{"id":291,"date":"1996-12-01T00:00:00","date_gmt":"1996-11-30T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.muchomaas.com\/jerusalem291\/"},"modified":"1996-12-01T00:00:00","modified_gmt":"1996-11-30T23:00:00","slug":"jerusalem291","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.regards.fr\/?p=291","title":{"rendered":"J\u00e9rusalem"},"content":{"rendered":"<p class=\"post_excerpt\"> Voir aussi <\/p>\n<p>Vent du d\u00e9sert, des airs de Sara<strong> Une poign\u00e9e d&#8217;Israr\u00e9liens et de Palestiniens construisent des liens. Ils veulent prouver qu&#8217;ils sont viables et que J\u00e9rusalem peut fort bien devenir la capitale unique de deux Etats. <\/strong><\/p>\n<p>Pour les Palestiniens, J\u00e9rusalem est d&#8217;abord une souffrance. La fermeture l&#8217;isole. Elle est interdite \u00e0 tous ceux des territoires. Dans la cit\u00e9, annex\u00e9e en 1980, les Palestiniens sont des citoyens de seconde zone. Ce sont seulement des &#8221; r\u00e9sidants &#8220;, ainsi que le stipule leur carte de s\u00e9jour. Faute de permis de construire que les Isra\u00e9liens n&#8217;accordent jamais, les maisons des Palestiniens sont d\u00e9molies \u00e0 la minute m\u00eame o\u00f9 elles sont termin\u00e9es. Mais les quartiers juifs s&#8217;\u00e9tendent, dans J\u00e9rusalem-Est m\u00eame, sur des espaces refus\u00e9s aux Palestiniens au motif qu&#8217;ils \u00e9taient r\u00e9serv\u00e9s aux parcs et jardins. D\u00e9j\u00e0 en 1993, selon le gouvernement isra\u00e9lien, cette partie arabe de la ville, \u00e0 pr\u00e9sent hach\u00e9e de quartiers juifs, compte plus d&#8217;Isra\u00e9liens (160 000) que de Palestiniens (155 000). Depuis, les mesures pour chasser ces derniers se sont acc\u00e9l\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<p> <strong> Une ville, deux capitales, c&#8217;est le bon sens, la sagesse <\/strong><\/p>\n<p>Il n&#8217;y a cependant pas de consensus isra\u00e9lien pour consid\u00e9rer J\u00e9rusalem comme capitale \u00e9ternelle et indivisible de l&#8217;Etat d&#8217;Isra\u00ebl (voir interview de L. Chahid). Et le Meretz (1) a soutenu en octobre l&#8217;id\u00e9e du partage de la ville comme capitale de deux Etats. Pour Gershon Baskin, directeur du centre isra\u00e9lo-palestinien pour la recherche et l&#8217;information \u00e0 J\u00e9rusalem: &#8221; Peu d&#8217;Isra\u00e9liens m\u00eame &#8221; J\u00e9rusal\u00e9mistes &#8221; peuvent dessiner les limites municipales.(&#8230;) Ils veulent que les b\u00e2tisses construites apr\u00e8s 1967 demeurent sous souverainet\u00e9 isra\u00e9lienne, ainsi que les sites religieux juifs &#8220;. Aux \u00e9lections municipales de 1994, la liste &#8221; La paix pour J\u00e9rusalem &#8221; levant le tabou, \u00e9crivait: &#8221; J\u00e9rusalem, deux capitales pour deux peuples, un gouvernement municipal deux conseils municipaux &#8220;. En juin 1995, &#8221; Gush Shalom &#8220;, le bloc de la paix, a pris l&#8217;initiative d&#8217;un manifeste pour impulser le d\u00e9bat, au cours d&#8217;une manifestation \u00e0 J\u00e9rusalem, o\u00f9 Fay\u00e7al Husseini (2), d\u00e9clarait: &#8221; Je r\u00eave du jour o\u00f9 un Palestinien dira &#8221; notre J\u00e9rusalem &#8220;, englobant ainsi Palestiniens et Isra\u00e9liens et o\u00f9 un Isra\u00e9lien dira notre J\u00e9rusalem en pensant Isra\u00e9liens et Palestiniens.&#8221; Ce manifeste devint un appel (voir ci contre). Uri Avneri (3) pense que &#8221; Les Isra\u00e9liens savent que la ville est divis\u00e9e, mais ne veulent pas l&#8217;admettre &#8220;. Ruth Dayan, qui fut l&#8217;\u00e9pouse de l&#8217; ancien ministre isra\u00e9lien de la D\u00e9fense, a sign\u00e9 cet appel. Elle a gard\u00e9, nous a-t-elle confi\u00e9, &#8220;le souvenir de relations amicales avec les Palestiniens. Pour la paix, il nous faut partager cette ville. De toute fa\u00e7on, je d\u00e9teste l&#8217;id\u00e9e que quelqu&#8217;un soit domin\u00e9 par d&#8217;autres qui d\u00e9cident pour lui &#8220;. Quant \u00e0 Yakov Sharett, fils de Mosh\u00e9 Sharett, l&#8217;un des fondateurs de l&#8217;Etat d&#8217;Isra\u00ebl, il nous a dit: &#8220;Une ville, deux capitales, c&#8217;est le bon sens, la sagesse. Il faut arr\u00eater le f\u00e9tichisme.&#8221; Des Palestiniens de renom ont aussi sign\u00e9 l&#8217;appel.<\/p>\n<p> <strong> La diversit\u00e9, une sp\u00e9cificit\u00e9 de cette cit\u00e9 jud\u00e9o-arabe  <\/strong><\/p>\n<p>Des Isra\u00e9liens travaillent avec des Palestiniens \u00e0 d\u00e9noncer les discriminations qui chassent insidieusement ceux- ci de la Vieille Ville. Le Centre alternatif d&#8217;information est un espace de discussions qui anime, avec &#8221; Gush shalom &#8220;, une campagne de sensibilisation. Le journaliste Michel Warchavski, son responsable, a d\u00e9cid\u00e9 de vivre &#8220;ici pour ce que cette partie de J\u00e9rusalem porte d&#8217;histoire, pour cette mosa\u00efque communautaire. Toute volont\u00e9 de limiter cette diversit\u00e9 d\u00e9truira la sp\u00e9cificit\u00e9 de cette cit\u00e9 jud\u00e9o-arabe, isra\u00e9lo-palestinienne. Mon J\u00e9rusalem serait appauvrie sans Arabes &#8220;.<\/p>\n<p> <strong> Des adolescents qui se rencontrent, cela peut bousculer des pr\u00e9jug\u00e9s <\/strong><\/p>\n<p>Des Palestiniennes et des Isra\u00e9liennes ont constitu\u00e9 un comit\u00e9 de coordination pour la paix et la justice sociale, &#8221; le lien de J\u00e9rusalem &#8220;. L&#8217;une d&#8217;elles, Dafna Golan, sugg\u00e8re que des familles isra\u00e9liennes adoptent des familles palestiniennes pour les soutenir, avec un appui juridique.&#8221; Si nous voulons vivre ensemble, dit-elle, nous devons bannir ce syst\u00e8me d&#8217;apartheid.&#8221; Ces juifs isra\u00e9liens pr\u00f4nent la coexistence. Ils estiment, comme Naomi Hazan, d\u00e9put\u00e9e du Meretz, que le sort des Palestiniens de J\u00e9rusalem est ins\u00e9parable du leur et d\u00e9noncent l&#8217;in\u00e9galit\u00e9 et l&#8217;injustice qui rendent la paix irr\u00e9alisable. Et pourtant, la majorit\u00e9 des habitants ne fait que se croiser dans cette ville car le mur est dans les esprits. Les Isra\u00e9liens, souvent des religieux et des militants de droite, qui r\u00e9sident dans la Vieille Ville prient. Les autres la contournent. Quelques Palestiniens vont travailler ou faire des achats \u00e0 l&#8217;Ouest, mais la plupart l&#8217;\u00e9vitent. Des jeunes y cherchent les distractions absentes de la ville arabe. Pour Khaled, vingt ans: &#8221; A l&#8217;Ouest, nous pouvons nous amuser. Bien s\u00fbr, parmi les Isra\u00e9liens je ne me sens vraiment pas \u00e0 ma place. Les contacts sont pourtant plus simples que je ne l&#8217;aurais pens\u00e9 &#8220;. Entrer en contact, quel d\u00e9fi ! La Fondation arabe pour l&#8217;h\u00e9ritage musulman et chr\u00e9tien de Bethl\u00e9em veut entamer un dialogue entre les membres des trois religions, chr\u00e9tiens, juifs et musulmans. Moussa Darwish, son directeur, raconte: &#8221; Nous avons des t\u00eate \u00e0 t\u00eate int\u00e9ressants avec les rabbins r\u00e9formistes. Ils souhaitent construire la paix \u00e0 J\u00e9rusalem avec nous.&#8221; Pour un de ces rabbins, David Forman: &#8220;L&#8217;essentiel est que J\u00e9rusalem-Est soit accessible \u00e0 tous, ce n&#8217;est pas un probl\u00e8me si l&#8217;Est est la capitale de l&#8217;Etat palestinien.&#8221; Le processus de paix a entrouvert des portes. On ose se rencontrer davantage. Mais les relations amicales entre jeunes Palestiniens et Isra\u00e9liens sont tr\u00e8s rares. Elles demandent un effort de part et d&#8217;autre. Cependant, Oussam Shahin, du Centre palestinien contre la violence, insiste: &#8221; Il faut que les gens puissent se rencontrer pour se parler, s&#8217;\u00e9couter.&#8221; Quand le premier pas est franchi, les autres sont plus faciles. Des adolescents palestiniens et isra\u00e9liens participent \u00e0 des camps d&#8217;\u00e9t\u00e9 mixtes. Ces s\u00e9jours ont modifi\u00e9 leur mentalit\u00e9. Quand des heurts, des affrontements, des attentats ont lieu, chacun se pr\u00e9occupe de ceux qu&#8217;il conna\u00eet sur la rive oppos\u00e9e. On prend des nouvelles, r\u00e9ciproquement. La communication est alors d\u00e9licate. Celui dont la communaut\u00e9 est touch\u00e9e, sensible \u00e0 cette marque d&#8217;int\u00e9r\u00eat, manifeste \u00e9galement sa peine et sa col\u00e8re. Maintenir le lien est difficile. Pour l&#8217;Isra\u00e9lienne Imbal Arnoun: &#8221; ces \u00e9changes o\u00f9 nous partageons un moment de vie quotidienne sont inoubliables. Ils bousculent les pr\u00e9jug\u00e9s &#8220;. Cependant, &#8221; Un foss\u00e9 demeure quand nous parlons de nos droits, \u00e7a cr\u00e9e un malaise &#8221; pour La\u00eff Arafi, Palestinien de 17 ans. Muriel Schafrarer est Isra\u00e9lienne, avec des amis palestiniens elle propose un lieu chaleureux de rencontres, unique, o\u00f9 musique isra\u00e9lienne et palestinienne se m\u00ealent, rythment les f\u00eates.&#8221; J&#8217;offre la possibilit\u00e9 de d\u00e9couvrir l&#8217;autre, explique-t-elle. Ceux qui acceptent de venir ont des opinions tr\u00e8s diff\u00e9rentes. Certains participent \u00e0 ces soir\u00e9es d&#8217;abord pour l&#8217;aspect festif, quelques-uns par curiosit\u00e9. Etre l\u00e0, c&#8217;est d\u00e9j\u00e0 briser la glace. Des liens se tissent.&#8221; Dans cette ville meurtrie o\u00f9 r\u00e8gne la haine, le ressentiment et la peur, une poign\u00e9e d&#8217;hommes et de femmes tente d&#8217;influer sur l&#8217;avenir. Avec de faibles moyens, ils agissent pour construire une chance d&#8217;\u00eatre diff\u00e9rents, de vivre ensemble.<\/p>\n<p>1. Coalition de gauche.<\/p>\n<p>2. Fai\u00e7al Husseini, charg\u00e9 du dossier de J\u00e9rusalem, porte-parole de l&#8217;OLP dans cette ville.<\/p>\n<p>3. Uri Avn\u00e9ri, ancien d\u00e9put\u00e9 au Parlement isra\u00e9lien est l&#8217;une des voix pacifistes isra\u00e9liennes les plus notoires.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p> Voir aussi <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_themeisle_gutenberg_block_has_review":false,"footnotes":""},"categories":[141],"tags":[],"class_list":["post-291","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-archives-web"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/291","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=291"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/291\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=291"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=291"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.regards.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=291"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}