{"id":2964,"date":"2007-10-01T00:00:00","date_gmt":"2007-09-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/dans-l-oeil-de-google2964\/"},"modified":"2007-10-01T00:00:00","modified_gmt":"2007-09-30T22:00:00","slug":"dans-l-oeil-de-google2964","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2964","title":{"rendered":"Dans l&#8217;\u0153il de google"},"content":{"rendered":"<p>N&#8217;importe qui peut \u00eatre Big Brother aujourd&#8217;hui,<em> \u00ab vous avez juste besoin d&#8217;une connection Internet \u00bb <\/em>, lance sans rire Andrew Keen. Ce sp\u00e9cialiste am\u00e9ricain du r\u00e9seau des r\u00e9seaux a r\u00e9cemment sorti outre-Atlantique un ouvrage pol\u00e9mique sur les d\u00e9veloppements r\u00e9cents du Web 2.0 intitul\u00e9 The cult of the amateur, how today&#8217;s Internet is killing our culture. Traduction : le culte des amateurs ou comment l&#8217;Internet d&#8217;aujourd&#8217;hui tue notre culture. La charge est lourde, parfois excessive, mais toujours tr\u00e8s inform\u00e9e. Car Keen est loin d&#8217;\u00eatre un \u00ab anti-techno \u00bb, ni un novice. <\/p>\n<p>Durant les ann\u00e9es 1990, il eut la chance &#8211; surtout son portefeuille d&#8217;ailleurs &#8211; de faire partie des premiers entrepreneurs de la Silicon Valley qui accompagn\u00e8rent le d\u00e9veloppement d&#8217;Internet. On est donc loin des pamphlets faciles contre la toile mondiale \u00e9crits par certains  \u00ab intellectuels m\u00e9diatiques \u00bb obnubil\u00e9s avant tout par la perspective de perdre le monopole de leur estrade t\u00e9l\u00e9visuelle. Et si le propos de Keen est parfois volontairement provocateur, il apporte aux lecteurs des \u00e9l\u00e9ments sur lesquels, d&#8217;habitude, on pr\u00e9f\u00e8re ne pas s&#8217;attarder. De peur de savoir. Parmi ses inqui\u00e9tudes multiples, figure l&#8217;impossible respect de la vie priv\u00e9e sur le r\u00e9seau.<em> \u00ab Google, Yahoo et AOL n&#8217;ont aucune obligation l\u00e9gale d&#8217;effacer leurs anciennes donn\u00e9es <\/em>, rappelle-t-il,<em> ces soci\u00e9t\u00e9s enregistrent et conservent sans contr\u00f4le tous les sujets que l&#8217;on recherche sur le Web, les produits que nous achetons, et les sites sur lesquels nous surfons. \u00bb <\/em> <\/p>\n<p>Devant notre \u00e9cran, cliquer sur un moteur de recherche est devenu un geste banal, quotidien. Pourtant, on a tendance \u00e0 oublier que chaque clic constitue une information en soi. Et au fil des ann\u00e9es, ces informations sont recueillies par un nombre toujours plus restreint de soci\u00e9t\u00e9s. Pour le seul mois de juillet 2006, les internautes ont interrog\u00e9 2,7 milliards de fois le moteur de recherche de Google, et 1,8 milliard celui de Yahoo.<em> \u00ab Ces moteurs de recherche veulent nous conna\u00eetre intimement, ils veulent devenir nos plus proches confidents. Car plus ils poss\u00e8dent d&#8217;informations sur nous  : sur nos hobbies, nos go\u00fbts et nos d\u00e9sirs : et plus ils peuvent vendre ces informations \u00e0 des publicitaires ou des sp\u00e9cialistes en marketing qui pourront davantage personnaliser leurs produits, leurs services en retour. \u00bb <\/em> Quand la boucle est boucl\u00e9e&#8230; <\/p>\n<p>Et pour ces moteurs de recherche, quelle est l&#8217;arme id\u00e9ale pour recueillir automatiquement le maximum d&#8217;information sur les internautes ? Les fameux \u00ab cookies \u00bb ! Derri\u00e8re ce nom sympathique se cachent en fait de v\u00e9ritables mouchards qui s&#8217;installent sans pr\u00e9venir sur nos ordinateurs d\u00e8s que l&#8217;on ouvre une page Web. Ces petits programmes informatiques sont partout. Ils enregistrent nos sites pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s et sont m\u00eame capables de savoir sur quelles publicit\u00e9s nous cliquons ! Quelle est la dur\u00e9e de vie d&#8217;un cookie ? Pendant combien de temps est-il activ\u00e9 et peut-il recueillir des informations ? Rassurez-vous, un cookie appartenant \u00e0 Google, par exemple, est pr\u00e9vu pour fonctionner jusqu&#8217;en 2036 ! Rien que \u00e7a&#8230;<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr, \u00e0 partir d&#8217;un logiciel de navigation, un internaute peut d\u00e9cider de refuser l&#8217;enregistrement automatique de ces cookies,  mais la cons\u00e9quence directe de ce choix d&#8217;ind\u00e9pendance et de protection est qu&#8217;il ne pourra plus utiliser toutes les fonctionnalit\u00e9s des sites. C&#8217;est donnant, donnant. D&#8217;ailleurs, ces restrictions se multiplient sur le Net, car, pour les firmes informatiques, l&#8217;enjeu \u00e9conomique est trop important. Et ce n&#8217;est pas fini : selon le New York Times, la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration du Web permettra \u00e0 des logiciels intelligents de pr\u00e9voir nos futures d\u00e9cisions ou intentions \u00e0 partir des informations recueillies sur le Web, comme nous trouver l&#8217;h\u00f4tel qui nous conviendra le mieux. Mais voulons-nous vraiment laisser une machine d\u00e9cider \u00e0 notre place ?<\/p>\n<p>En attendant, le d\u00e9veloppement du Web 2.0 am\u00e8ne les internautes \u00e0 laisser de plus en plus de traces personnelles sur le r\u00e9seau. Il n&#8217;y a qu&#8217;\u00e0 penser \u00e0 l&#8217;explosion : narcissique, diront certains : des pages Myspace, des vid\u00e9os amateurs sur You Tube et autres blogs o\u00f9 tout un chacun peut d\u00e9blat\u00e9rer sur sa vie, mais \u00e9galement sur celle des autres, sans aucune limite ou protection. Ce qui fait dire \u00e0 Keen que l&#8217;on assiste \u00ab \u00e0 la d\u00e9mocratisation du cauchemar d&#8217;Orwell \u00bb. A travers ce village global, les rumeurs peuvent se propager \u00e0 tr\u00e8s grande vitesse, peu importe les d\u00e9g\u00e2ts pour les victimes. Car, d\u00e9sormais, tout employeur a pris l&#8217;habitude de faire sa petite enqu\u00eate sur Internet sur ses salari\u00e9s ou futurs salari\u00e9s. Un verbe a m\u00eame \u00e9t\u00e9 invent\u00e9 pour cette pratique : \u00ab googliser \u00bb, \u00ab to google \u00bb en anglais. Le pire, c&#8217;est que chacun de nous en a pris l&#8217;habitude.  <\/p>\n<p>M.E.<\/p>\n<p>Paru dans<em> Regards <\/em> n\u00b044<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N&#8217;importe qui peut \u00eatre Big Brother aujourd&#8217;hui, \u00ab vous avez juste besoin d&#8217;une connection Internet \u00bb , lance sans rire Andrew Keen. 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