{"id":303,"date":"1997-01-01T00:00:00","date_gmt":"1996-12-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/la-sphere-financiere-en-cle-de303\/"},"modified":"1997-01-01T00:00:00","modified_gmt":"1996-12-31T23:00:00","slug":"la-sphere-financiere-en-cle-de303","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=303","title":{"rendered":"La sph\u00e8re financi\u00e8re en cl\u00e9 de vo\u00fbte"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Apr\u00e8s la Mondialisation du capital, Fran\u00e7ois Chesnais reprend le probl\u00e8me du mouvement d&#8217;ensemble du capitalisme mondial dans un nouvel ouvrage, collectif cette fois, et sous un nouvel aspect: celui de &#8221; l&#8217;\u00e9mergence d&#8217;un r\u00e9gime d&#8217;accumulation financiaris\u00e9 mondial &#8220;. <\/p>\n<p>En 1994 (1) je suis encore parti de l&#8217;id\u00e9e que la mondialisation du capital constituait pour l&#8217;essentiel une \u00e9tape de plus dans le processus d&#8217;internationalisation du capital productif. Mon livre a donc \u00e9t\u00e9 centr\u00e9 sur l&#8217;organisation et les op\u00e9rations actuelles des multinationales. Deux chapitres y soulignent que le mouvement de mondialisation du capital est le plus pouss\u00e9 dans la sph\u00e8re financi\u00e8re et insistent d\u00e9j\u00e0 sur la &#8221; financiarisation &#8221; des groupes industriels. Mais, l&#8217;interpr\u00e9tation du mouvement d&#8217;ensemble du capitalisme mondial part encore des op\u00e9rations du capital industriel.<\/p>\n<p>A partir des donn\u00e9es et des analyses r\u00e9unies dans ce nouveau livre (2), il n&#8217;en va plus de m\u00eame. C&#8217;est de la sph\u00e8re financi\u00e8re qu&#8217;il faut partir pour commencer \u00e0 comprendre le mouvement d&#8217;ensemble. C&#8217;est un d\u00e9placement qualitatif qu&#8217;il faut op\u00e9rer. Dans le dernier chapitre, j&#8217;avance l&#8217;hypoth\u00e8se de l&#8217;\u00e9mergence de ce que je nomme &#8221; un r\u00e9gime d&#8217;accumulation financiaris\u00e9 mondial &#8221; &#8211; terme assez barbare en attendant d&#8217;en trouver un meilleur. Il sert \u00e0 d\u00e9signer le mode sp\u00e9cifique de fonctionnement du capitalisme que nous connaissons depuis quinze ans. Celui-ci repose sur une aggravation brutale du rapport salarial, mais ses tendances essentielles sont command\u00e9es de plus en plus nettement par les op\u00e9rations et les choix d&#8217;un capital financier plus concentr\u00e9 et centralis\u00e9 qu&#8217;\u00e0 aucune p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dente du capitalisme. Ce nouveau r\u00e9gime d&#8217;accumulation s&#8217;est form\u00e9 \u00e0 partir du d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, sur la base des politiques de lib\u00e9ralisation et de d\u00e9r\u00e9glementation issues de la &#8221; r\u00e9volution conservatrice &#8221; aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Les politiques n\u00e9o-lib\u00e9rales ont port\u00e9 sur les \u00e9changes, les relations salariales et les conditions de travail, et ont aussi vis\u00e9 \u00e0 &#8221; restituer &#8221; au capital priv\u00e9 les services publics par le biais de la d\u00e9r\u00e9glementation, la privatisation et, au besoin, comme au Royaume-Uni dans l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9 et les chemins de fer, &#8221; la vente par lots &#8221; de services construits en r\u00e9seau.<\/p>\n<p> <strong> Les Etats-Unis, le si\u00e8ge du capital financier <\/strong><\/p>\n<p>Mais la clef de vo\u00fbte de l&#8217;\u00e9difice r\u00e9side dans la sph\u00e8re financi\u00e8re. C&#8217;est l\u00e0 que la lib\u00e9ralisation et la d\u00e9r\u00e9glementation ont plac\u00e9 entre les mains du capital un pouvoir comme il n&#8217;en avait plus eu depuis les ann\u00e9es 1920, renfor\u00e7ant du m\u00eame coup la place centrale des Etats-Unis au moment o\u00f9 elle paraissait s&#8217;affaiblir. Les Etats-Unis sont le si\u00e8ge du capital financier, le lieu dont partent tous les m\u00e9canismes qui caract\u00e9risent le r\u00e9gime d&#8217;accumulation financiaris\u00e9 mondial. D&#8217;ailleurs, le fait que l&#8217;un des auteurs, Robert Guttmann, soit Am\u00e9ricain nous a aid\u00e9s \u00e0 d\u00e9finir le r\u00f4le des Etats-Unis dans la mondialisation financi\u00e8re. Dans son chapitre sur &#8221; les le\u00e7ons de l&#8217;Am\u00e9rique latine &#8220;, Pierre Salama montre de son c\u00f4t\u00e9 que les effets \u00e9conomiques et sociaux du nouveau r\u00e9gime de finance de march\u00e9 s&#8217;\u00e9tendent bien au-del\u00e0 de la sph\u00e8re financi\u00e8re. Ils concernent la r\u00e9partition des revenus bien s\u00fbr, qui s&#8217;est terriblement aggrav\u00e9e au Mexique par exemple depuis la mise en oeuvre de la lib\u00e9ralisation et d\u00e9r\u00e9glementation financi\u00e8re. Mais ils englobent l&#8217;ensemble des m\u00e9canismes qui commandent l&#8217;exploitation des salari\u00e9s de ces pays (flexibilit\u00e9 salariale, dur\u00e9e et intensit\u00e9 du travail). C&#8217;est en scrutant les \u00e9conomies latino-am\u00e9ricaines qu&#8217;on peut voir, dit Salama, &#8221; ce qui est en pointill\u00e9 dans de nombreux pays d\u00e9velopp\u00e9s &#8220;. C&#8217;est ce que les salari\u00e9s ont maintenant compris en France et qu&#8217;ils combattent sur tous les fronts, toutes professions confondues.<\/p>\n<p>C&#8217;est pourquoi, l&#8217;introduction au livre, ainsi que plusieurs chapitres, accordent une attention consid\u00e9rable aux \u00e9tapes de la lib\u00e9ralisation financi\u00e8re. Ces \u00e9tapes, aussi cruciales les unes que les autres, nous ont impos\u00e9 une r\u00e9flexion sur la gen\u00e8se de la situation actuelle. La premi\u00e8re a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par l&#8217;abrogation unilat\u00e9rale &#8211; par les Etats-Unis en ao\u00fbt 1971 &#8211; du syst\u00e8me de Bretton Woods et l&#8217;adoption des &#8221; taux de change flexibles &#8220;, dont Suzanne de Brunhoff fait l&#8217;\u00e9tude. Il n&#8217;a pas seulement engendr\u00e9 une instabilit\u00e9 mon\u00e9taire chronique, il a conduit \u00e0 ce que la dimension &#8221; actif financier &#8221; des devises-clef prenne le pas sur toutes les autres fonctions que doivent remplir les monnaies. Le march\u00e9 des changes a permis au capital financier &#8221; pur &#8221; &#8211; celui qui conserve la forme argent pour se valoriser comme tel, en pr\u00e9servant le degr\u00e9 maximum de liquidit\u00e9 &#8211; de se &#8221; muscler &#8220;. Aujourd&#8217;hui encore, c&#8217;est l\u00e0 que les capitalistes financiers ont loisir de faire quotidiennement d&#8217;immenses profits et \u00e0 mettre les gouvernements &#8221; au pas &#8220;, en leur rappelant qu&#8217;ils les tiennent par le biais des march\u00e9s des effets de la dette publique.<\/p>\n<p> <strong> Les circonstances du tournant n\u00e9o-lib\u00e9ral et mon\u00e9tariste <\/strong><\/p>\n<p>C&#8217;est ici que se situe la seconde vague de mesures prises au Royaume-Uni et aux Etats-Unis en 1979-1981. Elles sont le point de d\u00e9part des chapitres de Robert Guttmann et de Dominique Plihon, o\u00f9 sont analys\u00e9es les circonstances du tournant n\u00e9o-lib\u00e9ral et mon\u00e9tariste, les \u00e9tapes de sa diffusion dans les ann\u00e9es 80 et ses cons\u00e9quences dont, Plihon fait l&#8217;analyse tr\u00e8s fine pour la France. Ces mesures, que les autres pays ont adopt\u00e9es aveugl\u00e9ment, quels que soient les choix politiques affich\u00e9s par les \u00e9quipes au pouvoir, ont port\u00e9 sur la lib\u00e9ralisation compl\u00e8te des mouvements de capitaux avec l&#8217;\u00e9tranger et la &#8221; march\u00e9isation &#8221; ou la &#8221; titrisation &#8221; des effets de la dette publique, c&#8217;est-\u00e0-dire le placement des bons du Tr\u00e9sor sur les march\u00e9s financiers par adjudication de sorte que c&#8217;est le &#8221; march\u00e9 &#8221; qui fixe les taux selon ses crit\u00e8res. Les march\u00e9s obligataires publics sont ainsi devenus &#8221; l&#8217;\u00e9pine dorsale &#8221; (le terme est du FMI) des march\u00e9s financiers interconnect\u00e9s entre grandes places. C&#8217;est dans ce compartiment des march\u00e9s qu&#8217;environ 30% des capitaux financiers se mettent en valeur aujourd&#8217;hui. Ils y trouvent des rendements stables, liquides (la liquidit\u00e9 \u00e9tant assur\u00e9e par les march\u00e9s secondaires o\u00f9 les titres sont n\u00e9gociables en permanence) et \u00e9lev\u00e9s, r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s par les taux les plus \u00e9lev\u00e9s du march\u00e9, presque toujours 4 ou 5 points au-dessus de l&#8217;inflation.<\/p>\n<p> <strong> La base de la &#8221; dictature des cr\u00e9anciers &#8221; <\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;explosion de la dette publique des pays capitalistes avanc\u00e9s date de ces mesures. La cr\u00e9ation de march\u00e9s obligataires, largement ouverts aux investisseurs financiers \u00e9trangers, a permis un financement non-inflationiste des d\u00e9ficits budg\u00e9taires. Gr\u00e2ce \u00e0 cette facilit\u00e9, une dette publique gigantesque s&#8217;est form\u00e9e en quelques ann\u00e9es. Aujourd&#8217;hui, le service de cette dette absorbe entre 20 et 25% des d\u00e9penses budg\u00e9taires des principaux pays, obligeant les gouvernements \u00e0 \u00e9mettre en permanence de nouveaux titres et \u00e0 les placer sur les march\u00e9s. C&#8217;est un flux de richesse r\u00e9el repr\u00e9sentant 3 \u00e0 4% du PIB &#8211; qui p\u00e8se essentiellement sur les salari\u00e9s et les couches sociales sur lesquelles le gros des imp\u00f4ts sont pr\u00e9lev\u00e9s &#8211; qui est transf\u00e9r\u00e9 chaque ann\u00e9e vers le secteur financier. Telle est la base de &#8221; la dictature des cr\u00e9anciers &#8220;. Certains font mine de s&#8217;en inqui\u00e9ter, mais ils n&#8217;offrent d&#8217;autre issue que de continuer \u00e0 &#8221; honorer la dette &#8221; en aggravant les politiques d&#8217;aust\u00e9rit\u00e9 budg\u00e9taire. Et cela m\u00eame si nous savons que cette politique signifie s&#8217;enfoncer dans la r\u00e9cession et h\u00e2ter la mise en oeuvre de la panoplie des mesures n\u00e9o-lib\u00e9rales dans les rapports capital-travail, les syst\u00e8mes de protection sociale et la privatisation des services publics.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce aux statistiques am\u00e9ricaines qui ont le m\u00e9rite de contribuer plus que bien d&#8217;autres \u00e0 la transparence des rapports sociaux contemporains, on conna\u00eet l&#8217;identit\u00e9 des cr\u00e9anciers dont nous subissons la dictature. Ce sont, dans l&#8217;ordre, les grands fonds de pension priv\u00e9s anglo-saxons et japonais; les fonds de placement financier collectif (les Mutual Funds) dont les actifs nominaux et les revenus ont cru de fa\u00e7on presque exponentielle dans les ann\u00e9es 1990; enfin les grandes soci\u00e9t\u00e9s d&#8217;assurance. Le travail de Richard Farnetti est consacr\u00e9 en particulier aux deux premiers groupes. Mais plusieurs autres chapitres s&#8217;int\u00e9ressent \u00e0 leur r\u00f4le, fournissant des indications quant aux liens syst\u00e9miques qui unissent la financiarisation croissante des groupes industriels, l&#8217;aggravation de la condition salariale et la venue \u00e0 maturit\u00e9 des syst\u00e8mes de retraites par capitalisation g\u00e9r\u00e9s par les grands fonds de pension.<\/p>\n<p>Le paiement des retraites priv\u00e9es repose sur trois bases, aussi pernicieuses les une les autres. La premi\u00e8re sont des sp\u00e9culations r\u00e9ussies par les gestionnaires des fonds de pension sur les march\u00e9s des changes aux d\u00e9pens des Etats ainsi que sur les march\u00e9s boursiers. Ceux-ci se sont envol\u00e9s, mais quel sera le sort d&#8217;une fraction des retrait\u00e9s am\u00e9ricains le jour o\u00f9 la &#8221; correction &#8221; plus ou moins s\u00e9v\u00e8re du niveau des cours, attendue par tous les experts s\u00e9rieux, sinon un krach analogue \u00e0 celui de 1987, se produisent \u00e0 Wall Street ? La seconde base est l&#8217;instauration du &#8221; gouvernement d&#8217;entreprise &#8220;, c&#8217;est-\u00e0-dire la mise en oeuvre de la dictature des financiers au sein des entreprises. Ces nouveaux ma\u00eetres sont assoiff\u00e9s de profits rapides, dont les sources ne peuvent \u00eatre que des restructurations f\u00e9roces et l&#8217;aggravation de l&#8217;exploitation des salari\u00e9s restants. C&#8217;est l\u00e0 un facteur qui sert aussi \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer le processus de financiarisation des groupes, objet d&#8217;un chapitre tr\u00e8s document\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 par Claude Serfati. Les horizons de valorisation tr\u00e8s courts, dict\u00e9s par les imp\u00e9ratifs financiers tenant au cours des actions en bourse et \u00e0 la peur des OPA hostiles, caract\u00e9risent un &#8221; style &#8221; d&#8217;investissement propre au r\u00e9gime d&#8217;accumulation financiaris\u00e9 mondial.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me m\u00e9canisme de paiement des retraites priv\u00e9s, celui qui est aussi de loin le plus important, a pour origine les flux de revenus g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par le r\u00e9gime de taux d&#8217;int\u00e9r\u00eat r\u00e9els positifs, c&#8217;est-\u00e0-dire l&#8217;un des facteurs reconnus comme responsables de la d\u00e9pression longue caract\u00e9ristique des ann\u00e9es 1990. Or, voici que le capital financier fran\u00e7ais emmen\u00e9 par le lobby des grands groupes d&#8217;assurance, veut nous enfoncer dans l&#8217;engrenage du syst\u00e8me de retraites priv\u00e9es. Il s&#8217;agit pour ces groupes de faire d&#8217;une pierre trois coups: faire un grand pas dans la dislocation du syst\u00e8me par r\u00e9partition, imposer \u00e0 leur tour leur &#8221; gouvernement &#8221; aux entreprises fran\u00e7aises, et surtout accro\u00eetre leur poids, gr\u00e2ce \u00e0 la centralisation des versements faits par les salari\u00e9s, pouvoir &#8221; jouer dans la cour des grands &#8220;, en participant de plain pied aux profits financiers construits sur le socle du r\u00e9gime des taux d&#8217;int\u00e9r\u00eat r\u00e9els positifs. C&#8217;est l\u00e0 l&#8217;un des enjeux d\u00e9cisifs qui se cachent derri\u00e8re les d\u00e9bats souvent obscurs et largement pip\u00e9s sur la monnaie unique et le niveau des taux de change.<\/p>\n<p>En soulignant que je n&#8217;engage que moi et non mes coauteurs, je voudrais faire remarquer que depuis plus plusieurs ann\u00e9es, disons depuis le combat des jeunes contre les contrats d&#8217;insertion professionnelle (CIP), de tr\u00e8s importantes luttes se sont engag\u00e9es contre diff\u00e9rents aspects de l&#8217;ordre n\u00e9o-lib\u00e9ral. La gr\u00e8ve des routiers salari\u00e9s en novembre, au m\u00eame titre que celle des cheminots \u00e0 pareille \u00e9poque l&#8217;an dernier a \u00e9t\u00e9 &#8221; une r\u00e9volte contre la mondialisation &#8220;. Mais personne n&#8217;a encore mis en cause la clef de vo\u00fbte, \u00e0 savoir le fardeau \u00e9crasant de la dette. Il p\u00e8se toujours plus lourdement sur les revenus les plus faibles, ceux des Fran\u00e7ais qui ne peuvent pas \u00e9chapper \u00e0 l&#8217;imp\u00f4t en partant pour la Suisse ou le Luxembourg. Le service de la dette repr\u00e9sente un obstacle incontournable \u00e0 tout combat v\u00e9ritable contre le ch\u00f4mage, qui passe le financement de grands projets d&#8217;investissement dans les domaines n\u00e9glig\u00e9s ou abandonn\u00e9s depuis quinze ans: les services publics, la sant\u00e9, l&#8217;enseignement, le logement, la r\u00e9novation des quartiers populaires et des banlieues \u00e0 dominante ouvri\u00e8re d\u00e9laiss\u00e9s et paup\u00e9ris\u00e9s. C&#8217;est de l\u00e0 que peut na\u00eetre une embauche massive, un nouvel \u00e9lan populaire, une relance de l&#8217;investissement. Comment appliquer ce programme alors que les caisses de l&#8217;Etat sont grev\u00e9es par le transfert de plus de 20% du budget aux grands financiers ? Satisfaire les besoins urgents, exige la r\u00e9pudiation (ou pour le moins des moratoires accompagn\u00e9s d&#8217;un service tr\u00e8s s\u00e9lectif qui sauvegarderait simplement les placements de certains petits \u00e9pargnants) de la dette publique chez nous. L&#8217;annulation de la dette des pays du tiers monde a pris rang depuis longtemps dans la liste des revendications des partis et syndicats ouvriers. Elle ne peut plus se limiter \u00e0 ces pays. M\u00eame si au d\u00e9part cela parait &#8221; propagandiste &#8220;, &#8221; irresponsable &#8221; ou &#8221; irr\u00e9aliste &#8220;, c&#8217;est chez nous qu&#8217;elle doit \u00eatre d\u00e9sormais d\u00e9fendue.<\/p>\n<p>* Economiste.Professeur associ\u00e9 \u00e0 l&#8217;universit\u00e9 Paris-XIII Villetaneuse.<\/p>\n<p>1. La Mondialisation du capital, Syros-Alternatives \u00e9conomiques, 1994.<\/p>\n<p>2. La Mondialisation financi\u00e8re, Syros-Alternatives \u00e9conomiques, octobre 1996.Sept auteurs, Suzanne de Brunhoff, Fran\u00e7ois Chesnais, Richard Farnetti, Robert Guttmann, Dominique Plihon, Pierre Salama, Claude Serfati.Des &#8221; chercheurs keyn\u00e9siens, r\u00e9gulationistes et marxistes associ\u00e9s dans une r\u00e9flexion qui aboutit \u00e0 un r\u00e9sultat d&#8217;ensemble tout \u00e0 fait coh\u00e9rent&#8221;, selon F.Chesnais qui a coordonn\u00e9 l&#8217;ouvrage.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Apr\u00e8s la Mondialisation du capital, Fran\u00e7ois Chesnais reprend le probl\u00e8me du mouvement d&#8217;ensemble du capitalisme mondial dans un nouvel ouvrage, collectif cette fois, et sous un nouvel aspect: celui de &#8221; l&#8217;\u00e9mergence d&#8217;un r\u00e9gime d&#8217;accumulation financiaris\u00e9 mondial &#8220;. <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-303","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/303","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=303"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/303\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=303"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=303"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=303"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}