{"id":3169,"date":"2008-02-01T00:00:00","date_gmt":"2008-01-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/immigration-l-exil-et-le-royaume3169\/"},"modified":"2008-02-01T00:00:00","modified_gmt":"2008-01-31T23:00:00","slug":"immigration-l-exil-et-le-royaume3169","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3169","title":{"rendered":"Immigration. L&#8217;exil et le royaume d\u00e9fendu"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> 25 000 expulsions de sans-papiers en 2007. Pour aller jusqu&#8217;au bout d&#8217;une politique du chiffre. Quel est le co\u00fbt humain de cette logique absurde du gouvernement ? Constats sur place \u00e0 Calais et dans des centres de r\u00e9tention en r\u00e9volte. <\/p>\n<p>L&#8217;air d&#8217;un ramoneur, Omar frotte sa figure et ses mains noircies. Son sweat-shirt blanc est macul\u00e9 de taches de cambouis. Il est 10 heures du matin et ce jeune Afghan de 16 ans a tent\u00e9 sa chance la nuit pr\u00e9c\u00e9dente. Accroch\u00e9 sous un camion, il a \u00e9t\u00e9 rep\u00e9r\u00e9 par la police \u00e0 l&#8217;approche du port et s&#8217;est enfui. D\u00e9\u00e7u mais habitu\u00e9, Omar rejoint son squat, au c\u0153ur de la zone industrielle des Dunes \u00e0 Calais.<\/p>\n<p>Un peu plus loin, dans la \u00ab jungle \u00bb, terme qu&#8217;utilisent les migrants pour parler des bois alentour, ses camarades d&#8217;infortune se r\u00e9veillent \u00e0 peine. La nuit fut aussi courte, pass\u00e9e \u00e0 guetter le camion qui sera leur ticket pour l&#8217;Angleterre. Hassan, 19 ans, sort de sa tente faite de b\u00e2ches en plastique noir, de vieilles couvertures et de palettes de bois qu&#8217;il partage avec dix autres Afghans. Autour de lui, des \u00e9pineux o\u00f9 s&#8217;accrochent des sacs en plastique fouett\u00e9s par le vent et un tas d&#8217;ordures de deux m\u00e8tres o\u00f9 s&#8217;accumulent bo\u00eetes de conserve rouill\u00e9es, vieux v\u00eatements d\u00e9chir\u00e9s et restes de nourriture.<\/p>\n<p>Le jeune homme aux yeux bleus est arriv\u00e9 il y a cinq jours, apr\u00e8s \u00eatre pass\u00e9 par le centre de r\u00e9tention administratif de Coquelles. Faute d&#8217;\u00eatre reconductible \u00e0 la fronti\u00e8re, il a \u00e9t\u00e9 rel\u00e2ch\u00e9 avec une invitation \u00e0 quitter le territoire dans les cinq jours. Pli\u00e9e dans son portefeuille, elle est  l&#8217;unique papier qu&#8217;il poss\u00e8de avec un petit carnet rempli de num\u00e9ros de t\u00e9l\u00e9phone. Son voyage de Jalalabad \u00e0 Calais aura dur\u00e9 sept ans. Un p\u00e9riple qui lui a co\u00fbt\u00e9 18000 dollars, une fortune. Parti \u00e0 12 ans, \u00ab \u00e0 cause des talibans \u00bb, il raconte avoir travers\u00e9 \u00e0 pied les froides montagnes iraniennes. \u00ab Puis je suis pass\u00e9 par le Kurdistan iranien pour atteindre la Turquie en payant des passeurs. J&#8217;ai travaill\u00e9 pendant plusieurs ann\u00e9es dans des ateliers pour fabriquer des habits, \u00e0 Ankara, Izmir puis Istanbul. \u00bb Son anglais \u00e9tant h\u00e9sitant, il mime une partie de ses p\u00e9rip\u00e9ties et fait le geste avec ses doigts de couper avec des ciseaux puis de coudre. En Gr\u00e8ce, il passera deux ans et demi dans des exploitations agricoles \u00e0 r\u00e9colter des oranges pour une poign\u00e9e d&#8217;euros par jour. De quoi financer la fin de son trajet jusqu&#8217;\u00e0 Calais&#8230; et peut-\u00eatre l&#8217;Angleterre, o\u00f9 il r\u00eave d&#8217;apprendre \u00e0 parler et \u00e0 \u00e9crire en anglais. Ce froid matin de d\u00e9cembre, Hassan et ses nouveaux amis racontent qu&#8217;au lever du jour, douze policiers ont d\u00e9barqu\u00e9 et emmen\u00e9 vingt r\u00e9fugi\u00e9s d&#8217;une cabane \u00e0 c\u00f4t\u00e9 qu&#8217;ils ont d\u00e9truite :<em> \u00ab Nous, on dormait. On n&#8217;a pas boug\u00e9 pour ne pas \u00eatre pris. \u00bb <\/em> Ces descentes de police au petit matin ne sont pas rares et parfois les affaires des migrants sont asperg\u00e9es d&#8217;un liquide r\u00e9pulsif.<\/p>\n<p><strong> TERRITOIRES DES RABATTEURS <\/strong><\/p>\n<p>Ils sont une quarantaine d&#8217;Afghans \u00e0 habiter dans ce massif d&#8217;ajoncs. Les migrants se regroupent par nationalit\u00e9s. La jungle est ainsi d\u00e9coup\u00e9e en territoires surveill\u00e9s, o\u00f9 les r\u00e8gles sont dict\u00e9es par les rabatteurs, les petites mains des vrais passeurs qui tirent les ficelles de plus loin. Visage cach\u00e9 par une \u00e9charpe et bonnet enfonc\u00e9 jusqu&#8217;aux yeux, bien habill\u00e9, un rabatteur surgit et vient contr\u00f4ler les propos d&#8217;Hassan et du groupe. Il est souvent difficile de ne pas avoir recours aux services d&#8217;un rabatteur pour grimper dans un camion. Il ouvre les portes, indique si la voie est libre. La tentative co\u00fbte entre 500 et 1 000 euros et souvent les sommes sont achemin\u00e9es par les familles rest\u00e9es au pays par une Western Union qui fonctionne \u00e0 plein r\u00e9gime. Vers la sortie de la jungle, d&#8217;un tuyau s&#8217;\u00e9coule une eau glac\u00e9e. Sur une pierre, un savon et un tube de dentifrice que les r\u00e9fugi\u00e9s se partagent. De vieilles brosses \u00e0 dents gisent dans la boue.<em> \u00ab Tous les matins, je me lave les mains et le visage m\u00eame si l&#8217;eau est gel\u00e9e. Puis je prie \u00e0 c\u00f4t\u00e9 \u00bb <\/em>, explique Mummad en montrant la qibla, la direction de La Mecque. Cet Afghan de Kaboul raconte qu&#8217;il a perdu un \u0153il dans l&#8217;explosion d&#8217;une bombe qui a tu\u00e9 son oncle et son grand-p\u00e8re. Sa famille a collect\u00e9 l&#8217;argent pour le faire op\u00e9rer au Pakistan. Mummad, avec son nouvel \u0153il en plastique, a ensuite pris le chemin de l&#8217;Angleterre. Cet adolescent de 17 ans en para\u00eet bien plus tant il a le visage marqu\u00e9. Comme Hassan et Mummad, les migrants n&#8217;ont pas arr\u00eat\u00e9 d&#8217;affluer du Pakistan, d&#8217;Iran, d&#8217;Afghanistan, d&#8217;Irak, et d\u00e9sormais d&#8217;Afrique, depuis la fermeture de Sangatte. En 2002, des associations se sont regroup\u00e9es en collectif, baptis\u00e9 C&#8217;SUR (Collectif de soutien d&#8217;urgence aux r\u00e9fugi\u00e9s), et distribuent un repas \u00e0 midi et le soir et des v\u00eatements tous les quinze jours. Cinq ans apr\u00e8s, la solidarit\u00e9 locale est toujours l\u00e0 malgr\u00e9 parfois l&#8217;usure des b\u00e9n\u00e9voles.<\/p>\n<p><strong> BENEVOLES SANS ESPOIR <\/strong><\/p>\n<p>Ce dimanche, jour de temp\u00eate, c&#8217;est l&#8217;association la Belle Etoile qui s&#8217;occupe du d\u00e9jeuner. La distribution se d\u00e9roule dans une cabine de chantier, plant\u00e9e sur un terrain vague, \u00e0 deux pas de la gendarmerie et de l&#8217;h\u00f4tel de ville. Au menu : soupe de poulet, une pomme, un morceau de pain et du th\u00e9. La nourriture provient de la banque alimentaire, de dons spontan\u00e9s, d&#8217;Emma\u00fcs mais aussi des invendus des boulangeries de la ville et des fins de march\u00e9s. Sous une pluie battante soulev\u00e9e par des rafales de vent, les r\u00e9fugi\u00e9s font la queue. D&#8217;un c\u00f4t\u00e9 la file des migrants de l&#8217;Est, de l&#8217;autre celle des Africains. En essayant de g\u00e9rer l&#8217;attente, Pierre Falk, un b\u00e9n\u00e9vole, soupire :<em> \u00ab Nous sommes d\u00e9j\u00e0 cinq ans apr\u00e8s Sangatte et rien n&#8217;a chang\u00e9. On fait quoi, on continue ? Et dans cinq ans, on sera toujours l\u00e0 ? \u00bb <\/em> Les migrants sont souvent abus\u00e9s par les passeurs qui leur font miroiter un Eldorado de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 de la Manche. Une fois arriv\u00e9s \u00e0 Calais, ils tentent pendant des mois de traverser.<em> \u00ab La pression de leur clan est \u00e9norme : si tu ne vas pas en Angleterre, si tu n&#8217;envoies pas d&#8217;argent, tu d\u00e9shonores ta famille \u00bb, <\/em> explique Pierre Falk. Le lendemain, apr\u00e8s le repas, quand le bus du Secours catholique arrive, il est pris d&#8217;assaut. En semaine, il emm\u00e8ne chaque apr\u00e8s-midi une quarantaine de migrants dans ses locaux pour se laver. Avec quatre douches pour 350 ou 400 personnes depuis le d\u00e9but de l&#8217;hiver, autant dire que les places sont ch\u00e8res et les b\u00e9n\u00e9voles souvent d\u00e9bord\u00e9s.<\/p>\n<p><strong> BRULURES DU PASSE <\/strong><\/p>\n<p>A l&#8217;int\u00e9rieur de la cabine de chantier, les femmes et les bless\u00e9s peuvent d\u00e9jeuner \u00e0 l&#8217;abri. Adam, un Darfouri, mange sa soupe silencieusement. Ses mains qui d\u00e9passent de son blouson, d\u00e9form\u00e9es par de graves br\u00fblures, suffisent \u00e0 raconter son histoire. Il est le seul de sa famille \u00e0 avoir r\u00e9chapp\u00e9 \u00e0 l&#8217;incendie de son village par des Janjawids :<em> \u00ab Pour moi, c&#8217;est trop dur de passer. J&#8217;ai d\u00e9cid\u00e9 de faire une demande d&#8217;asile. \u00bb <\/em> Depuis, il vit dans un centre d&#8217;accueil pour demandeurs d&#8217;asile. Mais la d\u00e9marche d&#8217;Adam reste une exception.<\/p>\n<p>Depuis deux ans, au gr\u00e9 des conflits et des tensions politiques, des migrants arrivant d&#8217;Afrique ont commenc\u00e9 \u00e0 affluer dans le Calaisis. Inexistants \u00e0 la fermeture de Sangatte, ils repr\u00e9sentent actuellement la moiti\u00e9 des r\u00e9fugi\u00e9s. Originaires en grande majorit\u00e9 d&#8217;Erythr\u00e9e, les Africains dorment sous les combles d&#8217;une ancienne usine de carrelage d\u00e9saffect\u00e9e. Le rez-de-chauss\u00e9e est jonch\u00e9 de d\u00e9tritus, une forte odeur d&#8217;excr\u00e9ments prend \u00e0 la gorge. En montant \u00e0 l&#8217;\u00e9tage, entre deux lattes de plancher moisies, on d\u00e9couvre une centaine d&#8217;hommes align\u00e9s, enroul\u00e9s dans des couvertures. L&#8217;avant-veille, des Calaisiens ont agress\u00e9 plusieurs d&#8217;entre eux. Fait assez exceptionnel. Un Erythr\u00e9en a perdu un \u0153il, un autre a \u00e9t\u00e9 arros\u00e9 d&#8217;essence sans \u00eatre br\u00fbl\u00e9. Mustafa, 24 ans, s&#8217;avance. Soign\u00e9 \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital, il enl\u00e8ve son pansement et d\u00e9couvre sa plaie \u00e0 la pommette, due \u00e0 un coup de pied de chaise en fer.<\/p>\n<p>Dans un bon anglais, Epheriam, 23 ans, raconte son parcours depuis Addis-Abeba, en Ethiopie. Cet \u00e9tudiant en marketing est pass\u00e9 comme la plupart par la Libye :<em> \u00ab J&#8217;ai travers\u00e9 le d\u00e9sert en pick-up. Nous \u00e9tions quarante. Puis nous avons \u00e9t\u00e9 conduits sur la c\u00f4te et remis \u00e0 des passeurs libyens. Nous \u00e9tions alors plus de soixante sur un bateau de six m\u00e8tres. \u00bb <\/em><em> \u00ab Pas de gilet de sauvetage, pas de GPS. Seulement Dieu avec nous. \u00bb <\/em> Comme tous ici, il est chr\u00e9tien.<em> \u00ab Puis les garde-c\u00f4tes italiens nous ont rep\u00e9r\u00e9s et emmen\u00e9s sur l&#8217;\u00eele de Lampedusa. \u00bb  <\/em>Transf\u00e9r\u00e9 dans un autre camp, au nord de l&#8217;Italie, Epheriam s&#8217;est vu remettre un document l&#8217;autorisant \u00e0 rester en Italie. Sauf que, comme tous les autres, il n&#8217;a que l&#8217;Angleterre en t\u00eate et a pris le train pour Calais. A c\u00f4t\u00e9 de lui, Michael l\u00e2che \u00e0 voix basse :<em> \u00ab Nous ne sommes pas des agresseurs. Nous voulons seulement la paix. J&#8217;aime mon pays. Mais je ne peux pas y vivre. Je suis parti. \u00bb <\/em><\/p>\n<p>Les Erythr\u00e9ennes dorment \u00e0 part, chez Moustache.<em> \u00ab Pour les prot\u00e9ger \u00bb, <\/em> ce RMIste les h\u00e9berge, en d\u00e9pit de la loi, dans son deux-pi\u00e8ces, entre la cuisine et le salon. Elles aussi ont emprunt\u00e9 la<em> \u00ab fili\u00e8re libyenne \u00bb <\/em>. Adyam est la plus jeune. Cheveux tress\u00e9s sur la t\u00eate, cette adolescente de 16 ans est arriv\u00e9e il y a une semaine. Issue d&#8217;une famille de paysans, elle veut aller en Angleterre pour travailler. Comme les hommes, les jeunes filles et les femmes tentent leur chance la nuit tomb\u00e9e.<\/p>\n<p><strong> HARCELEMENT POLICIER <\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s le repas du soir, distribu\u00e9 pr\u00e8s du terminal des ferries, les migrants se dispersent vite. Recommence alors inlassablement la partie de cache-cache avec les CRS. De jour comme de nuit, les contr\u00f4les sont incessants. Les cars de police tournent autour du port jusqu&#8217;\u00e0 ce que<em> \u00ab la voiture-balai \u00bb <\/em>, comme l&#8217;appelle Moustache, soit remplie et puisse partir pour le centre de r\u00e9tention. Gard\u00e9s entre 24 et 48 heures, les migrants sont ensuite pour la plupart rel\u00e2ch\u00e9s. Originaires de pays o\u00f9 la reconduite est impossible ou en guerre, ils ne sont pas expulsables. Parfois, certains racontent qu&#8217;ils sont emmen\u00e9s plus loin, \u00e0 la fronti\u00e8re belge voire \u00e0 l&#8217;autre bout de la France. Mais ils reviennent toujours \u00e0 leur port d&#8217;attache, Calais.<em> \u00ab Le plus dur pour les migrants n&#8217;est pas de dormir dehors, mais de subir le harc\u00e8lement policier et les mesures vexatoires, faites pour les d\u00e9courager de rester \u00bb <\/em>, s&#8217;emporte l&#8217;abb\u00e9 Jean-Pierre Boutoille, de C&#8217;SUR.<\/p>\n<p>Pour \u00e9chapper \u00e0 la pr\u00e9sence polici\u00e8re massive \u00e0 Calais, des migrants tentent leur chance ailleurs. Depuis la fermeture de Sangatte, les squats se sont ainsi dispers\u00e9s le long de la C\u00f4te d&#8217;Opale ou pr\u00e8s des aires d&#8217;autoroute, voire \u00e0 Cherbourg. A Loon-Plage, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Dunkerque, des Kurdes irakiens et des Afghans vivent au bord de la voie de chemin de fer dans des cabanes faites de bouts de bois et de roseaux s\u00e9ch\u00e9s. Derri\u00e8re, se profilent les grues du port industriel o\u00f9 embarquent les camions. Un groupe de jeunes Afghans, assis autour d&#8217;un feu, finit de racler la gamelle de haricots rouges \u00e0 la tomate.<\/p>\n<p>A c\u00f4t\u00e9 d&#8217;eux, un enfant de 8 ans s&#8217;amuse avec un chat. Tufan est arriv\u00e9 il y a dix jours avec son p\u00e8re, Amazia, qui raconte :<em> \u00ab Ma femme est morte dans un attentat \u00e0 Kaboul. Les hommes d&#8217;Al-Qaida sont venus quatre fois chez moi pour m&#8217;enr\u00f4ler. Ils m&#8217;ont pris ma maison. J&#8217;ai pens\u00e9 que l&#8217;Europe \u00e9tait bonne pour mon fils et moi. \u00bb <\/em> Amazia enl\u00e8ve son bonnet et exhibe ses cicatrices \u00e0 la t\u00eate. Jeune adulte, il s&#8217;est battu contre les Russes. Il a \u00e9t\u00e9 conducteur de camions dans l&#8217;arm\u00e9e de Massoud. De la col\u00e8re dans la voix, Amazia lance :<em> \u00ab Mais pourquoi, pour prot\u00e9ger mon fils, il faut que je vive ici, dans cette jungle ? On pourrait croire que je suis fou d&#8217;emmener mon fils dans un tel voyage, mais c&#8217;est la seule fa\u00e7on qu&#8217;il ne meure pas dans un attentat en se rendant \u00e0 l&#8217;\u00e9cole ! \u00bb <\/em> Comme chaque soir, post\u00e9 sur le dernier rond-point avant le port, Amazia guettera encore cette nuit le bon camion dans lequel grimper. <strong> Guillemette Echalier <\/strong><\/p>\n<p><em> Regards <\/em> n\u00b048, F\u00e9vrier 2008<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> 25 000 expulsions de sans-papiers en 2007. Pour aller jusqu&#8217;au bout d&#8217;une politique du chiffre. Quel est le co\u00fbt humain de cette logique absurde du gouvernement ? 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