{"id":2922,"date":"2007-05-01T00:00:00","date_gmt":"2007-04-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/cinq-ans-ferme-la-gauche-en2922\/"},"modified":"2007-05-01T00:00:00","modified_gmt":"2007-04-30T22:00:00","slug":"cinq-ans-ferme-la-gauche-en2922","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=2922","title":{"rendered":"Cinq ans ferme, la gauche en conditionnelle"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Adaptation au syst\u00e8me ou alternative ? Face \u00e0 une droite dangereusement radicalis\u00e9e,  la gauche devra-t-elle en passer par une translation vers le centre pour lui disputer le terrain politique ? Quel avenir pour la gauche de gauche ? La pr\u00e9sidentielle, faits et effets. <\/p>\n<p>Le r\u00e9sultat de l&#8217;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle est l\u00e0, cinglant. Une droite dure, de contre-r\u00e9volution lib\u00e9rale, a triomph\u00e9 en amalgamant la droite classique et une partie du patrimoine d&#8217;extr\u00eame droite des vingt derni\u00e8res ann\u00e9es. Pour la droite, c&#8217;est une rupture aussi profonde que celle que porta le gaullisme en 1958. La gauche obtient son plus mauvais r\u00e9sultat depuis 1969 ; elle a \u00e9vit\u00e9 le camouflet de l&#8217;absence au second tour, mais elle n&#8217;a pas conjur\u00e9 la d\u00e9b\u00e2cle finale. Quant \u00e0 la gauche de gauche, elle s&#8217;est mise elle-m\u00eame hors du jeu \u00e9lectoral. Elle avait r\u00e9ussi \u00e0 mobiliser la majorit\u00e9 de la gauche sur la critique du lib\u00e9ralisme \u00e9conomique en mai 2005 ; elle est \u00e9lectoralement lamin\u00e9e en avril 2007. Ses scores cumul\u00e9s se situaient toujours entre 12 % et 20 % depuis une vingtaine d&#8217;ann\u00e9es. Tout le monde attendait son grand rassemblement en 2007. Elle s&#8217;est \u00e0 nouveau divis\u00e9e ; elle est aujourd&#8217;hui au-dessous de la barre fatidique des 10 %. Seul Olivier Besancenot a tir\u00e9 son \u00e9pingle du jeu dans la bataille des petites candidatures.<\/p>\n<p><strong> NOUVELLE SYNTHESE A DROITE <\/strong><\/p>\n<p>La droite fran\u00e7aise a r\u00e9ussi ce que d&#8217;autres avaient commenc\u00e9, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou en Italie. Elle a mis au centre de l&#8217;espace public un projet refond\u00e9, conjuguant un lib\u00e9ralisme \u00ab pur \u00bb tranquillement affirm\u00e9 et les valeurs les plus conservatrices de l&#8217;ordre social. Pendant quelques ann\u00e9es, Nicolas Sarkozy n&#8217;a pas d\u00e9vi\u00e9 de la coh\u00e9rence d\u00e9finie au d\u00e9part. \u00ab R\u00e9volution conservatrice \u00bb ? \u00ab Lib\u00e9ral-populisme \u00bb (1) ? On trouvera au fur et \u00e0 mesure les mots pour d\u00e9signer l&#8217;ambitieuse construction. Il nous suffit de savoir que nous avons d\u00e9sormais l&#8217;\u00e9quivalent fran\u00e7ais des \u00ab fondateurs \u00bb de la fin des ann\u00e9es 1970 (Reagan, Thatcher) et l&#8217;\u00e9mule des \u00ab h\u00e9ritiers \u00bb des ann\u00e9es 1990-2000 (Bush, Berlusconi).<\/p>\n<p>Mais si voil\u00e0 la France projet\u00e9e avec retard du c\u00f4t\u00e9 des dangereuses \u00e9volutions ext\u00e9rieures, r\u00e9fl\u00e9chissons \u00e0 ce qui a \u00e9t\u00e9 tent\u00e9, ailleurs, pour combattre la nouvelle droite au pouvoir. Jusqu&#8217;\u00e0 ce jour, la r\u00e9ponse \u00e0 la droite radicalis\u00e9e a \u00e9t\u00e9 cherch\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 d&#8217;une gauche \u00ab recentr\u00e9e \u00bb, \u00e0 tous les sens du terme. La gauche anglaise, la premi\u00e8re, a construit la le\u00e7on sociale-lib\u00e9rale. Le \u00ab nouveau travaillisme \u00bb de Tony Blair a combin\u00e9 l&#8217;h\u00e9ritage lib\u00e9ral du thatch\u00e9risme, la revendication de l&#8217;\u00e9galit\u00e9 des chances et la recherche d&#8217;une mise au travail sous les auspices de l&#8217;ordre social, voire d&#8217;une certaine fiert\u00e9 britannique enracin\u00e9e dans l&#8217;exaltation imp\u00e9riale. En Italie, o\u00f9 le PC italien avait rompu avec le communisme d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, l&#8217;\u00e8re Berlusconi a promu la solution plus mod\u00e9r\u00e9e encore de \u00ab l&#8217;Olivier \u00bb et des coalitions de centre-gauche. Dans les deux cas, les solutions recherch\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 la fois ponctuellement efficaces et sources d&#8217;\u00e9paisses contradictions qui menacent les forces de gauche confront\u00e9es aux \u00e9preuves du pouvoir (cf. encadr\u00e9).<\/p>\n<p><strong> RECENTRAGE ELECTORAL <\/strong><\/p>\n<p>La question, pour la France, est donc claire, dans l&#8217;\u00e9nonc\u00e9 du probl\u00e8me : face \u00e0 une droite dangereusement radicalis\u00e9e, la gauche fran\u00e7aise devra-t-elle en passer par une translation vers le centre ? Nous pensons qu&#8217;il n&#8217;est ni raisonnable ni n\u00e9cessaire de se perdre dans les m\u00e9andres d&#8217;une telle exp\u00e9rimentation. Or elle sera une tentation pour une part de la gauche. Nous avons \u00e9crit, dans ces m\u00eames colonnes, que le choix de S\u00e9gol\u00e8ne Royal \u00e9tait une mani\u00e8re, pour le PS, de r\u00e9aliser ce recentrage (2) que nul, auparavant n&#8217;avait pu r\u00e9ussir : ni la SFIO de Gaston Defferre au temps de la \u00ab Grande F\u00e9d\u00e9ration \u00bb des socialistes et du centre ; ni le Fran\u00e7ois Mitterrand de la \u00ab Lettre aux Fran\u00e7ais \u00bb en 1988. Entre les deux tours, la candidate socialiste a acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 le mouvement, en appelant ouvertement au rapprochement avec la sensibilit\u00e9 incarn\u00e9e par Fran\u00e7ois Bayrou. Electoralement, la strat\u00e9gie a \u00e9chou\u00e9 : le socialisme recentr\u00e9 n&#8217;a pas pu faire mordre la poussi\u00e8re \u00e0 la droite de combat ; les \u00ab deux fers au feu \u00bb n&#8217;ont pas mobilis\u00e9 suffisamment pour agr\u00e9ger le front du \u00ab tout sauf Sarkozy \u00bb. Mais l&#8217;\u00e9chec ne signifie pas n\u00e9cessairement la mort du projet. S\u00e9gol\u00e8ne Royal a port\u00e9 au total l&#8217;image d&#8217;un \u00ab blairisme \u00e0 la fran\u00e7aise \u00bb : le souci de l&#8217;efficacit\u00e9 manag\u00e9riale, l&#8217;\u00e9galit\u00e9 des chances, le sens de l&#8217;autorit\u00e9 et de la fiert\u00e9 du drapeau. Cette combinaison nouvelle continuera d&#8217;\u00eatre pr\u00f4n\u00e9e comme la seule capable de disputer le terrain politique \u00e0 une droite redynamis\u00e9e par le \u00ab Berlusconi fran\u00e7ais \u00bb. D&#8217;ailleurs, d\u00e8s le soir du second tour, S\u00e9gol\u00e8ne Royal affichait sa d\u00e9termination de continuer dans cette voie.<\/p>\n<p>Si on refuse cette option, le chemin devra \u00eatre celui de la lutte sur tous les terrains. Pas avec la rage du d\u00e9sespoir, \u00e0 l&#8217;image des sublimes mais vaincus mineurs anglais du d\u00e9but des ann\u00e9es 1980. Mais avec la d\u00e9termination de ceux qui n&#8217;acceptent pas les valeurs r\u00e9actionnaires sous-tendant le projet de Sarkozy. Et surtout avec la conviction que la lutte d\u00e9fensive devra demain s&#8217;appuyer sur une v\u00e9ritable alternative : un projet, au moins aussi fort et coh\u00e9rent que celui de la droite ; une strat\u00e9gie d\u00e9mocratique de transformation sociale et pas une m\u00e9thode d\u00e9fensive d&#8217;adaptation \u00e0 l&#8217;ordre existant ; une m\u00e9thode de rassemblement capable de changer la donne \u00e0 gauche et de devenir majoritaire, comme la gauche transformatrice sut le devenir dans les ann\u00e9es 1970.<\/p>\n<p>C&#8217;est toute la gauche qui est devant la question de son existence, de ses projets et de ses \u00e9quilibres. Apr\u00e8s un \u00e9chec de cette ampleur, la r\u00e9p\u00e9tition n&#8217;est pas de rigueur. Il faut du neuf. Mais dans quelle direction ? Nous avons besoin, sur ce point, de d\u00e9battre sereinement mais clairement des probl\u00e8mes et des perspectives. On entend d\u00e9j\u00e0 dire, de-ci de-l\u00e0, que le moment est venu de constituer un grand parti de la gauche. Cette logique vise \u00e0 clore le cycle d&#8217;Union de la gauche PCF-PS ouvert par le congr\u00e8s d&#8217;Epinay, en vue d&#8217;une nouvelle alliance au centre. Ainsi serait mis un terme \u00e0 la structuration intall\u00e9e par le Congr\u00e8s de Tours, au lendemain de la Premi\u00e8re Guerre mondiale. La solution semble rationnelle ; elle est pourtant de courte vue. A chaque fois que la gauche a couru apr\u00e8s la droite, elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9vor\u00e9e par elle. C&#8217;est vrai dans l&#8217;histoire fran\u00e7aise. C&#8217;est vrai \u00e0 l&#8217;\u00e9chelon europ\u00e9en.<\/p>\n<p><strong> UNE GAUCHE POLARISEE <\/strong><\/p>\n<p>On peut toujours d\u00e9battre pour savoir si, en d\u00e9cembre 1920, la coupure qui s\u00e9parait la famille socialiste d&#8217;alors \u00e9tait telle qu&#8217;elle m\u00e9ritait la scission. Mais nul ne saurait oublier que la gauche de 1920 n&#8217;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pas une gauche rassembl\u00e9e dans une organisation unique. Il y avait \u00e0 l&#8217;\u00e9poque une gauche mod\u00e9r\u00e9e et dominante que le Parti radical incarnait, et une gauche plus critique et domin\u00e9e qui rassemblait les socialistes.<\/p>\n<p>Nous n&#8217;aimons pas le discours sur les \u00ab deux gauches \u00bb, qui laisse entrevoir l&#8217;existence de deux blocs s\u00e9par\u00e9s par des fronti\u00e8res intangibles. \u00ab La \u00bb gauche est bien une r\u00e9alit\u00e9 dans un syst\u00e8me politique qui fonctionne depuis plus de deux si\u00e8cles dans l&#8217;opposition de la droite et de la gauche. Mais si \u00ab la \u00bb gauche est bien une face \u00e0 \u00ab la \u00bb droite, elle est en m\u00eame temps polaris\u00e9e : d&#8217;un c\u00f4t\u00e9 la tendance \u00e0 l&#8217;adaptation \u00e0 un syst\u00e8me capitaliste que l&#8217;on juge ind\u00e9passable et que l&#8217;on cherche donc \u00e0 am\u00e9nager ; de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 la tendance \u00e0 la contestation globale d&#8217;une logique \u00e9conomico-sociale que l&#8217;on cherche \u00e0 d\u00e9passer. Il en est ainsi : la gauche est toujours une et solidement polaris\u00e9e. Ce qui est le plus important est, \u00e0 chaque moment, de savoir qui donne le ton : la logique de l&#8217;adaptation ou celle de l&#8217;alternative ?<\/p>\n<p>La France aura connu une longue p\u00e9riode, de la Lib\u00e9ration au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, o\u00f9 le ton a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par une gauche radicale, pouss\u00e9e aux r\u00e9formes de structures, \u00e0 la remise en cause du syst\u00e8me \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur m\u00eame de ses rouages. On peut toujours discuter, aujourd&#8217;hui, des limites de cette gauche, alors domin\u00e9e par le Parti communiste fran\u00e7ais. Mais elle incarnait, en bien ou en mal, l&#8217;exigence d&#8217;une autre soci\u00e9t\u00e9 que celle structur\u00e9e par le capital. Et elle \u00e9tait majoritaire dans l&#8217;espace politique de la gauche fran\u00e7aise, comme elle l&#8217;\u00e9tait en Italie. Cette \u00ab exception \u00bb latine, on le sait, a disparu : en France au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, quand le Parti socialiste de Fran\u00e7ois Mitterrand a supplant\u00e9 dans les urnes le vieux rival communiste ; en Italie au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, quand le PCI a renonc\u00e9 \u00e0 l&#8217;horizon du communisme pour rallier celui de la social-d\u00e9mocratie.<\/p>\n<p>Aujourd&#8217;hui de fa\u00e7on pressante et dans ce paysage en d\u00e9composition, l&#8217;enjeu crucial est : quelle orientation politique donne le ton \u00e0 gauche ? Est-on capable de penser, dans toutes ses dimensions, le projet d&#8217;une gauche de transformation sociale qui soit \u00e0 m\u00eame d&#8217;irriguer toute la gauche, de viser \u00e0 la majorit\u00e9 et de recomposer le champ politique en conjurant les \u00e9volutions n\u00e9gatives du dernier quart de si\u00e8cle ? Penser en ces termes est le seul moyen de sortir de la situation actuelle : d&#8217;un c\u00f4t\u00e9, l&#8217;h\u00e9g\u00e9monie d&#8217;une gauche de renoncement ; de l&#8217;autre, la marginalit\u00e9 d&#8217;une gauche de t\u00e9moignage, r\u00e9duite \u00e0 la contestation. Or toute l&#8217;exp\u00e9rience de la derni\u00e8re p\u00e9riode montre que le pari est jouable. La critique de la \u00ab concurrence libre et non fauss\u00e9e \u00bb s&#8217;est \u00e9largie ; le capitalisme mondialis\u00e9 montre ses limites ; la combativit\u00e9 sociale ne s&#8217;est pas d\u00e9mentie depuis 1995. La tendance \u00e0 l&#8217;adaptation ne s&#8217;impose plus comme une \u00e9vidence. Mais&#8230;<\/p>\n<p>Mais la gauche de transformation sociale n&#8217;est pas all\u00e9e au bout de sa recomposition. Malgr\u00e9 la force de ses propositions, elle n&#8217;appara\u00eet pas comme porteuse d&#8217;un projet moderne suffisamment fort, suffisamment coh\u00e9rent, suffisamment convaincant pour l&#8217;emporter, dans les moments d\u00e9cisifs, sur le suppos\u00e9 r\u00e9alisme de l&#8217;adaptation et du recentrage. Malgr\u00e9 l&#8217;\u00e9largissement de son champ, elle n&#8217;est pas parvenue \u00e0 agr\u00e9ger l&#8217;ensemble des courants critiques de l&#8217;ordre marchand : elle se pense dynamique sur le terrain \u00e9conomico-social classique ; elle le relie trop peu aux champs qui touchent aux dominations des groupes ou \u00e0 l&#8217;ali\u00e9nation des personnes. Elle parle ais\u00e9ment salaires, protection sociale, redistribution ; elle parle moins facilement du travail, de l&#8217;autonomie de la personne, de la d\u00e9mocratie nouvelle, de l&#8217;\u00e9cologie, du f\u00e9minisme, de l&#8217;anticonsum\u00e9risme, des enjeux urbains. Malgr\u00e9 l&#8217;ouverture de ses exp\u00e9riences, elle reste insuffisamment forte sur les questions pourtant strat\u00e9giques de l&#8217;articulation entre critique et construction, entre contestation et gestion, entre mouvement et institutions. En bref, elle n&#8217;est pas encore pleinement sortie d&#8217;un XXe si\u00e8cle qui a connu le double \u00e9chec du sovi\u00e9tisme et de la social-d\u00e9mocratie. Elle continue quelque chose du mouvement ouvrier ; elle n&#8217;en a pas red\u00e9fini les fondements, dans une figure historique nouvelle, adapt\u00e9e \u00e0 notre temps. Il y a un contraste maximal entre les potentialit\u00e9s modernes d&#8217;un combat \u00e9mancipateur et la perspective politique que dessine la gauche. <\/p>\n<p><strong> CONTINUITE ET CHANGEMENT <\/strong><\/p>\n<p>Et pourtant, dans la gauche de gauche, nous avons constat\u00e9 depuis quelques ann\u00e9es que le besoin d&#8217;avancer ensemble, de r\u00e9fl\u00e9chir ensemble, d&#8217;agir et de construire ensemble, est immense et devient force politique. Il n&#8217;est donc temps, ni de se satisfaire de l&#8217;acquis, ni de se d\u00e9soler sur les limites. Nous sommes confront\u00e9s \u00e0 des contradictions ? Analysons-les sereinement et travaillons si possible \u00e0 les surmonter. Nous avons besoin d&#8217;explorer des voies diff\u00e9rentes ? Explorons-les, mais \u00e0 condition de ne pas penser la diff\u00e9rence sur le registre de la s\u00e9paration. Tout ce que nous pouvons faire en commun, surtout face \u00e0 cette droite-l\u00e0, attelons-nous \u00e0 le r\u00e9ussir. Ce que nous ne faisons pas ensemble, engageons-le avec en permanence l&#8217;id\u00e9e que, au bout du compte, c&#8217;est la convergence de tous nos chemins qui tracera la voie de la transformation sociale.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es \u00e0 venir, nous aurons besoin \u00e0 la fois de continuit\u00e9 et de changement. Continuit\u00e9 des valeurs d&#8217;\u00e9galit\u00e9, de tol\u00e9rance, de combativit\u00e9 sociale ; continuit\u00e9 de l&#8217;esprit critique. Mais changement, voire rupture, avec des habitudes, des structures et des cultures qui, trop souvent, s\u00e9parent les acteurs de la transformation sociale, \u00e9cartent celles et ceux qui ne sont pas de longue date dans le combat \u00e9mancipateur.<\/p>\n<p>Nous sommes diff\u00e9rents : c&#8217;est une chance. Quand nous sommes s\u00e9par\u00e9s, c&#8217;est le d\u00e9sastre. N&#8217;ignorons pas nos clivages : ils nous reviennent durement au visage. Mais n&#8217;absolutisons pas les divergences, au risque de l&#8217;inefficacit\u00e9. Faisons de cet \u00e9chec une force. Regards s&#8217;efforcera d&#8217;y contribuer. <strong> Cl\u00e9mentine Autain et Roger Martelli <\/strong><\/p>\n<p>Paru dans<em> Regards <\/em> n\u00b040, mai-juin 2007<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Adaptation au syst\u00e8me ou alternative ? Face \u00e0 une droite dangereusement radicalis\u00e9e,  la gauche devra-t-elle en passer par une translation vers le centre pour lui disputer le terrain politique ? Quel avenir pour la gauche de gauche ? 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