{"id":2925,"date":"2007-07-01T14:32:00","date_gmt":"2007-07-01T12:32:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/retour-sur-une-sequence-electorale2925\/"},"modified":"2007-07-01T14:32:00","modified_gmt":"2007-07-01T12:32:00","slug":"retour-sur-une-sequence-electorale2925","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2925","title":{"rendered":"Retour sur une s\u00e9quence \u00e9lectorale tourment\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Pour la seconde fois, le jeu institutionnel du quinquennat pr\u00e9sidentiel a fait se succ\u00e9der l&#8217;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle et les l\u00e9gislatives. Si les deux tours de l&#8217;\u00e9lection d\u00e9cisive (la pr\u00e9sidentielle) ont \u00e9t\u00e9 parfaitement coh\u00e9rents, il n&#8217;en a pas \u00e9t\u00e9 de m\u00eame du scrutin l\u00e9gislatif. Analyse. <\/p>\n<p>Par Roger Martelli<\/p>\n<p>De l&#8217;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, l&#8217;essentiel a \u00e9t\u00e9 dit. Cette \u00e9lection a passionn\u00e9 l&#8217;opinion, provoquant la plus forte participation \u00e9lectorale depuis 1981. Au second tour de scrutin, seules les \u00e9lections disput\u00e9es de 1965 (le duel de Gaulle-Mitterrand) et de 1974 (le face-\u00e0-face Giscard-Mitterrand) avaient provoqu\u00e9 une participation \u00e9lectorale plus forte.<\/p>\n<p>Le r\u00e9sultat de la confrontation n&#8217;en est que plus significatif. On sait que la gauche enregistre au premier tour son plus mauvais score depuis 1969, et au second tour le plus faible depuis 1965.  Sans doute S\u00e9gol\u00e8ne Royal redresse-t-elle le Parti socialiste apr\u00e8s son camouflet d&#8217;avril 2002. Mais, cette fois, c&#8217;est toute la gauche qui peine, \u00e0 commencer par la gauche d&#8217;alternative, dite \u00ab antilib\u00e9rale \u00bb. Depuis le milieu des ann\u00e9es 1980, cette gauche regroupait sur ses candidatures entre 12 % et 20 % des suffrages selon l&#8217;\u00e9lection. En 2002, le total des voix de l&#8217;extr\u00eame gauche, des communistes et des \u00e9cologistes d\u00e9passait le niveau des 20 % ; en 2007, il d\u00e9passe p\u00e9niblement la barre des 10 %.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es de sondages disponibles pr\u00e9cisent les contours de cette d\u00e9faite. Alors qu&#8217;en 2002 la gauche \u00e9tait en t\u00eate chez les moins de 35 ans et chez les professions interm\u00e9diaires et qu&#8217;elle r\u00e9sistait chez les cat\u00e9gories dot\u00e9es d&#8217;un dipl\u00f4me sup\u00e9rieur au baccalaur\u00e9at, elle est surclass\u00e9e \u00e0 peu pr\u00e8s partout en 2007, sauf chez les plus jeunes et les cat\u00e9gories interm\u00e9diaires. Environ 60 % des ouvriers et des employ\u00e9s auraient choisi la droite, et \u00e0 peu pr\u00e8s autant de non-dipl\u00f4m\u00e9s. <\/p>\n<p>Le divorce de la gauche et du peuple sociologique, amorc\u00e9 dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 des ann\u00e9es 1980, ne s&#8217;est pas interrompu avec cette \u00e9lection pr\u00e9sidentielle.<\/p>\n<p>Au total, l&#8217;\u00e9lection aura \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e, sur les deux tours, par l&#8217;affirmation d&#8217;une droite originale dans le paysage politique fran\u00e7ais. A sa mani\u00e8re, en choisissant depuis 2002 le profil d&#8217;une droite s\u00fbre d&#8217;elle-m\u00eame, Nicolas Sarkozy aura r\u00e9ussi \u00e0 op\u00e9rer un certain amalgame entre les familles s\u00e9par\u00e9es de la droite fran\u00e7aise. Pour reprendre les formules ch\u00e8res \u00e0 feu Ren\u00e9 R\u00e9mond, il a rassembl\u00e9 autour de lui l&#8217;essentiel de la tradition contre-r\u00e9volutionnaire, de l&#8217;orl\u00e9anisme et du bonapartisme, en r\u00e9duisant notamment le Front national \u00e0 la portion congrue.<\/p>\n<p>Le plus important, outre la r\u00e9ussite de la nouvelle synth\u00e8se sarkozyenne, est peut-\u00eatre l&#8217;installation d&#8217;une fracture g\u00e9ographique et politique. Si l&#8217;on observe par exemple l&#8217;\u00e9volution d\u00e9partementale de la gauche au second tour de l&#8217;\u00e9lection, entre 1995 et 2007, on est frapp\u00e9 par la sym\u00e9trie qui se manifeste et qui oppose deux France \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9gales. S\u00e9gol\u00e8ne Royal progresse sur le Lionel Jospin de 1995 dans \u00e0 peu pr\u00e8s la moiti\u00e9 des d\u00e9partements fran\u00e7ais et elle recule dans une autre moiti\u00e9. Dans le premier groupe : celui du d\u00e9crochage de la gauche : se trouvent surtout des d\u00e9partements de l&#8217;Est, du Nord, du Centre et du littoral m\u00e9diterran\u00e9en. Au contraire, les zones plus favorables \u00e0 la gauche se situent plut\u00f4t dans le grand Sud-Ouest, dans l&#8217;Ouest, les contreforts du Massif central et d&#8217;une partie de la r\u00e9gion parisienne. La vieille France industrielle, d\u00e9chir\u00e9e par les rigueurs de la d\u00e9sindustrialisation, a manifestement du mal \u00e0 pardonner \u00e0 la gauche gouvernementale les choix de la \u00ab rigueur \u00bb et du recentrage amorc\u00e9s d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1980.<\/p>\n<p><strong> Les al\u00e9as des l\u00e9gislatives <\/strong><\/p>\n<p>Les enseignements des l\u00e9gislatives sont plus complexes que ceux de la pr\u00e9sidentielle, mais n&#8217;en annulent pas la port\u00e9e. Manifestement, les \u00e9lecteurs fran\u00e7ais ont int\u00e9rioris\u00e9 le caract\u00e8re institutionnellement subalterne d&#8217;une \u00e9lection presque totalement subordonn\u00e9e \u00e0 celle du chef de l&#8217;Etat. Alors que la participation \u00e0 l&#8217;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle a \u00e9t\u00e9 la plus forte depuis un quart de si\u00e8cle, l&#8217;abstention au premier tour des l\u00e9gislatives a \u00e9t\u00e9 la plus forte de toute la Ve R\u00e9publique.<\/p>\n<p>Une fois de plus, le premier tour est l&#8217;indice de la profonde crise d&#8217;identification qui traverse la grande famille de la gauche fran\u00e7aise. La gauche enregistre en effet son plus mauvais r\u00e9sultat l\u00e9gislatif depuis 1958. Sans doute le d\u00e9crochage est-il moins net que ne le laissait supposer le triomphe de Nicolas Sarkozy, quelques semaines plus t\u00f4t. Mais la coupe est am\u00e8re au soir du 10 juin, m\u00eame si le PCF peut \u00e0 juste titre se r\u00e9jouir d&#8217;un relatif maintien apr\u00e8s le s\u00e9v\u00e8re revers de sa secr\u00e9taire nationale. Au final, le parti du pr\u00e9sident recueille au premier tour le plus fort pourcentage jamais obtenu par une formation gaulliste, sup\u00e9rieur m\u00eame au score exceptionnel et conjoncturel de 1968.<\/p>\n<p>Le second tour, par une de ces volte-face qui caract\u00e9rise heureusement l&#8217;\u00e9lectorat fran\u00e7ais, n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&#8217;image des trois tours pr\u00e9c\u00e9dents. Dans un contexte d&#8217;abstention massive et de manifeste d\u00e9mobilisation \u00e0 droite, le Parti socialiste gagne une cinquantaine de si\u00e8ges par rapport \u00e0 2002, tandis que le PCF, vou\u00e9 par les commentateurs \u00e0 la mort clinique, fr\u00f4le le seuil des 20 d\u00e9put\u00e9s n\u00e9cessaires \u00e0 la constitution d&#8217;un groupe parlementaire. Sursaut de l&#8217;\u00e9lectorat de gauche ? Amertume de l&#8217;\u00e9lectorat centriste et frontiste qui a voulu, par un ultime pied-de-nez, marquer ses distances avec le parti pr\u00e9sidentiel ? En tout cas, le vote de ceux qui se sont port\u00e9s aux urnes, ce 17 juin, retrouve quelque chose des anciennes donn\u00e9es sociologiques. Les jeunes, les professions interm\u00e9diaires se sont mobilis\u00e9s et, cette fois, les ouvriers et les employ\u00e9s semblent s&#8217;\u00eatre port\u00e9s plus fortement vers la gauche que vers la droite. A suivre, donc&#8230;  R.M.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Pour la seconde fois, le jeu institutionnel du quinquennat pr\u00e9sidentiel a fait se succ\u00e9der l&#8217;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle et les l\u00e9gislatives. 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