{"id":3098,"date":"2008-04-16T00:00:00","date_gmt":"2008-04-15T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/des-travailleurs-sans-papiers3098\/"},"modified":"2008-04-16T00:00:00","modified_gmt":"2008-04-15T22:00:00","slug":"des-travailleurs-sans-papiers3098","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3098","title":{"rendered":"Des travailleurs &#8220;sans-papiers&#8221; sortent de la clandestinit\u00e9 pour une r\u00e9gularisation massive"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Il aura fallu de longs mois au syndicat de la CGT pour coordonner cette action de gr\u00e8ve collective des travailleurs &#8220;sans-papiers&#8221; de la restauration, du BTP, du nettoyage ou encore de la s\u00e9curit\u00e9, \u00e0 travers toute l&#8217;Ile-de-France. Mardi 15 avril, plus de 200 salari\u00e9s clandestins ont occup\u00e9 leurs lieux de travail tels que le restaurant &#8220;Chez Papa&#8221;, &#8220;Pizza Marzano&#8221;, l&#8217;entreprise V\u00e9olia, avec une seule id\u00e9e en t\u00eate la r\u00e9gularisation de tous les ill\u00e9gaux du pays. <\/p>\n<p>D\u00e8s 10h30, mardi, Traor\u00e9 Issaga, s\u00e9n\u00e9galais de 39 ans, responsable cuisinier du matin &#8220;Chez Papa&#8221;, accompagn\u00e9 de ses camarades ont occup\u00e9 le restaurant de la rue Lafayette dans le 10e arrondissement de Paris. Au m\u00eame moment, une dizaine autres entreprises connaissent le m\u00eame sort. &#8220;Tant que la situation ne se d\u00e9bloque pas on entend pas quitter les lieux car certains travaillent en France depuis 5 ans, 9 ans, ils payent des imp\u00f4ts et participent \u00e0 toutes les activit\u00e9s du pays donc il est normal qu&#8217;ils b\u00e9n\u00e9ficient de la carte de s\u00e9jour&#8221;, s&#8217;exclame Traor\u00e9. Il souligne le paradoxe de la situation &#8220;on a besoin de nous mais on ne nous r\u00e9gularise pas&#8221;. &#8220;Moi j&#8217;ai des papiers depuis 2001 mais je suis l\u00e0 pour soutenir mes coll\u00e8gues avec qui je travaille depuis sept, huit ans&#8221;, s&#8217;\u00e9crit Dram\u00e9 Adama, lui aussi cuisinier dans cette cha\u00eene de restauration. Pour lui, la suite de l&#8217;action \u00e0 mener est tr\u00e8s claire &#8220;on va dormir ici, on ne bouge pas, jusqu&#8217;au bout&#8221;.<\/p>\n<p>Ce mouvement est soutenu par la CGT, &#8220;on demande une r\u00e9gularisation globale des salari\u00e9s &#8220;sans-papiers&#8221;, cela passe par une mobilisation des travailleurs qui doivent sortir de la clandestinit\u00e9 et s&#8217;organiser pour \u00eatre reconnus comme salari\u00e9s et acteurs de l&#8217;\u00e9conomie (&#8230;) ils m\u00e8nent des luttes pour sortir des conditions d&#8217;exploitation dans lesquelles ils sont &#8220;, r\u00e9sume R\u00e9mi Picaud, membre de l&#8217;US-CGT commerce et secr\u00e9taire de l&#8217;union d\u00e9partementale de Paris. En France, des milliers de &#8220;sans-papiers&#8221; occupent des emplois peu attractifs dans des conditions effroyables, &#8220;d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&#8217;\u00e9poque de l&#8217;industrie et de la mine, on faisait venir des salari\u00e9s \u00e9trangers pour travailler dans ces secteurs, rien n&#8217;a chang\u00e9 depuis, il faut au moins qu&#8217;on soit sur des garanties collectives identiques pour tous&#8221;, d\u00e9clare R\u00e9mi Picaud.<\/p>\n<p>L&#8217;ampleur du mouvement rend confiants les syndicalistes, en effet gr\u00e2ce \u00e0 ce nouveau rapport de force, d\u00e9sormais &#8220;\u00e7a d\u00e9passe le cadre du cas pas cas et de la Pr\u00e9fecture, on est plut\u00f4t sur une n\u00e9gociation avec les pouvoirs publics et les minist\u00e8res concern\u00e9s, celui de l&#8217;identit\u00e9 nationale et celui du travail et de la solidarit\u00e9. La balle est dans le camp du gouvernement&#8221; estime R\u00e9mi Picaud, avant d&#8217;enfoncer le clou en revendiquant &#8220;des droits identiques pour tous&#8221;. Pour lui, &#8220;la lutte des &#8220;sans-papiers&#8221;, leur r\u00e9gularisation ne fera que niveler par le haut l&#8217;ensemble des garanties collectives de tous les salari\u00e9s&#8221;. <\/p>\n<p><strong> Des salari\u00e9s &#8220;sans-papiers&#8221; ni salaire <\/strong> <\/p>\n<p>Pire encore, les salari\u00e9s &#8220;sans-papiers&#8221; de l&#8217;enseigne &#8220;Fabio Lucci&#8221;, n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 pay\u00e9s depuis deux mois. Cette affaire une fois de plus, prouve les conditions d&#8217;exploitations de cette main d&#8217;oeuvre clandestine.<\/p>\n<p>Cela fait d\u00e9j\u00e0 trois semaines que les travailleurs &#8220;sans-papiers&#8221; ont plant\u00e9 leur piquet de gr\u00e8ve devant le magasin de v\u00eatements bon march\u00e9, avenue Jean Jaur\u00e8s, dans le 19e arrondissement. &#8220;On est sur le trottoir chaque jour&#8221;, indique Mamadou. Comme une mission, c&#8217;est face \u00e0 la vitrine o\u00f9 sont scotch\u00e9s les tracts et o\u00f9 flottent les banderolles que les agents de s\u00e9curit\u00e9 d&#8217;origine africaine, pour la plupart sans tire de s\u00e9jour, se retrouvent chaque matin. La situation s&#8217;est envenim\u00e9e \u00e0 cause d&#8217;une sous-traitance \u00e0 outrance, en effet, &#8220;Fabio Lucci&#8221; a confi\u00e9 la s\u00e9curit\u00e9 de ses magasins \u00e0 une entreprise qui a fait de m\u00eame. Et c&#8217;est au septi\u00e8me rang qu&#8217;on retrouve la soci\u00e9t\u00e9 FIPS qui, sans avertir les salari\u00e9s, ne les a pas pay\u00e9s. &#8220;Dans cet imbroglio de sous-traitance en cascade, il n&#8217;y a eu aucun respect du code du travail&#8221;, s&#8217;indigne Serge Fargeot, membre de la direction de l&#8217;union d\u00e9partementale de la CGT Paris. &#8220;Il n&#8217;y a pas toujours de contrats de travail, les feuilles de paye ne correspondent pas au temps de travail effectu\u00e9 par les salari\u00e9s et les primes de transport et de panier n&#8217;apparaissent nulle part. Ces travailleurs sont sous-pay\u00e9s, ils sont r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s en liquide, par ch\u00e8que ou par virement \u00e0 des tarifs bien en dessous du Smic&#8221;, explique Serge Fargeot. <\/p>\n<p>La CGT a donc rencontr\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises certains sous-traitants pour trouver un accord sans y parvenir. Le syndicat en a donc r\u00e9f\u00e9r\u00e9 aux Prud&#8217;hommes mais le conflit pourrait se durcir dans les jours \u00e0 venir.<\/p>\n<p>&#8220;Le plus dur, c&#8217;est de voir que ceux qui nous remplacent sont dans la m\u00eame situation que nous mais qu&#8217;ils ne s&#8217;en rendent pas compte&#8221;, raconte tristement Mamadou. En effet, pour Serge Fargeot &#8220;la gr\u00e8ve pour non paiement des salaires est le seul cas o\u00f9 les salari\u00e9s ne doivent pas \u00eatre remplac\u00e9s, un inspecteur s&#8217;est rendu sur place et pourtant rien ne change alors que &#8220;Fabio Lucci&#8221; devrait payer des amendes chaque jours.&#8221;<\/p>\n<p>Le gouvernement en place doit cesser son hypocrisie et mettre fin \u00e0 cet &#8220;esclavage moderne&#8221; comme le qualifie la CGT. Comment  le gouvernement et les pouvoirs publics peuvent-ils les ignorer, alors que la majorit\u00e9 d&#8217;entre eux poss\u00e8de des fiches de paye, d\u00e9clare des imp\u00f4ts,cotise aux caisses d&#8217;assurance maladie, de retraite, \u00e0 l&#8217;Assedic sans jamais pouvoir en b\u00e9n\u00e9ficier. Ces immigr\u00e9s occupent des emplois p\u00e9nibles o\u00f9 il y a un r\u00e9el manque de main d&#8217;oeuvre et on voudrait leur interdire l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 ces m\u00e9tiers pourtant dits &#8220;en tension&#8221;. On a besoin d&#8217;eux mais on pr\u00e9f\u00e8re les laisser dans une situation de clandestinit\u00e9 propice aux abus en tout genre plut\u00f4t que de les accueillir dignement en les r\u00e9gularisant. <strong> C&#8217;est pourquoi la CGT r\u00e9clame &#8220;l&#8217;application de la circulaire du 7 janvier, qui incite \u00e0 la r\u00e9gularisation de ceux qui exercent des m\u00e9tiers pour lesquels la France manque de main d&#8217;oeuvre&#8221;. <\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Il aura fallu de longs mois au syndicat de la CGT pour coordonner cette action de gr\u00e8ve collective des travailleurs &#8220;sans-papiers&#8221; de la restauration, du BTP, du nettoyage ou encore de la s\u00e9curit\u00e9, \u00e0 travers toute l&#8217;Ile-de-France. 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