{"id":2968,"date":"2007-10-01T00:00:00","date_gmt":"2007-09-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/ma-petite-entreprise2968\/"},"modified":"2007-10-01T00:00:00","modified_gmt":"2007-09-30T22:00:00","slug":"ma-petite-entreprise2968","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2968","title":{"rendered":"Ma petite entreprise"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> En Espagne, des immigr\u00e9s cr\u00e9ent leurs emplois dans l&#8217;\u00e9conomie sociale. Aux entreprises capitalistes classiques, ils pr\u00e9f\u00e8rent les coop\u00e9ratives ou leurs cousines, les soci\u00e9t\u00e9s de travail, s&#8217;assurant en famille des emplois stables. Reportage \u00e0 Barcelone. <\/p>\n<p>Mariana et Christian ont peu d&#8217;instants de rel\u00e2che derri\u00e8re leur vitrine \u00e0 l&#8217;enseigne catalane Cubi Viatges. Quand il n&#8217;est pas au t\u00e9l\u00e9phone, ce couple d&#8217;Equatoriens re\u00e7oit un compatriote projetant son retour au pays en avion. A la nuit tomb\u00e9e, on les voit encore calculer le montant des assurances et des commissions sur les billets. Ces immigr\u00e9s n&#8217;ont pas choisi la solution de facilit\u00e9 :<em> \u00ab Les \u00e9trangers montent g\u00e9n\u00e9ralement des affaires plus simples qu&#8217;une agence de voyages \u00bb <\/em>, remarque Mariana qui a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 r\u00e9aliser son r\u00eave.<\/p>\n<p>Ces Latinos de 29 et 31 ans ont d\u00e9barqu\u00e9 \u00e0 Barcelone il y a six ans.<em> \u00ab Nous \u00e9tions sans travail, sans argent, sans papiers ! \u00bb <\/em>, r\u00e9sume Christian. Lui avait occup\u00e9 au pays un poste de cadre dans l&#8217;import. Elle, un emploi de comptable dans l&#8217;administration. Leurs atouts : ils \u00e9taient hispanophones, arm\u00e9s de motivations et d&#8217;un dipl\u00f4me universitaire. Mais nombreux sont les immigr\u00e9s latinos dans la m\u00eame situation.<em> \u00ab Nous avons trouv\u00e9 des petits boulots au noir, puis des emplois d\u00e9clar\u00e9s dans le secr\u00e9tariat \u00bb <\/em>, se souvient Christian qui r\u00eavait de mieux.<em> \u00ab Au moins, nous avons pu r\u00e9gulariser nos papiers ! \u00bb <\/em><\/p>\n<p><strong> Que faire sans cr\u00e9dit ? <\/strong> <\/p>\n<p>Il y a deux ans, leur dernier contrat de travail est rompu. Ils sont licenci\u00e9s.<em> \u00ab On voulait avoir notre propre entreprise, \u00eatre ma\u00eetres de nos horaires, de nos salaires. C&#8217;\u00e9tait une occasion \u00bb <\/em>, avance Mariana. Ni une, ni deux, le couple se lance dans ces interminables d\u00e9marches qui d\u00e9couragent les h\u00e9sitants.<em> \u00ab Tout est compliqu\u00e9 pour des \u00e9trangers, m\u00eame avec des papiers et un permis de travail. Que faire sans capital ? \u00bb <\/em><\/p>\n<p>En Espagne, comme en France, les cr\u00e9ateurs d&#8217;entreprise immigr\u00e9s rencontrent des difficult\u00e9s dans l&#8217;acc\u00e8s au cr\u00e9dit bancaire. C&#8217;est pourquoi nombreux se tournent vers le microcr\u00e9dit. Mariana trouve, elle, sa solution \u00e0 la Fesalc, la F\u00e9d\u00e9ration catalane des soci\u00e9t\u00e9s de travail. L&#8217;organisme f\u00e9d\u00e8re ce que les Espagnols appellent les sociedades laborales, des entreprises sociales d&#8217;actionnariat salarial. Bien que le droit de vote y d\u00e9pende du nombre de parts d\u00e9tenues, leurs principes restent proches de ceux des coop\u00e9ratives :<em> \u00ab S&#8217;il peut y avoir des actionnaires ext\u00e9rieurs, les salari\u00e9s sont d\u00e9tenteurs majoritaires du capital et nul ne peut poss\u00e9der plus d&#8217;un tiers des parts \u00bb <\/em>, explique Amadeo Ibarz, \u00e9conomiste de la Fesalc, devenu tuteur de Cubi Viatges.<\/p>\n<p><strong> Coop\u00e9ratives <\/strong><\/p>\n<p>Ce sp\u00e9cialiste va convaincre les Equatoriens. Avec le mod\u00e8le d&#8217;entreprise qu&#8217;il leur pr\u00e9sente, ils peuvent tous deux capitaliser en associant des amis ou des membres de la famille. Qui plus est, ils vont b\u00e9n\u00e9ficier d&#8217;une mesure de soutien aux ch\u00f4meurs cr\u00e9ateurs de coop\u00e9ratives : le \u00ab pago unico \u00bb, \u00ab paiement unique \u00bb. Amadeo pr\u00e9cise :<em> \u00ab Il s&#8217;agit du versement d&#8217;un seul coup et de fa\u00e7on anticip\u00e9e de la totalit\u00e9 de l&#8217;assurance ch\u00f4mage \u00e0 laquelle le ch\u00f4meur (espagnol ou pas) aurait droit (en moyenne environ 10 000 euros). La condition : placer cette somme au capital d&#8217;une coop\u00e9rative ou d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 de travail. \u00bb <\/em> En Espagne, environ 25 000 coop\u00e9ratives et 20 000 soci\u00e9t\u00e9s de travail repr\u00e9sentent plus de 440 000 travailleurs dont 9% sont des associ\u00e9s \u00e9trangers. Ces derniers peuvent cr\u00e9er ce type d&#8217;entreprises avec un permis de travail basique sans besoin d&#8217;obtenir celui d&#8217;ind\u00e9pendant qui prend au moins six mois.<\/p>\n<p>Epaul\u00e9s par la Fesalc, Mariana et Christian se d\u00e9cident pour une Soci\u00e9t\u00e9 de travail \u00e0 responsabilit\u00e9 limit\u00e9e. Le taux de survie \u00e0 trois ans de ces micro-entreprises sociales est de 67%. Compos\u00e9es en moyenne de trois associ\u00e9s, elles sont souvent dot\u00e9es d&#8217;un capital familial, d\u00e9tenu \u00e0 40% par des femmes. Pour des immigr\u00e9es, c&#8217;est une chance d&#8217;\u00eatre int\u00e9gr\u00e9es au projet du mari. Une fois la soci\u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e, ils peuvent aussi tenter d&#8217;ouvrir le capital \u00e0 des parents, d\u00e9guisant un regroupement familial.<br \/>\n<em> \u00ab Avant tout, fid\u00e9liser la client\u00e8le ! \u00bb <\/em>, freine le couple, effray\u00e9 par la concurrence d&#8217;Internet. Si leur agence venait \u00e0 couler, toutefois, ils ne devraient rien \u00e0 personne : l&#8217;aide \u00e0 fonds perdus pour capitaliser est per\u00e7ue comme un droit. <\/p>\n<p>C.R.<\/p>\n<p>Paru dans<em> Regards <\/em> n\u00b044<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> En Espagne, des immigr\u00e9s cr\u00e9ent leurs emplois dans l&#8217;\u00e9conomie sociale. 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