{"id":3135,"date":"2014-01-12T17:35:42","date_gmt":"2014-01-12T16:35:42","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/sharon-portrait-d-un-soldat-obtu3135\/"},"modified":"2023-06-23T23:06:24","modified_gmt":"2023-06-23T21:06:24","slug":"sharon-portrait-d-un-soldat-obtu3135","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3135","title":{"rendered":"Sharon, portrait d&#8217;un soldat obtu"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\">Ariel Sharon est mort samedi 11 janvier \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 85 ans. Son activit\u00e9 politique avait pris fin le 4 janvier 2006. Terrass\u00e9 par un AVC, il \u00e9tait entr\u00e9 dans un coma qui aura donc dur\u00e9 huit ann\u00e9es. Sharon est mort sans avoir rendu aucun compte \u00e0 la justice internationale des  crimes qu&#8217;il a commis de son vivant \u00e0 l&#8217;\u00e9gard du peuple palestinien. Ce qui n&#8217;a pas emp\u00each\u00e9, dimanche 12 janvier, de nombreux isra\u00e9liens de lui rendre un hommage appuy\u00e9.<\/p>\n<p>En 2008, Arte avait diffus\u00e9 <em>Le dernier combat d&#8217;Ariel Sharon<\/em>, un film-documentaire de Michael Prazan. A l&#8217;occasion de la disparition de l&#8217;ancien premier ministre isra\u00e9lien, regards.fr vous propose de relire la critique que nous avions alors fait de ce documentaire. <\/p>\n<p><em>Article publi\u00e9 initialement sur regards.fr le 19 mai 2008<\/em>.\n<\/p>\n<p>Quel que soit le regard que l&#8217;on porte sur son action politique, il faut le reconna\u00eetre: Ariel Sharon restera comme une figure marquante de l&#8217;histoire d&#8217;Isra\u00ebl. Et par l\u00e0 m\u00eame de celle du Proche-Orient et des relations internationales. Le film de Micha\u00ebl Prazan qui lui est consacr\u00e9 ne rec\u00e8le aucune r\u00e9v\u00e9lation capitale \u00e0 propos de celui que ses amis appellent Arik. Mais d\u00e9voile, au terme d&#8217;un travail s\u00e9rieux, toutes les facettes d&#8217;un homme en qui la plupart des personnes interrog\u00e9es reconnaissent un \u00ab <em>strat\u00e8ge tr\u00e8s fin<\/em> \u00bb comme le note Le\u00efla Shahid. <\/p>\n<p>La repr\u00e9sentante de l&#8217;Autorit\u00e9 palestinienne aupr\u00e8s de l&#8217;Union europ\u00e9enne, Ehud Olmert, chef du gouvernement isra\u00e9lien, Colin Powell, ex-secr\u00e9taire d&#8217;Etat de Georges W. Bush, Hubert V\u00e9drine ou Joshka Fischer, ex-ministre allemand des affaires \u00e9trang\u00e8res, t\u00e9moignent dans le film. Mais aussi des proches d&#8217;Ariel Sharon, quelques opposants politiques et des responsables palestiniens.<br \/>\nUne diversit\u00e9 d&#8217;approche qui \u00e9vite \u00e0 ce documentaire de tomber dans l&#8217;\u00e9loge, souvent entendu au moment du retrait de Gaza en 2005, d&#8217;un \u00ab vieux lion \u00bb un peu bourru mais sympathique et qui serait devenu colombe au soir de sa vie.<\/p>\n<p>Sabra, n\u00e9 en Palestine sous mandat britannique en 1928, Ariel Sharon est au combat d\u00e8s l&#8217;\u00e2ge de 17 ans dans les troupe de la Hagana. C&#8217;est en soldat actif qu&#8217;il participe \u00e0 la guerre de 1948, d\u00e9butant ainsi une carri\u00e8re militaire qui lui permettra de s&#8217;illustrer dans tous les conflits impliquant Isra\u00ebl au cours de la seconde partie du XXe si\u00e8cle. Faisant preuve d&#8217;une efficacit\u00e9 tout \u00e0 la fois lou\u00e9e par ses pairs (un v\u00e9ritable \u00ab <em>chef de guerre romain<\/em> \u00bb selon l&#8217;un d&#8217;entre eux) et d\u00e9nonc\u00e9e par ses adversaires (un \u00ab <em>criminel de guerre<\/em> \u00bb, rappelle Le\u00efla Shahid), Ariel Sharon agira jusqu&#8217;au bout en soldat et en militaire, y compris lorsqu&#8217;il exercera des responsabilit\u00e9s politiques: il n&#8217;h\u00e9sitera pas, devenu premier ministre, \u00e0 utiliser l&#8217;aviation contre la r\u00e9sistance palestinienne en Cisjordanie.<\/p>\n<p>Outre les t\u00e9moignages et analyses crois\u00e9s sur le personnage et son action, le film navigue entre son  ultime mandat de chef du gouvernement (il est \u00e9lu le 6 f\u00e9vrier 2001, quatre mois apr\u00e8s avoir d\u00e9clench\u00e9 l&#8217;Intifada Al-Aqsa lors de sa visite sur l&#8217;esplanade des mosqu\u00e9es \u00e0 J\u00e9rusalem) et de nombreuses images d&#8217;archives. On le revoit ainsi en 1982, expliquant, tr\u00e8s mal \u00e0 l&#8217;aise, \u00e0 la tribune de la Knesset que Tsahal n&#8217;a rien \u00e0 se reprocher dans les massacres de Sabra et Chatila&#8230; Il sera contraint de d\u00e9missionner de son poste de ministre de la d\u00e9fense quelques mois plus tard pour ses responsabilit\u00e9s engag\u00e9es dans cette trag\u00e9die.<\/p>\n<p>Farouche d\u00e9fenseur de la colonisation des territoires palestiniens (pour raisons s\u00e9curitaires disait-il, mais l&#8217;un de ses anciens conseillers souligne qu&#8217;il pensait avant tout en faire de la monnaie d&#8217;\u00e9change lors des n\u00e9gociations), Ariel Sharon est porteur d&#8217;un h\u00e9ritage politique travailliste, nous rappelle Micha\u00ebl Prazan, chez qui, malgr\u00e9 une volont\u00e9 de ne pas occulter les dossiers qui f\u00e2chent, on sent poindre une certaine fascination pour l&#8217;homme et son parcours.<br \/>\nAinsi, si les attentats-suicides perp\u00e9tr\u00e9s par des kamikazes palestiniens au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 sont r\u00e9guli\u00e8rement \u00e9voqu\u00e9s, la violence meurtri\u00e8re qu&#8217;ont endur\u00e9 les Palestiniens lorsque Sharon \u00e9tait au pouvoir entre 2000 et 2005, est, elle, \u00e0 peine effleur\u00e9e.<\/p>\n<p>Un documentaire instructif malgr\u00e9 tout, dont on ressort d\u00e9finitivement convaincu, si besoin \u00e9tait, que, comme le dit, amer, Saeb Erekat \u00ab <em>Sharon  ne nous a jamais fait confiance [aux Palestiniens], ni \u00e0 l&#8217;Egypte, ni \u00e0 la Jordanie. Il n&#8217;a jamais fait confiance aux Arabes&#8230;<\/em> \u00bb<br \/>\n<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-3135 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><figure class='gallery-item'>\n\t\t\t<div class='gallery-icon landscape'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/sharon-f3f.jpg'><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/archives.regards.fr\/wp-content\/uploads\/2014\/01\/sharon-f3f-150x150.jpg\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"sharon.jpg\" \/><\/a>\n\t\t\t<\/div><\/figure>\n\t\t<\/div>\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ariel Sharon est mort samedi 11 janvier \u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 85 ans. Son activit\u00e9 politique avait pris fin le 4 janvier 2006. Terrass\u00e9 par un AVC, il \u00e9tait entr\u00e9 dans un coma qui aura donc dur\u00e9 huit ann\u00e9es. Sharon est mort sans avoir rendu aucun compte \u00e0 la justice internationale des  crimes qu&#8217;il a commis de son vivant \u00e0 l&#8217;\u00e9gard du peuple palestinien. Ce qui n&#8217;a pas emp\u00each\u00e9, dimanche 12 janvier, de nombreux isra\u00e9liens de lui rendre un hommage appuy\u00e9.<\/p>\n<p>En 2008, Arte avait diffus\u00e9 <em>Le dernier combat d&#8217;Ariel Sharon<\/em>, un film-documentaire de Michael Prazan. A l&#8217;occasion de la disparition de l&#8217;ancien premier ministre isra\u00e9lien, regards.fr vous propose de relire la critique que nous avions alors fait de ce documentaire. <\/p>\n<p><em>Article publi\u00e9 initialement sur regards.fr le 19 mai 2008<\/em>.<\/p>\n","protected":false},"author":558,"featured_media":14367,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-3135","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3135","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/558"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3135"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3135\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/14367"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3135"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3135"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3135"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}