{"id":3054,"date":"2008-02-26T00:00:00","date_gmt":"2008-02-25T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/marre-d-encaisser-en-silence3054\/"},"modified":"2008-02-26T00:00:00","modified_gmt":"2008-02-25T23:00:00","slug":"marre-d-encaisser-en-silence3054","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=3054","title":{"rendered":"Marre d&#8217;encaisser en silence"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> La grande distribution se porte \u00e0 merveille et satisfait ses actionnaires. \u00c0 l&#8217;autre bout de la cha\u00eene, les caissi\u00e8res : temps partiel,  salaires de mis\u00e8re, horaires d\u00e9cal\u00e9s. Un mouvement in\u00e9dit qu&#8217;une automatisation des caisses se profile. <\/p>\n<p>Par R\u00e9mi Douat et  Emmanuel Riond\u00e9 <\/p>\n<p> La technique est bien connue des caissi\u00e8res : acc\u00e9l\u00e9rer la cadence afin de rendre difficile au client la mise en sachets plastiques, le d\u00e9border d&#8217;articles pour qu&#8217;enfin il s&#8217;adresse \u00e0 celle qu&#8217;il avait prise pour un robot. Avoir un \u00e9change, m\u00eame bref, un \u00e9change qui fait de vous un individu \u00e0 part enti\u00e8re. Ces petites strat\u00e9gies pour exister donnent la mesure du sentiment de m\u00e9pris v\u00e9cu dans cette profession f\u00e9minine \u00e0 94 %. Le 1er f\u00e9vrier, la grande distribution, caissi\u00e8res en t\u00eate, a dit non \u00e0 haute voix. La t\u00eate bien droite et toutes banderoles dehors, elles ont, quelques heures durant, mis de c\u00f4t\u00e9 le SBAM, br\u00e9viaire de toute bonne \u00ab h\u00f4tesse de caisse \u00bb : Sourire, Bonjour, Au revoir, Merci. Derri\u00e8re les revendications, une demande de reconnaissance pour ces salari\u00e9es parmi les plus productives d&#8217;Europe en termes de chiffre d&#8217;affaires r\u00e9alis\u00e9 au m\u00e8tre carr\u00e9. Le mouvement est historique. Et n&#8217;a aucun pr\u00e9c\u00e9dent depuis la cr\u00e9ation des grandes surfaces. Certes les syndicats (CGT, FO et CFDT, pour la premi\u00e8re fois d&#8217;une m\u00eame voix) ont mis le paquet pour que prenne la mobilisation. Mais le terrain \u00e9tait tr\u00e8s propice, \u00ab un mouvement sous-jacent qui ne demandait qu&#8217;\u00e0 percer \u00bb, selon Aline Levron, secr\u00e9taire nationale en charge du commerce \u00e0 la CFDT. \u00ab Le seul mois de d\u00e9cembre a vu plus de 250 actions isol\u00e9es dans tout le pays \u00bb, confirme Charles Dassonville, secr\u00e9taire f\u00e9d\u00e9ral de la CGT. <\/p>\n<p><strong> Sans perspective <\/strong><\/p>\n<p>Pressur\u00e9es, victimes d&#8217;intimidation pour ne jamais revendiquer&#8230; Comment expliquer leur importante mobilisation ? Sophie Bernard, sociologue du travail, a effectu\u00e9 un terrain de six mois dans une grande surface de la r\u00e9gion parisienne. Elle est \u00e0 la fois \u00ab \u00e9tonn\u00e9e de cette mobilisation \u00bb et paradoxalement peu surprise que cela vienne du bas de l&#8217;\u00e9chelle. \u00ab La grande distribution est en effet peu propice aux revendications. Du fait d&#8217;un fort turn-over et de l&#8217;\u00e9clatement du temps de travail, les salari\u00e9s ne s&#8217;impliquent pas. Ces conditions cr\u00e9ent un d\u00e9ficit de solidarit\u00e9 et beaucoup d&#8217;isolement. \u00bb Pour les managers, les salari\u00e9s en rayon et tous ceux qui ont quelques responsabilit\u00e9s s&#8217;ajoute la peur de compromettre l&#8217;avancement, paralysant toute activit\u00e9 syndicale ou revendicative. \u00ab Chez les caissi\u00e8res, point d&#8217;avancement possible. La mobilisation ne pouvait venir que d&#8217;elles ou des manutentionnaires \u00bb, conclut la sociologue. \u00ab Elles n&#8217;en peuvent plus, poursuit Aline Levron, de la CFDT. C&#8217;est un cri de col\u00e8re. Nous avons d&#8217;ailleurs un indicateur tr\u00e8s simple, le taux d&#8217;absent\u00e9isme : depuis 2000, l&#8217;indice est pass\u00e9 de 4 \u00e0 10 dans certains magasins. \u00bb \u00ab On leur demande un niveau bac, certaines ont bien plus, mais restent priv\u00e9es de toute perspective professionnelle \u00bb, poursuit Sophie Bernard. <\/p>\n<p><strong> Tabagisme et grignotage <\/strong><\/p>\n<p>Elisabeth, caissi\u00e8re et d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e syndicale CFDT dans un Leclerc proche de Saint-Etienne (42), n&#8217;en revient encore pas. \u00ab On se sentait mieux d&#8217;avoir eu le courage d&#8217;y aller. J&#8217;ai vu des sourires chez mes coll\u00e8gues que je n&#8217;avais encore jamais vus. Beaucoup avaient besoin de prouver qu&#8217;elles \u00e9taient capables de sortir de la ligne de caisse, de revendiquer un peu plus de respect. \u00bb Dans ce Leclerc, 50 % des effectifs ont d\u00e9bray\u00e9 durant deux heures. Au dire d&#8217;Elisabeth, ces salari\u00e9s-l\u00e0 sont plut\u00f4t vernis. Avec ses vingt ans d&#8217;anciennet\u00e9, elle per\u00e7oit 574 euros par mois pour 17 heures  30 de travail hebdomadaire. Au m\u00eame poste, une jeune recrue qui arriverait dans l&#8217;entreprise aujourd&#8217;hui toucherait 30 euros de moins seulement. <\/p>\n<p>Alors le ras-le-bol s&#8217;est install\u00e9, avec l&#8217;envie d&#8217;y retourner. En \u00e9cho aux pr\u00e9occupations nationales, le pouvoir d&#8217;achat est au c\u0153ur des revendications. Avec 37 % de temps partiel dans la branche, rarement choisi, et jusqu&#8217;\u00e0 70 % dans le hard discount, le contrat moyen tourne autour de 22 heures hebdomadaires. Il faut donc : les familles monoparentales sont surrepr\u00e9sent\u00e9es : faire avec bien moins que le Smic, s&#8217;accommoder de vivre sous le seuil de pauvret\u00e9 tout en travaillant. <\/p>\n<p>\u00ab En dix ans, nous avons perdu entre 10 et 20 % de pouvoir d&#8217;achat, explique Jessica, 35 ans, caissi\u00e8re dans un Carrefour de la r\u00e9gion parisienne. Dans mon enseigne, il y a des SDF, qui  dorment dans leur voiture. Et ce ne sont pas des cas isol\u00e9s, il y en a partout en France. \u00bb Le discours pr\u00e9sidentiel, \u00ab on ne peut rien sur le pouvoir d&#8217;achat \u00bb, ne passe pas. Autre enjeu central, la journ\u00e9e morcel\u00e9e. Deux heures de travail \u00e0 midi, deux autres le soir, un trou au milieu, trop court pour rentrer chez soi, trop peu pour vivre d\u00e9cemment. Et surtout, un emploi du temps trop impr\u00e9visible d&#8217;une semaine \u00e0 l&#8217;autre pour trouver un job de compl\u00e9ment. <\/p>\n<p>\u00ab Chez nous, certaines filles n&#8217;ont que trois heures \u00e0 faire dans la journ\u00e9e, ce n&#8217;est pas possible ! l\u00e2che Elisabeth. Nous sommes en moyenne \u00e0 quinze kilom\u00e8tres de nos lieux d&#8217;habitation. Rentrer chez soi signifierait faire 60 kilom\u00e8tres par jour au lieu de 30. Vu le prix du carburant, quand vous gagnez 600 euros par mois, c&#8217;est tout simplement impossible&#8230; \u00bb Alors salle de pause pour tout le monde, en attendant que la queue \u00e0 la caisse se fasse trop pressante et que l&#8217;une d&#8217;elle soit appel\u00e9e \u00e0 la rescousse. \u00ab On papote beaucoup, on fume, on grignote \u00bb, rapporte Elisabeth. Tandis que d&#8217;autres vont dans le magasin d\u00e9penser l&#8217;argent qu&#8217;elles n&#8217;ont pas. Comment organiser diff\u00e9remment ces journ\u00e9es gruy\u00e8re ? \u00ab Polyvalence \u00bb, propose le patronat. \u00ab Bon \u00e0 tout, bon \u00e0 rien, r\u00e9pond Jessica. Une heure en caisse, une heure au m\u00e9nage, une heure en rayon&#8230; C&#8217;est n&#8217;importe quoi ! Ce sont des m\u00e9tiers diff\u00e9rents et l&#8217;\u00e9volution doit \u00eatre au choix du personnel. \u00bb Pour la sociologue Sophie Bernard, qui a go\u00fbt\u00e9 \u00e0 la chose, le m\u00e9tier de caissi\u00e8re ne s&#8217;improvise pas : \u00ab On a l&#8217;impression que ce n&#8217;est que r\u00e9p\u00e9tition alors qu&#8217;il faut g\u00e9rer en permanence des al\u00e9as : un code barres qui ne fonctionne pas, des fruits et l\u00e9gumes non pes\u00e9s, un prix \u00e0 demander&#8230; Par ailleurs, on ne r\u00e9alise pas \u00e0 quel point l&#8217;imp\u00e9ratif de productivit\u00e9 industrielle, vingt articles \u00e0 la minute, et l&#8217;obligation relationnelle avec la client\u00e8le est difficile. Etre productive et souriante \u00e0 la fois n&#8217;a rien d&#8217;\u00e9vident. \u00bb \u00ab Le poste de caissi\u00e8re est le plus difficile, confirme Aline Levron, car en bout de cha\u00eene. \u00bb <\/p>\n<p><strong> L&#8217;\u00celot-caisse <\/strong><\/p>\n<p>Le principe de l&#8217;\u00eelot-caisse, solution tr\u00e8s marginale mais seule piste alternative explor\u00e9e jusqu&#8217;alors, est parfois utilis\u00e9 chez Carrefour. Il semble pr\u00e9senter un plus de confort pour les salari\u00e9s. Ce mod\u00e8le repose sur une autogestion d&#8217;un groupe de 10 \u00e0 15 caissi\u00e8res qui s&#8217;organisent plusieurs semaines \u00e0 l&#8217;avance en fonction de leur temps de travail respectif et d&#8217;une charge totale hebdomadaire \u00e0 assurer. Les avantages ? Pour les caissi\u00e8res, moins d&#8217;horaires subis et plus de possibilit\u00e9 d&#8217;organisation du temps. Pour les entreprises, on observe moiti\u00e9 moins d&#8217;absent\u00e9isme dans ce cadre-l\u00e0. Mais cela ne convainc pas les enseignes. Le co\u00fbt de la mise en place serait trop important, et le confort de vie d&#8217;une caissi\u00e8re importe si peu. \u00ab \u00c7a fonctionne pourtant plut\u00f4t pas mal, commente Sophie Bernard. Le personnel est assez satisfait de ce dispositif. Mais il n\u00e9cessite  dans chaque groupe des populations compl\u00e9mentaires, \u00e9tudiants et m\u00e8res de famille, qui ont des besoins et des contraintes diff\u00e9rents. \u00c7a ne marche donc pas en milieu rural, o\u00f9 il y a trop peu d&#8217;\u00e9tudiants. \u00bb De leur c\u00f4t\u00e9, les syndicats ne sont pas vraiment chauds pour cette solution, sur le mode \u00ab ce n&#8217;est pas aux salari\u00e9s de g\u00e9rer la pr\u00e9carit\u00e9 \u00bb. Pour la CGT, c&#8217;est aux entreprises de trouver des modes d&#8217;organisation qui ne p\u00e9nalisent pas le salari\u00e9. Et de mettre l&#8217;accent sur le temps partiel subi, qui constitue la norme. \u00ab Le Code du travail stipule qu&#8217;une personne \u00e0 temps partiel peut avoir un autre temps partiel pour approcher le temps plein, plaide Charles Dassonville. C&#8217;est impossible dans la grande distribution, puisque les plannings ne sont pas fixes. \u00bb<\/p>\n<p><strong> Pauvres, mais stables <\/strong><\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, le pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), J\u00e9r\u00f4me B\u00e9dier, a dit qu&#8217;il \u00ab ne comprenait pas \u00bb cette gr\u00e8ve, arguant que ce secteur offre 90 % de CDI. Un argument qui laisse sans voix les principaux int\u00e9ress\u00e9s, dont une bonne partie entre dans la cat\u00e9gorie des travailleurs pauvres. La CGT lui pr\u00eate un propos plus malheureux encore, \u00ab les nouvelles technologies nettoieront tout \u00e7a \u00bb. \u00ab Et B\u00e9dier n&#8217;a pas d\u00e9menti \u00bb, raconte Charles Dassonville. En effet, derri\u00e8re le conflit se profile un avenir bien sombre pour la profession. Aline Levron s&#8217;envole ce mois-ci pour l&#8217;Allemagne pour visiter un magasin Metro qui pr\u00e9figure ce que seront les grandes surfaces d&#8217;ici peu. Caisses automatiques et puces RFID r\u00e9duiront \u00e0 sa plus simple expression la pr\u00e9sence humaine. Le client remplira son caddie, le passera \u00e0 la sortie du magasin dans un tunnel identifiant les puces RFID et s&#8217;acquittera  aupr\u00e8s d&#8217;une borne du montant affich\u00e9. A quand ce paradis ? Sept ans selon la FCD, bien avant selon la CFDT, qui a mont\u00e9 le SBAM, Sans borne automatique, merci. \u00ab Il faut bien s\u00fbr lutter pour leur conditions et la possibilit\u00e9 d&#8217;augmenter leur temps de travail, conc\u00e8de Aline Levron. Mais il faut regarder les choses en face, les nouvelles technologies vont faire dispara\u00eetre bon nombre d&#8217;emplois. La profession doit d\u00e8s aujourd&#8217;hui trouver de nouveaux m\u00e9tiers et travailler au reclassement. \u00bb Sur les 200 000 caissiers que compte la grande distribution, 50 % sont directement menac\u00e9s. R.D.<\/p>\n<p>Trav\u00e9es d\u00e9sert\u00e9es, la plupart des caisses ferm\u00e9es, nombreuses grilles baiss\u00e9es : vendredi 15 f\u00e9vrier, le Carrefour du Grand Littoral, centre commercial des quartiers nord de Marseille : vue plongeante sur le port et la cha\u00eene de l&#8217;Estaque :, attaque son quinzi\u00e8me jour de gr\u00e8ve. Moins d&#8217;une centaine de salari\u00e9s tiennent le piquet mais Jean-Paul Buisson, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 CGT, assure que \u00ab seulement 50 employ\u00e9s \u00bb travaillent sur les 571 salari\u00e9s de l&#8217;hypermarch\u00e9. La veille, le tribunal des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s l&#8217;a condamn\u00e9, ainsi que deux autres d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s syndicaux et l&#8217;ensemble des gr\u00e9vistes, \u00e0 une astreinte de 1000 euros par jour en cas de blocage des camions. <\/p>\n<p>8heures du matin. Sur un rond-point au bas du centre commercial, des palettes finissent de br\u00fbler ; des caddies vides, quelques pneus, quelques chaises pour s&#8217;asseoir, cigarettes et francs sourires s&#8217;\u00e9changent, on hurle \u00ab du caf\u00e9 ! \u00bb au m\u00e9gaphone. Pas de mistral : le calicot \u00ab CGT-CFDT-FO Carrefour en gr\u00e8ve \u00bb accroch\u00e9 aux poteaux indicateurs ne bronche pas.<\/p>\n<p>Sandrine, 28 ans, travaille au service caisse de Carrefour depuis 2001. Sept ann\u00e9es qui font d&#8217;elle une \u00ab ancienne \u00bb, de celles qui sont employ\u00e9es \u00e0 temps plein, minoritaires parmi les 180 caissi\u00e8res de l&#8217;hypermarch\u00e9. \u00ab On travaille 36h 45 par semaine. 35h plus 1h 45 de pause. Pour 950 euros net par mois. Avec un treizi\u00e8me mois en d\u00e9cembre et une demi-paye en juin. Des augmentations ? En deux ans, on est pass\u00e9 de 8,86 \u00e0 8,94  euros de l&#8217;heure&#8230; Sarko, quand il a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu, a dit qu&#8217;il ne concevait pas qu&#8217;une caissi\u00e8re touche moins de 1000 euros par mois. Eh b\u00e9, qu&#8217;il vienne ici, pour voir un peu&#8230; \u00bb Dans son dos, Dani\u00e8le, 52 ans, employ\u00e9e depuis l&#8217;ouverture du magasin en 1996, m\u00eame condition, m\u00eame salaire, approuve : \u00ab J&#8217;ai un mari au Smic et deux enfants qui font des \u00e9tudes : c&#8217;est tr\u00e8s juste, on survit avec les autorisations de d\u00e9couvert et les cr\u00e9dits consommation. Et il n&#8217;y a aucune perspective d&#8217;\u00e9volution&#8230; \u00bb <\/p>\n<p>9 h 30. AG. Quatre sont pour la reprise du travail, deux s&#8217;abstiennent. Tous les autres pr\u00e9sents, une bonne soixantaine, votent la poursuite du mouvement. \u00ab Alors on va profiter du soleil en attendant que la direction nous appelle ! \u00bb, lance Sma\u00efl Ait-Atmane, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 CFDT. En grande forme, un type s&#8217;essaye \u00e0 la rime : \u00ab Carrefour B\u00e9n\u00e9fice,  euh&#8230; Salari\u00e9s Sacrifice ! \u00bb Derri\u00e8re lui, une caissi\u00e8re enrhum\u00e9e : \u00ab La gr\u00e8ve, la cr\u00e8ve ! \u00bb <\/p>\n<p>\u00ab Il faut qu&#8217;on obtienne au moins le paiement des jours de gr\u00e8ve, match nul, quoi. Sans quoi, ils auront gagn\u00e9 et c&#8217;est ce qu&#8217;ils veulent : adresser un signal, faire un exemple pour tout le monde en nous brisant  \u00bb, assure St\u00e9phane, agent de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>Match nul ? C&#8217;est ce qu&#8217;a sembl\u00e9 estimer la CFDT en signant un accord avec la direction d\u00e8s le lendemain. Dans la soir\u00e9e du 15, une intervention polici\u00e8re sur le rond-point pour en d\u00e9loger les gr\u00e9vistes qui filtraient les camions avait caus\u00e9 quelques bless\u00e9s l\u00e9gers dont une jeune caissi\u00e8re enceinte et un conseiller g\u00e9n\u00e9ral venu au soutien. Suite \u00e0 ce net durcissement, les n\u00e9gociations se sont ouvertes. Bilan : le ticket restau passe \u00e0 3,50 euros (contre 3,05 aupravant), le CE prend 80 000 euros au lieu de 45 000 euros, les temps partiels de moins de 24 heures sont r\u00e9\u00e9valu\u00e9s de 3 heures et ceux compris entre 24 et 35 heures, de 2 heures. \u00ab On est encore loin du compte, regrettait lundi 18 f\u00e9vrier au matin, jour de la reprise,  Avelino Carvalho, responsable d&#8217;une UD CGT qui n&#8217;a pas sign\u00e9 l&#8217;accord mais a malgr\u00e9 tout appel\u00e9 \u00e0 la reprise. On aurait s\u00fbrement pu obtenir plus&#8230; Mais on d\u00e9couvre que contrairement \u00e0 ce que pr\u00e9tendait la direction, les gr\u00e9vistes \u00e9taient bien plusieurs centaines et on va continuer de discuter sur la revalorisation des temps partiels. \u00bb Emmanuel Riond\u00e9<\/p>\n<p><strong> Entretiens audio : <\/strong><\/p>\n<p>Pour \u00e9couter <strong> l&#8217;interview de la sociologue Sophie Bernard <\/strong>, cliquer sur <doc><\/p>\n<p>Pour \u00e9couter <strong> l&#8217;interview d&#8217;Aline Levron, secr\u00e9taire nationale \u00e0 la f\u00e9d\u00e9ration des services CFDT <\/strong>, cliquer sur <doc><\/p>\n<p>Pour \u00e9couter <strong> l&#8217;interview de Charles Dassonville, secr\u00e9taire f\u00e9d\u00e9ral CGT commerce <\/strong>, cliquer sur <doc><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> La grande distribution se porte \u00e0 merveille et satisfait ses actionnaires. \u00c0 l&#8217;autre bout de la cha\u00eene, les caissi\u00e8res : temps partiel,  salaires de mis\u00e8re, horaires d\u00e9cal\u00e9s. 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