{"id":2953,"date":"2007-09-01T00:00:00","date_gmt":"2007-08-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/rentree-litteraire-des-vertes-et2953\/"},"modified":"2007-09-01T00:00:00","modified_gmt":"2007-08-31T22:00:00","slug":"rentree-litteraire-des-vertes-et2953","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2953","title":{"rendered":"Rentr\u00e9e litt\u00e9raire : des vertes et des pas m\u00fbres"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> 727 romans cet automne. Mais la cuv\u00e9e est assez fade. Pour vous guider, quelques jalons dans cette d\u00e9ferlante, des  nouveaut\u00e9s anarcho-libertaires aux surprises bien huil\u00e9es, en passant par les nombrilistes de talent. Focus sur L&#8217;aube le soir ou la nuit, de Yasmina Reza, le portrait d&#8217;un homme : devinez qui : parti \u00e0 la conqu\u00eate du pouvoir&#8230; <\/p>\n<p>Record battu : 727 romans paraissent en septembre, dont 493 fran\u00e7ais. Une d\u00e9ferlante que plusieurs grandes maisons d&#8217;\u00e9dition ont tent\u00e9 d&#8217;endiguer en r\u00e9duisant leur production. Grasset ne publie ainsi que neuf romans, contre quinze l&#8217;an dernier. Le Seuil passe de douze \u00e0 neuf ; Actes Sud de dix-sept \u00e0 treize ; Deno\u00ebl, six au lieu de dix&#8230; Seuls Fayard, avec pas moins de vingt et un titres (contre seize) et Gallimard (grand gagnant l&#8217;an dernier avec le Goncourt d\u00e9cern\u00e9 aux Bienveillantes, de Jonathan Littell), qui publie dix-neuf titres au lieu de dix-sept,  accroissent leur office. Bonne nouvelle : Christine Angot ne publie pas de livre&#8230; Plut\u00f4t mauvaise : Houellebecq non plus&#8230;<\/p>\n<p><strong> \u00ab BUZZ \u00bb <\/strong> <\/p>\n<p>Quoi qu&#8217;il arrive, m\u00eame si cette cuv\u00e9e 2007 semble plus fade (pas d&#8217;effet \u00ab Littell-Angot-Houellebecq \u00bb cette ann\u00e9e), ne serait-ce que gr\u00e2ce aux 234 \u00ab \u00e9trangers \u00bb (pass\u00e9 le filtre s\u00e9lectif de la traduction,  ne l&#8217;oublions pas), il y a d&#8217;excellents livres. Deux sortes de \u00ab buzz \u00bb (rumeur),  pour parler \u00ab ch\u00e9bran \u00bb, ont \u00e9voqu\u00e9 une dizaine de livres phares, d\u00e8s le mois de juillet.  Tout d&#8217;abord, au registre \u00ab pipol-m\u00e9diatique \u00bb, deux textes \u00e9crits par des femmes se distinguaient :<em> L&#8217;aube le soir ou la nuit <\/em>, de Yasmina Reza, sur Sarkozy (Flammarion, voir article p. 46), et l&#8217;autre de Mazarine Pingeot,<em> Le cimeti\u00e8re des poup\u00e9es <\/em>, (Julliard) qui fit un mini-scandale cet \u00e9t\u00e9 pour une phrase \u00e9voquant (vaguement) le fait divers des b\u00e9b\u00e9s congel\u00e9s, alors que c&#8217;est sans doute le meilleur roman de la fille de qui vous savez&#8230; Autre (mini-)\u00e9v\u00e9nement, la publication en octobre de<em> La Nuit sexuelle <\/em> (Flammarion) de Pascal Quignard, honor\u00e9 d&#8217;un autodaf\u00e9 en r\u00e8gle avant l&#8217;ouverture du Banquet du livre, d\u00e9but ao\u00fbt, dans l&#8217;abbaye de Lagrasse (Aude). <\/p>\n<p>Enfin, le \u00ab buzz \u00bb litt\u00e9raire (pour reprendre le titre d&#8217;un site internet de promotion lis-tes-ratures \u00ab djeune \u00bb) insistait sur quatre ou cinq auteurs masculins. Toujours, dans le registre mode-tendance \u00ab name-droping \u00bb (citer des noms c\u00e9l\u00e8bres) :<em> Fin de l&#8217;histoire <\/em> (Verticales), de Fran\u00e7ois B\u00e9gaudeau, autour du personnage de Florence Aubenas, la journaliste de Lib\u00e9ration kidnapp\u00e9e en Irak ;<em> Technosmose <\/em> (Gallimard), de Mathieu Terence ;<em> A l&#8217;abri de rien <\/em> (\u00e9d. de l&#8217;Olivier), d&#8217;Olivier Adam ;<em> Recouvrance <\/em> (Flammarion), de Fr\u00e9d\u00e9ric-Yves Jeannet ; et<em> Cendrillon <\/em> (Stock), de Eric Reinhardt (qui s&#8217;autocite all\u00e8grement).  Dans le genre \u00e9gocentrique, la palme du ridicule revient \u00e0 David Foenkinos (le nouvel Alexandre Jardin, en somme, dans le style \u00ab vieux-jeune \u00bb) qui ose publier :<em> Qui se souvient de David Foenkinos ? <\/em> (Gallimard). Alors que \u00e7a se veut dr\u00f4le et d\u00e9capant, c&#8217;est lourdement misogyne. Ou quand le nivellement par le bas touche le fond&#8230; Path\u00e9tique.<\/p>\n<p><strong> BACK IN THE MOIS DE JUIN&#8230; <\/strong><\/p>\n<p>Avant d&#8217;aller plus loin, un petit retour en arri\u00e8re s&#8217;impose.  Fr\u00e9d\u00e9ric Beigbeder avait devanc\u00e9 l&#8217;appel en publiant, avant l&#8217;\u00e9t\u00e9,<em> Au secours, pardon <\/em> (Grasset), que nous avons lu&#8230; et plut\u00f4t aim\u00e9. N&#8217;en d\u00e9plaise aux d\u00e9tracteurs du cr\u00e9ateur nombriliste d&#8217;Octave, le h\u00e9ros cynique de 99 francs. Devenu \u00ab talent scout \u00bb (chasseur de mannequins), \u00e0 Moscou \u00abavidadollaris\u00e9 \u00bb, l&#8217;ancien publicitaire plonge, avec ravissement puis avec horreur, dans un monde ultralib\u00e9ral dont le but est simple : que trois milliards de femmes aient envie de ressembler \u00e0 la m\u00eame&#8230; N&#8217;oublions pas, non plus, le r\u00e9cit poignant de Suzanne Bernard, Le Passage (Le Temps des Cerises) o\u00f9 elle \u00e9voque sa lutte contre la \u00ab grande faucheuse\u00bb, d&#8217;h\u00f4pital en h\u00f4pital&#8230; On est avec toi, Suzanne ! Enfin, Arto Paasilinna, l&#8217;auteur du c\u00e9l\u00e8bre<em> Li\u00e8vre de Vatanen <\/em>, nous a r\u00e9gal\u00e9, une fois encore, avec son nouveau roman iconoclaste :<em> Le Bestial Serviteur du pasteur Huuskonen <\/em> (Deno\u00ebl).<\/p>\n<p><strong> \u00ab D\u00c9J\u00c0 CONNUS \u00bb INCONTOURNABLES&#8230; <\/strong><\/p>\n<p>Am\u00e9lie Nothomb publie son \u00ab best-seller \u00bb annuel,<em> Ni d&#8217;Eve ni d&#8217;Adam <\/em> (Albin Michel). Patrick Besson cherche l&#8217;inspiration dans une histoire de famille<em> Belle s\u0153ur <\/em> (Fayard, une maison en baisse de qualit\u00e9 qui publie le nullissime Thibault de Montaigu : Un jeune homme triste&#8230; On comprend pourquoi). Alain Fleisher continue de raconter sa jeunesse dans Quelques obscurcissements (Seuil, qui, elle, reprend du poil de la b\u00eate). Lydie Salvayre  poursuit son \u0153uvre aux titres \u00ab intello-psyshow \u00bb (Seuil) :<em> Portrait de l&#8217;\u00e9crivain en animal domestique <\/em>. Philippe Claudel s&#8217;int\u00e9resse aux laiss\u00e9s pour compte dans<em> Le Rapport de Brodeck <\/em> (Stock). Charles Dantzig \u00e9voque l&#8217;art de l&#8217;imposture,<em> Je m&#8217;appelle Fran\u00e7ois <\/em> (Grasset). Vassilis Alexakis s&#8217;attaque \u00e0 la religion,<em> Ap. J.-C. <\/em> (Stock). Et Magyd Cherfi, ex-parolier du groupe Zebda, publie son deuxi\u00e8me livre,<em> La Trempe <\/em>, chez Actes Sud. <\/p>\n<p><strong> NOUVELLE G\u00c9N\u00c9RATION ENGAG\u00c9E&#8230; <\/strong><\/p>\n<p>Dans la famille anarcho-libertaire, je demande la fille&#8230; Lola Lafon, De \u00e7a je me console \u00bb (Flammarion, voir s\u00e9lection). Je demande le fils, Camille de Toledo,<em> Vie et mort d&#8217;un terroriste am\u00e9ricain <\/em> (Verticales, very dynamique !) ; le grand fr\u00e8re, Pierre d&#8217;Ovidio,<em> Les Enfants de Van Gogh <\/em> (Ph\u00e9bus), ou la g\u00e9n\u00e9ration \u00ab Mai-68 \u00bb, vue par un \u00ab gauchiste \u00bb sentimental.<\/p>\n<p><strong> PREMIERS ROMANS PROMETTEURS&#8230; <\/strong><br \/>\n<em> Tourville <\/em> (Diable Vauvert, dans le coup : lire aussi 10 000 litres d&#8217;horreur pure, du Belge Thomas Gunzig), de Alex D.<em> Jestaire <\/em> (voir s\u00e9lection) ;<em> H\u00e9ro\u00efque <\/em> (Stock), de Iris Wong (pas tout compris mais bon, \u00e0 suivre&#8230;). Il y en a d&#8217;autres, des \u00ab premiers \u00bb, mais pas tout re\u00e7u ni pu tout lire (comment faisait Pivot ! ?).<\/p>\n<p><strong> CRITIQUE DES CRITIQUES ET AUTRES COMP\u00c8RES <\/strong><\/p>\n<p>Outre<em> Artefact <\/em>, du d\u00e9jant\u00e9 Maurice G. Dantec (Albin Michel), plus lisible, Pierre Bordage propose Porteurs d&#8217;\u00e2mes (Diable Vauvert, again !) et la Canadienne Karen Connelly,<em> La Cage aux l\u00e9zards <\/em> (Buchet-Chastel), sur le m\u00eame th\u00e8me (le milieu carc\u00e9ral) que le roman d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9 de Mathieu Terence (Technosmose). Et le critique des critiques, Jean-Philippe Domecq, d\u00e9\u00e7oit avec<em> Cette rue <\/em> (Fayard), o\u00f9 \u00ab l&#8217;intime sensation des corps \u00bb est cens\u00e9e rejoindre \u00ab l&#8217;infini cosmique\u00bb&#8230; Pffff, on devrait d\u00e9cerner le prix Pinocchio de la pr\u00e9face&#8230; ce serait \u00ab jubilatoire \u00bb, forc\u00e9ment jubilatoire, comme dirait Marguerite Duraille.  <\/p>\n<p><strong> NOS CHOUCHOUS <\/strong><br \/>\n<em> Zoli <\/em> (Belfond), de l&#8217;Irlandais Colum McCann (voir s\u00e9lection) ;<em> Le Nid du serpent <\/em> (Albin Michel), du Cubain Pedro Juan Gutierrez ;<em> Les bisons du c\u0153ur-bris\u00e9 <\/em>, de l&#8217;Am\u00e9ricain Dan O&#8217;Brien (Diable Vauvert) ;<em> Tout ce que vous direz pourra \u00eatre retenu contre vous <\/em> (Rivages), de l&#8217;Am\u00e9ricaine Laurie Lynn Drummond ;<em> Les normales saisonni\u00e8res <\/em> (H\u00e9lo\u00efse d&#8217;Ormesson), de Pierre Pelot ;<em> Signe particulier endurance <\/em> (Castor Astral), de Patrice Delbourg ;<em> L&#8217;Ile aux sarcasmes <\/em> (Flammarion), de Pierre Drachline ;<em> Maquillages <\/em> (Rivages), d&#8217;Eric Halphen, et pour finir, l&#8217;\u00e9tonnant roman de Christophe Ono-Dit-Biot, qui nous surprend agr\u00e9ablement avec<em> Birmane <\/em> (Plon), roman d&#8217;amour romantico-politique sur les traces de la femme-tigre&#8230;  <\/p>\n<p>G.C. <\/p>\n<p>Paru dans<em> Regards <\/em> n\u00b043, sept 07<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> 727 romans cet automne. Mais la cuv\u00e9e est assez fade. Pour vous guider, quelques jalons dans cette d\u00e9ferlante, des  nouveaut\u00e9s anarcho-libertaires aux surprises bien huil\u00e9es, en passant par les nombrilistes de talent. Focus sur L&#8217;aube le soir ou la nuit, de Yasmina Reza, le portrait d&#8217;un homme : devinez qui : parti \u00e0 la conqu\u00eate du pouvoir&#8230; <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-2953","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2953","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2953"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2953\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2953"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2953"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2953"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}