE <\/strong><\/p>\n<p>C&#8217;est dans cette logique qu&#8217;elle d\u00e9fend les projets de maisons de naissance, comme il en existe d\u00e9j\u00e0 en Allemagne, en Suisse, au Qu\u00e9bec et aux Etats-Unis. Il est encore trop t\u00f4t, selon elle, pour envisager la cr\u00e9ation de lieux physiologiques ext\u00e9rieurs aux maternit\u00e9s. A preuve, le projet b\u00e2ti par une \u00e9quipe de sages-femmes de Montpellier qui s&#8217;est brutalement effondr\u00e9 avec la vente de la maison situ\u00e9e \u00e0 proximit\u00e9 de l&#8217;h\u00f4pital. Mais des structures ind\u00e9pendantes g\u00e9r\u00e9es par les sages-femmes devraient bient\u00f4t voir le jour \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur des h\u00f4pitaux. Aucun m\u00e9decin n&#8217;\u00e9tant pr\u00e9sent sur place, sauf \u00e0 se conformer aux r\u00e8gles en vigueur, pas question de p\u00e9ridurale dans les maisons de naissance. Mais<em> \u00ab on s&#8217;engage \u00e0 demander tous les examens pr\u00e9op\u00e9ratoires n\u00e9cessaires \u00e0 la p\u00e9ridurale. C&#8217;est l&#8217;\u00e9quipe du plateau technique qui s&#8217;en occuperait. \u00bb <\/em> La femme pourra ainsi \u00eatre transf\u00e9r\u00e9e en cours d&#8217;accouchement vers le plateau technique. Une baignoire, des coussins, des cordes, des ballons et des lits sont les seuls accessoires obligatoires.<em> \u00ab Debout, accroupie, pench\u00e9e en avant, dans la baignoire, il faut que la femme bouge, cherche, se mobilise. \u00bb <\/em> Un univers intime fait de bains, de massages, d&#8217;huiles essentielles, d&#8217;acupuncture, d&#8217;hom\u00e9opathie, d&#8217;ost\u00e9opathie. L&#8217;accouchement naturel serait donc la solution miracle ? L&#8217;image d&#8217;Epinal ne doit pas camoufler la dure r\u00e9alit\u00e9 :<em> \u00ab L&#8217;accouchement est un sport de l&#8217;extr\u00eame. \u00bb <\/em><\/p>\n<p><strong> VIA UN BATTANT DE PORTE <\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;acc\u00e8s sera, bien s\u00fbr, r\u00e9serv\u00e9 aux femmes dites \u00e0 bas risque. Pas de pr\u00e9sentation par le si\u00e8ge ni de jumeaux, pas d&#8217;hypertension ni de diab\u00e8te. Mais le risque z\u00e9ro n&#8217;existant pas, l&#8217;obst\u00e9trique fran\u00e7aise a d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 que toutes les grossesses \u00e9taient dangereuses. C&#8217;\u00e9tait l&#8217;argument majeur contre les maisons de naissance.<em> \u00ab Tous les arguments des gyn\u00e9cologues disparaissent si le lieu est contigu au bloc op\u00e9ratoire, s\u00e9par\u00e9 par une simple porte. Qui ne s&#8217;ouvre que dans un sens pour pr\u00e9server notre ind\u00e9pendance ! \u00bb <\/em> D&#8217;o\u00f9 l&#8217;int\u00e9r\u00eat des lieux physiologiques intra-hospitaliers en projet. M\u00eame Guy-Marie Cousin, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Syndicat national des gyn\u00e9cologues obst\u00e9triciens, qui posait comme condition l&#8217;acc\u00e8s au service de r\u00e9animation n\u00e9o-natale via<em> \u00ab un battant de porte \u00bb <\/em>, est bien oblig\u00e9 d&#8217;acquiescer.<\/p>\n<p>Alors qu&#8217;elle \u00e9tait encore sage-femme \u00e0 la maternit\u00e9 Antoine-B\u00e9cl\u00e8re de Clamart, un projet est n\u00e9 de sa collaboration avec le gyn\u00e9cologue Ren\u00e9 Frydman. C&#8217;\u00e9tait il y a sept ans, \u00e0 l&#8217;\u00e9poque o\u00f9 Bernard Kouchner avait promis d&#8217;encadrer quelques exp\u00e9riences pilotes. Aujourd&#8217;hui, une premi\u00e8re \u00e9tape vient tout juste d&#8217;\u00eatre franchie. Francine Dauphin s&#8217;est parfois sentie isol\u00e9e mais elle a toujours gard\u00e9 quelques alli\u00e9s parmi ses confr\u00e8res obst\u00e9triciens. En vrac, elle cite Bernard Maria, Ren\u00e9 Frydman, St\u00e9phane Saint-L\u00e9ger, Herv\u00e9 Fernandez ou encore Bruno Carbonne.<em> \u00ab Beaucoup de m\u00e9decins s&#8217;accordent pour reconna\u00eetre le manque de disponibilit\u00e9 par rapport aux femmes sur les plateaux techniques tels qu&#8217;ils existent. \u00bb <\/em><\/p>\n<p><strong> M.R. <\/strong><\/p>\n<p>1. Myriam Szejer et Francine Dauphin,<em> Les Femmes et les b\u00e9b\u00e9s d&#8217;abord, pour une m\u00e9dicalisation raisonn\u00e9e de la maternit\u00e9 <\/em>, \u00e9ditions Albin Michel, collection La cause des b\u00e9b\u00e9s, 2001.<\/p>\n<p>2. Mouvement de lib\u00e9ration de l&#8217;avortement et la contraception<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> \u00ab Le plan de p\u00e9rinatalit\u00e9 \u00bb : cette expression barbare sublime les mesures mises en route r\u00e9cemment pour que b\u00e9b\u00e9 quitte son chou ou sa rose sans incident. Entre hyperm\u00e9dicalisation et milieu naturel, planification et d\u00e9brouille, les m\u00e8res ont du mal \u00e0 rester zen. Check up. <\/p>\n","protected":false},"author":573,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-3211","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3211","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/573"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3211"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3211\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3211"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3211"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3211"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}