{"id":3154,"date":"2008-01-01T00:00:00","date_gmt":"2007-12-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/pouvoir-d-achat-cinq-legumes-a3154\/"},"modified":"2008-01-01T00:00:00","modified_gmt":"2007-12-31T23:00:00","slug":"pouvoir-d-achat-cinq-legumes-a3154","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3154","title":{"rendered":"Pouvoir d&#8217;achat : cinq l\u00e9gumes \u00e0 tout prix"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Alerte, les Fran\u00e7ais ne mangent pas assez de l\u00e9gumes et de fruits frais. Mauvaises habitudes, pauvret\u00e9, m\u00e9fiance ? Politique de l&#8217;assiette. <\/p>\n<p>Cinq fruits et l\u00e9gumes par jour, dit la rengaine publicitaire. Facile \u00e0 dire, r\u00e9pondent implicitement les Fran\u00e7ais \u00e0 travers leur consommation. Selon les conclusions du r\u00e9cent rapport de l&#8217;Institut national de la recherche agronomique (INRA) sur les fruits et l\u00e9gumes dans l&#8217;alimentation, l&#8217;\u00e9cart se creuse entre la consommation recommand\u00e9e par l&#8217;OMS et la FAO, et la consommation des Fran\u00e7ais. \u00ab Globalement, et sans tenir compte des pommes de terre, les Fran\u00e7ais en consomment entre 350 et 360 grammes par personne et par jour. La ration calcul\u00e9e par les instances internationales est de l&#8217;ordre de 400 grammes par jour et par personne \u00bb, confie Pierre Combris, responsable de la coordination scientifique du rapport d&#8217;expertise et chercheur en \u00e9conomie de la consommation. \u00ab 60 % des individus sont en dessous des 400 grammes demand\u00e9s, sachant que ce seuil repr\u00e9sente la fameuse portion des cinq fruits et l\u00e9gumes. \u00bb <\/p>\n<p>Les fruits et l\u00e9gumes co\u00fbtent cher. L&#8217;Insee estime l&#8217;augmentation \u00e0 16 % cette ann\u00e9e, atteignant 20 % pour le raisin et 23 % pour les pommes de terre. \u00ab Les haricots verts frais sont deux fois plus chers que les haricots verts surgel\u00e9s. La diff\u00e9renciation et la segmentation de produits ne s&#8217;effectuent que vers le haut. Les premiers prix existent, mais ils sont pauvres en vari\u00e9t\u00e9 \u00bb, constatent le chercheur et ses collaborateurs. Si l&#8217;on en croit l&#8217;expertise, seuls les plus ais\u00e9s ont le choix dans les produits frais. Pour les plus modestes revenus, il faudra faire avec ce qui sera abordable, au d\u00e9triment de la qualit\u00e9.<\/p>\n<p><strong> Le nerf de la guerre <\/strong><\/p>\n<p>Le prix serait donc le nerf de la guerre. Pour le docteur Olivier Cressey, sp\u00e9cialis\u00e9 en nutrition, \u00ab les fruits et l\u00e9gumes repr\u00e9sentent un vrai effort financier. Surtout si l&#8217;on prend en compte la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;une consommation r\u00e9guli\u00e8re de fruits et l\u00e9gumes frais. Les m\u00e9nages les plus modestes ne peuvent pas se permettre cette d\u00e9pense \u00bb. <\/p>\n<p>La r\u00e9action chez les associations de consommateurs est du m\u00eame ordre. Charles Pernin, de la Conf\u00e9d\u00e9ration de la consommation, du logement et du cadre de vie (CLCV), regrette  \u00ab le manque de transparence de la fili\u00e8re. Il subsiste toujours un flou sur la r\u00e9partition des valeurs et on ne sait pas comment sont construits les prix. On sait que les prix souffrent des al\u00e9as climatiques, du co\u00fbt de la main-d&#8217;\u0153uvre et de la loi sur l&#8217;offre et la demande \u00bb. Dans la distrtibution m\u00eame, les disparit\u00e9s sont importantes. \u00ab Les prix varient du simple au double entre un march\u00e9, une grande surface ou l&#8217;\u00e9picerie de quartier. Ces in\u00e9galit\u00e9s sont d&#8217;autant plus flagrantes que les premiers prix sont souvent de mauvaise qualit\u00e9 tant au niveau du go\u00fbt que de la qualit\u00e9 nutritionnelle. \u00bb<\/p>\n<p><strong> L&#8217;air du temps <\/strong><\/p>\n<p>Bruno Ch\u00e9raire, de la FNSEA (syndicat paysan majoritaire), avance une autre raison pour le peu de l\u00e9gumes vari\u00e9s dans les assiettes. \u00ab Si les Fran\u00e7ais n&#8217;en mangent pas assez, c&#8217;est surtout parce qu&#8217;ils n&#8217;ont pas l&#8217;habitude d&#8217;en manger. \u00bb Un peu facile, peut-\u00eatre, vu les prix enregistr\u00e9s. La facture totale pour une famille de quatre personnes s&#8217;\u00e9l\u00e8ve en effet \u00e0 120 euros par mois, si l&#8217;on consid\u00e8re 3 kilos de l\u00e9gumes par personne et par semaine au prix moyen constat\u00e9 de 2,5 euros le kilo. Il n&#8217;emp\u00eache, pour le syndicaliste, c&#8217;est aussi une affaire d&#8217;air du temps. \u00ab On ne sait plus faire, regrette-t-il. Les comportements du consommateur ne sont pas  adapt\u00e9s \u00e0 la cuisine des l\u00e9gumes. Il existe une inhibition quant \u00e0 la connaissance du produit. A cause de la diversit\u00e9 de l&#8217;offre, on ne sait plus manger des fruits et l\u00e9gumes de saison et comment les accommoder \u00bb, poursuit Bruno Ch\u00e9raire. \u00ab  Il y a une \u00e9ducation \u00e0 faire, ne serait-ce que pour savoir qu&#8217;il ne faut pas conserver les tomates au r\u00e9frig\u00e9rateur. Aujourd&#8217;hui, tout va plus vite, on  pense \u00e0 tort que cuisiner, c&#8217;est perdre du temps. Faire une salade d&#8217;endives ne prend pas plus de 5 minutes, mais on a perdu la notion pratique et le savoir-faire. \u00bb <\/p>\n<p>L&#8217;expertise d\u00e9livr\u00e9e par l&#8217;INRA va aussi dans ce sens. \u00ab L&#8217;\u00e9volution du mode de vie ne favorise pas l&#8217;achat de ce genre de produits. Il existe de nombreuses contraintes li\u00e9es aux produits frais en termes de stockage, de choix, de recherche du produit et de transport \u00bb, analyse Pierre Combris. Pour Pierre Veyrat, de la Conf\u00e9d\u00e9ration paysanne, c&#8217;est aussi une question politique : \u00ab Il faut mieux cerner les besoins et arr\u00eater de faire la production de masse. On est arriv\u00e9 \u00e0 un point o\u00f9 l&#8217;agriculture est une exploitation industrielle avec tout le ph\u00e9nom\u00e8ne de m\u00e9fiance que cela g\u00e9n\u00e8re. Les gens ont peur de retrouver des pesticides dans leurs produits. Bien s\u00fbr, la probl\u00e9matique des OGM n&#8217;est pas \u00e9trang\u00e8re non plus \u00e0 cette m\u00e9fiance. Les consommateurs apprennent donc \u00e0 aller chercher la qualit\u00e9. \u00bb Et comme chacun sait, la qualit\u00e9 a un co\u00fbt.<\/p>\n<p><strong> Primeurs et surpoids <\/strong><\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 des consommateurs, on admet qu&#8217;il est beaucoup plus facile d&#8217;aller vers des produits d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9par\u00e9s que vers du frais. Cependant, cette conclusion appara\u00eet \u00e0 la lumi\u00e8re d&#8217;un autre fait : \u00ab Les familles sous le seuil de pauvret\u00e9, soit pr\u00e8s de 15 % des m\u00e9nages, ne peuvent pas se permettre d&#8217;aller chercher le produit frais. Ces gens-l\u00e0 vivent dans une forme d&#8217;urgence qui leur dit de se nourrir en priorit\u00e9 avec des produits riches en calories \u00bb, explique Charles Pernin. \u00ab On va aller vers une couverture en besoins \u00e9nerg\u00e9tiques gr\u00e2ce au riz, au pain et aux p\u00e2tes. Il n&#8217;existe pas de r\u00e9el choix en mati\u00e8re alimentaire pour ces personnes-l\u00e0. \u00bb Entre le go\u00fbt et l&#8217;apport calorique, le choix est vite tranch\u00e9. Les jeunes se retrouvent d&#8217;ailleurs dans le m\u00eame wagon que les m\u00e9nages pauvres. Le fameux r\u00e9gime \u00e9tudiant \u00e0 base de p\u00e2tes refl\u00e8te bien la pr\u00e9carit\u00e9 de la vie estudiantine.<\/p>\n<p>Si l&#8217;on peut trouver ces apports en calories, en quoi manger des fruits et l\u00e9gumes frais est-il si important pour la sant\u00e9 ? Le rapport d&#8217;expertise de l&#8217;INRA avance que les fruits et l\u00e9gumes frais sont pauvres en calories et riches en nutriments, vitamines, oligo-\u00e9l\u00e9ments et antioxydants. \u00ab Ces derniers aident \u00e0 la r\u00e9paration et \u00e0 la r\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence des cellules \u00bb, d\u00e9taille Olivier Cressey. \u00ab Cela permet aussi d&#8217;avoir un corps qui marche mieux et d&#8217;\u00e9viter de prendre un compl\u00e9ment vitaminique. Souvent ces compl\u00e9ments sont moins bien assimil\u00e9s par le corps que s&#8217;ils \u00e9taient pris \u00e0 l&#8217;\u00e9tat naturel. Aujourd&#8217;hui, les gens se nourrissent mal, il n&#8217;y a qu&#8217;\u00e0 voir les probl\u00e8mes d&#8217;ob\u00e9sit\u00e9. Les incidences sont directes sur la sant\u00e9 des gens. Ils souffrent de fatigue et ont du mal \u00e0 rester en forme. Ils sont plus soumis aussi \u00e0 la maladie et aux virus qui tra\u00eenent. Manger des fruits et l\u00e9gumes frais r\u00e9guli\u00e8rement, c&#8217;est \u00e9viter de se retrouver malade trop souvent, et avoir un meilleur moral. \u00bb<\/p>\n<p>Si la probl\u00e9matique des primeurs est moins visible que celle du surpoids en France, il n&#8217;en demeure pas moins qu&#8217;elle soul\u00e8ve \u00e0 la fois des questions relevant de l&#8217;\u00e9quit\u00e9 sociale, de la sant\u00e9 publique et de l&#8217;\u00e9conomie. R\u00e9my Chinaud<\/p>\n<p>Paru dans<em> Reagards <\/em> n\u00b047, Janvier 2008<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Alerte, les Fran\u00e7ais ne mangent pas assez de l\u00e9gumes et de fruits frais. Mauvaises habitudes, pauvret\u00e9, m\u00e9fiance ? Politique de l&#8217;assiette. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-3154","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3154","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3154"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3154\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3154"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3154"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3154"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}